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LES SAINTS DES DERNIERS JOURS
NOUS PARLENT
« LE ROYAUME DE DIEU EST ICI »
« Nous sommes citoyens du plus grand royaume sur terre, a dit Gordon B.
Hinckley, un royaume qui n'est pas gouverné par la sagesse des hommes mais qui
est dirigé par le Seigneur Jésus-Christ. Ce royaume existe vraiment. Sa destiné
est certaine » (voir page 4 de ce numéro). Dans le message de la Première
Présidence de ce mois-ci, le président Hinckley évoque sept piliers de vérité,
des vérités éternelles qui ne changent pas tandis que les croyances et les
valeurs du monde se transforment. L'un de ces piliers est le suivant : « Le
royaume de Dieu est ici. » Cette vérité simple et fondamentale se manifeste à
toutes les âmes qui entrent en contact avec l'Eglise et qui désirent sincèrement
découvrir sa véracité. Comme le montrent les histoires suivantes, ce pilier de
vérité ne change pas, mais lorsque les hommes et les femmes en obtiennent le
témoignage, leur coeur et leur vie changent.
UN DON MERVEILLEUX POUR MOI
par Stefania Postiglione
On m'a souvent demandé pourquoi je me suis jointe à l'Église de Jésus-Christ des
Saints des Derniers Jours, et j'ai toujours raconté comment j'avais rencontré
les missionnaires chez une amie qui venait de se faire baptiser. Mais, avec le
temps, je me suis rendu compte qu'avant cette première rencontre, beaucoup de
choses m'avaient préparée a accepter l'Evangile.
J'étais une jeune femme active et dynamique, ma vie se résumait à passer du
temps avec mes amis et à m'entraîner au gymnase. Il n'y avait rien d'autre qui
m'intéressait. J'étais passionnée d'art martiaux. Je ne vivais que pour le
sport, c'était devenu un mode de vie pour moi. En fait, c'était ma religion.
J'étais très douée et j'avais acquis beaucoup de technique. Ma fierté augmentait
avec l'attention que je recevais des autres, surtout que j'étais une femme dans
un sport dominé par les hommes.
Avec le temps, j'ai commencé à me sentir un peu faible à la fin de chaque
journée d'entraînement.
J'avais souvent le souffle coupé et mon coeur battait à toute vitesse.
J'ai ensuite appris que les efforts continus de ce sport si épuisant avaient
aggravé une prédisposition génétique à avoir un pouls irrégulier. J'ai eu de
plus en plus mal, et il m'arrivait même de ne pas pouvoir me tenir debout. J'ai
perdu mon autonomie presque du jour au lendemain. Ma condition a empiré à cause
d'une série de mauvaises décisions médicales et j'ai frôlé l'arrêt cardiaque à
deux reprises.
En cinq ans, j'ai eu deux opérations, j'ai consulté des médecins et je suis
allée à l'hôpital de nombreuses fois. Finalement, je suis devenue totalement
dépendante de mes parents.
Lorsque j'étais à l'hôpital, j'ai vu beaucoup de souffrance morale et physique
et j'ai appris qu'il est indispensable d'aimer les autres. J'ai commence à
comprendre ce qui était vraiment important dans la vie.
Mon coeur avait changé et j'ai eu l'impression que quelqu'un me donnait une
deuxième chance dans la vie. J'ai commencé à me poser des questions au sujet de
Dieu, qui, selon moi, n'avait joué aucun rôle dans ma vie jusque là. J'ai
commencé à m'intéresser à plusieurs religions, et j'étais impressionnée par le
fait que leur dénominateur commun était l'amour. Puis, une amie m'a parlé des
missionnaires qui lui avaient apporté tant de bonheur. Je les ai rencontrés et
je me suis fait baptiser un mois plus tard.
Maintenant, je suis contente d'avoir souffert, parce que la souffrance m'a
permis d'entendre l'Évangile. Dieu a vraiment de curieuses façons de préparer
ses enfants.
Depuis que j'ai accepté l'Évangile, j'ai eu la chance de faire connaître la
vérité à d'autres personnes. Je suis également allée au temple et j'ai été
grandement bénie. Je remercie Dieu de pouvoir oeuvrer pour lui. Son Evangile est
vraiment un don merveilleux pour Moi.
Stefania Postiglione fait partie de la branche de Flegreo, dans le district
de Naples (Italie).
JE N’AI PAS VOULU ENTENDRE
par Isabel Berrios
J’ai toujours eu foi en notre Père céleste et en Jésus-Christ, mais pas en
l'Église. Je croyais qu'elle était semblable à toutes les autres Eglises ; que
c'était une Eglise parmi tant d'autres qui pouvaient me conduire jusqu'au salut.
Alors pourquoi étais-je membre ? J'avais cherché une Eglise qui correspondrait à
mes convictions religieuses. Lorsque j'ai trouvé l'Église de Jésus-Christ des
Saints des Derniers Jours, j'ai su que j'avais trouvé une « bonne religion »,
une religion qui embrassait la doctrine à laquelle je croyais déjà du fait de ce
que j'avais étudié dans la Bible. Je me suis dit que cette connaissance me
suffisait.
Mais en allant à l'église, en écoutant les discours et les témoignages, j'ai
commencé à avoir le désir de découvrir par moi-même si l'Eglise était réellement
l'Église de Jésus-Christ rétablie, la seule véritable Église sur terre. J'ai
pris la décision de lire le Livre de Mormon, ce que je n'avais pas fait
auparavant. Je me suis bien sûr rendu compte, en lisant les magazines de
l'Église, que je n'acquerrais pas de témoignage si je n'étudiais pas avec foi,
disposée à recevoir le témoignage de notre Père céleste. J'ai donc étudié et
j'ai reçu le témoignage que le Livre de Mormon est vrai.
Cependant, j'avais toujours des doutes au sujet de l'Église. Je voulais une
réponse claire et précise de la part de Dieu, quelque chose de remarquable dont
je puisse être sûre. Je savais que je ne devais pas demander un signe, mais je
n'avais que cette idée en tête et cela m'empêchait sûrement de recevoir le
témoignage que je cherchais. Plus je cherchais une confirmation de cette façon,
plus je me rebellais. Puis j'ai commencé à perdre espoir.
Un jour, lors d'un cours de l'Institut, l'instructeur a passé un film mettant en
scène une personne qui me ressemblait beaucoup : un jeune homme qui n'était pas
sûr de son témoignage. Il est allé voir son évêque et celui-ci lui a expliqué
que notre Père céleste attend le bon moment pour répondre à nos prières, mais
que nous devons être attentifs et réceptifs au Saint-Esprit. Dans le film,
l'évêque disait aussi qu'il fallait du temps pour reconnaître la voix du
Saint-Esprit et qu'il fallait avoir le coeur humble.
Ces paroles m'ont beaucoup touchée. Je me suis rendu compte que je n'avais
jamais écouté la voix de l'Esprit en ce qui concerne l'Église, parce que je
n'avais jamais été disposée à le faire. À partir du moment où j'avais commencé à
prier pour avoir un témoignage de l'Église, des réponses m'étaient venues
discrètement, petit à petit, mais je n'avais pas voulu entendre.
Pendant ce cours d'Institut, j'ai senti mon coeur changer d'une façon que je ne
comprenais pas, et le lourd fardeau de doutes que j'avais porté pendant neuf ans
a disparu. J'ai accepté alors ce dont j'avais douté auparavant.
Mais même à ce moment-là, j'ai été tentée de lutter contre l'Esprit. Je me suis
dit que ce que je ressentais n'étais qu'une impression passagère, une réaction
émotionnelle causée par le film. Comme ce combat continuait en moi lorsque j'ai
quitté la classe, j'ai cherché un endroit où être seule. Là, la présence du
Saint-Esprit s'est fait sentir de manière plus claire et m'a enfin libérée de
mes doutes. Une joie incomparable m'a envahie. Cela a enlevé un grand poids de
mes épaules.
Maintenant, je peux dire avec une grande conviction que l’Église de Jésus-Christ
des Saints des Derniers jours est la seule véritable Église, rétablie, dans ces
derniers jours, par Jésus-Christ, par l'intermédiaire de Joseph Smith, le
prophète. Ce témoignage est précieux à mes yeux. Grâce à lui, je me sens
préparée spirituellement à recevoir davantage de la lumière et de la
connaissance que nous proposent le Seigneur et son Église.
Isabel Berrios fait Partie de la branche de Linde, dans le pieu de Cobija, à
Cochabamba (Bolivie).
A PARTIR D’UNE SEULE GRAINE
par Rex Eugene Cooper
L’une des périodes les plus décourageantes de ma mission a été la période de
quatre mois que j'ai passée à Tulancingo, au Mexique. L'oeuvre était difficile.
Jour après jour, mon collègue et moi passions des heures entières à faire du
porte à porte, et personne n'était intéressé.
Finalement, nous avons trouvé deux hommes qui ont écouté notre message. J'étais
plein d'enthousiasme parce que j'avais l'impression que ces hommes seraient de
grands atouts pour la petite branche de Tulancingo. Mais j'ai été terriblement
déçu lorsqu'ils ont tous les deux décidé de ne pas se faire baptiser.
A peu près à la même période, une jeune fille de 12 ans est venue à Tulancingo
pour rendre visite à une famille de la branche. Elle a commencé à s'intéresser à
l'Église et a accepté l'Évangile de bon coeur. Peu de temps après, son père lui
a donné la permission de se faire baptiser.
Mais ce baptême n'a pas vraiment ôté la déception que j'avais concernant ces
deux hommes. J'avais espéré qu'ils contribueraient à l'édification de l'Église
dans cette région. Je me demandais si la jeune fille allait rester pratiquante,
car elle était jeune et était la seule membre de l'Eglise de sa famille. Elle a
quitté Tulancingo peu après son baptême et j'ai perdu contact avec elle. En
fait, je l'ai complètement oubliée.
Il n'y a pas longtemps, plus de 35 ans après ma mission, alors que je ne m'y
attendais pas, j'ai reçu la lettre suivante :
Cher frère Cooper,
Je m'appelle J. Jovita Pérez Acosta. Je me suis fait baptiser le 1er décembre
1965 à Tulancingo. J'ai toujours voulu vous remercier de m'avoir apporté
l'Évangile.
Lorsque vous m'avez enseigné l'Evangile, j'avais 12 ans et je passais l'été à
Tulancingo. Je me souviens distinctement du jour où j'ai entendu l'histoire de
Joseph Smith. J'ai senti que c'était vrai, et, le soir même, je me suis
agenouillée pour la première fois pour prier comme vous me l'aviez montré. J'ai
alors appris à parler à mon Père céleste.
Ma mère en voulait à mon père à cause de mon baptême, et ils m'ont envoyée en
pension dans une école catholique. Il n'y avait aucun membre de l'Église dans
toute la région. Je n'avais même pas de Livre de Mormon. Mais je continuais à
prier, et la graine que vous avez planté dans mon coeur a commencé à germer.
Un jour, alors que j'analysais ma situation vis-à-vis de la religion, j'ai senti
que mon Père céleste n'était pas satisfait de moi. J'étais troublée. Je lui ai
dit que je voulais appartenir à son Église. Je lui ai demandé de m'aider à être
une bonne fille à ses yeux. Peu après, je me suis sentie poussée à écrire à
l'école qui appartient à l'Église, à Mexico, pour demander à y être inscrite.
J'ai été acceptée dans cette école. C'est à ce moment-là que mon témoignage a
commencé à prendre forme.
Sept ans plus tard, mes trois plus jeunes soeurs se sont jointes à l'Église et
elles ont également été pensionnaires à l'école de l'Église. Pendant l'été, ma
mère nous faisait aller à son église ; mais malgré cela, nous lisions les
Ecritures et nous avons commencé à faire des soirées familiales. Dix ans après
mon baptême, ma mère et mon plus jeune frère se sont fait baptiser. Un an plus
tard, mon père se faisait baptiser. Nous étions la première famille membre de
notre ville et de toutes les villes des alentours. L'église la plus proche se
trouvait à quatre heures de chez nous. Mes parents faisaient le voyage toutes
les deux semaines pour assister aux réunions.
À cette époque, je suis tombée malade et je suis allée vivre quelques mois chez
mes parents. Nous faisions une soirée familiale toutes les semaines. Ma mère
invitait presque tout notre entourage, et une trentaine de personnes y
assistait.
Un jour, j'ai appelé le siège de la mission à Mexico pour demander d'envoyer des
missionnaires, et c'est comme cela que la première branche est née dans cette
région. Mon père était président de branche et ma mère, présidente de la Société
de Secours. À présent, il y a de nombreuses branches dans les autres villes, et
elles ont été regroupées en deux districts.
Ma plus jeune soeur a converti l'homme qui est maintenant son mari et ils ont
tous les deux fait une mission. Il est évêque à Ciudad Juárez et ils ont cinq
enfants. Deux de mes neveux et l'une de mes nièces ont aussi fait une mission.
Mon fils aîné est rentré de mission l'année dernière, et ma fille sert
actuellement à Washington. Mon plus jeune fils part le mois prochain pour faire
une mission au Mexique.
Mes parents ont en tout 26 petit-senfants qui sont membres de l'Église. Comme
vous pouvez le voir, l'une des petites graines que vous avez plantées, il y a de
nombreuses années, s'est transformée en un arbre qui donne du fruit et qui
produit des graines pour que d'autres arbres naissent. C'est formidable,
n'est-ce pas ? Lorsque mon fils aîné est parti en mission, je lui ai dit que
tout ce qu'il avait à faire, c'était de planter des semences avec amour dans la
vigne du Seigneur. Peut-être ne verrait-il jamais l'arbre grandir et donner du
fruit, mais le Seigneur le verrait.
L'Évangile m'a apporté beaucoup de joie et, sans lui, je ne sais pas ce que
serait ma vie. Je sais que Jésus-Christ est mon Rédempteur et que son oeuvre ira
de l'avant, apportant des bénédictions aux familles de la terre.
Votre soeur dans la foi,
Jovita Pérez
En lisant cette lettre, j'étais rempli de joie. Je me rends compte maintenant
que la chose la plus importante que j'ai faite en mission était peut-être
quelque chose qui m'a semblé presque insignifiant à l'époque.
Les missionnaires sont rarement conscients de toutes les conséquences de leur
travail. Mais si nous faisons tout le bien que nous pouvons, sans nous soucier
des conséquences, nous trouverons la vraie joie de partager l'Évangile.
Rex Eugene Cooper fait partie de la quatrième paroisse de Highland, dans le
pieu de Highland Est (Utah, Etats-Unis).
MON AMI « MILK-SHAKE »
par Robert Lee « Rocky » Crockrell
En février 1958, à l'âge de 17 ans, je suis entré dans la Marine des Etats-Unis.
On m'a affecté à un porte-avions. C'est la que j’ai rencontré Raymond Covington
qui venait de
Provo (Utah, Etats-Unis).
Je trouvais que Raymond était un peu bizarre : il ne fumait pas, ne buvait pas,
ne jurait pas, ne faisait rien du tout. Je lui ai demandé ce qu'il faisait pour
s'amuser. Il m'a dit qu'il faisait beaucoup de choses, mais que ce qu'il aimait
le plus, c'était de commencer ou de finir la journée avec un ou deux grands
milk-shakes. On a donc surnommé Raymond « Milk-shake ».
Le soir, Raymond me parlait de son Eglise, l'Église de Jésus-Christ des Saints
des Derniers jours. J'étais vraiment très intéressé, jusqu'à ce qu'il me dise
que si je me joignais à son église, je ne pourrais pas détenir la prêtrise. Cela
ne m'a pas plu. En voyant mon agitation, Raymond m'a dit qu'il avait le
sentiment que je pourrais peut-être avoir la prêtrise un jour.
Avec le temps, j'ai commencé à préférer Raymond à tous mes amis en raison de la
façon dont il vivait. Au bout d'un moment, je me suis rendu compte que j'avais
arrêté de mener le genre de vie que je menais auparavant, et que je voulais
faire le bien. Je me suis rendu compte, grâce à lui, que je n'avais pas besoin
de jurer ou de boire de l'alcool. Je pouvais choisir de mener une vie juste.
Un jour, plusieurs hommes étaient assis sur le pont, en train de jouer de
l'argent. L'un d'entre eux a levé les yeux en direction de Raymond et a dit : «
Milk-shake ! Si tu dis ce juron, tu peux avoir toute la cagnotte. » J'ai
rapidement compté l'argent et le total s'élevait à deux mois de salaire. Puisque
lui et moi étions copains, je me suis dit que Raymond allait me donner la
moitié. Mais à mon grand étonnement, il a refusé de jurer. Je l'ai supplié de le
faire, mais il ne croyait pas en ce genre de paroles. J'ai su alors qu'être un
saint des derniers jours fidèle était une responsabilité sacrée.
Raymond est retourné à la vie civile en juin 1961 et j'ai été démobilisé plus
tard cette année-là. Je me suis souvent demandé ce que mon vieil ami était
devenu.
Un jour, bien des années plus tard, en 1990, alors que je regardais par la
fenêtre, chez moi, dans l'État de Washington, j'ai aperçu deux hommes bien
habillés. C'était des missionnaires de l'Église, et je les ai invités à rentrer.
Après avoir discuté avec eux un moment, j'ai découvert que les espoirs de
Raymond étaient devenus réalité : Spencer W. Kimball avait reçu une révélation
en 1978, selon laquelle tous les hommes dignes pouvaient recevoir la prêtrise.
J'étais au comble de la joie. Après avoir reçu les leçons missionnaires, j'ai
accepté de me faire baptiser.
A peu près à cette époque, j'ai parlé de mon amitié avec Raymond à un voisin,
qui était aussi membre de l'Église. J'étais loin d'imaginer que ce voisin irait
en Utah et trouverait Raymond. Deux semaines plus tard, mon vieil ami «
Milk-shake » a fait plus de 1600 kilomètres en voiture pour prendre la parole à
mon baptême. Il a dit qu'il avait toujours su que je me joindrais à l'Eglise.
En décembre 1997, la fille de Raymond m'a appelé pour m'annoncer qu'il était
décédé. Cette nouvelle m'a attristé mais je souris quand je pense au jour où
Rocky et son vieil ami Milk-shake seront réunis dans l'au-delà.
Robert Lee « Rocky » Crockrell fait partie de la paroisse de Wollochet, dans
le pieu de Tacoma (État de Washington, Etats-Unis).
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