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Constantes et immuables
Mary Ellen Smoot
Présidente générale de la Société de Secours
«Nous ne pouvons pas abandonner notre foi lorsque
des problèmes se présentent à nous. Nous ne nous détournerons pas, nous ne
ferons pas marche arrière, nous ne nous découragerons pas.»

Il entre dans notre vie des gens et des événements
qui laissent leur empreinte sur notre coeur et nous changent à jamais.
Ce soir, notre présidence prie pour que les paroles qui vont être dites ici
laissent leur empreinte sur notre coeur et nous gardent, nous, filles de Dieu,
fermes, constantes et immuables.
Pendant que je voyageais dans le monde, les soeurs fidèles de la Société de
Secours ont laissé leur empreinte sur mon coeur. J'ai vu leurs efforts dévoués
pour s'entraider et servir les autres de par le monde. Je ne serai plus jamais
la même.
Je demande que vos prières m'accompagnent pendant que je dis un petit nombre de
choses qui, je l'espère, pénétreront dans votre coeur et vous rapprocheront de
notre Sauveur et Rédempteur.
Nous décidons d'être constantes et immuables dans notre foi à cause des
promesses de gloire éternelle, d'accroissement éternel et de poursuite des
relations familiales dans le royaume céleste. Nous aimons notre famille et nous
savons que notre joie et notre paix les plus grandes sont de voir chaque membre
de notre famille affronter les épreuves de la vie et faire de bons choix pour
vaincre le monde.
Il m'arrive de prendre entre mes mains le visage d'un de mes enfants ou de mes
petits-enfants quand il fait quelque chose qui va lui faire du mal à court ou à
long terme. Je le regarde profondément dans les yeux et je lui explique
soigneusement combien je l'aime et le chéris. Ensuite je décris le mal qui
pourrait découler de ce qu'il veut faire.
Je peux m'imaginer le Sauveur tenant notre visage entre ses mains et suppliant
chacune de nous de rester constante, immuable et fidèle au Dieu qui nous a
faites.
Mes soeurs, je voudrais pouvoir prendre votre visage entre mes mains, vous
regarder profondément dans les yeux et vous donner la vision claire du rôle
capital que vous jouez, comme filles bien-aimées de Dieu, dont la « vie a un
sens, un but et une direction ». Nous sommes des femmes qui « font grandir leur
témoignage de Jésus-Christ par la prière et l'étude des Ecritures », qui «
recherchent la force spirituelle en suivant l'inspiration du Saint-Esprit » et
qui « se consacrent à fortifier le mariage, la famille et le foyer » et «
trouvent de la noblesse dans la maternité et de la joie dans la féminité1». Nous
sommes les femmes de la Société de Secours de l'Eglise de Jésus-Christ des
Saints des Derniers Jours.
Avant de venir dans ce monde mortel, nous avons vécu ensemble en la présence de
parents célestes aimants. Je m'imagine que l'un de nos sujets de conversation
préférés était ce qui se passerait quand nous traverserions le voile et
entrerions dans cette existence terrestre.
Maintenant nous sommes ici. Bien que l'on nous ait parlé des difficultés que
nous rencontrerions sur la terre, je doute que nous ayons compris ou que nous
ayons pu savoir à quel point l'existence ici-bas serait exigeante et éprouvante,
combien elle serait fatigante et même douloureuse parfois. Nous avons
certainement toutes, à un moment ou à un autre, eu le sentiment que ce par quoi
nous passions était trop dur à supporter. Et pourtant, comme Joseph Smith, le
prophète, l'a enseigné, quand nous sommes devenues membres de l'Eglise, [nous
nous sommes enrôlées] pour servir Dieu. Quand nous avons fait cela, nous avons
quitté la neutralité et nous ne pourrons jamais y retourner. Si [nous devions]
abandonner le Maître au service duquel nous nous sommes enrôlées, ce serait à
l'instigation du Malin et nous suivrions ses ordres et serions ses servantes2.
Je peux imaginer notre Sauveur nous prenant le visage entre ses mains, nous
regardant profondément dans les yeux et nous promettant une fraternité, une
Société de Secours, pour nous aider dans nos épreuves. Cette organisation, qui
est pour toutes les femmes de l'Eglise, a pour but de contribuer à nous conduire
au Sauveur et à nous entraider pour assister les malades et les pauvres. Les
soeurs de la Société de Secours prendront les nouveaux membres dans leurs bras
et feront en sorte que tout le monde se sente nécessaire et nourri, quelle que
soit sa situation actuelle dans la vie. Elles accueilleront les nouvelles Jeunes
Filles quand elles arriveront et les intégreront à toutes les activités. Faites
appel à elles. Nous ne pouvons pas nous permettre de les perdre. Tout le monde
sera édifié et aimé. Tout le monde suivra les dirigeants de la prêtrise qui nous
aident à traverser une passe étroite jusqu'à un havre sûr, la vérité pure et un
mode de vie digne de filles de Dieu.
Le président Hinckley a dit aux femmes de l'Eglise : « Soyez à la hauteur du
grand potentiel qui est le vôtre. Je ne vous demande pas d'aller au-delà de vos
capacités. J'espère que vous ne vous répéterez pas constamment que vous n'y
arriverez pas. J'espère que vous n'essayerez pas de vous fixer des buts qui
seront bien au-delà de vos capacités. J'espère que vous ferez simplement ce que
vous pouvez de votre mieux. Si vous le faites, vous verrez des miracles se
produire3. »
Quand j'entends des soeurs dire : « C'est trop difficile de faire mes visites
d'enseignement» ou « je n'ai tout simplement pas le temps de prier ni de lire
mes Ecritures », «j'ai trop à faire pour assister à la réunion d'édification du
foyer, de la famille et de la personne », je voudrais dire, comme le président
Hinckley : « Soyez à la hauteur du grand potentiel qui est le vôtre. » Peut-être
devrons-nous prendre du recul et nous demander si nos actes cadrent avec les
choses qui ont le plus d'importance pour nous. En plaçant au premier plan de
notre vie ce qu'il y a de plus important dans notre vie, nous pouvons passer
chaque jour sans regret.
Nous allons chaque semaine à la Société de Secours non seulement pour être
nourries et aimées, mais aussi pour nous présenter pour le service. Parfois le
devoir le plus important se trouve dans notre foyer même.
Lucifer fait tout ce qu'il peut pour nous détourner des choses de première
importance. L'un de ses moyens les plus efficaces est de nous convaincre qu'il
est impossible de rester centré sur les choses spirituelles quand les exigences
de la vie sont tellement pressantes.
Quant un docteur de la loi lui a demandé quel était le plus grand commandement,
Jésus a répondu sans hésitation : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout
ton coeur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. . . Et voici le second, qui
lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même4. » Tels sont les
grands commandements. C'est de cela que dépendent toute la loi et les prophètes.
Telles sont les choses qui ont le plus d'importance. Efforçons-nous de pratiquer
ces commandements et le reste ira tout seul.
Où en sont nos relations avec notre Père céleste ? Est-ce que nous l'aimons de
tout notre coeur, de toute notre âme et de toute notre force ? Comment
aimons-nous notre famille, nos voisins, nos soeurs de la Société de Secours et
nos semblables ? Ces questions nous aident à reconnaître les choses qui ont le
plus d'importance et sont la base sur laquelle nous pouvons organiser les
activités de nos journées pour évaluer notre façon d'agir.
Aimons-nous le Seigneur si nous passons notre temps à regarder des films
violents ou obscènes, si nous lisons des documents pornographiques ou si nous
nous livrons à des activités dégradantes ou inconvenantes pour une fille de Dieu
? Montrons-nous notre amour au Seigneur si nous nous habillons de manière
impudique ? J'ai récemment parlé à un groupe important de jeunes et, après la
réunion, un jeune homme m'a remis ce mot : « Voudriez-vous dire aux femmes de
l'Eglise combien j'apprécie leur pudeur ? Je sais qu'il est difficile de trouver
des vêtements pudiques dans notre monde. Mais dites-leur que cela en vaut la
peine pour moi et pour les hommes dignes qu'elles vont épouser. »
Nous ne pouvons pas abandonner notre foi lorsque des problèmes se présentent à
nous. Nous ne nous détournerons pas, nous ne ferons pas marche arrière, nous ne
nous découragerons pas. Nous irons de l'avant hardiment et avec détermination et
nous serons, pour tous ceux qui nous entourent, un exemple de pudeur, d'humilité
et de foi. La recherche de la constance et de l'immuabilité est une quête
personnelle qui apporte une récompense éternelle car, si nous nous y consacrons,
le Christ, le Seigneur Dieu Omnipotent, nous scellera comme siens afin que nous
soyons amenées au ciel, que nous ayons le salut et la vie éternels5.
Il y a quelques années, dans son discours d'adieu aux soeurs de la Société de
Secours, Belle Spafford a dit : « Je crois que la femme moyenne d'aujourd'hui
doit évaluer ses intérêts, estimer les activités auxquelles elle se livre et
prendre ensuite des dispositions pour simplifier sa vie, en mettant au premier
plan les choses de première importance, en mettant l'accent sur les choses où
les récompenses seront les plus grandes et les plus durables et en se
débarrassant des activités moins rentables6. »
Il faut parfois un événement traumatisant pour nous aider à comprendre les
choses qui ont le plus d'importance. Il y a quelques semaines, nous avons connu
l'un de ces événements tragiques qui ont changé notre vie à jamais et nous ont
aidées à nous rendre compte de la nécessité d'être préparées. Le sentiment le
plus fréquemment exprimé par ceux qui ont été directement touchés par les
attaques terroristes récentes sur la côte est des Etats-Unis, a été que tout ce
qu'ils voulaient, c'était avoir de nouveau leur famille réunie. Je comprends
cette réaction.
Au début de cette année, j'ai subi une intervention chirurgicale grave et j'ai
passé de nombreux jours à l'hôpital. En réfléchissant à ma vie et au rapport que
je ferais au Seigneur si j'étais rappelée à lui, je me suis rendu compte avec
une clarté absolue que la famille est l'une de nos responsabilités les plus
importantes. J'ai su que ma plus grande joie serait de voir mes enfants, mes
petits-enfants et mes futurs arrière-petits-enfants rester fermes, constants et
immuables dont l'Evangile. Dans ces moments de solitude, dans une chambre
d'hôpital obscurcie, je me suis rendu compte que ce que nous faisons chez nous
est beaucoup plus important que les choses que nous faisons à l'extérieur.
Oui, il nous arrive d'être assaillies d'ennuis, de souffrances et de chagrin.
Mais nous ne devons pas baisser les bras. Nous ne devons pas faire marche
arrière. Eliza R. Snow, deuxième présidente de la Société de Secours, a écrit :
« J'irai de l'avant. . . Je sourirai quand la tempête fera rage et je voguerai
hardiment et triomphalement sur l'océan démonté des circonstances. . . Et le
témoignage de Jésussera une lumière qui guidera ma vision à travers les portes
de l'immortalité et communiquera à mon intelligence les gloires du royaume
céleste7. »
Oh ! comme je voudrais regarder face à face, dans les yeux, chaque soeur et la
voir embrasée par la flamme de ces paroles et vraiment comprendre qui elle est
et ce qu'elle est capable d'accomplir ! Oh ! si les mots de notre déclaration
pouvaient prendre racine profondément en nous : « Nous sommes les filles. . . de
Dieu qui nous aime. . . Nous. . . sommes unies par notre dévouement à
Jésus-Christ. . . Nous sommes des femmes de foi, de vertu, de vision et de
charité8».
Le découragement, le chagrin, la souffrance et la douleur peuvent nous assaillir
et nous éprouver. Mais, mes soeurs bien-aimées dans l'Evangile, s'il est trop
tard pour faire demi-tour, nous pouvons rester fermes et constantes et laisser
notre empreinte sur le coeur des personnes de notre entourage. Nous pouvons
sourire quand la tempête fait rage et voguer triomphalement sur l'océan démonté
des circonstances. Nous pouvons faire que le témoignage de Jésus-Christ soit une
lampe qui nous guidera à travers les portes de l'immortalité.
Puissions-nous finir glorieusement, puissions-nous concentrer notre énergie sur
les choses qui ont le plus d'importance, puissions-nous un jour nous rencontrer
de l'autre côté du voile et nous étreindre mutuellement, triomphantes dans la
connaissance que nous sommes restées fermes et immuables, ce sont là mon espoir
et ma prière pour vous, mes chères soeurs, au nom de Jésus-Christ. Amen.
NOTES
1. Déclaration de la Société de Secours, in Mary Ellen Smoot, «Rejoice,
Daughters of Zion»,Le Liahona, janvier 2000, p. 112.
2. Dans « Recollections of the Prophet Joseph Smith », Juvenile Instructor, 15
août 1892, p. 492.
3. Motherhood: A Heritage of Faith, 1955, p. 9.
4. Matthieu 22:37, 39.
5. Voir Mosiah 5:15.
6. A Woman's Reach, 1974, p. 23.
7. « The Lord Is My Trust », Poems, Religious, Historical, and Political, vol. 1
(1856), p. 148-149.
8. Le Liahona, janvier 2000, p. 112.
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