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Restez
fermes
Virginia U. Jensen
Première conseillère dans la présidence générale de la Société de Secours
«N'oublions jamais que nous construisons une
fondation sur le roc qu'est notre Rédempteur pour notre famille et avec elle.»

Pendant plusieurs années, ma fille cadette et son
mari ont consciencieusement recherché les conseils des meilleurs médecins et
l'assistance scientifique la plus moderne dans le but de concevoir un bébé. Ils
ont jeûné, prié et espéré.
Enfin, le résultat tant attendu s'est produit et ma fille est enceinte de leur
premier enfant. Récemment, le médecin lui a donné rendez-vous pour un examen
approfondi afin de déterminer si la grossesse se déroule normalement. Cet examen
inquiétait beaucoup ma fille. A quelques jours du rendez-vous, elle a appris que
son mari ne pourrait pas venir avec elle et elle m'a demandé si j'acceptais de
l'y accompagner. Elle m'a dit : « Maman, après tout ce que nous avons subi, je
vais avoir besoin d'aide s'il y a un problème. »
J'étais enchantée de voir à l'avance cet enfant que j'allais aimer et chérir
pendant toute l'éternité. Je voulais rassurer ma fille et lui dire que tout
allait bien se passer, mais dans mon for intérieur, j'étais aussi inquiète.
Après avoir regardé la cassette- vidéo de l'échographie, le médecin est venu
nous expliquer le résultat. Ses premières paroles ont été : « J'aimerais que
tous les bébés soient aussi parfaits que celui-ci ! » J'avais du mal à contenir
ma joie. En arrivant à la voiture, je n'ai pas pu retenir mon émotion plus long-
temps et j'ai commencé à pleurer. Profondément touchée, j'ai pleuré, souhaitant
que toutes les femmes enceintes puissent entendre ces paroles. J'ai pleuré pour
toutes les femmes qui voulaient avoir un bébé, mais n'y arrivaient pas. J'ai
pleuré pour toutes les femmes qui voulaient des enfants, mais qui n'avaient pas
trouvé de mari. Enfin, j'ai pleuré de reconnaissance et j'ai éprouvé le désir
immense que notre famille offre à ce bébé un foyer digne de lui.
Le poète anglais Wordsworth a exprimé certains de mes sentiments au sujet de ce
petit-enfant et de notre foyer quand il nous a rappelé que :
«Notre naissance n'est qu'un sommeil et un oubli. . .
C'est en traînant avec nous des nuées de gloire. . . que nous venons
De Dieu, qui est notre demeure.»
(William Wordsworth, Ode : Intimations of Immortality from Recollections of
Early Childhood).
Nos foyers ici-bas sont sacrés à cause de leur lien
avec notre Père céleste et notre foyer céleste. Cette expérience avec ma fille
m'a à nouveau fait prendre pleinement conscience du caractère prioritaire et de
l'importance vitale du foyer et de la famille. Cela m'a aussi rappelé qu'en tant
que femmes, nous possédons des tendances naturelles qui nous poussent à aimer, à
nourrir et à instruire et nous sommes appelées à protéger et à bénir tous les
membres de notre famille. Lorsqu'il envoie des bébés ici-bas, le Seigneur veut
que, quelle que soit notre situation, nous restions fermes et inébranlables et
que nous continuions d'édifier des foyers qui soient des forteresses contre la
marée montante du mal. Nous avons le devoir de défendre le foyer et la famille,
où que nous soyons sur la terre.
David O. McKay a déclaré : « Je crois de tout mon coeur que le foyer est le
meilleur endroit pour se préparer à la vie éternelle » (Improvement Era, avril
1963, p. 252). Mais comment élever des enfants justes dans un monde qui
ressemble de plus en plus à Sodome et Gomorrhe ?
Howard W. Hunter a raconté un événement historique qui me permet de répondre à
cette question.
« La bataille finale et décisive des guerres napoléoniennes s'est déroulée le 18
juin 1815, près de Bruxelles, en Belgique, dans le village de Waterloo. Ce que
l'on appelle la Bataille de Waterloo est considérée comme un tournant important
de l'histoire moderne et a entraîné des modifications majeures dans les
frontières politiques et dans l'équilibre des puissances en Europe. A un moment
décisif de cette grande bataille entre les forces de l'empereur français
Napoléon et les forces alliées dirigées par le général britannique Arthur
Wellesley (mieux connu comme le duc de Wellington), un officier inquiet se
précipita dans le bureau du duc en disant que si les troupes ne se repliaient
pas immédiatement, elles devraient se rendre à l'armée française, supérieure en
nombre.
« Le duc commanda : 'Restez fermes !'
« 'Mais nous allons tous périr', répondit l'officier.
« 'Restez fermes !' répéta le duc. »
(Howard W. Hunter,That We Might Have Joy, p. 148.)
Le duc donna l'ordre : « Restez fermes ! » ; Cela leur apporta la victoire. Ce
conseil en deux mots – Restez fermes – me donne du courage et me guide. Mes
soeurs, aujourd'hui nous participons à une bataille acharnée pour l'esprit, le
coeur et même l'âme de nos enfants, de nos petits-enfants et des autres membres
de notre famille. Pour combattre, nous avons beaucoup plus d'armes et d'armures
que les troupes du duc de Wellington. En effet, nous avons la force qui vient de
la foi au Seigneur Jésus-Christ et la puissance des ordonnances de l'Evangile.
Pour remporter la victoire, nous devons nous armer de la foi au Seigneur
Jésus-Christ et être fermes dans nos convictions.
Dans le Livre de Mormon, nous lisons que les Lamanites qui étaient convertis à
la vraie foi ne voulaient pas s'en éloigner, car ils étaient fermes, constants
et immuables, voulant, en toute diligence, garder les commandements du Seigneur
(voir 3 Néphi 6:14).
Votre foi ferme et inébranlable et votre connaissance de l'Evangile de
Jésus-Christ et de son plan pour votre famille et pour vous seront une grande
protection contre les points de vue discordants et les mauvaises influences.
Votre obéissance et votre fidélité aux alliances et aux commandements éternels
peuvent vous apporter la paix et même le bonheur au milieu des chaos de ce
monde. Armées de foi, vous pouvez rester fermes et édifier un foyer digne des
enfants de notre Père céleste.
Une fois, alors que je me rendais dans une région où régnaient la violence et la
confusion politique, un dirigeant de la prêtrise sensible a ressenti ma peur et
m'a adressé quelques paroles de réconfort.
Lorsqu'il était enfant, sa mère qui s'était retrouvée soudainement seule et
démunie, avait puisé de la force dans les paroles suivantes qu'elle avait lues
dans un vieux livre :
« J'ai demandé au gardien de la porte de l'année : 'Donne-moi une lumière pour
que je puisse cheminer en toute sécurité dans l'inconnu.' Il répondit : 'Avance
dans les ténèbres et mets ta main dans celle de Dieu. Ce sera mieux qu'une
lumière et plus sûr qu'un sentier déjà connu.' » (Minnie Louise Haskins, dansle
Oxford Dictionary of Quotations,4ème éd., éd. Angela Partington, 1996, p. 328.)
La mère de mon ami a rebâti sa vie et créé une fondation ferme en suivant ce
conseil. J'ai également reçu du réconfort pendant des moments d'inquiétude en
allant de l'avant dans l'inconnu, armée de la connaissance que la compagnie du
Seigneur valait mieux que toutes les protections humaines.
Pour rester fermes, nous devons savoir de toute notre âme que le Seigneur sera
toujours notre soutien si nous sommes fermement plantés sur le « roc de notre
Rédempteur ». Cette idée est exprimée avec ferveur dans le cinquième chapitre de
Hélaman : « Et maintenant. . . souvenez-vous, souvenez-vous que c'est sur le roc
de notre Rédempteur, qui est le Christ, le Fils de Dieu, que vous devez bâtir
votre fondation ; afin que lorsque le diable enverra ses vents puissants, oui,
ses traits dans le tourbillon, oui, lorsque toute sa grêle et sa puissante
tempête s'abattront sur vous, cela n'ait aucun pouvoir sur vous, pour vous
entraîner en bas jusqu'au gouffre de misère et de malheur sans fin, à cause du
roc sur lequel vous êtes bâtis, qui est une fondation sûre, une fondation telle
que si les hommes construisent sur elle, ils ne peuvent tomber » (Hélaman 5:12).
Mes soeurs, les promesses du Seigneur sont sûres. Il a donné sa vie pour notre
salut.
Pour rester fermes et pour aider les autres à le rester, nous devons implanter
fermement le message de l'Evangile rétabli dans notre coeur et l'enseigner dans
nos familles. Dans votre foyer, donnez à vos enfants et à vos êtres chers
l'armure spirituelle dont ils ont besoin chaque jour quand ils vous quittent
pour s'aventurer à l'extérieur de la forteresse sûre qu'est votre foyer.
Apprenez à vos êtres chers à faire appel aux puissances des cieux par le jeûne
et la prière. Apprenez-leur que le fait de sanctifier le jour du sabbat les
protège du monde. Apprenez-leur à obéir. Apprenez-leur à rechercher
l'approbation de Dieu et non celle de l'homme. Apprenez-leur que le seul moyen
de rentrer dans notre foyer céleste est d'aimer et de suivre le Sauveur et de
faire et de garder des alliances et des commandements sacrés. Les vérités de
l'Evangile et la connaissance du plan de salut sont les armes que les membres de
votre famille peuvent utiliser pour vaincre les forces diaboliques de Satan.
En tant que femmes, mères, grands-mères, soeurs et tantes, nous devons rester
fermes parce que nous sommes des modèles. Comme nous les aimons, nous voulons
donner aux membres de notre famille un exemple fort et juste à suivre. Par nos
actions, nos paroles, notre manière de nous vêtir et d'utiliser notre temps, par
tous les choix que nous faisons, nous montrons ce en quoi nous croyons et cela
devient le modèle à suivre.
Lucy Mack Smith, mère de Joseph Smith, le prophète, a écrit dans son sa
biographie qu'au printemps 1803, son mari et elle se posaient beaucoup de
questions sur la religion. Elle parle de sa recherche de la vérité : « Je me
retirai dans un bois non loin de là, où je priai le Seigneur pour connaître le
véritable Evangile » (History of Joseph Smith, ed. Preston Nibley, 1958, p. 43).
Est-ce que cela vous rappelle quelque chose ?
Dix-sept ans plus tard, au printemps de 1820, Joseph Smith, qui était à la
recherche de la vérité, se décida finalement à demander à Dieu. Il se retira
donc dans les bois pour tenter l'expérience (voir Joseph Smith, Histoire
1:13-14).
Est-ce une coïncidence que la mère et le fils aient tous deux choisi de se
rendre dans un bois pour demander à Dieu de leur révéler la vérité ? La prière
de Joseph fut une bénédiction pour le monde entier grâce au Rétablissement de
l'Evangile de Jésus-Christ. L'exemple juste d'une femme qui sait rester ferme
est une bénédiction pour d'innombrables personnes.
Bien que j'aime être femme et mère, je reconnais que ce n'est pas toujours
facile. Je comprends les sentiments de la jeune élève à qui l'institutrice a
demandé d'écrire une lettre à Dieu. Sharon a écrit : « Cher Dieu, j'imagine
qu'il t'est très difficile d'aimer tout le monde sur la terre. Nous ne sommes
que cinq dans ma famille et je n'y arrive pas. » De même, je suis certaine que
les membres de ma famille vous diraient qu'il n'est pas toujours facile de
m'aimer. Pourtant, je suis d'accord avec Loren C. Dunn qui a dit : « Rien n'est
plus précieux et plus durable que la famille » («Our precious Families »,Ensign,
novembre 1974, p. 9). Malgré les difficultés de la vie familiale, ce que nous
accomplissons dans notre famille est de la plus haute importance. Lorsque vous
êtes découragées et que les choses dans votre famille ne se déroulent pas comme
vous l'auriez souhaité, restez fermes, gardez la foi et dites ce qu'une autre
jeune élève a écrit dans sa lettre à Dieu : « Cher Dieu, je fais de mon mieux. »
Ne vous laissez pas décourager indûment par les difficultés de la vie familiale
et ne leur permettez pas d'influer sur l'amour qu'on peut éprouver en famille.
Armons-nous de foi et restons fermes dans nos convictions. N'oublions jamais que
nous construisons une fondation sur le roc qu'est notre Rédempteur pour notre
famille et avec elle. Avec l'aide du Seigneur, nous pouvons édifier un foyer
semblable à une forteresse juste.
Je prie pour que le Seigneur vous bénisse dans vos efforts pour rester fermes
dans la défense du foyer et de la famille. Au nom de Jésus-Christ. Amen.
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