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SAVEZ-VOUS COMMENT VOUS
REPENTIR ?
Par Jay E. Jensen
des soixante-dix
Il y a vingt ans, j’ai eu un entretien avec mon évêque pour ma recommandation à
l’usage du temple.Comme j’étais membre d’une présidence de pieu, je connaissais
toutes les questions de l’entretien pour la recommandation. Je les posais chaque
semaine à d’autres membres et j’étais prêt à répondre à toutes les questions que
mon évêque allait me poser. Mais, une fois les questions officielles posées, il
m’a pris totalement au dépourvu en me posant une question supplémentaire sur ma
compréhension de l’Evangile.
Il m’a demandé : « Jay, savez-vous comment vous repentir ? » Ma première pensée
a été de dire : « Oui, évidemment que je sais comment repentir. » J’ai réfléchi
quelques instants, et plus j’y pensais, moins j’étais sûr de ma réponse. Les
cinq ou six mots que nous utilisons habituellement pour décrire le repentir
(admission, remords, restitution, réforme, résolution, etc.) ne semblaient pas
suffisants. En fait, ils me paraissaient dénués de sens à ce moment-là. Ils me
semblaient trop rebattus, trop compartimentés.
Je sais qu’il y a de grands enseignements et de grands principes dans ces mots
sur le repentir, mais je ne me sentais pas à l’aise pour faire une réponse
immédiate ou les utiliser dans ma réponse. Finalement, j’ai dit avec un peu
d’hésitation : « Oui, je pense. » Je ne me rappelle d’aucun autre détail de cet
entretien tant j’ai été frappé par cette question : « Jay, savez-vous comment
vous repentir ? » Depuis lors, j’ai beaucoup réfléchi à la question et au point
de doctrine qu'elle recouvre.
LE POUVOIR DU REPENTIR ET LEXPIATION
Il y a quelques années, je travaillais au département missionnaire de l’Eglise.
Nous élaborions des documents, pour aider les missionnaires à être meilleurs et
à mieux faire. L’une des Autorités générales a raconté ce qui suit à propos du
repentir :
« Il y a un peu plus d’un an, j’ai eu un entretien avec un jeune homme qui
devait partir en mission. Étant donné qu’il avait commis une transgression
grave, il était nécessaire, en vertu des règles de l’époque, qu’il ait un
entretien avec une Autorité générale. Lorsqu’il est entré, j'ai dit : « Il
semble qu’il y ait eu, dans votre vie, une transgression grave qui a rendu cet
entretien nécessaire. Voulez-vous me dire de quoi il s’agit ? Qu’est-ce que vous
avez fait ? »
« Il a ri et a dit : « Il n’y a rien que je n’aie fait. » J’ai dit: « Allons,
soyons plus précis. Est-ce que vous avez… ? Et alors j’ai commencé à poser des
questions très précises. Le jeune homme a ri de nouveau et a dit : « Je vous
l’ai dit, j’ai tout fait. »
« Combien de fois avez-vous… ? » Et il a dit d’une manière très sarcastique : «
Pensez-vous que je les ai comptées ? » J'ai répondu : « J’aurais préféré que
vous puissiez les compter. » Et il a dit de nouveau sur un ton très sarcastique
: « Eh bien, je ne peux pas. »
« J’ai dit : « Et en ce qui concerne… ? » Et alors, j’ai donné un coup de sonde
dans une autre direction et il a dit : « Je vous l’ai dit. J’ai tout fait. » «
La drogue ? » Il a dit : « oui », d’un ton très hautain. Je lui ai demandé : «
Alors, qu’est-ce qui vous fait croire que vous allez partir en mission ? » « Je
sais que j'y vais. Ma bénédiction patriarcale dit que j’irai en mission et je me
suis repenti. Je n’ai plus rien fait de tout cela pendant l’année écoulée. Je me
suis repenti et je sais que je vais partir en mission. »
« Je lui ai dit : « Mon cher ami, je regrette beaucoup, mais vous n’allez pas
partir en mission. Pensez-vous que nous pourrions vous envoyer avec ces jeunes
gens purs et saints qui n’ont jamais enfreint le code moral ? Pensez-vous que
nous pourrions vous laisser partir et vous vanter de votre passé ? Vous ne vous
êtes pas repenti, vous avez simplement cessé de faire quelque chose.
« Un jour ou l’autre, dans votre vie, il vous faudra aller à Gethsémané et quand
vous y serez allé, vous comprendrez ce qu’est le repentir. Ce n’est que lorsque
aurez souffert, à un moindre degré, comme le Sauveur a souffert à Gethsémané,
que vous saurez ce qu’est le repentir. Le Sauveur a souffert comme personne
parmi nous ne le comprend pour toutes les transgressions commises. Comment
osez-vous rire, plaisanter et avoir une attitude hautaine à l’égard de votre
repentir ? Déso1é, vous ne partez pas en rnission. »
« Il s’est mis à pleurer et il a pleuré pendant plusieurs minutes. je n’ai rien
dit. Finalernent, il a dit : « Je crois que c’est la première fois que je pleure
depuis l’âge de cinq ans. » J’ai dit : « Si vous aviez pleuré comme cela la
première fois que vous avez été tenté d’enfreindre la loi morale, vous partiriez
peut-être maintenant en mission. »
« Il est sorti du bureau et je crois qu’il avait le sentiment que j’étais
vraiment cruel. J’ai expliqué à l'évêque et au président de pieu que ce garçon
ne pouvait pas partir en mission. »
Au bout de six mois, cette Autorité générale retourna dans la même ville pour
prendre la parole au cours d’une série de conférences qui avaient lieu le soir.
Quand il eut terminé, beaucoup de jeunes adultes firent la queue pour lui serrer
la main. A ce moment-là, levant les yeux, il vit dans la file le jeune homme qui
avait précédemment eu l’entretien avec lui. L’Autorité générale raconte :
« J’ai repensé à notre entretien. Je me suis souvenu de son air railleur et
hautain. Je me suis souvenu de son air sarcastique. Je l’ai bientôt eu devant
moi. J’étais penché sur l’estrade et, en lui tendant la main, j’ai remarqué
qu’un grand changement s’était produit. II avait les larmes aux yeux. Son visage
rayonnait presque de sainteté. Il a pris ma main dans la sienne et a dit : « J’y
suis allé. Je suis allé à Gethsémané et j’en suis revenu. » J’ai dit : « Je le
sais. Cela se voit sur votre visage. »
« Nous pouvons recevoir le pardon de nos transgressions, mais nous devons
comprendre que le simple fait de cesser de faire quelque chose n’est pas le
repentir. S’il n’y avait pas le Sauveur et le miracle du pardon, ce jeune homme
aurait porté ses transgressions à toute éternité. Ne serait-ce que pour cette
seule raison, nous devrions aimer le Sauveur et le servir » (Adapté de Vaughn J.
Featherstone, dans Conference Report, conférence interrégionale de Stockholm
1974, pp. 71-73).
LES CONDITIONS DU REPENTIR
Les mots « conditions du repentir » (voir Hélaman 5:11 ; 14:11 ; D&A 18:12) ont
une grande signification. J’ai étudié les Ecritures et ai médité à leur sujet
pour apprendre ce que sont ces conditions et j’ai découvert qu’on pouvait
également les qualifier de préalables aux cinq ou six mots qui décrivent le
processus du repentir. Ce sont des notions qui sont importantes et dont on a
vraiment besoin, mais il faut que les conditions suivantes les précèdent :
La première condition est de savoir que Dieu vit. Il est au ciel. Il connaît
notre nom. Nous ne pouvons nous cacher devant lui. Il a la plénitude des
qualités et des perfections divines, notamment toute la connaissance. Pour que
le repentir puisse débuter, nous devons commencer par Dieu et notre relation
avec lui.
Jeffrey R. Holland, du Collège des douze, a fait une réflexion très perspicace
concernant le repentir : « Quelqu’un a dit un jour que le repentir est le
premier besoin que nous ressentons lorsque nous nous approchons de Dieu » (« Les
choses paisibles du Royaume », L'Etoile, novembre 1996, p. 83).
Nous sommes déchus, mortels, impurs et nous avons besoin de Dieu. Nous sommes
éloignés de Dieu, étant mortels, et nous ne pouvons pas vivre avec lui.
Nous devons savoir qu’un jour nous mourrons. Les uns meurent tôt, les autres
tard. Mais ce jour viendra c’est une certitude absolue.
Il y aura un jugement final. Une condition importante du repentir est de croire
qu’un jour nous nous tiendrons tous à la barre du jugement. Ce jour-là viendra.
Une autre condition requise pour le repentir est de savoir que rien d’impur ne
peut demeurer avec Dieu (voir 1 Néphi 10:21 ; 15:34 ; Alma 7:21 ; 40:26 ;
Hélaman 8.25). Vous pouvez cacher vos péchés à votre évêque, vous pouvez les
cacher à vos parents et à vos amis. Mais si vous continuez et que vous mourez
avec des péchés non résolus, vous êtes impur et rien d’impur ne peut demeurer
avec Dieu. Il n’y a pas d’exception.
Nous ne sommes sauvés que par les mérites, la miséricorde et la grâce du Saint
d'Israël (voir 2 Néphi 2:8). Il est notre seul espoir. Quand nous nous rendons
finalement compte de notre situation dans cette vie, nous nous tournons vers
lui. je suis extrêmement reconnaissant de l’Evangile rétabli de Jésus-Christ,
qui est un message d’espoir. Il y a de l’espoir et Jésus peut nous rendre purs.
J’ai travaillé avec beaucoup de personnes, y compris sur moi-même, et j’ai vu le
miracle du pardon, le miracle de la purification et je témoigne du Christ, moi
qui suis l’un de ses témoins. Je sais qu’il vit. Puissiez-vous toujours avoir la
bénédiction de rester sur le chemin étroit et resserré qui vous conduit à Dieu.
Extrait d’un discours prononcé à une réunion spirituelle le 6 mai 1998 au LDS
Business College.
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