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SAGESSE ET ORDRENeal A. Maxwell Du Collège des douze apôtres Les saints des derniers jours doivent reconnaître comme de précieux atouts du royaume du Seigneur, d'avoir la sagesse de préserver leur santé et leur force afin de servir davantage les gens et de les servir plus longtemps. L'épuisement risque de venir à bout de nous si nous ne faisons pas preuve de sagesse. Beaucoup de gens ont mis au point leur manière de gérer la tension et l'épuisement. Je leur propose quelques paroles de confirmation et d'encouragement afin qu'ils continuent à chercher leur rythme. Ceux qui s'en tirent raisonnablement bien sont probablement dans la ligne des conseils que donnent les Ecritures. Nous n'avons pas tous la même résistance et nous sommes dans des situations différentes qui nécessitent des adaptations tout à fait individuelles. Dans la vie nous subissons beaucoup d'influences qui échappent à notre contrôle, mais il y a une zone, dont la taille est différente pour chacun, dans laquelle nous pouvons agir délibérément et non pas uniquement mus par les circonstances (voir 2 Néphi 2:26). Par exemple, cette zone peut comprendre une certaine quantité de revenus disponibles. Ce que nous faisons dans cette zone est principalement de notre ressort. UTILISER LES ÉCRITURES COMME GUIDELes Ecritures de base peuvent nous guider lorsque nous essayons de gérer notre vie avec sagesse. Le roi Benjamin a donné le conseil suivant « Veillez à ce que tout cela se fasse avec sagesse et ordre car il n'est pas requis que l'homme coure plus vite qu'il n'a de force » (Mosiah 4:27). Joseph Smith, le prophète, a reçu une révélation à une époque où il devait être extrêmement impatient de finir la traduction importante et urgente du Livre de Mormon. « Ne cours pas plus vite et ne travaille pas au-delà des forces et des moyens qui te sont donnés pour te permettre de traduire ; mais sois diligent jusqu'à la fin » (D&A 10:4). Le Seigneur nous a donc donné ce que l'on pourrait appeler les tests de « la sagesse et de l'ordre » et de « la force et des moyens ». Nous commettons souvent l'erreur de tirer des chèques en bois sur le compte de notre temps, que nous n'oserions jamais tirer sur notre compte bancaire. Nous prenons parfois un si grand nombre d'engagements qu'ils deviennent comme la vigne de l'allégorie de Jacob qui menace de l'emporter sur les racines, y compris les racines de nos relations familiales, de nos amitiés et de nos relations avec Dieu (voir Jacob 5:3 7, 48). Une pensée d'Anne Morrow Lindbergh est affichée au mur de mon bureau « Ma vie ne peut pas transformer en action les demandes de tous les gens à qui mon coeur répond » (Gift from the Sea, 1955, p. 124). C'est pour moi un rappel nécessaire. Il y a quelques semaines, déjà fatigué, j'ai eu la folie d'aller tard dans l'après-midi dans deux hôpitaux différents afin de donner des bénédictions à trois personnes mourant du cancer. Non seulement cela m'a épuisé, mais pire encore, la dernière personne n'a pas tiré beaucoup de moi. Les choses n'avaient pas été faites « avec sagesse et avec ordre ». Je courais plus vite que mes réserves de force et d'énergie ne me le permettaient alors. Ces bénédictions auraient été meilleures si je les avais données sur deux ou trois jours, et j'aurais eu plus de compassion et d'énergie. TROUVER DES RETRAITES RÉGÉNÉRATRICES« Jésus leur dit [aux Douze] : Venez à l'écart dans un lieu désert, et reposez-vous un peu. Car il y avait beaucoup d'allants et de venants, et ils n'avaient même pas le temps de manger. Ils partirent donc dans une barque, pour aller à l'écart dans un lieu désert » (Marc 6:31-32). Jésus avait bien remarqué la lassitude de ses disciples, provoquée par leur sollicitude. Une retraite régénératrice peut être difficile à trouver. Mais on peut se ménager de brèves retraites impromptues en s'octroyant des pauses, ne serait-ce que de quelques minutes, entre les activités. Après avoir fait un compte rendu à Brigham Young (1801-1877), alors président de l'Eglise, l'un des Frères était désireux de partir afin de ne pas s'imposer. Mais le président Young a dit : « S'il vous plaît, asseyez-vous un instant avec moi, je suis fatigué des choses et des hommes. » Combien de fois « nous asseyons-nous un instant » avec notre conjoint, nos enfants, nos collègues ou nos amis ? Le temps passé à des activités non précipitées semble être plus bénéfique que le même temps utilisé de manière trépidante. CHOISIR « LA BONNE PART »Un autre exemple est généralement utilisé à propos de la délégation, mais il ne se limite pas à cela. « Le beau-père de Moïse lui dit : Ce que tu fais n'est pas bien. Tu t'épuiseras toi-même, et tu épuiseras ce peuple qui est avec toi ; car la chose est au-dessus de tes forces, tu ne pourras pas y suffire seul » (Exode 18:17-18). En général, nous voyons que Moïse avait besoin de recourir à la délégation et nous remarquons combien nous et ceux que nous servons, y compris notre famille, nous pouvons nous épuiser. Moïse jugeait toutes les affaires ! Pire encore, ce comportement l'empêchait de s'acquitter de ses véritables devoirs, qui étaient de leur enseigner les ordonnances et les lois et de leur faire connaître le chemin qu'ils devaient suivre et ce qu'ils devaient faire (voir Exode 18:20). Les Douze des premiers temps ont reçu le conseil de ne pas « servir aux tables » (voir Actes 6:1-4). En réalité, il est facile de servir aux tables. C'est quelque chose de visible, de mesurable et de faisable, par rapport au fait d'ouvrir les nations du monde à l'oeuvre missionnaire ou d'empêcher les loups de s'introduire dans le troupeau. Mais si les Douze étaient écartés de leurs devoirs définis par les Ecritures et la loi, l'Eglise entière souffrirait. Nous risquons tous d'être distraits, presque sans nous en apercevoir. « La sagesse et l'ordre » consistent à remarquer qu'il y a dans la vie des périodes pour certaines tâches supplémentaires. Les responsabilités professionnelles et les appels vont et viennent, mais il est toujours d'actualité d'appliquer le commandement suivant de Jésus: « Quelle sorte d'hommes [et de femmes] devriez-vous être ? En vérité, je vous le dis, tels que je suis » (3 Néphi 27:27). Nous pouvons tous nous efforcer de nous méfier des préoccupations de Marthe, qui sont le fait des hommes comme des femmes. Elles peuvent aussi nous priver d'expériences spéciales si nous sommes trop «accaparés par une quantité d'occasions de servir». Le souci de bien faire n'est pas une garantie automatique que nous choisirons « la bonne part » qui ne nous sera point ôtée (voir Luc 10:3842). Nos souvenirs les plus précieux ont trait à « la bonne part ». Ils resteront avec nous tandis qu'un grand nombre de nos soucis pressants en leur temps, seront oubliés depuis longtemps. Dans les moments où les sujets de tensions auraient pu le remplir de soucis comme ceux de Marthe, le président Young préférait faire le choix de Marie. « A ma connaissance, je n'ai jamais laissé passer une occasion d'être avec le prophète Joseph et de l'entendre parler en public ou en privé, afin de puiser des connaissances de la source de ses propos, et les avoir et les sortir quand elles s'avèrent nécessaires... Du temps du prophète Joseph, ces moments étaient plus précieux pour moi que toutes les richesses du monde. Peu importait ma pauvreté... ; même s'il me fallait emprunter des repas pour nourrir ma femme et mes enfants, je ne laissais jamais passer l'occasion d'apprendre ce que le prophète avait à dire » (Deseret News Semi-Weekly, 15 septembre 1868). Les avantages qu'a tirés le président Young d'avoir choisi la « bonne part » en écoutant ainsi ne lui ont pas été ôtés, ni à nous non plus. Maris et femmes devraient avoir une conversation sur l'Evangile au moins une fois par semaine, rien qu'entre eux. Ils devraient s'asseoir un peu, ne serait-ce que 10 à 15 minutes. Un intérêt intellectuel croissant pour l'Evangile qui naît si souvent de l'étude des Ecritures peut beaucoup contribuer à lutter contre la lassitude et nous ressourcer. Les joies d'un service chrétien rendu personnellement dans la discrétion, en dehors du domaine strict de nos devoirs de l'Eglise, ont le même résultat. Quand nous sommes perplexes et inquiets, et cela arrive parfois, méditons sur l'exemple de Néphi : « Je sais [que Dieu] aime ses enfants ; néanmoins, je ne connais pas la signification de tout » (1 Néphi 11:17). LeGrand Richards (1886-1983), du Collège des douze apôtres, a dit au sujet des soucis : « C'est l'Eglise du Seigneur [alors je] le laisse se faire des soucis à ce sujet » (cité dans Lucile C. Tate, LeGrand Richards, Beloved Apostle, 1982, p. 287). Certains d'entre nous n'ont pas encore atteint cet équilibre spirituel. SUIVRE L’EXEMPLE DU SAUVEURLe Seigneur sait que nous ne pouvons « pas tout supporter maintenant » (D&A 50:40). Cependant, sa grâce nous suffit pour chaque période de la vie si nous sommes humbles (voir Ether 12:27). John Taylor (1808-1887) a dit que, dans la vie, nous ne pouvons pas être protégés de certaines choses : « Il est nécessaire de se connaître soi-même... et de connaître ses points forts et ses points faibles, son ignorance et son intelligence, sa sagesse et sa folie afin de savoir comment apprécier les vrais principes... Il est nécessaire que nous connaissions nos propres faiblesses et celles de nos semblables, notre force et celle des autres... et de ne pas surestimer notre sagesse ou notre force ni de la sous-estimer ni celle des autres, mais de nous en remettre au Dieu vivant et de marcher sur ses traces » (Deseret News Weekly, 26 janvier 1854). Beaucoup de nos choix quotidiens ne sont pas difficiles en eux-mêmes mais nous faisons tout pour qu'ils le soient. Certains choix sont une question de préférence et non de principe. Nous avons parfois tendance à nous épuiser nous-mêmes et aussi à épuiser les réserves de bonne volonté en nous donnant beaucoup de mal pour des questions de préférence et non pas de principe. Voyez l'équilibre spirituel de Jésus, qui est notre exemple en toutes choses. Premièrement, pour autant que je voie, Jésus n'a jamais agi frénétiquement. C'est d'autant plus étonnant lorsqu'on sait qu'une si grande partie de son rôle de Messie ici-bas a été concentrée en trois années très occupées. Deuxièmement, Jésus avait de la compassion pour les autres, même au milieu de son agonie à Gethsémané et sur la croix. Il a guéri une oreille coupée. Il s'est assuré que l'apôtre Jean s'occuperait de Marie, sa mère. Il a rassuré à propos du lendemain un brigand qui souffrait. Troisièmement, Jésus a traité individuellement ce qui aurait pu paraître à d'autres des expériences répétées. Il a offert de l'eau vive à la Samaritaine personnellement (voir Jean 4:7-26). Il s'est tenu à côté de l'apôtre Paul en prison, lui disant de prendre courage (voir Actes 23:11). Dans chaque cas, il n'y avait qu'une seule personne qui l'entendait ! Au début de chaque année, il serait tout à fait humain de dire avec résignation : « Encore une autre ! » et de ne pas la personnaliser. Je suis très heureux que mon Père céleste n'ait pas ce genre de sentiments. Bien que son chemin soit « une même ronde éternelle » (I Néphi 10: 19 ; D&A 3:2), puisque le plan de salut s'accomplit et s'accomplit à nouveau, encore et encore, dans des royaumes qui dépassent notre entendement, son amour est constant et personnel. Je suis très heureux que Jésus n'ait pas considéré chaque guérison avec résignation seulement comme un autre devoir à accomplir. Pour lui, ce devoir était un plaisir. Gilbert K. Chesterton est arrivé à la conclusion que Dieu ne s'est jamais lassé de faire toutes les marguerites pareilles parce qu'il ne s'est jamais lassé des marguerites (voir Orthodoxy, 1959, p. 60). Nous ne devons pas, nous non plus, nous lasser des autres. GARDER SA SPIRITUALITÉ INTACTENous devons nous garder intacts, spirituellement et dans d'autres domaines. Pour diverses raisons, il est essentiel de garder sa spiritualité intacte. Entre autres, il est très précieux de rester intact lorsque les choses paraissent mal engagées. Imaginez, par exemple, ce qu'ont ressenti les disciples de Jésus lors de son arrestation à Gethsémané ! Pire encore, qu'est-ce que cela leur a fait de le voir sur la croix ? Ces heures ont sûrement dû être les plus noires du christianisme ! La détention du prophète Joseph dans la prison de Liberty a dû aussi être une période noire. Ses disciples avaient été chassés du Missouri et il semblait être fini. Mais alors, le Seigneur lui a dit que les extrémités de la terre s'informeraient de son nom (voir D&A 122:1). Quelle déclaration stupéfiante ! John Taylor a dit de cette période : « Nous avons été chassés du Missouri, nous avons été chassés d'un endroit à l'autre au Missouri avant d'en être chassés carrément, puis nous avons été chassés d'Illinois jusqu'à cet endroit. Mais qu'en a-t-il été ? Je sais que certains hommes croyaient que c'en était fini de l'oeuvre. Je me rappelle une remarque faite par Sidney Rigdon. Je suppose qu'il n’appliquait pas sa religion... Je ne crois pas qu'il le faisait. Ses genoux ont commencé à trembler dans le Missouri et il a dit une fois : « Mes frères, que chacun suive sa route car on dirait que c'en est fini de l'oeuvre. » Brigham Young a encouragé les gens et Joseph Smith leur a dit d'être fermes et de rester intègres, car Dieu serait avec son peuple et le délivrerait » (Deseret News Weekly, 4 janvier 1865, p. 107). Alors est arrivée la triste expérience de Carthage ! On aurait dit que l'oeuvre de Joseph était terminée ! George Albert Smith (1817-1875), premier conseiller dans la Première Présidence, a dit : « Dans leurs périodes sombres, certains risquent de penser (j’en ai entendu certains qui le pensaient) que l’oeuvre est presque arrêtée, que les ennemis des saints sont devenus si puissants et déploient tant de richesses et d'énergie contre eux que nous allons tous être écrasés sous peu. Je dirai à ces frères que c'est une très mauvaise idée de sauter par dessus bord, lorsque vous croyez que le vieux bateau de Sion va couler » (Deseret News Semi-Weekly, 27 octobre 1874). Les gens de peu de foi prennent un petit nuage pour les ténèbres complètes. Nous gardons notre spiritualité intacte lorsque nous conservons un certain recul salutaire en voyant « les choses telles qu'elles sont réellement » (Jacob 4:13). La sagesse et l'ordre nous aident à surmonter l'épuisement et à nous acquitter d'engagements qui dépassent nos forces et nos moyens. La sagesse et l'ordre nous incitent à « nous asseoir un instant » avec les gens que nous aimons et avec nos collègues, en nous donnant le temps de vaquer aux tâches supplémentaires de la vie, et nous rappellent que nous ne pouvons pas tout supporter maintenant. La sagesse et l'ordre nous aident à faire la différence entre préférences et principes. Les exigences et les épreuves de notre époque sont grandes, mais la sagesse et l'ordre nous aident à garder du recul. Ce recul, à son tour, nous aide à faire toutes choses avec « sagesse et ordre » afin de remporter ainsi le prix (voir Mosiah 4:27).
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