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LES SAINTS DES DERNIERS JOURS
VOUS PARLENT
« UNE ESPERANCE D’UNE PURETE PARFAITE »
Dans ce processus par lequel nous travaillons à notre salut, écrit frère
Maxwell, l’adversité occasionne une part non négligeable de nos efforts. A
maintes et maintes reprises, expérience après expérience, nous aurons, vous
comme moi, des raisons de méditer sur la grande Expiation et de nous en réjouir…
la connaissance que nous avons de la compassion parfaite que Jésus éprouve pour
chacun de nous nous aidera considérablement à endurer nos souffrances de toutes
sortes » (voir ce numéro, page 11). Les problèmes et les chagrins de cette vie
peuvent parfois sembler écrasants, mais ils ont une raison d’être : nous amener
au Sauveur et aux bénédictions de son expiation. Comme le montrent les histoires
suivantes, les épreuves et l’adversité, que ce soit sous la forme de souffrance
physique ou du besoin douloureux de trouver la vérité, nous amènent à nous
tourner vers Jésus-Christ et à rechercher sa paix. « L’Expiation…, enseigne
frère Maxwell, peu nous apporter « une espérance d’une pureté parfaite », même
au milieu de nos pertes, de nos croix, de nos chagrins et de nos déceptions »
(voir ce numéro, p. 12).
TOUT ARRANGER
Par Catherine Matthews Pavia
Il y avait quatre ans que je n’étais plus rentrée à la maison pour Pâques, aussi
m’étais-je réjouie de voir arriver les vacances scolaires et les activités de
Pâques avec ma famille. Le vendredi soir, nous étions à la cuisine en train de
préparer le dîner, lorsque j’interrogeai maman sur la réunion de famille qu’elle
organisait.
« Tout le monde veut retourner au lac, me dit-elle en hachant les légumes. Mais
l’année dernière, pendant les six heures de trajet en voiture... » comme elle
s’arrêtait de parler et cessait de hacher les légumes, je levai les yeux. Des
larmes coulaient sur son visage qui se décomposait. « J’ai cru que j’allais
mourir. J’ai vraiment cru que j’allais mourir. »
Je ne savais comment réagir en entendant ma mère, cette personne si douce et si
patiente, parler de l’éventualité de sa mort. J’avais envie de la serrer dans
mes bras jusqu’à ce que ses épaules cessent d’être secouées. J’avais envie de
lui dire que tout irait bien, que les médecins trouveraient ce qu’était cette
maladie, qu'ils lui donneraient des médicaments et arrangeraient tout. Mais je
ne pouvais pas.
J’avais refusé de penser à la mort pendant toute l’année de sa maladie tout en
jeûnant, en priant et en espérant. Pourtant, je la voyais s'affaiblir et
souffrir. Elle ne se plaignait pas de ses souffrances. Elle travaillait
simplement plus dur parce qu'elle était incapable de dormir la nuit, ni même de
s’asseoir. La souffrance lui serrait le coeur et la faisait trembler chaque fois
qu’elle essayait de se détendre. Mais elle ne tarda pas à se manifester dans les
cernes entourant ses yeux et dans la lassitude profonde de son regard.
La souffrance s’accompagna bientôt de découragement. Après avoir passé une année
complète en consultations et en examens médicaux, maman fut désespérée de voir
que les spécialistes n’arrivaient pas à découvrir ce qui causait la douleur
intense qu’elle ressentait autour du coeur. Les résultats des tests étaient tous
négatifs. Tout était normal, disaient les médecins.
Mais nous savions bien que la situation n’était pas normale. Il n’était pas
normal que ma mère arpente sa chambre la nuit ou s’arrête de passer l’aspirateur
pour sangloter. Et il n’était pas normal que ma mère, qui avait connu beaucoup
de sortes de souffrances dans sa vie sans jamais se plaindre, parle de mourir.
Pendant les deux jours précédant Pâques, j’essayai de nouveau de trouver quelque
chose à faire pour l’aider. Mais sa maladie nous donnait à tous un sentiment
d’impuissance. Même mon père, qui était médecin, ne pouvait pas arranger les
choses en dépit de ses années de formation, de son expérience et de sa
connaissance. Je ne pouvais pas alléger ses fardeaux : elle voulait même faire
toute seule la plus grande partie du ménage, parce que lorsqu’elle se reposait,
la souffrance empirait. Elle travaillait donc tout le temps, jusqu’à
l’épuisement. Et comme il y avait si peu de choses que nous pouvions faire pour
soulager ses souffrances, elle semblait souffrir seule.
Le matin de Pâques, nous sommes allés à l’église. En jetant un coup d’oeil vers
ma mère, assise à côté de moi, j’ai repensé à sa voix brisée et aiguë et à ses
paroles qui m’avaient donné froid dans le dos et me hantaient depuis le vendredi
soir : « J’ai cru que j’allais mourir. »
Tout à coup, ma mère s’est levée et s’est dirigée vers la chaire.
« En ce dimanche de Pâques, a-telle commencé, je vous rends mon témoignage de
l’expiation de Jésus-Christ. Le roi Benjamin a dit que le Christ « souffrira les
tentations, et la souffrance du corps, la faim, la soif et la fatigue, plus
encore que l'homme ne peut en souffrir » (Mosiah 3:7, italiques ajoutées).
Beaucoup parmi vous ne savent sans doute pas que j’ai été malade ces derniers
temps. Les nuits ont été longues (sa voix s’adoucit tandis qu’elle continuait)
mais pas solitaires. Dans les pires moments, le Sauveur a été mon ami, mon
soutien. Je témoigne que Jésus-Christ connaît nos souffrances, parce qu’il a
vécu pire que cela. Il nous soulagera de nos chagrins comme il nous a soulagés
d’une mort éternelle. »
Tandis que ma mère rendait son témoignage, une image nouvelle de la souffrance a
remplacé ma préoccupation précédente pour ma mère et pour moi-même. C’était
l’image du Sauveur dans le jardin de Gethsémané, rempli d’une angoisse telle
qu’il a saigné de tous les pores en souffrant pour nous tous, y compris la
torture physique de ma mère et ma propre souffrance émotionnelle.
C’est alors que je me suis rendu compte que je n’avais pas besoin de dire à ma
mère que tout irait bien. Nous ne pouvions pas tout arranger, mais elle était
consolée par sa connaissance que le Sauveur l’avait déjà fait.
Catherine Matthews Pavia est membre la paroisse d’Oxford, pieu de Springfield
(Massachusetts).
SAUVE DES TENEBRES
Par Heri Castro Veliz
L’accident s’est produit dans une localité située au sud de Santiago (Chili),
alors que je rentrais chez moi après un match de football. Mon frère cadet
jouait dans l’une des équipes, et pendant que mes parents l’attendaient, j’ai
pris mon vélo et je suis parti. Mon cousin de huit ans m’a demandé s’il pouvait
m’accompagner. Je l’ai mis sur le cadre de mon vélo et j’ai démarré.
Pendant que je pédalais, j’ai ressenti un pincement de culpabilité. La veille au
soir, après avoir fêté triomphe de mon équipe lors d’un autre match local, je
m’étais enivré. A dix-huit ans, je ne faisais pas grand-chose de ma vie.
Le vent nous giflait le visage et mon cousin, mal assis, a bougé. De ce fait,
l’un de ses pieds s’est pris entre le pneu et le cadre. Le vélo a basculé vers
l’avant et je suis tombé, la tête la première, sur la route. Quand j’ai touché
ma figure, j’ai pensé que mon nez était définitivement fichu.
Par chance, mon cousin n’avait rien. Mes parents sont arrivés peu après, puis un
agent de police et finalement une ambulance. On m’a emmené en salle d’opération
où on a recousu une partie de mon nez et l’on m’a mis un pansement sur le front.
Après avoir passé quelques heures en observation à l’hôpital, j’ai été renvoyé
chez moi. Cette nuit-là, j’ai éprouvé une souffrance terrible qui m’a empêché de
dormir.
La nuit suivante, la douleur avait empiré. Finalement, épuisé par l’intensité de
la souffrance, je me suis endormi. J’ai fait un rêve effrayant. Je me voyais
couché sur le lit, les bras croisés sur la poitrine, la seule position où
j’étais bien. Ensuite, j’ai vu une vapeur dense de ténèbres et j’ai senti une
main qui m’entraînait vers elle. Terrifié, je me suis débattu pour me libérer.
Tout à coup, j’ai vu mon frère cadet, de l’autre côté, qui me tirait pour
m’éloigner des ténèbres et m’amener dans la lumière. Mais son aide ne suffisait
pas ; désespéré, je me suis mis à crier. Ce faisant, je me suis éveillé. Mon
père est entré pour me calmer. La souffrance est revenue et, pour la première
fois de ma vie, j’ai vu mon père pleurer.
On m’a mis dans la chambre de mes parents, à côté de maman. Quelques mois
auparavant, maman et mon frère s’étaient fait baptiser dans l’Église de
Jésus-Christ des Saints des Derniers jours et j’avais vu à quel point elle
aimait le Livre de Mormon. Elle me l’a lu pendant que je me rendormais.
Presque immédiatement, j’ai fait le même rêve. Cette fois-ci, quand mon frère a
commencé à me tirer par le bras, j’ai compris ce que cela voulait dire. Les
ténèbres représentaient le monde dans son état déchu et mon frère représentait
l’Evangile et une vie d’espérance, la vie qu’il voulait me donner. Je savais que
j’avais pris de mauvaises habitudes. Je n’avais pas voulu m’ouvrir à ce que les
missionnaires nous avaient enseigné et je n’avais jamais prié pour découvrir si
ce qu’ils m’enseignaient était vrai. J’ai promis à ce moment-là à mon Père
céleste que je me ferais baptiser.
Je me suis réveillé en pleurant. Maman pleurait aussi et priait pour moi.
La douleur a continué le lendemain, et maman a demandé aux missionnaires de me
donner une bénédiction de la prêtrise. Après cela, j’ai commencé à aller mieux.
Pendant ma convalescence, mon désir de me faire baptiser n’a cessé de se
renforcer.
J’ai à nouveau reçu les leçons missionnaires et cette fois-ci j’ai ouvert mon
coeur. Je ne connaissais pas encore grand-chose à l’Evangile, mais le rêve,
combiné à la foi de ma mère et à la bénédiction de la prêtrise, m’a aidé à
savoir que Dieu m’aimait et m’avait donné un moyen d’obtenir la vie éternelle.
J’ai fait un pas important vers ce but le jour où j’ai reçu le baptême.
Auparavant, je pensais que j’avais largement le temps de me soucier de trouver
la vraie Eglise, si elle existait. Mais l’accident m’a aidé à comprendre que
nous ne devons pas remettre les bons choix à plus tard.
Heri Castro Veliz est membre de la première paroisse de Puente Alto, pieu de
Puente Alto (Santiago, Chili).
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