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APPRENDRE A SERVIR
par L. Tom Perry
du Collège des douze apôtres
Il n'est pas surprenant pour les membres de l'Eglise que les Autorités générales
passent beaucoup de temps en avion. L'Eglise est maintenant mondiale. Beaucoup
de pays sont parsemés de centres de pieu.
Un jour que j'étais en voyage, j'ai parlé avec un pilote d'avion de ce qui
pouvait arriver s'il s'écartait de son plan de vol. Sa réponse m'a étonné.
Il m'a dit que, pour chaque degré d'écart par rapport au plan de Vol, on manque
la destination prévue de 1650 m par 100 km parcourus. Cela signifie que pour un
vol de Salt Lake City à Denver, on atterrirait au centre de Denver au lieu de se
poser à l'aéroport. Pour un vol de Salt Lake City à Chicago, on raterait
l'aéroport et on atterrirait dans le lac Michigan. En allant de Salt Lake City à
New York, on raterait l'aéroport Kennedy et on atterrirait dans le fleuve
Hudson. Si on allait à Londres, on n'arriverait même pas en Angleterre, on
atterrirait quelque part en France.
Un écart de plusieurs degrés d'un plan de vol vous éloignerait totalement de
votre trajectoire. Le pilote m'a expliqué que plus vite on découvre l'erreur,
plus il est facile de revenir au plan de vol. Plus on retarde la correction,
plus il est difficile de reprendre la bonne trajectoire à cause de la
circulation aérienne, du mauvais temps, de la diminution de la visibilité et
d'autres facteurs gênants. La trajectoire prévue serait tellement éloignée qu'il
serait presque impossible de parvenir à la destination voulue. Ma conversation
avec le pilote ne m'a pas apporté de réconfort, mais m'a fait penser aux
parallèles qu'il y a entre un plan de vol et la direction que nous prenons dans
la vie.
Nous sommes ici-bas pour connaître une grande aventure. Nous devons fixer notre
trajectoire et suivre le plan pour déterminer notre destination finale. Avec la
compréhension que nous avons de l'Evangile, notre but final devrait être facile
à déterminer, parce que le Sauveur a marqué le chemin pour nous. Dans le sermon
sur la montagne, il a dit :
« Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin
qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là.
« Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en
a peu qui les trouvent » (Matthieu 7:13-14).
Les Ecritures nous disent à maintes reprises qu'il n'y a qu'un chemin qui
conduit à la vie éternelle. Dans la chambre haute, le soir de la dernière Cène,
le Sauveur a dit tendrement adieu à ses apôtres en leur disant :
« Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n'était pas, je
vous l'aurais dit. Je vais vous préparer une place.
« Et, lorsque je m'en serai allé, et que je vous aurai prépare une place, je
reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez
aussi » (Jean 14:2-3).
L'apôtre Thomas a dit alors : « Seigneur, nous ne savons où tu vas ; comment
pouvons-nous en savoir le chemin ? » (verset 5)
La réponse du Sauveur a été simple et claire : « Je suis le chemin, la vérité,
et la vie. Nul ne vient au Père que par moi » (verset 6).
Quelle chance nous avons de connaître le plan que le Seigneur a prévu pour nous
! Il a marqué le chemin qui nous ramènera en sa présence. Si le chemin est
marqué si clairement, comment se fait-il que tant s'en écartent et ne corrigent
pas leur trajectoire, et se retrouvent ainsi dans l'impossibilité d'atteindre la
destination à laquelle ils espèrent parvenir ?
Le chemin de l'exaltation et de la vie avec notre Père céleste est parsemé de
dangers de toutes sortes. Il y a des épreuves, les unes brèves, les autres de
longue durée. Des tentations nous attendent dans les tournants, les carrefours
et les croisements. C'est la fermeté avec laquelle nous sommes décidés à
atteindre notre but qui détermine si nous succombons ou non à la tentation et
nous éloignons de notre trajectoire.
Le Livre de Mormon nous parle de la vision de l'arbre de vie donnée à Léhi. En
s'agrippant à une barre de fer, les gens pouvaient atteindre l'arbre et goûter
du fruit, qui était doux et extrêmement désirable, plus que tous les autres
fruits. Léhi raconte alors :
« Et je jetai aussi les regards autour de moi et vis, de l'autre côté de la
rivière d'eau, un grand et spacieux édifice et il semblait être en l’air, bien
haut au-dessus de la terre.
« Et il était rempli de gens, jeunes et vieux, hommes et femmes ; et leur façon
de s'habiller était extrêmement raffinée ; et ils paraissaient se moquer et
montrer du doigt ceux qui étaient venus manger du fruit.
« Et après avoir goûté du fruit, ils furent honteux à cause de ceux qui se
moquaient d'eux ; et ils tombèrent dans des sentiers interdits et se perdirent.
» (1 Néphi 8:26-28).
Si nous voulons arriver à la destination que nous recherchons pendant notre
traversée de la vie, nous devons apprendre à ne pas faire attention aux
provocations et aux railleries de soi-disant amis. Nous devons faire la sourde
oreille aux invitations à suivre l'itinéraire plus facile et plus agréable
indiqué par ceux qui professent en savoir plus que les apôtres et les prophètes
du Seigneur.
Comme l'a dit Néphi : « C'est pourquoi, moi, Néphi, je les exhortai à faire
attention à la parole du Seigneur ; oui, je les exhortai, de toute l'énergie de
mon âme et de toute la faculté que je possédais, à faire attention à la parole
de Dieu et à se souvenir de toujours garder ses commandements en tout » (1 Néphi
15:25).
L'une des bornes qui marquent le chemin de la vie éternelle est l'invitation que
l'on peut lire à l'entrée de l'université Brigham Young : « Entrez pour
apprendre. Sortez pour servir. » Pour rester sur la trajectoire, nous devons
tout d'abord apprendre tout ce que nous pouvons sur le chemin étroit et resserré
que nous devons suivre. Le Seigneur a révélé à ses prophètes au cours des
siècles le plan de vie pour ses enfants. Le président Kimball (1895-1985),
douzième président de l'Eglise, a dit :
« Je suis reconnaissant que nous ayons, vous et nous tous, l'Evangile de
Jésus-Christ pour nous guider, de sorte que nous avons un cadre de référence
dans lequel nous pouvons situer les événements et les circonstances que nous
allons rencontrer. Les Ecritures nous montrent clairement que, dans cette partie
de notre dispensation, nos dirigeants politiques ne peuvent pas nous promettre
qu'il y aura la paix de nos jours, mais nous, membres de l'Eglise, nous avons le
moyen d'avoir personnellement la paix, de connaître la sérénité dans notre âme,
même quand il n'y a pas de paix à l'extérieur !
« Vous êtes sans doute maintenant habitués à entendre ceux d'entre nous qui sont
plus avancés sur le chemin de la vie vous dire combien il est important de
rester sur le chemin ‘étroit et resserré’. Nous ne cessons de vous répéter les
mêmes choses, mais si vous demandez pourquoi il en est ainsi, vous ne tarderez
pas à découvrir que les précipices qui se trouvent de part et d'autre de ce
chemin étroit ne changent pas ni ne deviennent moins
dangereux ; le caractère escarpé de ce chemin ne change pas - (President
Kiniball Speaks Out, 1981, p. 89).
Sans attendre de trouver le sens véritable de la vie, beaucoup de jeunes tirent
des conclusions hâtives et s'embarquent sans préparation dans le voyage de la
vie. Ils suivent le sens de la circulation sans carte routière et il ne faut pas
s'étonner qu'ils ne trouvent que déception en chemin. Que devons-nous apprendre
avant de nous en aller pour servir ?
APPRENEZ D’ABORD SES VOIES
Les Ecritures nous disent qu'il est impossible à l'homme d'être sauvé dans
l'ignorance (voir D&A 131:6). C'est un principe qui est très mal compris. John
A. Widtsoe (1872-1952), du Collège des douze apôtres, a écrit : « Il y a bien
entendu beaucoup de sortes de connaissance, les unes de moindre valeur, les
autres de valeur plus grande. Quand Joseph Smith a dit qu'un homme ne peut être
sauvé dans l'ignorance, il voulait naturellement parler de l'ignorance des lois
qui conduisent toutes ensemble au salut. Pareille connaissance a une valeur
extrême. C'est celle-là qu'il faut rechercher en premier lieu. Ensuite on peut
ajouter d'autres espèces de connaissance pour appuyer et amplifier la
connaissance plus directe de la loi spirituelle. Par exemple, l'Eglise a le
devoir de prêcher l'Evangile au monde entier. Toutefois cela nécessite l'aide
des chemins de fer, des bateaux à vapeur, des presses d'imprimerie et d'une
foule d'autres choses qui constituent notre civilisation. La première chose que
le missionnaire a besoin de connaître, c'est l'Evangile, mais les autres
besoins, quoique moindres, l'aident à mieux s'acquitter du commandement divin
d'enseigner l'Evangile à tous les hommes » (Evidences and Reconciliations,
arrangement G. Homer Durham, 1987, p. 224).
Bien entendu, aujourd'hui, certaines personnes ont besoin de la connaissance des
ordinateurs, des communications par satellite et ainsi de suite, mais l'argument
de frère Widtsoe tient toujours. Ce qu'il veut dire, c'est qu'il doit forcément
y avoir un ordre dans ce que nous apprenons, celui-là même qui ressort de
l'enseignement du Sauveur. « Cherchez premièrement le royaume et la justice de
Dieu et toutes ces choses vous seront données par-dessus » (Matthieu 6:33). La
première chose qu'il faut apprendre, ce sont les choses sacrées, ce qui donne le
contexte et la nécessité de l'instruction profane. Si nous voulons retourner en
la présence de notre Père céleste, notre priorité absolue doit être de nous
informer de ses voies et de son plan.
Le monde voudrait nous faire croire qu'il n'y a pas assez de temps pour faire
des études spirituelles et profanes. Je nous mets en garde de ne pas nous
laisser tromper par les philosophies des hommes. Notre étude des choses sacrées
facilite, accélère même, nos études profanes. John Taylor (1808-1887), troisième
président de l'Eglise, a formulé « Les Limites des hypothèses profanes » qui dit
: « Par la philosophie et par l'exercice de son intelligence naturelle, l'homme
peut, dans une certaine mesure, acquérir la compréhension des lois de la nature.
Mais pour comprendre Dieu, il faut une sagesse et une intelligence célestes. La
philosophie terrestre et la philosophie céleste sont deux choses différentes et
il est insensé de la part des hommes de baser leurs arguments sur la philosophie
terrestre pour essayer de percer les mystères du royaume de Dieu » (The Gospel
Kingdom, textes choisis par G. Homer Durham, 1987, p. 73).
Si nous donnons un fondement spirituel à notre instruction profane, non
seulement nous comprendrons mieux les lois de la nature, mais nous pourrons
acquérir une profondeur de compréhension que nous n'aurions jamais crue possible
dans les arts, les langues, la technologie, la médecine, le droit et le
comportement humain. Nous pourrons voir le monde autour de nous et le comprendre
par les yeux de Dieu.
L'histoire du roi Salomon nous apprend que nous pouvons demander au Seigneur de
nous donner l'intelligence. Lorsqu'il était à Gabaon, le Seigneur lui apparut en
songe et lui dit : « Demande ce que tu veux que je te donne » (1 Rois 3:5).
Salomon, qui se sentait écrasé et mal préparé à ses nouvelles responsabilités de
roi, lui dit : « Je ne suis qu'un jeune homme, je n'ai point d'expérience »
(verset 7). Il demanda donc au Seigneur « un coeur
intelligent pour juger [le] peuple » (verset 9). La demande de Salomon plut au
Seigneur. Il répondit :
« Puisque c'est là ce que tu demandes, puisque tu ne demandes pour toi ni une
longue vie, ni les richesses, ni la mort de tes ennemis, et que tu demandes de
l'intelligence pour exercer la justice, voici, j'agirai selon ta parole. Je te
donnerai un coeur sage et intelligent, de telle sorte qu'il n'y aura eu personne
avant toi et qu'on ne verra jamais personne de semblable à toi » (versets
11-12).
Nous ne devons pas sous-estimer la puissance du Seigneur et son désir de nous
donner des bénédictions si nous demandons d'un coeur sincère et avec une
intention réelle. Il a des projets éducatifs et des théories de l'éducation que
les psychopédagogues du monde n'ont même pas encore imaginés.
Bien que le don de la condition mortelle offre une période de temps relativement
courte pour s'instruire sur Dieu et sur ses voies, nous avons l'éternité pour
nous instruire sur l'univers et tout ce qui s'y trouve et accumuler la
connaissance profane. Le président Kimball nous a enseigné qu'une des
bénédictions de l'exaltation est une quantité infinie de temps pour étudier ce
qui est profane. Il a dit : « Après la mort nous continuons à apprendre. Etre
exalté signifie avoir l'état divin, la capacité de créer. Ce que l'homme est
maintenant, Dieu le fut autrefois ; ce que Dieu est maintenant, l'homme peut le
devenir » (Eliza R. Snow Smith, Biography of Lorenzo Snow, Salt Lake City,
Deseret News Co., 1884, p. 46). Cela est pour l'avenir. Il est évident qu'avant
de pouvoir prendre la matière qui existe et en faire un monde comme le nôtre, on
doit maîtriser la géologie, la zoologie, la physiologie, la psychologie et tout
le reste. Il est également évident que personne, dans le bref temps de vie que
nous connaissons ici-bas, ne peut acquérir toute cette connaissance ni maîtriser
toutes ces sciences, mais on peut commencer et, avec le fondement de la vie
spirituelle et la maîtrise de soi, avec les autorités et les pouvoirs reçus par
l'intermédiaire de l'Evangile du Christ, on est en mesure d'entreprendre cette
étude presque illimitée du profane » (The Teachings of Spencer W. Kimball,
publié par Edward L. Kimball, 1982, p. 53).
Ne nous préoccupons donc jamais du temps qu'il faut pour étudier les choses
spirituelles. Ce temps est bien employé. Il donne une base aux études profanes.
En effet, le Seigneur nous bénit si nous lui faisons confiance et étudions
d'abord son plan éternel. Ce dont il est question ici c'est d'un élargissement
et non d'un rétrécissement de nos possibilités, si nous nous occupons d'abord de
ce qui est prioritaire.
Le président Kimball a dit en outre :
« Or, la vie ici-bas est le moment de se préparer à rencontrer Dieu, ce qui est
notre première responsabilité. Ayant déjà obtenu notre corps, qui devient le
tabernacle permanent de notre esprit à toute éternité, nous devons maintenant le
former, ainsi que notre esprit. Le plus important est donc d'utiliser cette vie
pour nous perfectionner, pour soumettre la chair, pour assujettir le corps à
l'esprit, pour surmonter toutes les faiblesses, pour nous gouverner nous-mêmes,
de manière à pouvoir guider les autres et accomplir toutes les ordonnances
nécessaires...
« ... Une fois que nous sommes fermement ancrés sur le chemin de la vie
éternelle, nous pouvons amasser davantage de connaissance des choses profanes...
« ... Un savant ayant une formation de pointe, qui est aussi un homme rendu
parfait, peut créer un monde et le peupler, mais un savant dissolu, impénitent
et incroyant ne sera jamais ce genre de créateur, même dans les éternités.
« La connaissance profane, aussi importante soit-elle, ne peut en aucun cas
sauver une âme, ni ouvrir le royaume céleste, ni créer un monde, ni faire d'un
homme un dieu, mais elle peut être extrêmement utile à celui qui, ayant donné la
priorité aux choses les plus importantes, a trouvé le chemin de la vie éternelle
et qui peut alors faire intervenir toute connaissance pour être son instrument
et sa servante » (President Kimball Speaks Out, pp. 90-92).
LE SENTIMENT D'ÊTRE REDEVABLE À DIEU
Une fois que nous avons appris tout ce que nous pouvons concernant l'itinéraire
que nous devons suivre et que nous nous sommes engagés sur le chemin pour
obtenir la vie éternelle, nous avons des obligations à l'égard des autres
enfants de notre Père céleste qui ont besoin d'aide. L'acquisition de la
connaissance du plan de Dieu entraîne de nombreuses conséquences, dont l'une des
plus profondes est le sentiment incroyable d'être redevable au Dieu de ce monde,
Jésus-Christ. Le plan de salut s'articule autour de la nécessité d'un
Rédempteur. Jésus-Christ a joué ce rôle. Il a expié nos péchés et, pour parler
comme Esaïe et Pierre, « c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris »
(Esaïe 53:5 ; voir 1 Pierre 2:24).
Il est clair que l'apôtre Paul a le sentiment profond de cet endettement quand
il écrit dans son épître aux Romains : « Je vous exhorte donc, frères, par les
compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint,
agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable » (Romains 12:
1). Paul met en évidence un aspect fondamental du service. Nous servons par
reconnaissance, à l'égard du Seigneur, pour les bénédictions qu'il nous a
accordées. En outre, nous devons nous souvenir que la plus courante de toutes
les bénédictions est qu'il a souffert, a versé son sang et est mort pour
accomplir le grand plan du bonheur, un plan conçu et mis en application pour
nous, afin que nous rentrions avec lui en la présence du Père. C'est parce qu'il
comprenait cette idée fondamentale que le roi Benjamin a été amené à dire : « Si
vous le serviez de votre âme tout entière, vous ne seriez encore que des
serviteurs inutiles » (Mosiah 2:21).
Comment servons-nous celui qui nous a donné la possibilité d'obtenir la vie
éternelle ? C'est encore le roi Benjamin qui nous donne la réponse en disant au
peuple : « Lorsque vous êtes au service de vos semblables, vous êtes simplement
au service de votre Dieu » (Mosiah 2:17).
Le Livre de Mormon donne plusieurs exemples d'hommes qui ont compris l'équation
fondamentale qui explique une si grande partie de notre raison d'être, à savoir
: servir les autres revient à servir Dieu. Le roi Benjamin a été, bien entendu,
l'un des exemples les plus frappants de vie au service de Dieu et des hommes.
Comme il le dit à son peuple : « Et moi-même j'ai travaillé de mes mains pour
vous servir » (Mosiah 2:14). Le roi Benjamin a voulu apprendre le plan de salut,
ensuite il s'est mis à servir.
Un exemple peut-être encore plus spectaculaire de la façon dont l'esprit de
service consume ceux qui apprennent et comprennent le plan de Dieu est
l'histoire d'Alma le Jeune. Nous savons que, pendant sa jeunesse, Alma, en
compagnie des fils de Mosiah, cherchait à détruire l'Eglise de Dieu. Son
comportement était aux antipodes de celui qu'il aurait dû avoir. C'est alors
qu'un événement remarquable se produisit. Un ange lui apparut et le corrigea,
lui et ses frères.
Imaginez l'étonnement d'Alma ! Il avait consacré sa vie à détruire l'Eglise du
Seigneur et la foi du peuple, et voilà qu'un ange lui apparaissait pour lui dire
: « le Seigneur a dit : Ceci est mon Eglise, et je l'établirai ; et rien ne la
renversera, si ce n'est la transgression de mon peuple » (Mosiah 27:13).
Le choc d'Alma fut si grand qu'il en resta littéralement sans voix et qu'il ne
put plus remuer les mains. Ceux qui étaient avec lui le prirent et le déposèrent
devant son père, Alma, le grand prêtre suprême. Les prêtres se réunirent,
jeûnèrent et prièrent deux jours et deux nuits pour Alma pour que sa bouche
s'ouvre et qu'il retrouve ses forces. Leurs supplications au Seigneur furent
finalement exaucées quand Alma le jeune se tint devant eux, transformé, et leur
dit :
« Mon âme a été rachetée du fiel de l'amertume et des liens de l'iniquité.
J'étais dans l'abîme le plus sombre; mais maintenant, je vois la lumière
merveilleuse de Dieu. Mon âme était torturée d'un tourment éternel; mais j'en
suis arraché, et mon âme n'est plus dans la souffrance.
« Je rejetais mon Rédempteur et niais ce dont nos pères avaient parlé ; mais
maintenant, pour qu'ils puissent voir d'avance qu'il viendra, et qu'il se
souvient de toutes les créatures qu'il a créées, il se manifestera à tous »
(Mosiah 27:29-30).
La correction de trajectoire avait été douloureuse pour Alma. Il avait connu une
souffrance indicible et un tourment éternel, mais il était revenu sur le chemin.
Ce que les Ecritures nous rapportent ensuite est extrêmement intéressant.
« Et alors, il arriva qu'Alma commença, à partir de ce moment-là, à instruire le
peuple, ainsi que ceux qui étaient avec Alma au moment où l'ange leur apparut,
voyageant à travers tout le pays, publiant à tout le peuple les choses qu'ils
avaient vues et entendues, et prêchant la parole de Dieu au milieu de beaucoup
de tribulations, grandement persécutés par ceux qui étaient incrédules, et
frappés par beaucoup d'entre eux.
« Et ils voyagèrent à travers tout le pays de Zarahemla, et parmi tout le peuple
qui était sous le règne du roi Mosiah, s'efforçant avec zèle de réparer tout le
mal qu'ils avaient fait à l'Église, confessant tous leurs péchés, et publiant
tout ce qu'ils avaient vu, et expliquant les prophéties et les Ecritures à tous
ceux qui désiraient les entendre.
« Et c'est ainsi qu'ils furent des instruments entre les mains de Dieu pour en
faire parvenir beaucoup à la connaissance de la vérité, oui, à la connaissance
de leur Rédempteur » (Mosiah 27:32, 35-36).
Après la conversion vient la responsabilité et l'obligation de faire part aux
autres enfants de notre Père céleste de la connaissance que nous avons reçue. La
vie d'Alma avait changé et il devint l'un des plus grands missionnaires qui
aient jamais vécu. Il enseigna le plan de salut avec puissance et une
connaissance qu'il avait de première main. Il avait appris auprès d'un ange,
maintenant il servait.
Nous nous rendons compte de la profondeur de la conversion d'Alma à la vérité et
au désir de servir tous les enfants de Dieu qui en a découlé quand nous lisons
ce qu'il écrit vers la fin de son ministère :
« Oh, que je voudrais être un ange et satisfaire le souhait de mon coeur,
d'aller et de parler avec la trompette de Dieu, d'une voix qui fait trembler la
terre, et d'appeler tous les peuples au repentir !
« Oui, j'annoncerais, à toute âme, comme avec la voix du tonnerre, le repentir
et le plan de rédemption, afin qu'elle se repente et vienne à notre Dieu, afin
qu'il n'y ait plus de tristesse sur toute la surface de la terre » (Alma
29:1-2).
Alma en était parvenu au stade, dans sa compréhension du plan de salut et du
service au Seigneur, où il se sentait freiné par les limites de son corps
physique. Il se rendait bien compte que sa demande était déraisonnable, mais il
voulait faire plus. Il voulait proclamer l'Evangile avec la voix de l'ange qui
le lui avait proclamé. Sentant d'une manière profonde sa dette vis-à-vis du
Seigneur, il voulait sacrifier plus encore que tout ce qu'il avait au service du
Seigneur.
Il y en a parmi nous qui prêchent la doctrine de l'égoïsme. Ils déclarent que
nous devons penser d'abord, en premier lieu et avant tout à nous-mêmes. Mais
l'histoire a montré que l'égoïsme n'a jamais apporté le bonheur. Une partie
importante de la vie consiste à servir et à partager. Il est certain que la joie
la plus profonde de la vie est de laisser un héritage d'amour et de service que
les autres peuvent imiter et pratiquer. Bryant S. Hinckley, père de Gordon B.
Hinckley, a dit, à propos du service :
« Le service est la vertu qui a distingué les grands de toutes les époques et
c'est pour cela qu'on se souvient d'eux. Il marque ses disciples du sceau de la
noblesse. Il est la ligne de séparation entre les deux grands groupes du monde :
ceux qui aident et ceux qui gênent, ceux qui élèvent et ceux qui dépendent, ceux
qui apportent et ceux qui ne font que consommer. Il est bien mieux de donner que
de recevoir. Le service, sous n'importe quelle forme, est sympathique et beau.
Donner de l'encouragement, offrir sa sympathie, montrer de l'intérêt, bannir la
crainte, éveiller la confiance en soi et susciter l'espoir dans le coeur des
autres - en bref, les aimer et le montrer - c'est rendre le service le plus
précieux qui soit » (cité par Steven R. Covey etc., First Things First, 1994, p.
306 ; ponctuation modifiée).
Le but de notre existence terrestre est d'entrer dans cette vie pour apprendre
et ensuite se mettre à servir. Si nos actions s'écartent de ce but, faisons une
correction de trajectoire rapide et revenons sur le bon chemin. Engageons-nous à
consacrer du temps chaque jour, chaque semaine, chaque année, à veiller à ce que
la trajectoire sur laquelle nous nous trouvons soit bien celle qui a été prévue
par le Seigneur lui-même, le chemin étroit et resserré qui mène à la seule
destination qui nous donnera une paix et une joie durables, celle de la vie
éternelle.
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