|
MESSAGE DE LA PREMIERE
PRESIDENCE
TRIOMPHER DES GOLIATHS DANS NOTRE VIE
Par Gordon B. Hinckley
Président de l’Eglise
Il y a quelques années, j’ai parlé aux jeunes gens de l’Eglise de la manière de
surmonter les Goliaths dans leur vie. je voudrais appliquer ce même thème à nous
tous, car peu d’entre nous n’ont pas au moins un Goliath à affronter. En
étudiant l’Ancien Testament cette année, nous allons nous rendre compte que
l’histoire de David et de Goliath est un exemple merveilleux de ce que nous
pouvons tirer de la lecture de ce grand livre d’Ecritures. Je ne vais rappeler
qu’une partie de l’histoire, car je sais que vous la connaissez déjà. C’est
l’histoire de David, fils d'Isaï.
Vous vous rappelez que l’armée d’Israël, sous la conduite du roi Saül, se
livrait à une guerre mortelle contre l’armée des Philistins. Une armée était
campée sur une colline et l’autre sur la colline d’en face avec une vallée entre
les deux. Or, les Philistins avaient parmi eux un géant du nom de Goliath de
Gath. Il était haut de six coudées et un empan. Si j’ai bien calculé, il
mesurait donc environ deux mètres soixante-dix. Quel centre de basket-ball il
aurait pu faire !
Revêtu de son armure, il descendait dans la vallée et criait à l’armée d’Israël
:
« Choisissez un homme qui descende contre moi !
« S’il peut me battre et qu’il me tue, nous vous serons assujettis ; mais si je
l’emporte sur lui et que je le tue, vous nous serez assujettis et vous nous
servirez.
« … Je jette en ce jour un défi à l’armée d’Israël ! Donnez-moi un homme, et
nous nous battrons ensemble » (1 Samuel 17:8-10).
Quand Saül et l’armée d’Israël regardaient ce géant et entendaient son défi à
faire frémîr, ils étaient effrayés parce qu’ils n’avaient personne de cette
taille dans leur camp.
Or, pendant ce temps, Isaï, père de David, demanda à son jeune fils d’apporter
de la nourriture à ses trois frères dans l’armée. Quand David arriva sur le
champ de bataille, Goliath revint en lançant le même défi que David entendit. La
crainte envahissait toute l’armée d’Israël. David, qui n’était qu’un jeune
garçon, dit au roi (et je paraphrase ses paroles) : « Roi, pourquoi avez-vous si
peur de ce géant ? Je vais aller le combattre. »
Saül répondit : « Tu ne peux pas aller te battre avec ce Philistin, car tu es un
enfant, et il est un homme de guerre dès sa jeunesse » (1 Samuel 17:33).
DAVID ARME DE FOI
David persuada alors Saül de le laisser essayer. Il dit au roi qu’il avait
combattu un lion et un ours pour sauver les brebis de son père, et conclut en
disant que le Seigneur le délivrerait des mains du Philistin. Saül, pensant
peut-être qu’une vie en moins ne serait pas grand chose au milieu des grandes
pertes qu’il avait déjà subies, dit à David : « Va, et que l’Eternel soit avec
toi ! » (1 Samuel 17:37).
Saül mit une armure à David mais avec ce poids, le jeune garçon ne pouvait
presque plus marcher. David dit au roi : « Je ne puis pas marcher avec cette
armure », et il la retira.
Ensuite il « prit en main son bâton, choisit dans le torrent conq pierres
polies, et les mis dans sa gibecière de berger… Puis, sa fronde à la main, il
s’avança » (1 Samuel 17:40).
Ce jeune garçon qui n’avait qu’une fronde et cinq pierres et qui n’avait pas
d’autre armure que celle de la foi, descendit dans la vallée au devant de
Goliath.
GOLIATH ARME D’UNE EPEE, D’UNE LANCE ET D’UN JAVELOT
« Le Philistin regarda et, lorsqu’il aperçut David, il le méprisa, ne voyant en
lui qu’un jeune garçon, blond et d’une belle figure.
« Le Philistin dit à David : Suis-je un chien, pour que tu viennes à moi avec
des bâtons ?
« Et, après l’avoir maudit par ses dieux, il ajouta : « Viens vers moi, et je
donnerai ta chair aux oiseaux du ciel et aux bêtes des champs. »
David dit alors ces nobles paroles : « Tu marches contre moi avec l’épée, la
lance et le javelot ; et moi je marche contre toi au nom de l’Eternel des
armées, du Dieu de l’armée d’Israël, que tu as insultée.
« Aujourd’hui l’Eternel te livrera entre mes mains, je t’abattrai et je te
couperai la tête ; aujourd’hui je donnerai les cadavres du camp des Philistins
aux oiseaux du ciel et aux animaux de la terre. Et toute la terre saura
qu’Israël a un Dieu » (Samuel 17:42-46).
C’était parler avec courage pour un garçon qui affrontait un géant de deux
mètres soixante-dix.
Goliath, furieux, s’avança vers lui. Alors David courut vers le géant, « mit la
main dans sa gibecière, y prit une pierre, et la lança avec sa fronde ; il
frappa le Philistin au front, et la pierre s’enfonça dans le front du Philistin,
qui tomba le visage contre terre » (l Samuel 17:49).
LES MAUVAIS GEANTS DE NOTRE VIE
Je voudrais appliquer cette histoire à notre vie. Il y a des Goliaths tout
autour de nous, des géants énormes qui ont la méchante intention de détruire. Ce
ne sont pas des hommes de deux mètres soixante-dix, mais des gens et des
institutions qui contrôlent des choses attirantes mais mauvaises qui peuvent
nous mettre en difficulté, nous affaiblir et nous détruire. Au nombre de ces
choses figurent la bière, l’alcool et le tabac. Ceux qui font le commerce de ces
produits aimeraient vous rendre esclaves de leur utilisation. Il existe diverses
drogues qu’il est, m’a-t-on dit, relativement facile de se procurer. Pour ceux
qui les fournissent, c’est une industrie qui rapporte des milliards, un réseau
immense de mal.
Il y a la pornographie, séduisante, attirante et incitante. C’est devenue une
industrie, géante qui produit des magazines, des films et d’autres produits.
Elle se trouve sur l’Internet et, si vous n’y prenez pas garde, elle
s’introduira chez vous par la télévision. Elle est destinée à prendre votre
argent et à vous conduire à des activités qui détruisent complètement.
Les géants qui sont derrière ces industries sont puissants et habiles. Ils ont
une grande expérience de la guerre qu’ils mènent. Ils voudraient vous prendre au
piège.
Il est presque impossible de ne pas être du tout confronté à leurs produits. On
voit cette presse de tous les côtés. Mais vous n’avez pas à avoir peur si vous
avez la fronde de la vérité dans la main. Vous avez été conseillés, instruits et
avertis. Vous avez les pierres de la vertu, de l’honneur et de l’intégrité pour
combattre ces ennemis qui voudraient vous conquérir. Lorsqu’ils s’attaquent à
vous, vous pouvez les frapper « entre les yeux » pour utiliser une expression
imagée. Vous pouvez en triompher en vous disciplinant de manière à les éviter.
Vous pouvez leur dire à tous ce que David a dit à Goliath : « Tu marches contre
moi avec l’épée, la lance et le javelot ; et moi je marche contre toi au nom de
l’Eternel des armées, du Dieu de l’armée d’Israël, que tu as insultée. »
Vous remporterez la victoire. Il n’y a personne dans notre Eglise qui doive
succomber à l’une de ces forces. Vous êtes enfants de Dieu. Vous avez en vous
son pouvoir pour vous soutenir. Vous avez le droit de faire appel à Dieu pour
vous protéger. Ne laissez pas Goliath vous effrayer. Restez sur vos positions et
vous triompherez. Au fil des années, vous retournerez avec satisfaction sur les
batailles que vous aurez gagnées dans votre vie personnelle.
Quand vient la tentation, donnez le nom de « Goliath » à ce géant prétentieux et
trompeur, et faites avec lui ce que David a fait avec le Philistin de Gath. Que
Dieu bénisse chacun de vous, c’est mon humble prière.
VEILLEZ SUR VOTRE FOYER
Je vais vous raconter une parabole. Un homme avait construit une belle maison et
l’avait meublée avec les plus beaux tapis, les plus beaux meubles, les plus
beaux objets et tout ce que l’argent peut offrir. Il y abritait ses belles
voitures et ses bijoux précieux. Puis, comme il craignait que des intrus n’y
pénètrent et ne le volent, il avait installé des verrous coûteux de sorte qu’il
devait avoir une clé pour sortir et pour rentrer. Il mit des barreaux aux
fenêtres et aux portes et était comme un prisonnier qui regardait au dehors de
chez lui comme on pourrait le faire d’une prison. Il avait installé de coûteux
systèmes électroniques de surveillance qui allumaient les lumières et
déclenchaient des sirènes en cas d’intrusion. Il n’avait mis dans son jardin
aucun arbre ni buisson pour que les voleurs ne puissent pas s’y cacher. Et il
disait avec suffisance : « Maintenant, je suis tranquille. »
Mais ce qu’il n’avait pas compris c’est que ni les barreaux aux fenêtres, ni les
verrous, ni les lumières, ni les sirènes, ni quoi que ce soit d’autre de ce
genre n’aurait le moindre effet sur des intrus d’un autre type qui pouvaient
détruire sa vie et celle de ses enfants. Il est devenu son propre prisonnier,
enfermé dans une cellule de désespoir et de misère. Il avait laissé les Goliaths
de sa vie le dominer.
Je sais que ce sujet n’est pas neuf et qu’on en a beaucoup parlé. Mais je le
répète : Veillez sur votre foyer. Comme cela paraît fou d’installer des
barreaux, des verrous et des systèmes électroniques contre les voleurs et les
agresseurs alors que des intrus plus insidieux entrent furtivement pour piller.
Fuyez la pornographie comme la peste. Je me rappelle avoir été chargé il y a
quelques années de rétablir les bénédictions d’un homme qui avait été excommunié
de l’Eglise à cause de ses péchés. Il est venu à mon bureau avec sa femme. Je
leur ai parlé séparément. Je lui ai demandé comment tout avait commencé. Il
avait un poste de responsabilité dans l’Eglise. Il avait aussi un bon métier et
avait de grandes responsabilités dans la collectivité.
Il dit que ses ennuis avaient commencé quand il avait pris un magazine
pornographique pour le lire dans un avion. Cela l’intriguait, l’attirait. Il
avait continué d’en acheter. Puis il avait recherché des films qui
l’émoustillaient et l’excitaient. Sachant que sa femme ne participerait à rien
de tout cela, il y allait seul. Il trouvait des occasions de quitter la ville et
d’aller dans d’autres villes où il pouvait plus facilement se livrer à ses
désirs. Puis il avait trouvé des excuses pour rester tard à son bureau et
demander à sa secrétaire de rester avec lui. Une chose en avait entraîné une
autre jusqu’à ce qu’il succombe.
Les joues ruisselantes de larmes, il était assis de l’autre côté du bureau et
maudissait le jour où il avait lu ce premier magazine. Il parla de son amour
pour sa femme qui lui avait pardonné et lui était restée fidèle. Il parla de son
amour pour ses enfants qui avaient été embarrassés et avaient eu honte de ses
actions. Il parla de l’enfer qu’il avait traversé pendant quatre ans depuis la
date de son excommunication. Il parla de son amour pour l’Eglise et de son désir
de retrouver toutes ses bénédictions.
En présence de sa femme, j’ai mis les mains sur sa tête et, avec l’autorité de
la sainte prêtrise, je lui ai rendu sa prêtrise, sa dotation du temple, son
scellement et toutes les autres bénédictions qu’il avait détenues précédemment.
Cet homme fort s’est mis à sangloter comme un bébé sous mes mains, tandis que sa
femme, qui lui tenait la main, pleurait comme une enfant.
A la fin de cette bénédiction, ils se sont embrassés et il lui a demandé pardon.
Elle lui a dit qu’elle lui avait pardonné, qu’elle l’aimait et qu’elle
l’aimerait toujours.
Ils étaient heureux quand ils sont partis, heureux comme ils ne l’avaient plus
été depuis des années. Et j’étais heureux, moi aussi. Mais je pensais au prix
terrible qu’il avait eu à payer et au prix qu’il avait fait payer à sa famille
par sa folie et sa transgression.
VEILLEZ AUX GOLIATHS DE VOTRE VIE
Malheureusement, cela ne se termine pas toujours aussi bien. Dans bon nombre de
cas, il y a divorce, amertume et rancoeur. Ce qui a été de l’amour devient de la
haine. La vie des enfants est flétrie. Les espoirs sont réduits à néant. Il ne
reste si souvent que malheur, solitude et regret.
Mes frères et soeurs, gardez votre affection pour votre foyer. Considérez comme
votre bien le plus précieux, dans le temps et l’éternité, la personne dont vous
avez pris la main sur l’autel dans la maison du Seigneur et à qui vous avez fait
serment d’amour, de loyauté et d’affection pour le temps et pour toute
l’éternité. Votre conjoint, vos enfants et vous-mêmes connaîtrez alors une
sécurité qui dépasse de beaucoup celle que l’on peut avoir en achetant certains
appareils et gadgets.
Que Dieu vous bénisse, que le Seigneur veille sur vous, afin que vous puissiez
rester proches de lui et mériter sa main protectrice, que vous puissiez vaincre
les Goliaths de votre vie.
IDEES POUR LES INSTRUCTEURS AU FOYER
1. En affrontant Goliath sur le champ de bataille, David a prononcé ces nobles
paroles : « Tu marches contre moi avec l’épée, la lance et le javelot ; et moi
je marche contre toi au nom de l’Eternel des armées, du Dieu de l’armée
d’Israël, que tu as insultée » (1 Samuel 17:45).
2. Nous sommes entourés de Goliaths, des géants ayant la mauvaise intention de
détruire notre vie et celle de nos êtres chers.
3. Nous ne sommes pas forcé de succomber à ces forces puisque nous sommes
enfants de Dieu et que nous avons son pouvoir pour soutien.
4. Nous devons toujours être sur nos gardes contre les Goliaths potentiels en
restant proches du Seigneur, en obéissant à ses enseignements et en suivant son
exemple : « Il subit des tentations mais n’y prêta pas attention » (D&A 20:22).
|