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CLASSIQUES DU LIAHONA
DES AMIS POUR TOUJOURS
par Marvin J. Ashton (1915-1994)
Un jour, ma femme et moi étions devant chez nous, lorsque le jeune livreur de
journaux est arrivé dans la rue sur son vélo. Son vélo était chargé de journaux.
À 20 ou 25 mètres de lui, un autre garçon le suivait à vélo. À ce moment là, je
n'étais pas sûr de la nature de leur relation, mais, en tout cas, j'ai remarqué
qu'ils descendaient la rue à toute vitesse.
Lorsque le livreur de journaux est monté sur le bateau du trottoir devant chez
nous, il allait trop vite pour arriver à notre maison, et il est allé dans une
direction et le vélo dans une autre. Les journaux ont volé dans toutes les
directions. Lorsque nous avons vu que le garçon était tombé sur la pelouse et
qu'il ne s'était pas fait mal mais qu'il aurait sûrement honte d'être tombé
devant son ami, nous nous sommes approchés de lui.
À la vue de ce superbe vol plané, si l'on peut l'appeler comme cela, son
camarade a crié de joie et a éclaté de rire, prenant beaucoup de plaisir à ce
qui était arrivé à son pauvre camarade.
Pour tenter de diminuer l'embarras du livreur de journaux, sachant qu'il n'avait
pas besoin d'aide mais qu'il fallait simplement qu'il retrouve un peu sa fierté,
j'ai fait quelques pas de plus dans sa direction et j'ai dit : « C'est un peu
facile de la part de ton copain de rire parce que tu as fait une mauvaise chute,
tu ne trouves pas ? »
Il a continué à ramasser ses journaux, sans même lever les yeux. Finalement, il
a remis tous les journaux à leur place, il est remonté sur son vélo, et
lorsqu'il a commencé à s'éloigner de notre maison, il a fait cette remarque : «
Ce n'est pas mon copain, c'est mon frère. »
Depuis ce jour, ses paroles résonnent dans mes oreilles et sont lourdes de sens.
Je pense sincèrement que l'un des grands buts des soirées familiales et de
l'enseignement au foyer est de permettre aux membres de la famille de se rendre
compte qu'un frère peut être un ami, qu'une soeur peut être une amie, et qu'un
père et une mère peuvent être plus que des parents, qu'ils peuvent être des
amis.
Je prie pour que nous puissions avoir la sagesse et l'inspiration de fonder un
foyer dans lequel les membres de cette cellule sacrée puissent dire au sujet du
père : « C'est mon meilleur ami », ou puissent dire : « Ma mère est plus qu'une
mère, c'est mon amie. » Lorsque nous nous rendons compte que le lien qui unit
les parents et les enfants peut être plus que celui du sang et que ce lien est
en fait l'amitié, alors nous avons une idée de la manière dont notre Père
céleste veut que nous vivions, pas simplement comme des frères et des soeurs
mais comme des amis sincères.
D'après un discours de la conférence générale d'octobre 1969.
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