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CLASSIQUES DU LIAHONA
FRERE, ILS VOUS AIMERONT
par LeGrand Richards (1886-1983)
Lorsque j'étais jeune homme, avant même d'être ordonné diacre, je suis allé à
une de nos réunions de paroisse, et des missionnaires ont fait rapport de leur
mission dans les États du Sud. Quand j'ai quitté cette réunion, il m'a semblé
que je pourrais me rendre dans n'importe quel champ de mission du monde si l'on
m’y appelait.
Je suis rentré chez moi, je suis allé dans ma chambre, je me suis mis à genoux
et j'ai demandé au Seigneur de m'aider à vivre de façon à pouvoir aller en
mission lorsque j'en aurais l'âge. Et quand le train a finalement quitté la gare
de Salt Lake City et que je me suis trouvé en route pour la Hollande, la
dernière chose que j'ai dite à mes proches a été : « C'est le plus beau jour de
ma vie. »
AMOUR POUR LES MISSIONNAIRES
Avant mon départ en mission, Anthon H. Lund (1844-1921), qui était alors
conseiller dans la Première Présidence de l'Église, s'est adressé à nous,
missionnaires, et a dit : « Les gens vous aimeront... Ils vous aimeront pour ce
que vous leur apportez. » Je ne l'ai pas compris à ce moment-là mais, avant de
quitter la Hollande, je suis allé dire au revoir aux saints et aux convertis que
j'avais amenés dans l'Eglise et j'ai versé beaucoup plus de larmes que lorsque
j'avais dit au revoir à mes proches au pays.
Par exemple, à Amsterdam, je suis allé dans une maison où j'avais été le premier
missionnaire à entrer, et la mère, en me regardant dans les yeux, le visage
baigné de larmes, m'a dit : « Frère Richards, cela a été dur de voir ma fille
partir pour Sion il y a quelques mois, mais il est beaucoup plus dur de vous
voir partir. » Alors il m'a semblé comprendre ce que le président Lund voulait
dire quand il a déclaré : « Ils vous aimeront. »
Je suis allé dire au revoir à un homme. Il se tenait tout droit dans l'uniforme
de son pays. Il s'est mis à genoux, a pris ma main dans la sienne, l'a serrée,
l'a embrassée et l'a baignée de ses larmes. Alors il m'a semblé comprendre ce
que le président Lund voulait dire.
LA JOIE DE FAIRE UNE MISSION
J'ai beaucoup travaillé avec les missionnaires. J'ai fait quatre missions, j'en
ai présidé deux, et j'ai visité beaucoup de missions. J'aime entendre les jeunes
missionnaires rendre leur témoignage. Par exemple, lors de notre réunion de
témoignages, en Oregon, un jeune homme a dit qu'il n'y a pas une seule société
en ce monde qui pourrait lui offrir un salaire suffisant pour l'inciter à
quitter son activité missionnaire.
J'ai reçu ici une lettre d'un missionnaire d'Idaho. Il écrit ceci :
« Il n'est pas d'oeuvre plus grande que l'oeuvre missionnaire... Ma vie est
consacrée à servir le Seigneur. Mon coeur déborde tout comme les larmes de joie
qui coulent maintenant de mes yeux. Il n'est rien de si merveilleux, rien, que
de goûter la joie et le succès des efforts missionnaires. »
Après tout le service missionnaire que j'ai fait, je ne voudrais pas élever un
fils qui n'aille pas en mission, pour son propre bien et parce que je pense que
nous devons au monde de lui faire connaître les vérités de l'Évangile.
Tiré d'un discours de la conférence générale d'octobre 1978.
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