LES SAINTS DES DERNIERS JOURS NOUS PARLENT
« PREPARE A RECEVOIR LA GLOIRE »

La vie n'est pas toujours facile », a expliqué L. Lionel Kendrick, des soixante-dix. « Pendant la vie, nous rencontrons des difficultés, et beaucoup d'entre elles nous font souffrir » (voir ce numéro, page 28). Pourquoi doit-il en être ainsi ? « Mon peuple doit être mis à l'épreuve en tout », a-dit le Seigneur, « pour qu'il soit préparé à recevoir la gloire que j'ai pour lui » (D&A 136:31). Sans les épreuves, nous ne pouvons pas être préparés à recevoir les grandes bénédictions que le Seigneur veut nous donner. Frère Kendrick ajoute : « Les difficultés font partie du processus sacré de sanctification. Il n'existe pas de moyen facile ou sans effort d'être sanctifié au point d'être prêt à vivre en la présence du Sauveur. » Les histoires suivantes montrent de quelle façon des personnes ont supporté des difficultés ou les ont surmontées et sont devenues plus fortes et plus saintes à la suite de l'épreuve.

LE POUVOIR DE LA FOI
par Maribel Herrera Chacon

Il y a plusieurs années, ma fille, qui n'avait que sept ans, a eu une grosseur qui s'est développée sur le cou. Le pédiatre qui la suivait a expliqué que Jeannette avait un goitre qui grossissait à l'intérieur et à l'extérieur et que c'était assez grave. Il nous a dit de l'emmener à l'hôpital pour faire des examens et a déclaré qu’elle devrait probablement subir une opération.

Les membres de notre famille ont aussitôt commencé à jeûner et à prier pour qu'elle se rétablisse. Nous avons prié pour que tout se passe bien. Elle avait une grande foi et disait souvent : « Maman, je sais que Dieu va me guérir et que je n'aurai pas besoin d'être opérée. »

Les jours ont passé, et le moment est venu d'emmener Jeannette à l'hôpital pour enfants, à San José, capitale du Costa Rica. Avant d'y aller, mon mari et mes deux frères lui ont donné une bénédiction de la prêtrise. Pendant la bénédiction, elle a senti un grand miracle s'opérer en elle. Elle a senti une main douce passer sur sa gorge. « Maman, a-t-elle dit plus tard, je sais que je vais bien. On ne va pas me garder à l'hôpital ni m'opérer. »

Lorsque nous étions dans la salle d'attente à l'hôpital, j'ai demandé à Jeannette comment elle se sentait.

« Très bien », m'a-t-elle répondu, et elle a répété qu'elle allait parfaitement bien.

Mon mari et moi priions constamment et essayions d'avoir la foi que tout irait bien. Nous étions également conscients que ce n'était peut-être pas la volonté du Seigneur que Jeannette guérisse. Nous avons prié pour avoir le courage et la foi d'accepter cette réponse aussi.

Finalement, le médecin a fait entrer ma fille dans son cabinet et a commencé à l'examiner. Puis, il a dit, très surpris : « Je suis désolé, mais je vous demanderais d'attendre ici un instant. Il faut que j'appelle des collègues. »

Il a quitté la pièce et est revenu accompagné de cinq autres pédiatres. J'avais si peur que je tremblais, mais ma fille était contente et calme. Les médecins l'ont examinée, puis notre pédiatre a déclaré : « Elle va bien. Elle n'a rien du tout d'anormal. Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais elle va bien. Rentrez chez vous et ne vous inquiétez pas pour elle. »

Ma fille a 14 ans maintenant. Elle est en très bonne santé et très active. Elle a un grand témoignage. Son exemple a fortifié mon témoignage. Nous remercions notre Père céleste d'avoir exaucé nos prières. Les médecins ont été troublés par ces événements, mais nous comprenons ce qui est arrivé et nous sommes reconnaissants des guérisons faites par le Seigneur.

Maribel Herrera Chacon fait partie de la branche de San Carlos, district de Naranjo (Costa Rica)

L’EQUIPE D’AVIRON
par Humberto Eiti Kawai

« Et notre équipe d'aviron, alors ? C'est de l'histoire ancienne ? » L'homme aisé a posé cette question avec passion aux étudiants de première année C'était manifestement pour les faire réagir. « Hors de question ! C'est une tradition ! »

J'étais l'un de ces nouveaux étudiants de première année de médecine à l'Université de Sao Paulo. La faculté était depuis longtemps célèbre pour ses victoires dans les compétitions d'aviron. Des membres de l'équipe avaient demandé à notre professeur de leur accorder quelques minutes pour recruter des nouveaux rameurs pour l'équipe. Nous remplacerions ceux qui avaient eu leur diplôme.

À la suite de l'explication enthousiaste, une trentaine d'étudiants ont décidé d'essayer ce sport. Aucun d'entre nous n'avait jamais fait d'aviron. Nous n'étions pas en bonne condition physique, comme notre entraîneur ne cessait de nous le rappeler. Il avait été militaire et ne faisait aucun effort pour cacher qu'il était indigné par notre condition physique déplorable. Il disait également beaucoup de blagues sur l'ironie du sort qui fait que souvent les étudiants en médecine ne sont pas en très bonne forme physique.

L'entraînement était épuisant. Il avait lieu à 5 heures du matin, six jours par semaine. Il fallait mettre notre réveil à sonner à 4h15 pour prendre le bus qui nous emmenait au complexe sportif. Les moins volontaires ont vite arrêté de venir à l'entraînement. Ceux qui sont restés ont remarqué que l'entraîneur portait toute son attention sur les membres de l'équipe les plus anciens. Quant à nous, il nous demandait de courir autour du campus.

Le campus universitaire de Sao Paulo est très étendu ; il fallait donc courir une dizaine de kilomètres et c'était un effort considérable pour des hommes de notre condition physique.

Quand nous avions fait le tour, nous étions épuisés et l'entraîneur nous demandait, sans faire de commentaire, d'aller nous doucher.

Nous avons subi ce même entraînement pendant plusieurs semaines. Des petits malins ont fini par trouver un raccourci. Au lieu de faire tout le tour du campus, ils passaient par les bois. Bien sûr ils se croyaient vraiment astucieux quand ils arrivaient avant nous aux douches. Ils ont même trouvé un nom à leur raccourci : le retour facile.

L'entraîneur a finalement annoncé qu'il était prêt à donner le nom de ceux qui feraient officiellement partie de l'équipe. À leur grande surprise, aucun de ceux qui prenaient le retour facile n'a été sélectionné. Je ne sais toujours pas comment l'entraîneur a fait pour savoir.

Nous avons tous une course à courir dans la vie. Il se peut que la course soit difficile à certains moments, mais Jésus-Christ, notre entraîneur, nous connaît bien. Il nous a fait cette promesse : « Celui qui est fidèle et persévère vaincra le monde » (D&A 63:47).

Certaines personnes semblent profiter de l'infraction des règles, mais en réalité, tous les efforts pour garder les commandements seront récompensés. Je suis toujours reconnaissant quand je repense à l'équipe d'aviron. J'ai toujours la médaille d'or que j'ai obtenue grâce à nos victoires. Mais, plus important encore, j'ai gardé la détermination que j'ai acquise alors de ne jamais prendre le retour facile.

Humberto Eiti Kawai fait partie de la paroisse de Vila Mariana, pieu de Ipiranga, Sao Paulo (Brésil).

MA LONGUE ASCENSION
par Mavis Grace Jones

Je me suis fait baptiser en Angleterre en 1965, mais je suis finalement devenue non pratiquante à cause de la réaction hostile de mon père et d'autres pressions.

Cette période a été douloureuse et malheureuse. Vu de l’extérieur, cela semblait facile de s'éloigner et je crois que j'ai commencé à enfreindre la Parole de sagesse pour me prouver que cela n'avait pas d'importance.

Finalement, je me suis convaincue que notre Père céleste ne m'aimait plus et ne s'intéressait plus à moi, et je me suis sentie complètement rejetée et seule.

Des membres de l'Eglise continuaient à me rendre visite de temps en temps, mais cela n'arrangeait rien. Je les méprisais et je les enviais à la fois.

Puis, un soir, deux soeurs missionnaires d'un certain âge sont passées chez moi. J'étais décidée à leur faire passer un moment difficile pour qu'elles ne reviennent plus, mais j'ai commencé à les apprécier. Elles étaient venues en amies, et non pour me prêcher la Parole ou me culpabiliser.

Elles sont revenues de nombreuses fois pour faire du jardinage, pour décaper une vieille commode et pour m'aider à la restaurer, mais surtout pour être amies avec moi. J'ai commencé à pouvoir ressentir l'amour du Sauveur à travers elles, tandis qu'elles remplissaient ma maison de la joie évidente qu'elles avaient à vivre l'Évangile. Elles ont gagné ma confiance, chose qui m'était si difficile à accorder.

La fin de leur mission est trop vite arrivée et elles sont retournées chez elles. Par la suite, je leur ai rendu visite aux Etats-Unis. Cependant, mon coeur était toujours rebelle à l'Eglise. J'ai donc refusé d'assister à des réunions de l'Église pendant mon séjour. Je me faisais même un plaisir de boire du café devant mes deux amies, pour bien leur montrer que j'étais « hors de portée ». J'ai vite découvert que j'étais loin de l’être.

Le samedi précédent Pâques, nous avons visité un parc commémoratif à Glendale, en Californie, et nous avons été très émues par les peintures et les autres oeuvres d'art représentant le Sauveur. L'Expiation a semblé devenir soudain une réalité pour moi. Une semaine plus tard, j'étais dans le sud de l'Utah, le dimanche de la conférence générale. Pendant un moment où j'étais seule, j'ai allumé la télévision et j'ai écouté un discours de Thomas S. Monson, premier conseiller dans la Première Présidence. Tandis que j'écoutais ce grand homme, je n'ai pu retenir des larmes de culpabilité et de honte.

Cet après-midi là, je suis montée à l'un des points d'observation du parc national que je visitais. Tout en marchant j'essayais de réfléchir à ma vie dans son ensemble. Je me suis aperçue que l'ascension, qui était très difficile et éprouvante par endroits, était comparable aux épreuves que je rencontrais dans ma vie. Parce que j'ai continué pour finir l'ascension, j'ai pu contempler de haut la beauté de la nature et avoir beaucoup de joie.

L'esprit de rébellion n'avait pas totalement quitté mon coeur, mais je commençais à sentir mon hostilité s'effacer. Je commençais à éprouver des sentiments d'amour, sentiments nouveaux, merveilleux et qui me semblaient étranges. J'ai aussi commencé à me rendre compte que je pouvais être aimée. Je savais que je devais changer ma vie, que je devais me repentir véritablement.

Lorsque je suis rentrée chez moi, je me suis sentie changée intérieurement. Je commençais à avoir de l'espoir et à apprendre à prier pour être guidée et pour obtenir le pardon. Le véritable repentir ne s'est pas fait du jour au lendemain ; il a fallu plusieurs mois pour que je sente que j'avais reçu le pardon. J'ai pris la décision de recommencer à aller à l'église. Le plus dur était de trouver le courage de franchir les portes de l'église.

Je suis bouleversée lorsque je pense à ce que signifie l'expiation réalisée par le Sauveur : « Oh ! que c'est merveilleux que son amour pour moi l'ait fait mourir pour moi ! » (« Merveilleux l'amour », Cantiques, n° 117). C'est merveilleux, également, que deux soeurs missionnaires soient entrées dans ma vie à ce moment-là et qu'elles m'aient donné leur amour et leur exemple. J'étais très heureuse que l'une d'elles m'accompagne au temple quand j'y suis finalement allée pour recevoir ma dotation.

Après des années d'errance, je suis enfin rentrée au port.

Mavis Grace Jones fait partie de la première paroisse de Bristol, pieu de Bristol (Angleterre).

« JE LES AI TROUVES ! »
par Madeleine Kurtz

Lorsque nous faisions une mission à plein temps aux Philippines, mon mari, Robert, et moi, nous sommes allés à Cagayan de Oro pour ouvrir un centre généalogique au centre de pieu de Cagayan de Oro Est et pour faire de la formation.

Nous avons également invité les membres du district de Malaybalay à se joindre à nous. Il est interdit aux personnes qui ne sont pas de nationalité philippine de se rendre dans certaines régions des Philippines, et Malaybalay était un endroit où nous ne pouvions pas aller. Cela faisait presque un an que le district de Malaybalay était équipé pour être un centre généalogique. Tout ce dont les membres avaient besoin, c'était d'être formés pour pouvoir ouvrir le centre.

Nous avons contacté le président du district de Malaybalay, Leandro Miole, et nous lui avons demandé si les saints de Malaybalay et lui-même pouvaient venir au centre de pieu de Cagayan de Oro Est pour notre séminaire. Le président Miole a répondu qu'ils seraient heureux de venir, malgré les deux heures de routes de montagne. Mon mari a écrit une lettre au président Miole pour lui confirmer la date, le lieu et l'heure de notre réunion de formation.

Le jour de notre séminaire, tandis que je faisais ma partie de l'exposé, un homme est entré dans la pièce et a commencé à parler avec mon mari. L'homme a tiré une lettre de sa poche et l'a dépliée pour que mon mari la lise. Je voyais que la conversation était très sérieuse.

À la fin de notre séance de formation, mon mari m'a informée que l'homme en question était le président Miole, du district de Malaybalay et que dix membres de son district et lui-même avaient attendu au centre de pieu de Cagayan de Oro depuis 8h. Le président Miole avait montré à mon mari la lettre contenant les renseignements sur la formation.

Embarrassé, mon mari s'est rendu compte qu'il avait oublié de préciser que la formation aurait lieu au centre de pieu de l'Est. Cela nous contrariait que ces saints fidèles aient attendu une formation pendant des heures pour rien et nous avons accepté avec joie d'aller au centre de pieu de Cagayan de Oro pour faire la séance de formation.

À notre arrivée, les saints se sont réjouis de nous voir. Nous avons fait une prière d'ouverture puis nous avons chanté un cantique, avant de commencer la formation.

Lorsque j'ai commencé à montrer comment se servir d'un lecteur de microfilm, j'ai remarqué qu'une bobine était restée dans le lecteur. Alors, au lieu d'utiliser la bobine que j'avais apportée pour l'exposé, je me suis servie de la bobine qui se trouvait déjà dans le lecteur. Lorsque mon mari a tourné la manivelle et que j'ai montré où il fallait regarder sur la bobine pour trouver des noms, j'ai entendu quelqu'un pleurer presque imperceptiblement. J'ai levé les yeux et je me suis rendu compte que le président Miole était en larmes. Je me suis empressée de lui demander si j'avais dit quelque chose qui l'avait blessé.

Il a dit calmement, à travers les larmes : « Je les ai trouvés ! » Nous montrant du doigt les noms figurant sur l'écran du lecteur de microfilm, il nous a dit qu'il recherchait ces noms (les noms de ses ancêtres) et priait pour les trouver depuis plus de trois ans. Et, à présent, ils étaient là, sur un lecteur de microfilm qu'il n'aurait pas dû regarder normalement, dans un bâtiment où il n'aurait pas dû être.

Ce jour-là, nous avons été amenés à nous souvenir que « c'est par des choses petites et simples que de grandes choses sont réalisées » (Alma 37:6).

Madeleine Kurtz fait partie de la deuxième paroisse de Fort Macleod, pieu de Fort Macleod, Alberta (Canada).
 

 

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