LES SAINTS DES DERNIERS JOURS NOUS PARLENT
« LA FORCE DE l’EGLISE »

Parlant d'un jeune homme qui s'était repenti et était devenu un fidèle et bon membre de l'Église, le président Hinckley a dit : « N'est-ce pas là la raison d'être de l'oeuvre ? Le Sauveur a dit : ‘Je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu'elles soient dans l'abondance.’ (Jean 10:10). Sans une grande abondance des choses de ce monde, ces gens, mes amis, vivent dans l'abondance. Ce sont des gens comme cela qui font la force de l'Église. Ils ont, dans le coeur, la conviction discrète et ferme que Dieu vit et que nous sommes responsables vis-à-vis de lui, que Jésus est le Christ, le chemin, la vérité et la vie (voir Jean 14:6) ; que cette oeuvre est leur oeuvre, qu'elle est vraie, et que la joie, la paix et la guérison viennent de ce que l'on marche dans l'obéissance aux commandements de Dieu (voir D&A 89:18), comme l'expliquent les enseignements de l'Eglise » (voir ce numéro, pp. 6-7). Comme les histoires suivantes l'illustrent, la force de l’Église est en fait constituée par les membres fidèles de l’Église qui s'efforcent de ressembler davantage au Sauveur. La grande oeuvre qu'est l'Église va de l'avant grâce aux membres qui vivent l'Évangile, montrant le bon exemple d'une vie chrétienne à leurs amis et voisins.

LE PROPHETE DU SEIGNEUR
par Maria Sonia P. Antiquena

Il était 15 heures le 30 mai 1996, lorsque mon amie Lorna et moi avons commencé notre voyage pour aller à Cebu, île des Philippines. Gordon B. Hinckley allait prendre la parole au cours d'une veillée le lendemain soir. Un side-car nous a emmenées au port où nous devions, avec beaucoup d'autres membres du pieu de Lloilo prendre un bateau pour Cebu. Mon amie et moi savions que toutes les difficultés que nous pourrions avoir durant notre voyage en vaudraient la peine, car nous verrions le prophète.

Lorsque nous sommes arrivées au port, il s'est mis à pleuvoir à verse. Est-ce qu'un typhon allait gâcher notre voyage et nous empêcher de voir le prophète ? « Première épreuve », m'a murmuré Lorna. Mais le reste de la journée nous a fait oublier le ciel nuageux. La joie des autres membres était contagieuse, et nous avions du mal à croire que nous allions bientôt entendre le porte-parole du Seigneur.

Mais notre voyage n'a pas été sans contrariété. Lorna et moi avons été déçues de nous apercevoir qu'il n'y avait pas d'eau pour se laver à bord. « Deuxième épreuve », ai-je songé. Par la suite, nous avons eu d'autres mauvaises nouvelles : Comme il y
avait énormément de monde, nous avons dû laisser nos valises empilées dans le couloir. Mais nous sommes restées positives.

Le lendemain après l'arrivée de notre bateau à quai, nous avons fait la queue pour prendre l'un des autocars qui devaient nous emmener au Coliseum où le président Hinckley devait prononcer un discours. Nous sommes restées interloquées quand nous avons vu que le dernier autocar était plein. Lorna m'a lancé un regard qui voulait dire : « Une épreuve de plus ? » Mais nous n'avons pas abandonné. Nous avons appelé un taxi qui nous a emmenées.

Lorsque nous sommes arrivées au Coliseum, il y avait tellement de monde que je me suis demandée si nous allions arriver à y entrer. Nous commencions à nous décourager. « Nous ferions peut-être mieux de retourner au bateau et d'y attendre les autres », m'a suggéré Lorna.

Malgré mes doutes, je lui ai répondu d'une voix déterminée: « A moins d'y entrer maintenant, nous ne verrons peut-être jamais le prophète. » Sur ce, nous avons avancé résolument dans la foule. Dans la grande salle, il faisait si chaud et l'air était si oppressant que j'ai eu l'impression que j'allais étouffer. Mais nous avons finalement trouvé deux sièges côte à côte au balcon, et nous nous sommes assises pour attendre dans la chaleur torride.

Puis, j'ai enfin vu le président et soeur Hinckley entrer dans la salle avec Joseph B. Wirthlin, du Collège des douze apôtres, et sa femme, Elisa. Tout à coup, mes soucis et mes frustrations, et même la sensation de chaleur environnante, se sont évanouis. Toute l'assemblée s'est levée et s'est mise à chanter « Seigneur, merci pour le prophète qui nous guide en ces derniers jours » (Cantiques, n° 10). Mes yeux se sont emplis de larmes. Auparavant j'avais seulement lu les paroles du prophète dans les magazines et les livres de l'Église. Maintenant, je le voyais de mes propres yeux.

En regardant autour de moi, j'ai vu que tout le monde était touché par le même esprit. Les hommes et les femmes qui m'entouraient s'essuyaient les yeux.

En entendant parler le président Hinckley, tout mon être s'est rempli de la douce assurance qu'il était réellement le prophète actuel de Dieu. Une Écriture m'est venue à l'Esprit : « Ce que moi, le Seigneur, ai dit, je l'ai dit, et je ne m'en excuse pas ; et même si les cieux et la terre passent, ma parole ne passera pas, mais s'accomplira entièrement, que ce soit par ma voix ou par la voix de mes serviteurs, c'est la même chose » (D&A 1:38).

A ce moment, mon témoignage de l'Église, du Seigneur Jésus-Christ et de son prophète a été fortifié par l'Esprit. Je suis reconnaissante d'avoir eu la chance de voir le prophète du Seigneur et de ressentir la puissance de son témoignage. En fait, cela a été la plus grande bénédiction et la plus belle expérience de ma vie.

Maria Sonia P. Antiquena est membre dé la première paroisse de Lloilo City, pieu de Lloilo (Philippines).

« APPELEZ-MOI SIMPLEMENT FRERE »
par José Bataller Sala

Le soleil matinal d'avril teintait chaque détail du bâtiment de couleur crème, spacieux et moderne. Il était entouré de pelouses et ressemblait à une école. Nous sommes entrés, des catalogues de produits d'entretien de tapis sous les bras.

Erika, ma fiancée, m'aidait à faire du démarchage ; nous essayions de trouver de nouveaux clients pour la société que je représentais. Les talons de nos chaussures, usés par la marche, résonnaient sur le sol de briques rouges. En avançant dans le couloir, nous nous sommes tous les deux rendu compte que ce bâtiment était une église. Nous avons continué avec précaution parce que nous ne savions pas quelles coutumes ou règles s'appliquaient en cet endroit.

Je me demandais s'il y avait dans cette église des tapis rouges comme ceux que j'avais parfois vus utilisés pour les mariages. Mais tout, dans ce bâtiment, était simple mais élégant.

Nous avons été accueillis par un groupe d'enfants et de jeunes gens amicaux, et Erika leur a demandé qui nous devions voir.

« Robert Vazquez », a répondu un jeune garçon. « Je vais vous le chercher. »

J'ai jeté un coup d'oeil à Erika et je lui ai dit à voix basse que s'ils essayaient de nous convertir, nous dirions que nous avons un autre rendez-vous et nous partirions vite chez elle.

La religion de mes parents me satisfaisait complètement. Je n'étais pas très pratiquant mais je n'étais pas non plus une brebis galeuse. Je faisais partie des petits agneaux irréguliers qui vont à l'église de temps en temps. Mais les sermons, l'étude de la Bible et les leçons de morale m'avaient convaincu de l'existence d'un Père céleste aimant, de son Fils Jésus-Christ qui a expié nos péchés, et du Saint-Esprit. On m'avait enseigné les commandements et les ordonnances. je savais aussi qu'en tant qu'êtres mortels nous étions incontestablement imparfaits.

J'étais contre le fait de donner de l'argent pour obtenir le pardon des péchés, contre le culte des idoles et contre tous les autres préceptes et superstitions non fondés sur l'amour et la justice de Dieu. On m'avait appris a prier et à adorer Dieu sans l'intervention de saints. Je croyais à l'amour, à l'humilité, au service, au danger de juger les autres et au pouvoir guérisseur du pardon. Je connaissais beaucoup de membres de mon Église qui étaient vertueux, justes et il me semblait tout simplement impossible de m'intéresser à une autre religion.

En tenant la main d'Erika, je suis arrivé dans ce qui semblait être une salle de classe. Là j'ai rencontré M. Vazquez.

« Comment dois-je vous appeler ? Père ? Révérend ? Pasteur ? » lui ai-je demandé.

« Appelez-moi simplement frère », a-t-il répondu. Il nous a invités à revenir pour les services de culte le lendemain, et j'ai été surpris de m'entendre accepter son invitation.

Le lendemain, Erika et moi sommes allés à un cours de l'École du Dimanche. Nous avons entendu des noms comme Néphi, Moroni et Hélaman. J'avais l'impression d'être dans un pays étranger sans interprète. Néanmoins, Erika et moi avions le sentiment que les idées que nous entendions nous étaient familières. Elles semblaient semblables à celles de la Bible. Alors j'ai osé lever la main, me lever et affirmer que Jésus-Christ était notre plus grand exemple d'humilité parce qu'il s'était toujours soumis à la volonté du Père. Jorge Montoya, notre instructeur, a acquiescé à ce que j'ai dit.

Cela m'a surpris. Quel genre d'Église était-ce où même un non croyant, ce que je pensais être aux yeux des membres de cette Église, pouvait parler et avoir l'accord de l'instructeur ?

Alors j'ai continué d'y aller. On m'a donné un Livre de Mormon, et je l'ai lu en une semaine. J'en ai eu le témoignage, j'ai suivi les leçons missionnaires, et je me suis fait baptiser et confirmer le 3 mai 1996.

Le lendemain, j'avais l'impression d'avoir la tête entourée de lumière. J'étais vraiment heureux et j'ai fait de grands efforts pour aider des étrangers.

Le mois suivant, Erika et moi nous nous sommes mariés. Et le 29 septembre j'ai eu le bonheur de la baptiser. Un an après nous avons été scellés dans le temple de Mexico.

Ce qu'il y a de mieux, c'est que je n'ai jamais eu l'impression d'avoir à dévier du chemin que je parcourais dans ma religion précédente. La connaissance que j'avais était incluse et perfectionnée par la véritable Église de Jésus-Christ. Ma conversion a été comme de passer de la lumière d'une journée nuageuse à la lumière plus brillante d'une journée ensoleillée, comme lorsqu'on rame dans un bateau et que quelqu'un met le moteur en marche.

Je me suis rendu compte qu'il y a beaucoup de personnes justes, bonnes et saintes dans d'autres religions. Bien qu'elles n'aient pas la compagnie constante du Saint-Esprit, elles sont éclairées par la lumière du Christ. Je me demande pourtant comment nous pouvons aider ces bonnes personnes à voir qu'à côté de la lumière excessivement brillante de Jésus-Christ, les lanternes, réverbères et bougies d'autres croyances manquent d'éclat. Il n'y a pas de plus grande vérité que la vérité pure, et la vérité pure englobe et perfectionne les vraies croyances de toutes les personnes bonnes partout dans le monde.

Je sais maintenant que l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers jours est la seule véritable Église qui contienne la plénitude de la vérité. Et je sais que Jésus-Christ a ouvert les bras et les portes de sa maison à tous ceux qui souhaitent le suivre.

Je n'ai pas vendu de service de nettoyage de tapis ce matin d'avril. En fait, je n'ai jamais vendu le moindre mètre carré de nettoyage de tapis à un membre de l'Église. Néanmoins, je suis sûr que, durant cette seule journée, j'ai gagné plus, des milliers de fois plus, que tout ce qu'on pourrait imaginer.

José Bataller Sala est membre de la paroisse d'Ermita, dans le pieu d'Ermita (Mexico, Mexique).

DES ŒUFS ET DE L’AMOUR EN CADEAU
par Claudia Waite Richards

J'habitais depuis quelques mois à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, quand la présidente de la Société de Secours de la branche m'a demandé si elle pouvait être mon instructrice visiteuse. Je me rends compte maintenant qu'elle avait attendu si longtemps avant de me rendre visite pour que je puisse avoir le temps d'apprendre un peu le français. A cette époque, notre famille était la seule famille américaine de la branche. Quelques femmes parlaient le français, mais la majorité parlaient le lingala, langue tribale. Bien qu'essayant de ne pas me désintéresser d'elles, je me sentais très différente des soeurs de ma branche.

La présidente de la Société de Secours était veuve et avait deux fils. Elle était toujours souriante ; elle avait un sourire magnifique. Lorsqu'elle est venue me rendre visite, elle était accompagnée par l'Esprit du Seigneur.

Après m'avoir dit bonjour, elle m'a demandé de prendre ma Bible en anglais. Elle parlait très lentement pour que je puisse comprendre son message. Nous avons lu dans sa Bible en français, puis dans la mienne en anglais, Éphésiens 2:19 : « Ainsi donc, vous n'êtes plus des étrangers, ni des gens du dehors ; mais vous êtes concitoyens des saints, gens de la maison de Dieu. »

J'ai souri en lisant le verset qu'elle avait choisi. Ma présidente de la Société de Secours avait compris les difficultés que j'avais.

Au moment de partir, cette gentille soeur m'a fait cadeau de dix oeufs. Je savais que c'était un sacrifice pour elle. Je me sentais coupable d'accepter les oeufs et j'ai essayé de refuser. Mais je lisais dans son regard qu'ils étaient donnés avec amour.

J'ai accepté les oeufs, et nous avons été environnées de l'amour qu'elle avait apporté. Cet amour a rempli la maison et a tout éclairé. Après avoir prié avec elle, je l'ai regardée partir, sa petite silhouette gracieuse drapée dans un tissu africain. Je ne me suis plus sentie étrangère, mais chez moi avec les saints de Dieu.

Claudia Waite Richards est membre de la branche de Kuala Lumpur, district de Kuala Lumpur (Malaysie).
 

 

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