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LA CONVERSION COMPLETE APPORTE
LE BONHEUR
Richard G. Scott
du Collège des douze apôtres
Votre bonheur actuel et éternel dépend de votre degré de conversion et de la
transformation qu'elle apporte dans votre vie.
Chacun
de nous a remarqué qu'il y a certaines personnes qui traversent la vie en
faisant continuellement les bonnes choses. Elles paraissent heureuses et la vie
semble même les enthousiasmer. Lorsque des choix difficiles se présentent, elles
semblent faire immanquablement les bons, même si d'autres possibilités peuvent
les tenter. Nous savons qu'elles peuvent connaître la tentation mais qu'elles
paraissent ne pas y faire attention. De même, nous en avons remarqué d'autres
qui ne sont pas aussi vaillantes dans les décisions qu'elles prennent. Lorsque
l'influence spirituelle ambiante est forte, elles décident de faire mieux, de
changer de manière de vivre et de se détourner de leurs mauvaises habitudes.
Elles sont très sincères dans leur décision de changer, cependant, elles se
remettent vite à faire ce qu'elles avaient décidé d'abandonner.
Qu'est-ce qui fait que la vie des personnes de ces deux groupes est différente ?
Comment pouvez-vous persévérer dans les bons choix ? Les Écritures nous
l'expliquent. Voyez Pierre, plein d'enthousiasme et d'impétuosité. Pendant trois
ans, il a été apôtre aux côtés du Maître, voyant des miracles et entendant les
enseignements qui transformaient les gens et les explications en privé de
nombreuses paraboles. Avec Jacques et Jean, Pierre a été témoin de la gloire de
la transfiguration de Jésus-Christ ainsi que des visites de Moïse et d'Élie qui
l'ont accompagnée1. Et pourtant, le Sauveur voyait que Pierre manquait encore de
constance. Le Maître le connaissait très bien, comme il connaît chacun de nous.
Dans la Bible, nous lisons ses paroles :
« Le Seigneur dit : Simon, Simon, Satan vous a réclamés. . . Mais j'ai prié pour
toi, afin que ta foi ne défaille point ; et toi, quand tu serasconverti,
affermis tes frères. Seigneur, lui dit Pierre, je suis prêt à aller avec toi et
en prison et à la mort2. »
Ce n'étaient certainement pas, de la part de Pierre, des paroles vaines. Il
pensait sincèrement ce qu'il disait mais devait agir différemment.
Par la suite, sur le mont des Oliviers, Jésus a prophétisé à ses disciples : «
Vous serez tous scandalisés ; car il est écrit : Je frapperai le berger, et les
brebis seront dispersées. » Là encore, Pierre a répondu : « Quand tous seraient
scandalisés, je ne serais pas scandalisé. » Le Maître a alors prononcé gravement
la prophétie suivante : « Je te le dis, en vérité, toi, aujourd'hui, cette nuit
même, avant que le coq chante deux fois, tu me renieras trois fois. » A cela,
Pierre a répondu avec plus d'agitation : « Quand il me faudrait mourir avec toi,
je ne te renierai pas3. »
L'un des passages que je trouve les plus poignants décrit ce qui s'est passé
ensuite. Cela rappelle en peu de mots à chacun de nous qu'il ne suffit pas de
savoir faire le bien, ni même de souhaiter ardemment le faire. Il est souvent
très difficile de faire vraiment ce que nous savons clairement être notre
devoir. Nous lisons :
« Une servante, qui le vit [Pierre]. . . dit : Cet homme était aussi avec lui.
Mais il nia, disant : Femme, je ne le connais pas. . . Un autre, l'ayant vu, dit
: Tu es aussi de ces gens-là. Et Pierre dit : Homme, je n'en suis pas. . . Un
autre insistait, disant : Certainement cet homme était aussi avec lui. . .
Pierre répondit : Homme, je ne sais ce que tu dis. Au même instant, comme il
parlait encore, le coq chanta. Le Seigneur, s'étant retourné, regarda Pierre. Et
Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite. . . Et étant
sorti, il pleura amèrement4. »
Aussi pénible qu'ait pu être pour Pierre la confirmation de la prophétie, sa vie
a commencé à changer à jamais. Il est devenu ce serviteur résolu, solide comme
le roc, qui était essentiel au plan du Père après la crucifixion et la
résurrection du Sauveur. Ce passage émouvant illustre également combien le
Sauveur aimait Pierre. Traversant une épreuve écrasante, et avec tout le poids
de ce qui devait reposer sur ses épaules, le Christ s'est pourtant retourné pour
regarder Pierre : l'amour de l'Instructeur est passé sur l'un de ses disciples
bien-aimés, lui donnant le courage et la lumière nécessaires dans les moments de
besoin. Pierre s'est ensuite élevé à la pleine stature de son appel. Il a
enseigné avec puissance et un témoignage inébranlable malgré les menaces,
l'emprisonnement et les coups. Il était réellement converti.
On utilise parfois le motconvertipour dire qu'une personne sincère décide de se
faire baptiser. Cependant, dans son acception correcte, le motconversionsignifie
beaucoup plus que cela, pour le nouveau converti, ainsi que pour le membre de
longue date. Avec la clarté et la précision doctrinale qui le caractérisaient,
Marion G. Romney a expliqué ce qu'était la conversion en ces termes :
« La conversion est le passage d'une religion à une autre ou d'un comportement à
un autre. La conversion est un changement spirituel et moral. Ce mot. . .
implique généralement autre chose que l'acceptation mentale de Jésus et de ses
enseignements ; c'est aussi une foi stimulante en lui et en son Évangile, une
foi qui provoque une transformation, un changement réel dans la façon dont la
personne comprend la vie et dans son obéissance à Dieu, un changement d'intérêt,
d'idée et de conduite. . . Chez la personne totalement convertie, le désir des
choses contraires à l'Évangile de Jésus-Christ s'est éteint ; il est remplacé
par l'amour de Dieu, joint à une ferme détermination. . . de garder ses
commandements. »
Pour être converti, vous devez vous rappeler d'appliquer diligemment dans votre
vie « l'amour de Dieu, joint à une ferme détermination de garder ses
commandements ». Votre bonheur actuel et éternel dépend de votre degré de
conversion et de la transformation qu'elle apporte dans votre vie. Comment
pouvez-vous être réellement convertis ? Le président Romney décrit les étapes à
suivre :
« Être membre de l'Église n'est pas nécessairement synonyme d'être converti. La
conversion et le témoignage ne sont pas nécessairement identiques non plus. Le
témoignage vient lorsque le Saint-Esprit témoigne de la vérité à quelqu'un qui
la recherche sincèrement. Un témoignage efficace renforce la foi. Il implique le
repentir et l'obéissance aux commandements. La conversion est le fruit ou la
récompense du repentir et de l'obéissance5. »
Pour parler simplement, la vraie conversion est le fruit delafoi, du repentir et
de l'obéissance en tout temps. La foi vient du fait d'écouter la parole de
Dieu6et de l'appliquer. Vous recevrez du Saint-Esprit, en confirmation, le
témoignage des choses que vous acceptez par la foi en étant disposé à les
faire7. Vous serez conduits àvous repentirde vos erreurs qui sont le résultat de
ce que vous avez fait de mal ou de ce que vous n'avez pas fait de bien. En
conséquence, vous serez davantage capables d'obéir de manière durable. Ce
cyclede la foi, du repentir et de l'obéissancedurable vous amènera à une plus
grande conversion et aux bénédictions qui l'accompagnent. La vraie conversion
vous fortifiera dans votre détermination de faire ce que vous savez devoir faire
et de le faire quand vous le devez, quelles que soient les circonstances.
On croit généralement que la parabole du semeur, enseignée par Jésus, décrit les
différentes manières dont diverses personnes reçoivent la parole du Seigneur
quand elle est prêchée. Imaginez un instant que cette même parabole s'applique
peut-être à vous dans diverses circonstances de la vie, lorsque vous rencontrez
des difficultés ou subissez de fortes influences. La parole, les enseignements
du Sauveur, peuvent vous parvenir de nombreuses manières : par l'exemple des
autres, par vos prières, par votre méditation sur les Écritures ou par la
direction du Saint-Esprit. Tandis que je répète les explications que Jésus a
données à ses disciples sur la parabole du semeur, réfléchissez à votre vie.
Constatez qu'il y a des moments où les enseignements corrects trouvent en vous
des conditions qui ne vous permettent pas de les recevoir ; et les fruits promis
que sont le bonheur, la paix et la progression sont donc perdus.
« Le semeur sème la parole. [Une partie est semée] le long du chemin ; quand
[les gens] l'ont entendue, aussitôt Satan vient et enlève la parole qui a été
semée en eux. »
Cela pourrait-il vous arriver à vous, dans un environnement mauvais, avec de
mauvais amis ?
« [Une partie est semée] dans les endroits pierreux ; quand [les gens] entendent
la parole, ils la reçoivent d'abord avec joie. Mais ils n'ont pas de racine en
eux-mêmes, ils manquent de persistance, et, dès que survient une tribulation ou
une persécution à cause de la parole, ils y trouvent une occasion de chute. »
Vous êtes-vous déjà trouvé dans des situations où quelqu'un vous a proposé
quelque chose d'incorrect et que vous n'avez rien fait pour y résister ?
« [Certains] reçoivent la semence parmi les épines ; ce sont ceux qui entendent
la parole, mais en qui les soucis du siècle. . . et l'invasion des autres
convoitises, étouffent la parole, et la rendent infructueuse. »
Avez-vous parfois voulu tellement quelque chose que cela a justifié pour vous de
faire une incartade à vos principes ?
« [Certains] reçoivent la semence dans la bonne terre ; ce sont ceux qui
entendent la parole, la reçoivent, et portent du fruit, trente, soixante, et
cent pour un8. »
Je sais que c'est ainsi que vous voulez vivre. La mesure dans laquelle vous
respectez volontairement les enseignements du Sauveur détermine la quantité de
fruits et de bénédictions que vous récolterez dans la vie. Cette parabole montre
que votre vraie conversion, et donc le degré de plénitude des bénédictions que
vous accorde le Seigneur, dépend de votre degré d'obéissance sincère à ces
choses que vous savez devoir faire, de votre manière de résister aux excuses
pour faire autrement.
La vraie conversion produit le fruit d'un bonheur durable que l'on peut
ressentir même quand le monde est en effervescence et que la plupart des gens
sont tout sauf heureux. A propos d'un groupe de personnes en difficulté, le
Livre de Mormon déclare :
« Ils jeûnaient et priaient souvent, et devenaient de plus en plus forts dans
leur humilité, et de plus en plus fermes dans la foi au Christ, au point que
cela leur remplissait l'âme de joie et de consolation, oui, au point que cela
leur purifiait et leur sanctifiait le coeur, sanctification qui venait de ce
qu'ils avaient livré leur coeur à Dieu9. »
Le président Hinckley a déclaré que c'est la conversion véritable qui fait la
différence10.
Pour recevoir les bénédictions promises pour une vraie conversion, apportez
maintenant les changements que vous savez nécessaires dans votre vie. Le Sauveur
a dit : « N'allez-vous pas maintenant revenir à moi, et vous repentir de vos
péchés, et être convertis, afin que je vous guérisse ?. . . Si vous venez à moi,
vous aurez la vie éternelle11. »
Je témoigne que si vous priez pour être guidés, le Saint-Esprit vous aidera à
connaître les changements personnels que vous devez faire pour recevoir une
conversion complète. Le Seigneur peut alors vous bénir plus abondamment.
Votrefoien lui sera affermie, vous serez plus capables de vousrepentiret votre
capacité d'obéir durablementgrandira. Le Sauveur vit. Il vous aime. Si vous
faites de votre mieux, il vous aidera. Au nom de Jésus-Christ. Amen.
NOTES
1. Matthieu 17:3 ; 1 Rois 17:1 ; D&A 110:13.
2. Luc 22:31-32 ; italiques ajoutés.
3. Voir Marc 14:27,29-31.
4. Luc 22:56-62.
5. Conférence interrégionale au Guatemala, 1977, pp. 8-9.
6. Voir Romains 10:17 ; Joseph F. Smith,Doctrine de l'Évangile, 1982, p. 81.
7. Voir Éther 12:6.
8. Marc 4:14-20.
9. Hélaman 3:35.
10. Cité par W. Mack Lawrence, « Conversion et engagement »,L'Etoile,juillet
1996, p. 81.
11. 3 Néphi 9:13-14.
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