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NOUS MARCHONS PAR LA FOI
Gordon B. Hinckley
Président de l'Église
Nous nous dirigeons vers l'inconnu, mais la foi éclaire le chemin. Si nous
cultivons cette foi, nous ne marcherons jamais dans les ténèbres.
D'où
nous vous parlons, nous commençons une très belle journée de Sabbat d'avril. Les
tulipes sont bien hautes et s'ouvriront bientôt d'un seul coup. Dans l'hiver de
notre doute, l'espoir du printemps est apparu. Nous savions que le printemps
arriverait. Notre foi était fondée sur l'expérience des années précédentes.
Il en va de même pour les choses spirituelles. À mesure que l'on vit sa vie, on
rencontre des sombres saisons de doute, de découragement et de désillusion. Dans
de telles situations, quelques personnes regardent l'avenir avec la lumière de
la foi, tandis que beaucoup trébuchent dans le noir ou même se perdent.
Ce matin, je voudrais vous inviter à avoir la foi, cette foi qui est «
l'assurance des choses qu'on espère, la démonstration de celles qu'on ne voit
pas » (Hébreux 11:1), comme la décrit Paul.
Lorsqu'une personne se convertit à l'Église, elle entend un peu parler de
l'Église. Peut-être a-t-elle fait quelques lectures au sujet de l'Église. Mais
elle ne comprend pas toutes les merveilles que l'Église contient, et elle ne
peut pas tout comprendre. Mais si cette personne recherche sérieusement la
vérité, si elle est disposée à se mettre à genoux pour prier à ce sujet,
l'Esprit touche son coeur, peut-être presque imperceptiblement. L'Esprit lui
montre la bonne direction. Elle voit une partie de ce qu'elle n'avait jamais vu
auparavant. Et, qu'elle en soit consciente ou non, elle fait prudemment quelques
pas en avant, grâce à la foi. Puis, un nouvel horizon, plus clair, s'ouvre
devant elle.
Il y a longtemps, je travaillais pour l'une de nos compagnies ferroviaires dont
les trains filaient à travers les cols de ces montagnes de l'Ouest. Je prenais
souvent le train. A l'époque, les trains étaient tirés par des locomotives à
vapeur. Ces monstres sur rails étaient énormes, rapides et dangereux. Je me
demandais souvent comment le mécanicien trouvait le courage de faire de grands
trajets dans la nuit. Puis, je me suis rendu compte qu'il ne faisait pas un seul
grand trajet mais plutôt une suite de petits trajets. La locomotive avait un
puissant feu avant qui éclairait sur une distance de 300 à 500 mètres. Le
mécanicien ne voyait que cette distance et cela lui suffisait car la lumière
éclairait devant lui pendant toute la nuit, jusqu'aux premières lueurs du jour.
Le Seigneur a parlé de ce processus. Il a déclaré : « Ce qui n'édifie pas n'est
pas de Dieu et est ténèbres.
« Ce qui est de Dieu est lumière ; et celui qui reçoit la lumière et persévère
en Dieu reçoit davantage de lumière ; et cette lumière devient de plus en plus
brillante jusqu'au jour parfait » (D&A 50:23-24).
Il en va de même pour notre voyage éternel. Nous avançons pas à pas. Ce faisant,
nous nous dirigeons vers l'inconnu, mais la foi éclaire le chemin. Si nous
cultivons cette foi, nous ne marcherons jamais dans les ténèbres.
Je vais vous raconter l'histoire d'un homme de ma connaissance. Je ne dirai pas
son nom pour ne pas l'embarrasser. Sa femme avait l'impression qu'il manquait
quelque chose dans leur vie. Un jour, elle a parlé à une personne de sa famille
qui était membre de l'Église. Cette personne lui a suggéré d'appeler les
missionnaires. C'est ce qu'elle a fait. Mais son mari n'a pas été très poli avec
eux et leur a dit de ne pas revenir.
Les mois ont passé. Un jour, un autre missionnaire, ayant découvert que cette
visite avait été faite, a décidé que son compagnon et lui feraient une autre
tentative. Il était grand, venait de Californie et avait un sourire jusqu'aux
oreilles.
Ils ont frappé à la porte et l'homme leur a ouvert. Ils lui ont demandé s'ils
pouvaient entrer pour parler quelques minutes ? L'homme a accepté.
Le missionnaire a dit : « Je me demande si vous savez comment prier. » L'homme a
répondu qu'il connaissait le Notre Père. Le missionnaire a dit : « C'est très
bien, mais permettez-moi de vous dire comment faire une prière personnelle. » Il
a expliqué que nous nous agenouillons dans une attitude d'humilité devant le
Dieu des cieux. C'est ce que l'homme a fait. Le missionnaire a continué : « Nous
nous adressons à lui comme notre Père céleste. Nous le remercions ensuite des
nombreuses bénédictions qu'il nous donne, par exemple notre santé, nos amis,
notre nourriture. Puis nous lui demandons de nous accorder des bénédictions.
Nous exprimons nos espoirs et nos désirs les plus profonds. Nous lui demandons
de bénir les personnes qui sont en difficulté. Nous faisons tout cela au nom de
son Fils bien-aimé, le Seigneur Jésus-Christ et nous terminons par Ðamenð. »
Cela a été une bonne expérience pour cet homme. Il avait glané un peu de lumière
et de compréhension, une étincelle de foi. Il était près à essayer de faire un
autre pas en avant.
Ligne sur ligne, les missionnaires l'ont instruit avec patience. Il a agi en
conséquence, à mesure que sa foi augmentait jusqu'à devenir une petite lueur de
compréhension. Des amis de sa branche l'ont entouré pour le rassurer et répondre
à ses questions. Les hommes ont joué au tennis avec lui et l'ont invité, lui et
sa famille à dîner chez eux.
Il s'est fait baptiser, ce qui était un grand pas en avant et nécessitait
beaucoup de foi.
Le président de la branche lui a demandé d'être le chef scout de quatre garçons.
Cela l'a mené à d'autres responsabilités et la lumière de la foi a éclairé sa
vie à chaque nouvelle expérience.
Cela a continué. Aujourd'hui, c'est un président de pieu compétent et aimé, un
dirigeant qui possède une grande sagesse et une grande compréhension, et
surtout, un homme d'une grande foi.
Tous les membres de l'Église ont un défi à relever : celui de faire le pas
suivant, d'accepter la responsabilité à laquelle ils sont appelés, même s'ils ne
se sentent pas à la hauteur, et de le faire avec foi, ayant la certitude que le
Seigneur éclairera le chemin devant eux.
Je vais vous raconter une histoire au sujet de la dîme et de la foi. Il s'agit
d'une femme de Sao Paulo, au Brésil. Elle travaillait tout en faisant des études
pour mieux subvenir aux besoins de sa famille. Je la cite :
« À l'université où je faisais mes études, une règle interdisait aux étudiants
qui n'avaient pas payé l'université de passer des examens. Aussi, chaque fois
que je recevais mon salaire, je mettais de côté l'argent pour la dîme et les
offrandes, et j'utilisais le reste pour payer les droits d'inscription et les
autres dépenses.
« Je me souviens d'une période où j'ai. . . eu de grosses difficultés
financières. J'ai reçu mon salaire un jeudi. Lorsque j'ai calculé mon budget
pour le mois, je me suis aperçue que je n'aurais pas assez d'argent pour payer à
la fois ma dîme et mon université. Je devais choisir entre les deux. Les examens
bimestriels allaient commencer la semaine suivante et, si je ne m'y présentais
pas, je pouvais rater mon année. J'étais dans une grande détresse. . . J'étais
déchirée. J'avais un choix difficile à faire et je ne savais pas qu'elle
décision prendre. J'hésitais entre payer ma dîme et risquer de ne pas obtenir
assez de points pour réussir mon année.
« J'étais hantée par ce dilemme qui ne m'a pas quittée jusqu'au samedi. C'est
alors que je me suis souvenue que lorsque j'avais accepté de me faire baptiser,
j'avais consenti à obéir à la loi de la dîme. J'avais pris un engagement, non
envers les missionnaires, mais envers mon Père céleste. À ce moment-là, ma
crainte a commencé à disparaître et à laisser la place à un sentiment agréable
de tranquillité et de détermination. . .
« Ce soir-là, quand j'ai prié, j'ai demandé au Seigneur de me pardonner mon
hésitation. Le dimanche, avant le début de la réunion de Sainte-Cène, je suis
allée voir l'évêque et je lui ai remis ma dîme et mes offrandes avec grand
plaisir. Cela a été une journée spéciale. J'étais heureuse et en paix avec
moi-même et avec mon Père céleste.
« Le lendemain, à mon bureau, j'ai essayé de trouver le moyen de passer les
examens qui commenceraient le mercredi suivant. Plus j'y réfléchissais, moins je
trouvais de solution. À l'époque, je travaillais dans un cabinet d'avocat et mon
employeur était l'homme le plus strict et le plus austère que j'eusse jamais
rencontré.
« La journée de travail allait se terminer lorsque mon patron est venu me voir
pour me donner les dernières directives de la journée. Après me les avoir
données, il a pris congé, son porte-document à la main. . . Soudain, il s'est
arrêté et m'a demandé en me regardant : ÐComment vont vos études ?ð J'étais
étonnée, je n'arrivais pas à croire ce que je venais d'entendre. Le seule chose
que j'ai pu répondre d'une voix tremblante a été : ÐTout va bien !ð Il m'a
regardée d'un air pensif puis a pris de nouveau congé. . .
« Soudain, la secrétaire est entrée dans le bureau en disant que j'avais
vraiment de la chance ! Je lui ai demandé pourquoi et elle a simplement répondu
: ÐLe patron vient de me dire qu'à partir de maintenant, la société va
entièrement payer le coût de votre université et de vos fournitures. Avant de
partir, passez à mon bureau pour m'indiquer le montant de vos frais, pour que je
vous donne le chèque demain.ð
« Après son départ, je me suis agenouillée à l'endroit même où j'étais, en
pleurant, bouleversée. J'ai remercié le Seigneur de sa générosité. J'ai. . . dit
à mon Père céleste qu'il n'avait pas besoin de me bénir autant. J'avais
seulement besoin du montant d'un versement mensuel et la dîme que j'avais payée
le dimanche était bien petite comparée à la somme que j'allais recevoir ! Alors
que je priais, les paroles qui se trouvent dans Malachie me sont venues à
l'esprit : ÐMettez-moi de la sorte à l'épreuve, dit l'Éternel des armées. Et
vous verrez si je n'ouvre pas pour vous les écluses du ciel, si je ne déverse
pas pour vous la bénédiction, au-delà de toute mesureð (Malachie 3:10). Jusque
là, je n'avais jamais ressenti la grandeur de la promesse contenue dans ce
verset et je ne m'étais jamais rendu compte que ce commandement est vraiment une
preuve de l'amour que Dieu, notre Père céleste, donne à ses enfants ici-bas. »
La foi est le moteur qui donne de la puissance à cetteoeuvre. On peut le voir
clairement partout où l'Église est établie, dans ce vaste monde. La foi n'est
pas limitée à un seul pays, à une seule nation, à une seule langue ou à un seul
peuple. On la trouve partout. Nous sommes un peuple de foi. Nous marchons par la
foi. Nous avançons dans notre voyage éternel, pas à pas.
La promesse que le Seigneur a faite aux fidèles du monde entier est grande. Il a
dit :
« Moi, le Seigneur, je suis miséricordieux et bienveillant envers ceux qui me
craignent et me réjouis d'honorer ceux qui me servent en justice et en vérité
jusqu'à la fin.
« Grande sera leur récompense et éternelle leur gloire.
« Et c'est à eux que je révélerai tous les mystères, oui, tous les mystères
cachés de mon royaume depuis les temps anciens, et, pendant les temps à venir. .
.
« Oui, ils connaîtront les merveilles de l'éternité. . .
« Leur sagesse sera grande, et leur intelligence atteindra le ciel ; et devant
eux la sagesse des sages périra, et l'intelligence des hommes intelligents sera
réduite à néant.
« Car je les éclairerai par mon Esprit et je leur ferai connaître, par ma
puissance, les secrets de ma volonté, oui, les choses que l'oeil n'a point vues,
que l'oreille n'a point entendues, et qui ne sont point montées au coeur de
l'homme » (D&A 76:5-10).
Que pourrait-on demander de plus ? L'oeuvre dans laquelle nous sommes engagés
est glorieuse. Les voies du Tout-Puissant sont merveilleuses lorsque nous
avançons avec foi devant lui.
La foi d'un ami de l'Église est semblable à un morceau de bois vert que l'on
jette dans le feu. Réchauffé par les flammes, il sèche et commence à brûler.
Mais si on le retire du feu, il ne peut pas brûler de lui-même. Sa flamme
vacillante meurt. Cependant, si on le laisse dans le feu, il commence peu à peu
à brûler et à donner de la lumière. Bientôt, il fait partie du feu ardent et
pourra éclairer d'autres morceaux de bois plus verts.
Il en est ainsi, mes frères et soeurs, de cette grandeoeuvre de foi, qui apporte
aux gens du monde entier une meilleure compréhension des voies du Seigneur et un
plus grand bonheur à suivre son exemple.
Je prie humblement pour que Dieu, notre Père éternel, continue d'être satisfait
de ce royaume et lui permette d'avancer, à mesure que nous, ses enfants,
avançons avec foi. Au nom de Jésus-Christ. Amen.
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