|
LA DIME, MISE A L'EPREUVE DE
LA FOI ACCOMPAGNEE DE BENEDICTIONS ETERNELLES
Robert
D. Hales
du Collège des douze apôtres
Payez
votre dîme. Déverrouillez les écluses des cieux. Vous serez abondamment bénis
pour votre obéissance et votre fidélité aux lois et aux commandements du
Seigneur.
La dîme est une mise à l'épreuve de la foi accompagnée de bénédictions
éternelles1. Dans l'Ancien Testament, Abraham a démontré sa foi en payant la
dîme au grand sacrificateur Melchisédek2. Le petit-fils d'Abraham, Jacob, promit
au Seigneur : « Je te donnerai la dîme de tout ce que tu me donneras3. »
La dîme a été instaurée en ces derniers jours comme loi essentielle pour les
membres de l'Église rétablie du Seigneur. C'est l'une des manières fondamentales
dont nous prouvons notre foi en lui et notre obéissance à ses lois et à ses
commandements. La dîme est l'un des commandements qui nous qualifient, par notre
foi, pour entrer dans le temple, la maison du Seigneur.
Juste trois mois après le martyre de Joseph Smith, le prophète, au moment où les
saints construisaient le temple de Nauvoo, Brigham Young écrivit de la part du
Collège des douze apôtres : « Commencez à obéir constamment et régulièrement à
la loi de la dîme, puis rendez-vous à la maison du Seigneur et soyez instruits
de ses voies et marchez dans ses sentiers4. »
L'observance stricte de la loi de la dîme non seulement nous qualifie pour
recevoir les ordonnances salvatrices suprêmes du temple, mais elle nous permet
également de les recevoir en faveur de nos ancêtres. Quand on lui demanda si les
membres de l'Église pouvaient être baptisés pour les morts s'ils n'avaient pas
payé la dîme, John Taylor, alors membre du Collège des Douze, répondit : « Un
homme qui n'a pas payé sa dîme est indigne d'être baptisé pour ses morts. . . Si
un homme n'a pas suffisamment de foi pour s'acquitter de ces petites choses, il
n'en a pas suffisamment pour se sauver soi-même ni pour sauver ses amis5. »
La dîme fait grandir et met à l'épreuve notre foi. En sacrifiant au Seigneur ce
dont nous pensons avoir besoin ou ce que nous voulons pour nous-mêmes, nous
apprenons à nous reposer sur lui. Notre foi en lui nous permet de respecter les
alliances du temple et de recevoir les bénédictions éternelles du temple. Sarah
Rich, pionnière, femme de Charles C. Rich, écrivit dans son journal, après avoir
quitté Nauvoo : « Nous avons reçu de nombreuses bénédictions dans la maison du
Seigneur ; elles nous ont apporté de la joie et du réconfort au milieu de tous
nos chagrins et nous ont permis d'avoir foi en Dieu, sachant qu'il nous
guiderait et nous soutiendrait au cours du voyage dans l'inconnu qui nous
attendait6. »
Comme pour les pionniers, l'obéissance dans le paiement de la dîme fortifie
notre foi, et cette foi nous soutient dans les épreuves, les tribulations et les
chagrins du voyage de la vie.
La dîme nous apprend aussi à maîtriser nos désirs et nos passions pour les
choses de ce monde. Le paiement de la dîme nous incite à être honnêtes dans nos
rapports avec nos semblables. Nous apprenons à avoir la confiance que ce qui
nous a été donné, par les bénédictions du Seigneur et nos efforts diligents, est
suffisant pour nos besoins.
La dîme a un but particulier, en tant que loi préparatoire. Au début de cette
dispensation, le Seigneur a commandé à certains membres de l'Église de vivre la
loi supérieure de consécration, loi reçue par alliance. Quand cette alliance n'a
pas été respectée, de grandes tribulations se sont abattues sur les saints7. Par
la suite, la loi de consécration a été retirée. À la place, le Seigneur a révélé
la loi de la dîme pour l'ensemble de l'Église8. Il a déclaré, le 8 juillet 1838
:
« Et ce sera le commencement de la dîme de mon peuple.
« Ceux qui auront été ainsi dîmés payeront annuellement un dixième de tous leurs
revenus ; et ce sera pour eux une loi permanente à jamais9. »
La loi de la dîme nous prépare à vivre la loi supérieure de consécration, à
consacrer et à donner tout notre temps, nos talents et nos moyens à l'oeuvre du
Seigneur. Jusqu'à ce qu'il nous soit demandé de vivre cette loi supérieure, il
nous est commandé de vivre la loi de la dîme, qui consiste à donner
généreusement10 un dixième de nos revenus annuels.
À ceux qui vivent fidèlement et honnêtement la loi de la dîme, le Seigneur
promet d'abondantes bénédictions. Certaines sont temporelles, comme l'est la
dîme. Mais, comme les ordonnances physiques extérieures que sont le baptême et
la Sainte-Cène, le commandement de payer la dîme exige un sacrifice matériel,
qui produit en fin de compte de grandes bénédictions spirituelles.
Je connais un couple qui habitait à des milliers de kilomètres du temple le plus
proche. Malgré leurs faibles revenus, ce frère et cette soeur ont payé leur dîme
et économisé tout ce qu'ils pouvaient pour se rendre au temple du Seigneur. Au
bout d'un an, le frère du mari, qui n'était pas membre de l'Église, leur a
offert, de manière tout à fait inattendue, deux billets d'avion. Cette
bénédiction matérielle a rendu possible les bénédictions spirituelles de leur
dotation et de leur scellement au temple. Il s'est ajouté une bénédiction
spirituelle quand le frère du mari, touché par l'humble fidélité du couple,
s'est joint à l'Église.
Les bénédictions matérielles et spirituelles de la dîme sont précisément
adaptées à nos besoins et à ceux de notre famille, selon la volonté du Seigneur.
Mais pour les recevoir, nous devons obéir à la loi sur laquelle elles
reposent11. Pour ce qui est de la dîme, le Seigneur a dit : « Apportez à la
maison du trésor toutes les dîmes, afin qu'il y ait de la nourriture dans ma
maison ; mettez-moi de la sorte à l'épreuve, dit l'Éternel des armées. Et vous
verrez si je n'ouvre pas pour vous les écluses des cieux, si je ne répands pas
sur vous la bénédiction en abondance12. »
Y en a-t-il parmi nous qui rejetteraient intentionnellement les bénédictions que
le Seigneur répandrait sur eux ? Malheureusement, c'est ce que nous faisons
quand nous ne payons pas notre dîme. Nous refusons les bénédictions mêmes que
nous demandons dans la prière. Si vous doutez des bénédictions de la dîme, je
vous recommande d'accepter l'invitation du Seigneur de le mettre « de la sorte à
l'épreuve ». Payez votre dîme. Déverrouillez les écluses des cieux. Vous serez
abondamment bénis pour votre obéissance et votre fidélité aux lois et aux
commandements du Seigneur.
Soyez certains que ces bénédictions se déversent dans la même mesure sur les
riches et sur les pauvres. Comme le dit le cantique, c'est le sacrifice qui nous
permet de recevoir les faveurs du ciel, non le montant de nos dons13. Les
membres qui donnent généreusement réellement dix pour cent de leurs revenus
annuels reçoivent toutes les bénédictions de la dîme promises, que ces revenus
représentent l'obole de la veuve ou la rançon d'un roi.
Il y a quelques années, je me suis rendu dans une église d'une autre
dénomination. Dans les beaux vitraux en provenance d'Europe était gravé le nom
de leur donateur, dans la chaire majestueuse en cèdre du Liban étaient sculptées
les initiales d'un riche bienfaiteur ; les bancs les mieux situés portaient le
nom des familles les plus importantes qui avaient versé le plus au fond de
construction de l'église.
Dans l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, tous ceux qui
paient complètement la dîme sont reconnus et bénis de la même manière par le
Seigneur, sans hommages ni récompenses publics. Le Seigneur ne fait pas «
acception de personnes14 ». Sa loi sur les revenus est réellement équitable.
La manière dont la dîme est utilisée à notre époque est significative. Avec les
exemples de cupidité et d'avarice que nous voyons parmi des dirigeants
d'entreprises irresponsables, nous pouvons être reconnaissants que le Seigneur
ait prévu le moyen dont la dîme devait être gérée sous sa direction.
Selon la révélation, les évêques sont ordonnés pour tenir le magasin du Seigneur
et recevoir les fonds de l'Église15. Les évêques et les greffiers doivent être
des frères qui paient complètement la dîme et qui ont appris à vivre de manière
prévoyante, dans la limite de leurs ressources. Dans les heures qui suivent la
réception de la dîme des membres de leur paroisse ou de leur branche, ces
dirigeants locaux transmettent ces fonds directement au siège de l'Église.
Ensuite, comme le Seigneur l'a révélé, l'affectation de la dîme est décidée par
un conseil composé de la Première Présidence, du Collège des douze apôtres et de
l'Épiscopat président. Le Seigneur a indiqué précisément que le travail du
conseil doit être dirigé par sa propre voix qu'il leur fera entendre16. Ce
conseil est appelé « Conseil d'affectation de la dîme ».
Il est remarquable de voir ce conseil écouter la voix du Seigneur. Chacun de ses
membres est au courant de toutes les décisions du conseil et y prend part. Les
décisions ne sont prises qu'à l'unanimité. Tous les fonds de la dîme sont
dépensés aux fins de l'Église, dont l'entraide, le secours des pauvres et des
nécessiteux, les temples, la construction et l'entretien des églises,
l'enseignement, les programmes, en bref, pour l'oeuvre du Seigneur.
Quand un ami de George Albert Smith, ancien président de l'Église, lui a demandé
ce qu'il pensait de sa décision d'employer l'argent de sa dîme pour soutenir de
bonnes causes de son choix, le président lui a répondu :
« Je pense que tu es très généreux avec de l'argent qui ne t'appartient pas. . .
« Tu m'as dit ce que tu as fait avec l'argent du Seigneur, mais tu ne m'as pas
dit que tu as donné un sou de ton argent à toi. Il est ton meilleur associé au
monde. Il te donne tout ce que tu as, jusqu'à l'air que tu respires. Il a dit
que tu dois prendre un dixième de ce que tu reçois et le donner à l'Église,
selon les directives du Seigneur. Tu ne l'as pas fait. Tu as pris l'argent de
ton meilleur associé et tu l'as distribué17. »
La dîme des membres de l'Église appartient au Seigneur. Il décide, par un
conseil composé de ses serviteurs, de la manière de l'utiliser.
Aux membres de l'Église et aux autres habitants du monde entier, je témoigne de
l'intégrité du Conseil d'affectation de la dîme. Je siège dans ce conseil depuis
dix-sept ans ; je l'ai fait d'abord comme Évêque président de l'Église, et à
présent comme membre du Collège des douze apôtres. Sans exception, les fonds de
l'Église ont été utilisés pour les desseins du Seigneur.
Il désire que tous ses enfants reçoivent les bénédictions de la dîme. Trop
souvent, nous, parents, n'enseignons pas cette loi à nos enfants et ne les
encourageons pas à la respecter parce que leur contribution ne s'élèverait qu'à
quelques centimes. Mais, sans témoignage de la dîme, ils sont vulnérables. A
l'adolescence, ils sont attirés par les vêtements, les divertissements et les
biens matériels coûteux, et risquent de perdre la protection toute particulière
qu'apporte la dîme.
Les années passant, se peut-il qu'un jeune homme soit ordonné ancien, fasse une
mission et enseigne bien à d'autres une loi qu'il n'a pas respectée lui-même ?
Lorsqu'il rentrera chez lui et affrontera les pressions des études, d'un foyer à
fonder, et de la vie professionnelle, la loi de la dîme sera-t-elle plus facile
à respecter ? De même, une jeune fille sera-t-elle digne de servir le Seigneur
et de contracter les alliances du mariage céleste si elle n'a pas acquis le
témoignage personnel de la dîme ? Sera-t-elle préparée à enseigner à ses enfants
une loi qu'elle n'a pas apprise par expérience personnelle ? Quelle fidélité est
requise des pères et des mères pour demander ensemble les bénédictions
protectrices de la dîme pour leurs enfants et les bénédictions qui leur
appartiennent de plein droit. Lorenzo Snow a dit : « Apprenez aux enfants à
payer la dîme, afin qu'ils l'observent perpétuellement. Si nous observons cette
loi, le Seigneur nous préservera, quoi que fassent nos ennemis18. »
Dans quelques semaines, chacun d'entre nous aura l'occasion sacrée de rencontrer
son évêque et de procéder au règlement de sa dîme avec le Seigneur. Votre évêque
sera gentil et bienveillant. Il comprendra les difficultés que vous rencontrez.
Si vous ne pouvez pas payer les arriérés, allez de l'avant. Commencez
aujourd'hui. Faites part à votre évêque de votre engagement de payer
complètement la dîme à l'avenir et d'élaborer un plan pour retourner au temple
dès que possible. Dès que vous aurez démontré votre foi en payant la dîme
pendant quelque temps et que vous aurez respecté les autres commandements
nécessaires, vous pourrez goûter les bénédictions éternelles du temple. Je vous
supplie de ne pas laisser passer cette occasion. Ne remettez pas à plus tard.
Pères et mères, je vous recommande, quand vous vous préparerez pour le règlement
de la dîme, de rassembler vos petits autour de vous et de les aider à compter
leurs sous. Aidez vos adolescents à faire leurs comptes et à calculer leurs
revenus annuels. Quelle belle occasion de semer la graine de la foi dans le
coeur de vos enfants ! Vous les mettrez ainsi sur la voie qui mène au temple.
Les générations de vos ancêtres et vos descendants se lèveront et vous loueront,
pour avoir préparé vos enfants à accomplir les ordonnances salvatrices en leur
faveur. Mes frères et soeurs, ce n'est pas une coïncidence si, sous la direction
du prophète du Seigneur actuellement sur la terre, Gordon B. Hinckley, les
temples se répandent sur la terre. Le respect des commandements, dont le
paiement de la dîme, nous qualifiera pour entrer dans ces temples, être scellés
à notre famille et recevoir des bénédictions éternelles.
Je vous en supplie : N'attendons pas. Écoutons le commandement du Seigneur de
respecter la loi de la dîme. Deux missionnaires visitaient une famille très
pauvre. La maison de la famille était faite de contreplaqué et de bouts de bois.
Le sol était de terre battue. Il n'y avait ni électricité ni lit. Tous les
soirs, le père, ouvrier agricole, dépensait toute sa paie de la journée pour le
repas. En sortant de cet humble foyer, le missionnaire le plus ancien s'est dit
: « La loi de la dîme va sûrement être une pierre d'achoppement pour cette
famille. Peut-être qu'on ne devrait pas en parler avant quelque temps. »
Quelques instants plus tard, le deuxième compagnon, qui avait grandi dans une
situation semblable dans son pays, a fait part de ses réflexions : « Je sais
qu'on n'enseigne le principe de la dîme que dans quatre leçons, mais est-ce
qu'on peut l'enseigner à la prochaine visite ? Ils ont besoin de connaître la
dîme, parce qu'ils ont tant besoin de l'aide et de la bénédiction du Seigneur. »
Ce missionnaire comprenait qu'il « y a une loi irrévocablement décrétée dans les
cieux avant la fondation de ce monde, sur laquelle reposent toutes les
bénédictions, et [que] lorsque nous obtenons une bénédiction quelconque de Dieu,
c'est par l'obéissance à cette loi sur laquelle elle repose19». Le Seigneur veut
bénir cette famille et il n'attend que son obéissance pour pouvoir le faire.
Mes frères et soeurs bien-aimés, les bénédictions éternelles de la dîme sont
réelles. Je les ai vues dans ma vie et dans celle des membres de ma famille. La
mise à l'épreuve de notre foi consiste à voir si nous respecterons la loi de la
dîme par notre obéissance et notre sacrifice. Car, pour reprendre les propos de
Joseph Smith, le prophète, « une religion qui n'exige pas le sacrifice de tout
n'a pas le pouvoir de produire la foi qui est nécessaire à la vie et au salut20
».
Je témoigne que le Seigneur Jésus-Christ a fait le sacrifice de sa vie pour
apporter ce salut à chacun de nous. Moi, son témoin spécial, j'atteste qu'il
vit. Et, en son nom, je vous exprime ma reconnaissance, à vous, les enfants, les
veuves, les jeunes, les familles - les fidèles - pour votre dîme sacrée. Le
Seigneur a dit : « Tes actions parlent pour toi ; un jour tu seras avec moi21. »
Au nom sacré de Jésus-Christ. Amen.
NOTES
1. Voir Joseph F. Smith, Gospel Doctrine, 5e éd., 1939, p. 225-226.
2. Voir Genèse 14:20.
3. Genèse 28:22.
4. History of the Church, 7:282.
5. History of the Church, 7:292-293.
6. Journal of Sara De Armon Pea Rich, Archives de la Bibliothèque Harold B. Lee,
université Brigham Young (ouvrage dactylographié), p. 42.
7. Voir Joseph Fielding Smith, Church History and Modern Revelation, Guide
d'étude de la Prêtrise de Melchisédek, première série, 1946, p. 196.
8. Voir l'introduction historique de D&A 119.
9. D&A 119:3-4.
10. Voir Church History and Modern Revelation, troisième série, 1946, p. 120.
11. Voir D&A 130:20-21.
12. Malachie 3:10.
13. « Au grand prophète », Cantiques, n° 16.
14. D&A 1:35 ; 38:16.
15. D&A 72:10.
16. Voir D&A 120:1.
17. Sharing the Gospel with Others, sélection de Preston Nibley, p. 46, voir
aussi p. 44-47.
18. Cité dans Church History and Modern Revelation, troisième série, p. 122.
19. D&A 130:20-21.
20. Joseph Smith, Lectures on Faith, 1985, p. 69.
21. « Je rencontrais sur mon chemin », Cantiques, n° 17.
|