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MESSAGE DE LA PREMIÈRE PRÉSIDENCELA PORNOGRAPHIE, VECTEUR MORTELpar Thomas S. Monson Premier conseiller dans la Première Présidence Je me souviens d'un texte où il était question de bûcherons qui attaquaient à l'aide de leurs lourdes haches et de leurs tronçonneuses les ormes imposants qui faisaient autrefois le charme de la campagne autour de l'aéroport de Heathrow, en Angleterre. Dans l'article, on disait que certains de ces monarques majestueux étaient plus que séculaires. L'auteur se demandait combien de personnes avaient admiré leur beauté, combien avaient pique-niqué à leur ombre bienvenue, combien de générations d'oiseaux chanteurs avaient rempli l'air de musique tout en batifolant au milieu des longues branches touffues. Et pourtant les ormes patriarcaux étaient morts. Leur trépas n'était pas dû à la vieillesse, ni à des sécheresses répétées, ni aux vents violents qui fouettent de temps en temps la région. Leur destructeur était d'apparence beaucoup moins nuisible et pourtant le résultat était mortel. Le coupable portait le nom de scolyte, vecteur d'une maladie fatale à l'orme. Cette maladie a détruit de vastes forêts d'ormes partout en Europe et en Amérique. Son avance mortelle continue. Les nombreux efforts faits pour la juguler ont échoué. La maladie de l'orme commence habituellement par le flétrissement des jeunes feuilles de la partie supérieure de l'arbre. Plus tard, ce sont les branches inférieures qui sont touchées. Vers la moitié de l'été, la plupart des feuilles jaunissent, se recroquevillent et tombent. La vie s'enfuit. La mort approche. Une forêt est détruite. Le scolyte a prélevé son terrible tribut. Comme l'homme ressemble à l'orme ! De la semence minuscule que nous étions, et conformément au plan divin, nous grandissons, nous sommes nourris et nous mûrissons. Le soleil éclatant du ciel, les riches bénédictions de la terre nous appartiennent. Dans la forêt privée de notre famille et de nos amis, la vie est extrêmement féconde et abondamment belle. Puis soudain apparaît devant nous, dans cette génération, un ennemi sinistre et diabolique : la pornographie. Comme le scolyte, elle est, elle aussi, le vecteur d'une maladie mortelle. Le l'appellerai « le laxisme pernicieux ». Au début, c'est à peine si nous nous rendons compte que nous avons été infectés. Nous en rions et nous faisons des réflexions légères sur l'histoire douteuse ou le dessin animé « bien trouvé ». Avec un zèle évangélique, nous protégeons les prétendus droits de ceux qui essaient de contaminer avec des grivoiseries et de détruire tout ce qui est précieux et sacré. Le scolyte de la pornographie accomplit sa tâche mortelle, sapant notre volonté, détruisant notre immunité et étouffant ce qui en nous veut s'élever. Est-ce que tout cela est bien vrai ? Assurément cette histoire de laxisme pernicieux ne peut pas être aussi grave que cela ! Quels sont les faits ? Regardons ! Écoutons ! Et ensuite agissons ! LA PORNOGRAPHIE ET LA DÉLINQUANCELa pornographie, le vecteur, est une affaire de gros sous. Elle est mauvaise. Elle est contagieuse. Elle est asservissante. On estime que, ces dernières années, les Américains, à eux seuls, ont dépensé de huit à dix milliards de dollars par an à de la pornographie « hard »[1], une fortune détournée d'un usage noble et dévoyée vers un but diabolique ! L'apathie à l'égard de la pornographie découle essentiellement d'une attitude généralisée du public qui considère que c'est un délit qui ne fait pas de victimes et qu'il vaut mieux utiliser les ressources de la police dans d'autres domaines. Beaucoup de décrets gouvernementaux et locaux sont inefficaces, les condamnations sont légères et les énormes rentrées financières compensent de loin les risques. Une étude montre que la pornographie peut être directement liée aux délits sexuels. Dans cette étude, 87 % de ceux qui ont été condamnés pour avoir agressé des filles et 77 % de ceux qui ont été condamnés pour avoir agressé des garçons reconnaissent utiliser la pornographie, le plus souvent en rapport avec leurs délits[2]. Certains éditeurs et imprimeurs prostituent leur imprimerie en imprimant quotidiennement des millions de documents pornographiques. On ne regarde pas à la dépense. Le papier le plus beau, tout l'éventail des couleurs s'unissent pour créer un produit dont on est sûr qu'il sera lu et relu. Et le producteur de cinéma, le créateur de site web, le programmateur de télévision et les gens du spectacle ne sont pas innocents non plus. Finies, les restrictions du passé. Ce que l'on veut, c'est le prétendu réalisme. Une grande vedette disait avec regret : « Les limites du laxisme ont été repoussées à l'extrême. Le dernier film que j'ai fait était dégoûtant. Je l'ai trouvé dégoûtant quand j'ai lu le scénario et je pense toujours qu'il est dégoûtant ; mais le studio l'a fait visionner un vendredi soir avant sa parution et l'auditoire a hurlé son approbation. » Une autre vedette a déclaré : « Les producteurs de films, comme les éditeurs, veulent gagner de l'argent et ils le font en donnant au public ce qu'il demande. » Certaines personnes s'efforcent de faire la différence entre ce qu'ils appellent la pornographie «soft» et «hard». En réalité, l'une conduit à l'autre. L'Essay on Man, classique d'Alexander Pope, le dit très bien : Le vice est un monstre à l'aspect si terrifiant Qu'il suffit de le voir pour le haïr ; Mais, vu trop souvent, son visage devenu familier, On le supporte, puis on s'apitoie, puis on l'adopte[3]. L'extension constante et destructrice du scolyte de la pornographie détruit les quartiers tout comme il contamine les vies humaines. Il a quasiment détruit certaines régions. Il se rapproche impitoyablement de votre ville, de votre quartier et de votre famille. La pornographie est maintenant plus accessible que jamais. Il suffit d'appuyer sur un bouton pour regarder le mal chez nous à la télévision et sur les écrans d'ordinateurs, dans nos hôtels et nos cinémas, ou même sur les lieux de notre travail où l'accès à l'Internet est souvent fourni. AVERTISSEMENTLaurence M. Gould, ancien président du Carleton College, a lancé ce sévère avertissement : « Je ne crois pas que ce qui menace le plus notre avenir, soient les bombes ou les missiles téléguidés. Je ne pense pas que c'est ainsi que notre civilisation mourra. Je pense qu'elle mourra lorsque nous n'éprouverons plus que de l'indifférence. Arnold Toynbee a attiré l'attention sur le fait que 19 civilisations sur 21 ont péri de l'intérieur et non par une conquête venue de l'extérieur. Il n'y a pas eu de fanfares qui ont joué ni de drapeau que l’on a agités lorsque ces civilisations ont dégénéré. Cela s'est fait lentement, dans le silence et dans le noir, alors que personne ne s'en rendait compte[4]. » Je me souviens d'une critique d'un nouveau film que j'ai lue. L'actrice principale disait au journaliste qu'au départ elle était opposée au scénario et au rôle qu'elle devait jouer. Elle jouait le rôle de la partenaire sexuelle d'un garçon de quatorze ans. Sa réflexion : « Tout d'abord j'ai dit : ‘Pas question que j'accepte de tourner une telle scène.’ Mais alors, on m'a donné l'assurance que la mère du garçon serait présente lors de toutes les scènes de lit, alors j'ai accepté. » Je pose la question: Une mère resterait-elle à regarder si son fils était enlacé par un cobra ? Est-ce qu'elle lui ferait goûter de l'arsenic ou de la strychnine ? Mères, le feriez-vous ? Pères, le ferions-nous ? D'un passé lointain nous vient un écho tellement d'actualité aujourd'hui : « Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble sa couvée sous ses ailes, et vous ne l'avez pas voulu ! Voici, votre maison vous sera laissée [désolée][5]. » Aujourd'hui nous voyons renaître la Sodome et la Gomorrhe du passé. Elles sortent de pages rarement lues de bibles couvertes de poussière, et ce sont des villes réelles dans un monde réel, représentant une maladie réelle : le laxisme pernicieux. NOTRE PLAN DE BATAILLENous avons la capacité et la responsabilité de nous tenir comme un rempart entre tout ce qui nous est cher et la contamination fatale du scolyte de la pornographie. Je propose trois étapes précises dans notre plan de bataille : Tout d'abord, le retour à la droiture. Si nous comprenons qui nous sommes et ce que Dieu veut que nous devenions, cela nous incitera à prier, personnellement et en famille. Pareil retour révèle la vérité constante : «La méchanceté n'a jamais été le bonheur».[6] Ne laissez pas le Malin vous dissuader. Nous pouvons toujours nous laisser guider par le murmure doux et léger, qui ne commet aucune erreur dans sa direction et dont l'influence est toute-puissante. Deuxièmement, la recherche d'une vie de bien. Je ne parle pas de la vie du « bon vivant », d'une vie mondaine, de la vie qui plaît aux foules. Je recommande au contraire à chacun de rechercher la vie éternelle, la vie éternelle avec mère, père, frères, soeurs, mari, femme, fils et filles ensemble à jamais. Troisièmement, l'engagement de faire et de remporter la guerre contre le laxisme pernicieux. Lorsque nous rencontrons le vecteur du mal, le scolyte de la pornographie, que notre étendard de bataille et celui de notre collectivité s'inspirent de la célèbre bannière des premiers temps de l'Amérique : «Ne marchez pas sur moi[7].» Unissons-nous à la déclaration fervente de Josué « Choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir... Moi et ma maison, nous servirons l'Eternel[8]. » Que notre coeur soit pur. Que notre vie soit pure. Que notre voix se fasse entendre. Que nos actions se fassent sentir. Alors le scolyte de la pornographie sera arrêté dans sa progression mortelle. Le laxisme pernicieux aura trouvé sont maître. Et nous, avec Josué, nous traverserons à pied sec le Jourdain vers la terre promise, la vie éternelle dans le royaume céleste de notre Dieu. IDÉES POUR LES INSTRUCTEURS AU FOYER1. La pornographie est un ennemi sinistre. 2. Nous avons la capacité et la responsabilité de résister à la contamination fatale de la pornographie. 3. Notre plan de bataille comprend les éléments suivants.
[1] Voir U.S. News and World Report, 10 février
1997, p. 43. [2] Voir William Marshall, « A Report of the Use of Pornography by Sexual
Offenders », 1983, Ottawa (Canada). [3] Dans John Bartlett, Familiar Quotations, 16e édition, 1992, p. 301. [4] Annonce de l'Institute of Life Insurance dans Scientific American, mai 1968, p. 56. [5] Luc 13:34-35. [6] Alma 4 1: 10. [7] Dans Familiar Quotations, p. 779. [8] Josué 24:15.
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