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LORSQUE LA VIE DEVIENT
DIFFICILE
C'était en 1962, l'avais 19 ans. Je venais d'être appelé à faire une mission au
Mexique lorsque j'ai appris que j'avais un cancer.
par John B. Dickson
Des soixante-dix
Un cancer ? Moi ? Je pensais que seules les personnes qui vivaient dans les
grandes villes pouvaient avoir un cancer. Après des biopsies et des examens
approfondis effectués par des spécialistes, j'ai appris que la grosseur que
j'avais à l'avant-bras droit était un sarcome ostéogénique. Plus simplement,
cela signifie que j'avais une sorte de cancer de l'os, qui à cette époque, était
presque toujours mortel, même après l'amputation du membre atteint.
Mortel ! J'avais 19 ans et il ne m'était jamais venu à l'esprit que je pouvais
avoir une maladie mortelle. J'avais très envie de faire ma mission, de me marier
au temple, d'avoir une famille nombreuse et d'avoir une vie formidable.
Cependant, j'aimais le Seigneur et je savais qu'il m'aimait. Qu'il me permette
de rester ici-bas ou qu'il me fasse quitter cette vie, cela me conviendrait.
À court terme, mon cancer a eu pour résultat la perte de mon bras droit. À long
terme, il a eu pour résultat toute une vie d'aventure. Avec le recul, je peux
dire en toute sincérité que la perte de mon bras, au lieu d'être une expérience
dramatique, a été l'une de mes plus grandes bénédictions. Cela m'a beaucoup
apporté.
La période d'adaptation a été difficile. Jusque là je travaillais dans une
entreprise d'exploitation de bois et de construction de routes, dans les forêts
du Nord-Ouest des États-Unis ; j'étais donc bien musclé. Mais je faisais tout de
la main droite et ce bras, qui était quasiment indispensable, me faisait
vraiment défaut. Auparavant, je pouvais lancer une balle de base-ball plus loin
que n'importe qui dans l'équipe, mais avec mon bras gauche je ne pouvais la
lancer qu'à une petite distance. J'avais vraiment du mal à écrire. N'importe
quel enfant d'âge préscolaire avait une plus belle écriture que moi. Tout était
difficile : lacer mes chaussures, boutonner mes chemises, porter de gros
paquets, conduire, me raser, dessiner, manger, voir les gens me regarder avec
étonnement, endurer la douleur de ce bras absent, etc.
Très vite, je me suis rendu compte qu'il faudrait que je m'habitue à beaucoup de
choses et que j'avais beaucoup à apprendre et à réapprendre. Je me suis aussi
rendu compte que je ne pouvais rien changer au fait que je n'avais qu'un seul
bras et que mon attitude à ce sujet (et de la vie en général) ne tenait qu'à
moi. Je me trouvais à un tournant de ma vie. Il était clair que je pouvais me
lamenter si je le voulais ou que je pouvais faire face à cette épreuve et à
toutes les autres en ayant la foi et une attitude positive. Mon bonheur et mon
bien-être éternel dépendaient de mon choix.
Le choix était simple. J'ai choisi d'être positif, inventif, très actif et de
faire tout mon possible pour remplir ma destiné de fils de Dieu, envoyé sur
terre pour progresser. Une fois cette décision prise, je m'y suis tenu et je ne
l'ai jamais remise en question.
Joseph Smith, le prophète (1805-1844), a connu de nombreuses difficultés et a
beaucoup souffert lorsqu'il se morfondait dans la prison de Liberty. Préoccupé
par le bien-être des saints et de sa famille chassés de chez eux, alors qu'il
était lui-même en très mauvaise santé, il a invoqué le Seigneur pour savoir
pourquoi tout cela arrivait au moment où il pensait comprendre tout à fait le
processus du Rétablissement et de l'établissement de Sion. Le Seigneur lui a
donné une réponse qui peut être utile à chacun d'entre nous face aux nombreuses
difficultés de la condition mortelle : « Sache, mon fils, que toutes ces choses
te donneront de l'expérience et seront pour ton bien » (D&A 122:7).
Quelques jours après mon opération, alors que je tirais des leçons de mon propre
vécu, j'étais dans ma chambre et je me préparais pour aller à l'église. Ma
cravate dans la main, je me suis demandé : Mais qu'est-ce que je vais bien
pouvoir faire avec cette cravate ? Je me suis dit que je pouvais demander à ma
mère de m'aider mais j'ai immédiatement rejeté cette idée, puisqu'elle ne
pourrait pas m'accompagner en mission pour faire mes noeuds de cravate ni
s'occuper de moi d'une autre manière. Il ne me restait qu'à me débrouiller tout
seul. Avec patience, j'ai réussi à mettre ma cravate, et bien que je me sois un
peu servi de mes dents, j'ai appris que je pouvais mettre ma cravate et même
faire un beau noeud. Ce jour-là, une porte s'est ouverte dans mon esprit et j'ai
pu voir clairement qu'avec de la patience, de la foi et de la détermination, je
pourrais résoudre quasiment tous les problèmes que je rencontrerais.
Avec le temps, je me suis rendu compte que cette même foi, cette même
détermination et cette même attitude positive pouvaient aider n'importe qui,
dans les diverses grandes difficultés de la vie. Mon problème était d'ordre
physique, mais nous, les humains, nous rencontrons également toutes sortes
d'autres difficultés. Il peut s'agir de difficultés financières, de problèmes de
relations familiales, de difficultés à faire des études, du sentiment d'être
rejeté, de la perte d'un proche ou de l'incompréhension des autres. Les
difficultés que les jeunes rencontrent concernent souvent les tentations qui ont
trait à la Parole de Sagesse, à un langage inconvenant, à la pureté morale, aux
divertissements malsains ou au fait de naviguer sur l'Internet.
Voici quatre principes qui pourraient vous aider.
1. CONNAISSEZ VOTRE PÈRE DANS LES CIEUX
Veillez à savoir quel lien vous lie à votre Père dans les cieux et au Sauveur.
En d'autres termes, assurez-vous de savoir qui vous êtes. Votre témoignage du
plan du bonheur que votre Père céleste a conçu pour vous, vous aidera à
comprendre quelle est votre destinée éternelle et augmentera votre détermination
de réussir votre voyage ici-bas. Nous voyons tous très clairement pourquoi le
Seigneur donne des commandements et pourquoi nous devons les suivre lorsque nous
comprenons ce que le Seigneur veut que nous devenions. Veillez à comprendre le
plan de salut et à avoir un témoignage inébranlable de l'Évangile.
Le témoignage de ces questions de si grande importance ne vient pas tout seul,
mais il augmentera si vous priez tous les jours avec foi, si vous lisez les
Ecritures et si vous prenez la Sainte-Cène le dimanche, en étant digne de le
faire.
2. DÉCIDEZ MAINTENANT
Décidez maintenant de quelle façon vous réagirez lorsque les pressions de
l'entourage et les tentations se présenteront. À 12 ans, j'ai pris la décision
de toujours respecter la Parole de Sagesse. Au fils des ans, on m'a incité à
enfreindre ce commandement, mais j'ai toujours répondu « Non ! », gentiment,
rapidement et avec efficacité. Parce que j'avais décidé à l'avance comment je
réagirais si on me proposait quelque chose, je ne me suis jamais senti menacé
par l'éventualité de prendre une mauvaise décision en cédant à la pression de
mes amis.
On ne perd rien à prendre une bonne décision. Souvenez-vous que si vous ne vous
êtes pas déjà décidé avant que des propositions destructrices ou des tentations
se présentent, la probabilité de prendre la mauvaise décision est beaucoup plus
grande.
Je suis tout à fait conscient que certains d'entre vous n'ont pas suivi ce
conseil et ont déjà commis de graves erreurs. Il se peut que seul vous ou une ou
deux autres personnes soient au courant de ces erreurs, mais ces erreurs sont
une source d'embarras pour vous. Vous voulez agir convenablement aux yeux du
Seigneur, mais vous ne savez peut-être pas dans quelle direction aller et
comment résoudre le problème. Je vous recommande de parler au Seigneur en priant
sincèrement, d'expliquer votre problème à votre évêque ou à votre président de
branche, et de parler avec vos parents. Vous craignez peut-être d'être critiqué
ou embarrassé, mais je crois que vous trouverez de l'amour, du soutien et une
magnifique perspective de progression.
3. NE REMETTEZ PAS LE REPENTIR À PLUS TARD
Veillez à ne pas penser à tort que le chemin est facile, que vous pouvez vivre
selon les principes du monde, que, quoi qu'il arrive, le Seigneur vous permettra
d'échapper aux conséquences et que, donc, vous pouvez remettre le repentir à
plus tard. Ne tombez pas dans le piège dont parle Néphi : « Et il y en aura
aussi beaucoup qui diront : Mangez, buvez, et réjouissez-vous ; néanmoins,
craignez Dieu : il justifiera si on commet un petit péché ; oui, mentez un peu,
prenez l'avantage sur quelqu'un à cause de ses paroles, creusez une fosse pour
votre prochain, il n'y a pas de mal à cela ; et faites tout cela, car demain
nous mourrons ; et si nous sommes coupables, Dieu nous battra de quelques coups,
et à la fin nous serons sauvés dans le royaume de Dieu » (2 Néphi 28:8).
Le Seigneur veut que nous retournions à lui, mais nous ne pouvons pas le faire
si nous cédons aux péchés et aux impuretés du monde. Il veut que nous soyons des
disciples fidèles qui s'efforcent de devenir comme lui. Cela demande des efforts
et de la discipline pour bénéficier des bénédictions qu'il veut nous donner.
Lorsque nous nous repentons et que nous faisons de notre mieux, le Seigneur,
dans sa miséricorde, nous aide à être purs.
4. GARDEZ LES COMMANDEMENTS
Assurez-vous que l'Esprit est avec vous chaque jour de votre vie. La prochaine
fois que vous prendrez la Sainte-Cène, écoutez attentivement les paroles des
prières. Vous entendrez alors une promesse très particulière faite aux gens qui
gardent les commandements. C'est la promesse suivante : ils auront « toujours
son Esprit avec eux » (Moroni 4:3). Les commandements sont vraiment une
bénédiction.
Certaines personnes pensent que les commandements ont pour but de nous limiter
ou de nous restreindre. En réalité, ils ont été donnés simplement pour nous
aider à ressembler davantage à notre Père aimant, qui veut accorder à ses fils
et ses filles fidèles des bénédictions éternelles inimaginables. Il nous demande
de ne pas prendre part aux choses qui n'appartiennent pas à la vie qu'il veut
désespérément que nous ayons avec lui.
Il y a quelques années, lorsque soeur Dickson et moi-même sommes allés au centre
de formation de Provo pour parler aux missionnaires, le président du centre m'a
demandé si je voulais bien faire mon noeud de cravate devant les missionnaires,
pour leur faire comprendre qu'ils pouvaient faire face aux difficultés qui vont
de pair avec la mission. J'ai tenu compte de ce qu'il m'avait demandé et j'ai
modifié mon discours pour parler de certains points dont j'ai traité dans cet
article.
Alors que mon discours touchait à sa fin, j'ai demandé à quatre missionnaires du
premier rang de me rejoindre pour voir qui serait le plus rapide à faire un
noeud de cravate. L'un d'entre eux m'a demandé s'ils ne devaient utiliser que la
main gauche, mais je leur ai proposé de se servir des deux mains. Vous pouvez
imaginer l'effet que cela a fait aux missionnaires lorsque j'ai gagné.
Mais cet article n'a pas grand chose à voir avec le fait d'être le plus rapide à
faire un noeud de cravate, le meilleur stratège en football ou le plus grand
mangeur de hamburgers. Il traite simplement de qui nous sommes, du fait que nous
avons une grande importance aux yeux de notre Père céleste, qu'il nous aime et
qu'il veut que nous retournions à lui. En même temps, il veut que nous soyons
purs, que nous apprenions et que nous progressions grâce à nos expériences.
Au fils des ans, j'ai fait face à de nombreuses difficultés dans ma vie, tout
comme vous y ferez face dans la vôtre. Entre ces aventures intéressantes, la vie
était tranquille et facile. Mais je n'ai vraiment progressé personnellement que
lorsque j'ai dû surmonter les difficultés de la vie. Lorsque les difficultés se
présentent, nous devons les considérer comme des tremplins pour notre
développement, non comme des freins qui nous empêchent de progresser. Les
difficultés se présenteront, c'est certain, nous devons simplement les surmonter
et aller de l'avant.
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