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POUR TON BIEN
Richard C. Edgley
Premier conseiller dans l'épiscopat président
C'est dans notre adversité que nous trouverons peut-être nos plus grandes
victoires, et le jour pourrait venir où, dans nos épreuves, nous parviendrons à
comprendre les paroles familières: «pour ton bien».
Il
y a quelque temps, j'ai reçu une lettre anonyme écrite par une mère au coeur
brisé, exprimant sa souffrance et son chagrin à cause d'un fils qui avait commis
des transgressions affligeantes, blessant gravement des êtres aimés innocents.
Depuis que j'ai reçu cette lettre et ressenti le désespoir qu'elle contenait,
j'éprouve le besoin de dire mon amour à cette personne et à d'autres qui vivent
des situations similaires, et d'essayer de donner un peu de réconfort et
d'espoir à ceux qui, dans la discrétion de l'anonymat, portent de lourds
fardeaux, souvent connus d'eux seuls et de notre Père céleste aimant.
Je sais, soeur anonyme, que ce que je vais dire ne sera qu'un rappel, mais aussi
un témoignage nouveau de ce que vous savez déjà.
Lorsque Joseph Smith, le prophète, subissant l'un de ses moments les plus
sombres, alors qu'il était confiné dans le cachot appelé prison de Liberty,
s'est écrié : « Ô Dieu, où es-tu ? » (D&A 121:1), le Seigneur l'a réconforté par
ces paroles : « Sache, mon fils, que toutes ces choses te donneront de
l'expérience et seront pour ton bien » (D&A 122:7). Il peut vraiment paraître
difficile et douloureusement inconcevable de découvrir ce qu'il y a de positif
dans nos tragédies et nos souffrances personnelles. Et les mots « pour ton bien
» peuvent alors sembler déplacés.
La compréhension du plan de rédemption du Christ nous aide cependant à tout
remettre en perspective. Alors que nous nous trouvions dans l'état prémortel,
notre Père céleste a présenté son plan pour la condition mortelle, plan qu'Alma
a décrit comme le « plan du bonheur » (Alma 42:8). Je crois qu'à ce moment-là,
nous avons tous compris qu'en venant sur terre nous serions confrontés à toutes
les expériences de la vie terrestre, y compris aux épreuves peu agréables du
chagrin, de la souffrance, du désespoir, du péché et de la mort. Il y aurait de
l'opposition et de l'adversité. Et si c'était là tout ce que nous connaissions
de ce plan, je doute que qui que ce soit parmi nous l'ait accepté avec joie. «
C'est ce dont j'ai toujours rêvé : le chagrin, la souffrance, le désespoir, le
péché et la mort. » Mais tout est devenu clair, acceptable et même désirable,
lorsqu'un Frère aîné s'est avancé et a offert de descendre tout arranger. Du
chagrin et de la souffrance, il ferait ressortir la paix. Au désespoir, il
apporterait l'espoir. A la transgression, il apporterait le repentir et le
pardon. De la mort, il tirerait la résurrection et la vie. Grâce à cette
explication et à cette offre si généreuse, chacun d'entre nous a conclu : « Ça,
je peux le faire. Ça vaut la peine de prendre le risque. » Nous avons donc
choisi.
Au chapitre 34 d'Alma, dans le Livre de Mormon, Amulek explique l'insondable
étendue de la miséricorde du Christ et de son expiation. Il dit qu'il doit y
avoir un « grand et dernier sacrifice » (Alma 34:10). Il démontre ensuite qu'il
ne peut pas s'agir d'un sacrifice d'animal ni d'oiseau, semblable à ceux que
l'homme connaissait déjà. Il fallait que ce soit le sacrifice d'un Dieu -
Jésus-Christ. Car ce sacrifice devait être infini et éternel. Ce sacrifice a
donc été fait, et, par la foi, nous nous retrouvons en train d'accomplir ce
voyage que nous appelons la condition mortelle. En conséquence, notre coeur est
attristé par la perte inexplicable d'un enfant, ou par la maladie ou l'infirmité
inattendue d'un être cher. Des parents seuls se démènent pour offrir à leur
famille la sécurité financière et l'influence rassurante de l'Évangile. Et le
plus difficile de tout est peut-être le chagrin éprouvé en assistant impuissant
à la souffrance d'un être cher, souffrance due au péché et à la transgression.
Il n'y en a que peu ou point, parmi nous, qui ne passent pas par le feu du
fondeur, celui de l'adversité et du désespoir, parfois aux yeux de tous, mais
souvent de façon discrète et cachée, dans la solitude. La plus grande partie du
chagrin, de la souffrance et des peines de coeur, nous ne les choisirions pas
aujourd'hui. Mais nous avons choisi. Nous avons choisi au moment où nous
pouvions voir l'ensemble du plan. Nous avons choisi quand nous avions la vision
claire de la façon dont le Sauveur viendrait à notre secours. Et je crois que,
si notre foi et notre compréhension étaient aussi claires aujourd'hui qu'elles
l'étaient lorsque nous avons fait ce choix, nous ferions le même.
L'objectif consiste donc peut-être à avoir, pendant les périodes difficiles, la
foi que nous avions au moment de notre premier choix. La foi qui transforme les
interrogations et même la colère en une reconnaissance du pouvoir, des
bénédictions et de l'espoir qui ne viennent que de Celui qui est source de tout
pouvoir, de toute bénédiction et de tout espoir. La foi qui amène la
connaissance et l'assurance que toutes nos expériences font partie du plan de
l'Évangile et que, pour le juste, tout ce qui semble faux sera finalement rendu
juste. La paix et la compréhension permettant de supporter avec dignité et de
comprendre le but peuvent être une douce récompense. Cette foi peut nous aider à
voir le bien, même quand le chemin de la vie semble parsemé d'épines, de ronces
et de pierres coupantes.
Un jour que Jésus et ses disciples avaient rencontré un homme aveugle de
naissance, ses disciples lui demandèrent : « Maître, qui a péché, cet homme ou
ses parents, pour qu'il soit né aveugle ? Jésus répondit : Ce n'est pas que lui
ou ses parents aient péché ; mais c'est afin que lesoeuvres de Dieu soient
manifestées en lui » (Jean 9:2-3).
Je ne crois pas que notre Père céleste provoque les tragédies qui nous brisent
le coeur. Mais, de même que « lesoeuvres de Dieu » ont été manifestées dans la
guérison d'un aveugle, de même, la façon dont nous affrontons nos épreuves
personnelles peut être une manifestation des «oeuvres de Dieu ».
Au milieu de notre chagrin, nous pourrions rechercher la douceur et le bien qui
sont souvent associés à notre problème particulier. Nous pouvons rechercher ces
moments mémorables qui sont fréquemment cachés par le chagrin et par l'angoisse.
Nous pouvons trouver la paix en tendant la main aux autres, en nous servant de
nos propres expériences pour offrir espoir et réconfort. Et nous pouvons
toujours nous souvenir avec dignité et gratitude de celui qui a le plus souffert
pour que tout s'arrange pour nous. Ce faisant, nous pouvons avoir davantage de
force pour supporter nos fardeaux avec quiétude. Alors, les «oeuvres de Dieu »
peuvent être manifestées.
Parlant de l'expiation du Christ, j'aime la définition du dictionnaire, qui la
qualifie d'infinieet d'éternelle, parce que je crois que cela explique
exactement l'intention divine.Infini: « Qui n'a pas de bornes, de limites. » Et
la définition d'éternel : « Qui n'a pas eu de commencement et n'aura pas de fin.
»
Voyez-vous, soeur anonyme ? Cela veut dire que l'Expiation est valable pour vous
dans votre souffrance. C'est une chose personnelle, car le Christ connaît
intimement vos épreuves et vos chagrins, puisqu'il les a déjà soufferts. Cela
veut dire qu'il peut toujours y avoir un nouveau départ, pour chacun de nous -
même pour un fils qui a commis de graves transgressions. Cela veut dire que,
lorsque nous avançons à travers les épreuves et les tribulations de la vie,
entravés par des sentiments d'impuissance, nous ne devons pas nous concentrer
sur l'endroit par où nous sommes passés, mais sur celui où nous allons. Nous ne
devons pas voir ce qui a été, mais ce qui peut être.
Bien sûr, la plupart d'entre nous préféreraient apprendre les dures leçons de la
vie dans le confort sûr d'une classe d'École du Dimanche ou dans une douce
chaleur, au coin du feu, pendant une soirée familiale. Mais je vous ferai
remarquer que c'est des coins sombres et froids de la prison de Liberty que sont
sorties quelques-uns des passages des Écritures les plus beaux et les plus
réconfortants qui aient été donnés à l'homme. Ils se terminent par les mots : «
Toutes ces choses te donneront de l'expérience et seront pour ton bien. » De
même, c'est dans notre adversité que nous trouverons peut-être nos plus grandes
victoires, et le jour pourrait venir où, dans nos épreuves, nous parviendrons à
comprendre les paroles familières : « pour ton bien ».
Dans les Écritures, nous apprenons que lorsque le Sauveur s'est rendu dans le
jardin de Gethsémané pour payer le prix ultime de nos transgressions et de nos
souffrances, il a saigné par chaque pore (voir D&A 19). Je crois, soeur anonyme,
que dans son atroce souffrance, il a versé une goutte de sang pour vous. Il a
versé une goutte de sang pour votre fils, et une autre pour moi.
Je crois en la prière. Je crois en la foi. Je crois au repentir. Je crois au
pouvoir de la rédemption. Et, oui, soeur anonyme, je crois en vous. Et notre
Père céleste aussi. Au nom de Jésus-Christ. Amen.
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