Abinadi
Auteur: CRAMER, LEW W.
Abinadi (150 av. J.-C.) est un prophète courageux et le martyr le plus connu du Livre de
Mormon. Son ministère et son exécution racontés au cur du livre de Mosiah
renforcent le contraste entre le roi juste Benjamin et le méchant roi Noé. Alma
lAncien, un témoin oculaire converti, écrira les paroles principales d'Abinadi peu
de temps après quelles auront été prononcées (Mos. 17:4).
Abinadi appartient à un petit groupe de Néphites réactionnaires qui était retourné de
Zarahemla, une génération plus tôt, pour récupérer auprès des Lamanites la ville de
Néphi, la capitale néphite traditionnelle, et son temple. Quand les excès du roi et des
prêtres néphites apostats deviennent intolérables, Abinadi reçoit du Seigneur le
commandement de dénoncer publiquement leurs abominations; il prophétise leur captivité
et leurs afflictions à venir. Noé le condamne à mort pour ceci, mais il
séchappe.
On ne sait
pas où il vit pendant son exil. Les ressemblances entre ses paroles et celles de Benjamin
(cf. Mos. 16:1; 3:20; 16:5; 2:38; 16:10-11; 3:24-25) pourraient signifier qu'il a passé
un certain temps à Zarahemla avec le roi Benjamin et son peuple (Pa. 1:16-17) ou
quil a reçu des révélations semblables pendant cette période.
Après
deux ans, ayant de nouveau reçu du Seigneur le commandement de prophétiser, Abinadi
retourne, déguisé, dans la ville de Néphi. Devant la foule, il lance, au nom du
Seigneur, une malédiction contre le peuple impénitent, contre son pays et son grain,
prédisant sans détour la destruction et une servitude humiliante, rappelant les
souffrances d'Israël en Égypte. Dans une malédiction sans appel, comme celles
utilisées au Proche-Orient antique pour condamner ceux qui violent leurs alliances, il
témoigne que la vie de Noé «sera estimée comme un vêtement dans une fournaise
ardente» (Mos. 12:3).
Le peuple
se saisit de lui, le ligote, le livre à Noé et laccuse de mentir au sujet du roi
et de prophétiser faussement. Les deux chefs daccusation sont des violations en
vertu de leur loi, la Loi de Moïse (Mos. 13:23; Ex. 20:16; De. 18:20-22). La nature
double des accusations semble avoir compliqué le procès qui en résulte, le roi ayant
comme dhabitude pouvoir en matière de politique et les prêtres en matière de
questions religieuses.
Le procès
se concentre d'abord sur laccusation de fausse prophétie. Les prêtres invitent
Abinadi à interpréter Ésaïe 52:7-10. Ils pensaient sans doute que ce texte montre que
Dieu a consolé leur propre peuple puisque celui-ci a vu le pays «racheté». Selon eux,
alors qu'Ésaïe chantait les louanges de ceux qui apportaient de «bonnes nouvelles»,
Abinadi, lui, dit du mal. Selon cette interprétation, les malédictions d'Abinadi sont en
conflit avec Ésaïe et les prêtres les considèrent comme fausses et illégales.
Abinadi réfute les prêtres de plusieurs manières. Il les accuse de mal comprendre la
loi et dy désobéir. Il parvient à leur faire admettre que le salut exige
l'obéissance à la loi, après quoi il leur rappelle les dix commandements, la loi
fondamentale de l'alliance qu'ils n'ont pas gardée. Il résiste miraculeusement à la
tentative du roi de le faire taire «et son visage brillait d'un resplendissement
extrême, comme celui de Moïse pendant qu'il était sur la montagne du Sinaï» (Mos.
13:5). Il cite ensuite Ésaïe 53 et explique le rapport de ce passage avec le futur
Messie.
Les
paroles prophétiques d'Abinadi sont parmi les plus puissantes du Livre de Mormon. Il
explique l «aspect» et la venue de Dieu mentionnés dans Ésaïe 52:14 et 53:2
(Mos. 13:34; 14:2) comme la venue d'un Fils dans la chair, étant «le Père et le Fils»
(Mos. 15:1-5). Il enseigne aussi que Dieu souffrira comme une «brebis muette devant ceux
qui la tondent» (És. 53:7; Mos. 14:7). Abinadi est alors en mesure de répondre à la
question des prêtres au sujet d'Ésaïe 52:7-10. Il proclame que ceux qui «déclareront
sa postérité» (voir Mos. 15:10) et « publient la paix » (voir Mos. 15:14) sont les
prophètes de Dieu et queux et tous ceux qui écoutent leurs paroles sont sa
«postérité» (Mos. 15:11, 13). Ils sont ceux qui apportent vraiment des «bonnes
nouvelles» de salut, de rédemption, de réconfort par le Christ et du règne de Dieu au
jour du jugement.
Utilisant
le texte d'Ésaïe, Abinadi montre que Dieu ne pourrait pas racheter le peuple de Noé qui
s'est obstinément rebellé contre la Divinité et que la vraie rédemption nest
possible que par le repentir et l'acceptation du Christ. Il montre aussi que ses
prophéties ne contredisent pas le texte d'Ésaïe cité par les prêtres.
Noé veut
qu'Abinadi soit mis à mort, laccusant davoir porté un faux témoignage
contre lui, le roi. Un jeune prêtre appelé Alma atteste vaillamment l'exactitude du
témoignage d'Abinadi, sur quoi il est expulsé et le procès est suspendu pendant trois
jours pendant lesquels Abinadi est gardé en prison.
Quand le
procès reprend, Abinadi est probablement accusé de blasphème (Mos. 17:8), encore une
infraction capitale en vertu de la loi de Moïse (Lé. 24:10-16). Noé lui donne
l'occasion dabjurer, mais Abinadi refuse de changer le message de Dieu, même face
à des menaces de mort.
Noé est
intimidé et pense à le libérer, mais les prêtres accusent Abinadi d'un quatrième
délit, celui dinsulter le roi (Mos. 17:12; Ex. 22:28). Cest pour ce motif que
Noé va condamner Abinadi, et les prêtres vont le flageller et le brûler. Il était
normal, en vertu de la loi mosaïque, que ce soient les accusateurs qui infligent le
châtiment, mais la mort par le feu est une forme extraordinaire d'exécution. Elle
reflète le crime dont Abinadi est accusé: il est brûlé tout comme il a dit que la vie
de Noé serait estimée comme un vêtement dans une fournaise ardente. En mourant, il
prophétise que ses accusateurs connaîtront le même destin. Cette prophétie ne tardera
pas à saccomplir (Mos. 17:15-18; 19:20; Al. 25:7-12).
Les
Néphites vont se rappeler Abinadi dans au moins trois rôles:
1. Pour
Alma, son converti principal, Abinadi est un prophète du Christ. Alma enseignera les
paroles d'Abinadi au sujet de la mort et de la résurrection du Christ, de la
résurrection des morts, de la rédemption du peuple de Dieu (Mos. 18:1-2) et du grand
changement de cur par la conversion (Al. 5:12). Grâce aux descendants d'Alma,
Abinadi va influencer les Néphites pendant des siècles.
2. Pour
Ammon, qui sera témoin du martyre de 1.005 de ses propres convertis (Al. 24:22), Abinadi
reste le martyr par excellence «à cause de sa croyance en Dieu» (Al. 25:11; cf. Mos.
17:20; voir aussi Mos. 7:26-28). Cest ce qui est reconnu comme étant la vraie
raison de la mort d'Abinadi, puisque laccusation dinsulte au roi lancée par
les prêtres se révèle être un faux prétexte.
3. Pour
Mormon, témoin de la décadence et de la destruction des Néphites cinq cents ans plus
tard, Abinadi reste celui qui a prophétisé que, pour cause de méchanceté, le malheur
sabattrait sur le pays et que les méchants seraient totalement détruits (Mrm.
1:19; cf. Mos. 12:7-8).
Bibliographie
Welch, John W. "Judicial Process in the Trial of Abinadi". Provo, Utah, 1981.
LEW W. CRAMER
Abraham
[Cette rubrique comprend cinq articles:
Livre dAbraham: Origine du livre dAbraham
Abraham: Traduction et publication du livre dAbraham
Abraham: Contenu du livre dAbraham
Abraham: Fac-similés du livre dAbraham
Abraham: Études sur le livre dAbraham
Le livre
dAbraham rapporte de manière autobiographique la première partie de la vie
dAbraham et est lun des textes du recueil dÉcritures des saints
intitulé Perle de Grand Prix. Larticle Origine du livre dAbraham raconte la
découverte et lachat des papyrus de Joseph Smith et les événements aboutissant à
la publication du livre dAbraham lui-même. Larticle Traduction et publication
du livre dAbraham donne quelques brefs détails sur le processus par lequel Joseph
Smith a produit le texte du livre dAbraham et lhistoire de sa parution comme
ouvrage imprimé. Larticle Contenu du livre dAbraham examine dune
manière générale les événements relatés dans le livre, notamment la délivrance
miraculeuse dAbraham de la mort et lalliance de Dieu avec lui avant quil
quitte sa patrie. Fac-similés du livre dAbraham donne une introduction aux
illustrations égyptiennes antiques qui sont actuellement publiées avec luvre
et évalue leur lien avec le texte. Les études publiées jusquici sur le livre
dAbraham sont traitées dans Études sur le livre dAbraham.]
Livre
dAbraham: Origine du livre dAbraham
Auteur: PETERSON, H. DONL
En juillet
1835, tandis quil habitait Kirtland (Ohio), le prophète Joseph Smith acheta, au nom
de lÉglise, pour $2400, quatre momies égyptiennes et les papyrus qui les
accompagnaient à Michael H. Chandler, un montreur itinérant de Pennsylvanie. Chandler
avait acquis onze momies début 1833 et avait vendu les sept autres dans lEst des
États-Unis avant de rencontrer Joseph Smith. Peu après avoir obtenu les antiquités,
Joseph Smith annonça que les papyrus contenaient des écrits des patriarches Abraham et
Joseph, qui avaient tous deux habité en Égypte (Ge. 12:37, 39-50).
Ces
antiquités avaient été exhumées par Antonio Lebolo sur la rive occidentale du Nil en
face de la ville antique de Thèbes (aujourdhui Louxor), probablement entre 1817 et
1821. Lebolo, né à Castellamonte, au Piémont (nord de lItalie), avait été
gendarme pendant loccupation de la botte italienne par Napoléon. Quand celui-ci fut
battu, Lebolo préféra lexil à la perspective de lemprisonnement au moment
de la réapparition de la monarchie sarde. Il alla sinstaller en Égypte, où il fut
employé par Bernardino Drovetti, ancien consul général de France en Égypte, pour
superviser ses fouilles en Haute-Égypte. Drovetti permit également à Lebolo de faire
ses propres fouilles. Lebolo découvrit onze momies bien conservées dans un grand
tombeau. Du fait que Lebolo dirigeait plusieurs centaines dhommes qui faisaient des
fouilles à différents emplacements, lendroit exact na pas été identifié.
Les momies furent envoyées à Trieste, où Lebolo autorisa Albano Oblasser, un magnat de
limport export, à les vendre en son nom. Lebolo mourut le 19 février 1830 à
Castellamonte. Oblasser expédia les onze momies à deux compagnies maritimes à New York,
McLeod et Gillespie, et à Maitland et Kennedy, pour quils les vendent à quiconque
payerait une somme appropriée. Le montant devait être envoyé aux héritiers de Lebolo.
Chandler les acheta en hiver ou au début du printemps 1833. Il prétendait que Lebolo
était son oncle, mais cette parenté na pas été confirmée.
On sait
maintenant quune partie de la littérature abrahamique révèle des liens avec
lÉgypte. Par exemple, le Testament dAbraham probablement dabord
écrit en grec provient presque certainement dÉgypte. Linsertion
dune personnalité biblique telle quAbraham dans les scènes hiéroglyphiques
égyptiennes est une technique juive connue depuis la période hellénistique (Grobel, pp.
373-382). Il nest donc pas étonnant que des textes égyptiens soient dune
certaine façon liés à la parution du livre dAbraham.
Selon
certains égyptologues, les écrits dAbraham acquis par Joseph Smith doivent dater
du début de lère chrétienne. Cette datation nest pas sans précédent. Le
Testament dAbraham, édité au départ par M. R. James en 1892, a été décrit par
lui comme étant « un écrit judéo-chrétien du deuxième siècle composé en Égypte »
(Nibley, pp. 20-21).
Lidentité des momies nest pas connue, puisquil ny a aucune source
primaire qui les identifie.
Bibliographie
Grobel, K. «
Whose Name Was Neves ». New Testament Studies 10 (1963-1964), pp.
373-382.
Nibley, Hugh W. Abraham in Egypt. Salt Lake City, 1981.
Peterson, H. Donl. The Pearl of Great Price: A History and Commentary. Salt Lake City,
1987.
H. DONL PETERSON
Livre
dAbraham: Traduction et publication du livre dAbraham
Auteur: PETERSON, H. DONL
Le 10
octobre 1880, lors dune conférence générale, les membres de lÉglise de
Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours votèrent pour accepter le livre
dAbraham comme ouvrage scripturaire. Plusieurs idées ont été avancées concernant
le processus par lequel le prophète Joseph Smith a réalisé luvre. Bien que
ses associés et lui aient commencé un « alphabet et grammaire égyptiens » tandis
quils étudiaient les papyrus, le but de ce travail est obscur. Il na jamais
été fini, expliqué ou publié par Joseph Smith ni aucun de ses successeurs. Cependant,
il est certain quil a commencé à travailler à Kirtland sur les papyrus égyptiens
concernés peu après les avoir achetés à Michael H. Chandler en 1835.
Il est
probable que personne aux États-Unis en 1835 naurait pu interpréter des
hiéroglyphes égyptiens par les techniques ordinaires de traduction. Le prophète dit que
quand il avait traduit les plaques dor du Livre de Mormon » à partir du texte en
« égyptien réformé » (1827-1829), il lavait fait « par le don et le pouvoir de
Dieu ». De même, ce fut principalement linspiration divine plutôt que sa
connaissance des langues qui fut à lorigine du texte anglais du livre
dAbraham. Sa méthodologie précise demeure inconnue.
Le 5
juillet 1835, le prophète écrivit : « Jai commencé la traduction de certains des
caractères ou hiéroglyphes et, à notre grande joie, jai constaté quun des
rouleaux contenait les écrits dAbraham
Vraiment nous pouvons dire que le
Seigneur commence à révéler labondance de la paix et de la vérité » (HC
2:236). Après quelques retards, Joseph Smith désigna, le 2 novembre 1837, deux hommes
pour lever des fonds pour aider à la traduction et à limpression du livre
dAbraham. Mais à cause dautres difficultés, il ne put rien publier pendant
les quatre années qui suivirent. Le livre dAbraham fut imprimé pour la première
fois dans trois numéros du Times and Seasons, les 1er mars, 15 mars et 16 mai 1842. Ces
numéros contenaient tout le livre actuel dAbraham, dont les trois fac-similés. En
février 1843, Joseph Smith promit que davantage du livre dAbraham serait publié.
Malheureusement, le harcèlement continu de ses ennemis empêcha le prophète de publier
davantage du document. Il reçut une notoriété considérable quand plusieurs grands
journaux de lEst des États-Unis réimprimèrent le fac-similé 1 et une partie du
texte publié dans le Times and Seasons.
En 1851, les écrits dAbraham furent publiés en Angleterre dans la Perle de Grand
Prix, une petite compilation faite par Franklin D. Richards, contenant certaines des
traductions et des révélations de Joseph Smith. Cest cette compilation qui fut
canonisée en 1880 à Salt Lake City, ce qui la plaçait au niveau des trois autres
recueils ou ouvrages canoniques sacrés: la Bible, le Livre de Mormon et les Doctrine et
Alliances.
En 1856, les papyrus furent vendus par la veuve de Joseph à Abel Coombs. À
lexception de quelques fragments rendus à lÉglise en 1967, la localisation
actuelle des papyrus est inconnue. [Voir également Papyrus, Joseph Smith.]
Bibliographie
Nibley, Hugh. "The Meaning of the Kirtland Egyptian Papers". BYU Studies 11, n°
4, été 1971, pp. 350-399.
Peterson, H. Donl. The Pearl of Great Price: A History and Commentary. Salt Lake City,
1987.
H. DONL PETERSON
Livre
dAbraham: Contenu du livre dAbraham
Auteur: THOMPSON, STEPHEN E.
Le livre
dAbraham dans la Perle de Grand Prix se compose dun récit des relations
dAbraham avec le Seigneur dans quatre pays: la Chaldée, Charan, Canaan et
lÉgypte. Cette observation est en accord avec lexpression qui introduit
luvre, « au pays de ». Excepté pour les événements rapportés au premier
chapitre, Saraï (Sara) participe pleinement aux vicissitudes et aux triomphes de son
mari.
Au début du texte, Abraham vit parmi peuple idolâtre de Chaldée (Abr. 1:1, 5-7). Mais
sous le coup de fortes persécutions (1:12, 15) pour avoir prêché contre sa
méchanceté, il décide démigrer. Lopposition officielle qui en résulte
vaut presque à Abraham dêtre la victime dun sacrifice humain (1:12-15).
Quand il prie pour avoir laide divine, un ange le sauve et lui promet quil
sera conduit dans un nouveau pays et quil recevra la prêtrise (1:15-19).
Quand la famine prophétisée par lange arrive en Chaldée (1:29-30), Abraham part
avec Saraï, son neveu Lot, et sa famille, avec son père, Térach, dans son sillage
(2:4). Une fois quils sont installés à Charan, le Seigneur commande à Abraham de
continuer vers Canaan et lui révèle les éléments de base de lalliance
abrahamique (2:6-11). À cause de la famine, Abraham va en Égypte, où le Seigneur lui
commande et cest là un détail qui est absent dans Genèse 12:11-13
de présenter Saraï comme sa sur, afin que les Égyptiens ne le tuent pas
(2:21-25).
Au troisième chapitre, Abraham décrit une vision quil a reçue par un urim et un
thummim au sujet des mondes créés par Dieu, des esprits prémortels des hommes et du
Conseil dans les cieux où les dieux (cf. Jn. 1:1-4, 14; Hé. 1:1-3) planifièrent la
création de la terre et de lhumanité. Les quatrième et cinquième chapitres
racontent la réalisation de ces plans et le placement dAdam et Ève dans le jardin
dÉden.
Selon le récit du livre, la Chaldée était sous lhégémonie égyptienne du vivant
dAbraham. La religion locale comprenait le culte solaire égyptien, le culte du
pharaon et les sacrifices humains. La découverte du pays dÉgypte est attribuée à
Égyptus, fille de Cham et dÉgyptus; son fils aîné, dont le nom était Pharaon,
créa son premier gouvernement.
Les contributions doctrinales du livre sont une explication plus complète de
lalliance dAbraham et de son rapport avec lÉvangile (2:6-11) et une
meilleure compréhension de la vie prémortelle (3:22-28). Pour ce qui concerne
lastronomie, il donne le nom de lastre le plus proche de la demeure de Dieu,
Kolob (3:2-4) et détaille la création de la terre par un conseil des Dieux au quatrième
chapitre. Abraham 1:26-27 a été interprété par certains comme base scripturaire du
refus dans le passé de donner la prêtrise aux noirs.
Pour ce qui est des liens avec la Bible, lidolâtrie de Térach (cf. Jos. 24:2) et
la délivrance dAbraham par le Seigneur (cf. És. 29:22) sont détaillés dans le
livre dAbraham et dans dautres textes antiques sur Abraham.
Beaucoup de thèmes du livre apparaissent dans dautres documents littéraires
antiques, notamment la lutte dAbraham contre lidolâtrie (Jubilés 12;
Charlesworth, vol. 2, pp. 79-80), la tentative de sacrifice dAbraham (Pseudo-Philon
6; Charlesworth, vol. 2, pp. 310-312) et la vision dAbraham de lendroit où
Dieu habite, les événements dans le jardin dÉden et les esprits prémortels
(Apocalypse dAbraham 22-23; Charlesworth, vol. 1, p. 700). Le commandement de Dieu
à Abraham de présenter Saraï comme étant sa sur trouve son écho dans
lApocryphe de la Genèse (colonne 19) comme lui ayant été donné dans un songe.
Abraham enseignant lastronomie aux Égyptiens (fac-similé 3 du livre
dAbraham) se retrouve dans le Pseudo-Eupolème 9.17.8 et 9.18.2 (Charlesworth, vol.
2, pp. 881-82) et dans Josèphe (Histoire ancienne des Juifs 1.8.2).
Bibliographie
Charlesworth, James H., dir. de publ. The Old Testament Pseudepigrapha, 2 vols. Garden
City, N.Y., 1983, 1985.
Millet, Robert L., et Kent P. Jackson, dir. de publ. Studies in Scripture, Vol. 2. Salt
Lake City, 1985.
Peterson, H. Donl, et Charles D. Tate, dir. de publ. The Pearl of Great Price: Revelations
from God. Provo, Utah, 1989.
STEPHEN E. THOMPSON
Livre
dAbraham: Fac-similés du livre dAbraham
Auteur: RHODES, MICHAEL D.
Trois
fac-similés sont publiés avec le texte du livre dAbraham dans la Perle de Grand
Prix. Tous sont semblables aux illustrations égyptiennes connues par dautres
sources.
FAC-SIMILÉ NUMÉRO 1. Les représentations semblables au fac-similé 1 abondent dans les
textes religieux égyptiens. Un exemple typique apparaît au chapitre 151 du Livre des
Morts, montrant le dieu Anubis embaumant Osiris, qui se trouve sur un lit en forme de
lion. Dans certains détails, tels que la position du personnage couché, le fac-similé 1
diffère des autres textes égyptiens.
On ne connaît lexistence du document original que pour le fac-similé 1. La
comparaison des fragments de papyrus ainsi que du texte hiéroglyphique qui accompagne ce
dessin démontre quil faisait partie dun texte religieux égyptien connu sous
le nom de Livre des Respirations. Sur la base des indications paléographiques et
historiques, la date de ce texte peut être estimée avec certitude comme étant le
premier siècle apr. J.-C. Étant donné que le livre dAbraham fait allusion à
cette illustration (Abr. 1:12), beaucoup en ont conclu que le Livre des Respirations doit
être le texte que le prophète Joseph Smith a utilisé dans sa traduction. Comme il est
clair que le Livre des Respirations nest pas le livre dAbraham, les
détracteurs affirment que cest la preuve concluante que Joseph Smith était
incapable de traduire les documents antiques.
Dans les documents historiques que lÉglise possède actuellement, Joseph Smith
na jamais décrit le processus quil utilisait pour traduire les documents
antiques. Parlant du Livre de Mormon, il a dit quil « nétait pas utile »
quil raconte tous les détails de sa parution (HC 1:220; voir Traduction du Livre de
Mormon par Joseph Smith). À plusieurs reprises, il a qualifié le livre dAbraham de
traduction (HC 4:543, 548); et quand le livre dAbraham fut publié par sections dans
le Millennial Star, il fut décrit comme « traduit par Joseph Smith » (juillet 1842, p.
34). Wilford Woodruff (dans son journal personnel) et Parley P. Pratt (dans le Millennial
Star de juillet 1842) affirment que la traduction avait été faite au moyen de
lurim et du thummim, bien que Joseph Smith lui-même ne mentionne pas
lutilisation de cet instrument à un endroit quelconque de la traduction.
On doit cependant tenir compte de ce que Joseph Smith entendait par traduction. La section
7 des Doctrine et Alliances nous propose une mesure standard. Ici, le prophète, utilisant
lurim et le thummim, a traduit des « écrits faits sur parchemin par Jean». Bien
quon ne sache pas si Joseph Smith a eu ce document en sa possession, il en a donné
une traduction. Puisquon ne sait pas au juste comment Joseph Smith traduisait, il
est raisonnable de postuler que, en étudiant les papyrus égyptiens achetés à Michael
Chandler, Joseph Smith a demandé au Seigneur de lui donner la révélation à leur sujet
et a reçu dans ce processus le livre dAbraham. Il se peut alors quil ait
recherché dans les papyrus en sa possession des illustrations semblables à celles
quil avait apprises par révélation. Cest une explication possible de la
façon dont des dessins faits aux environs du premier siècle apr. J.-C. ont été
utilisés pour illustrer le livre dAbraham.
FAC-SIMILÉ NUMÉRO 2. Les égyptologues appellent le fac-similé 2 un hypocéphale («
sous la tête » en grec) et de nombreux exemplaires sont conservés dans les musées de
par le monde. Leur but officiel était de maintenir le corps chaud (c.-à-d., prêt pour
la résurrection) et de transformer le défunt en un dieu dans lau-delà. Joseph
Smith a expliqué que le fac-similé 2 contenait des représentations de Dieu, de la
terre, du Saint-Esprit, etc. Ses explications sont généralement raisonnables à la
lumière des connaissances modernes en égyptologie. Par exemple, les quatre personnages
debout dans la partie inférieure du fac-similé représentent, selon Joseph Smith, « les
quatre coins de la terre». Les Égyptiens les appelaient les quatre fils dHorus et,
entre autres, ils étaient les dieux des quatre coins de la terre.
FAC-SIMILÉ NUMÉRO 3. Le fac-similé 3 est une scène que lon retrouve sans cesse
dans la littérature égyptienne, une scène particulièrement connue grâce au chapitre
125 du Livre des Morts. Il représente le jugement des morts devant le trône
dOsiris. Il est probable quil se trouvait à la fin du texte du Livre des
Respirations, dont le fac-similé 1 constituait le commencement, puisque dautres
exemplaires contiennent des vignettes semblables à celle-ci. De plus, le nom de Hor,
propriétaire du papyrus, apparaît dans les hiéroglyphes au bas de ce fac-similé.
Joseph Smith explique que le fac-similé 3 représente Abraham assis sur le trône du
pharaon, enseignant les principes de lastronomie à la cour égyptienne. Les
critiques ont fait remarquer que le deuxième personnage, que Joseph Smith dit être le
roi, est la déesse Hathor (ou Isis). Il y a cependant des exemples dans dautres
papyrus, qui nétaient pas dans la possession de Joseph Smith, où le pharaon est
représenté sous les traits dHathor. En fait, la scène entière est typique des
drames rituels égyptiens dans lesquels des acteurs costumés jouaient les rôles de
divers dieux et déesses.
En résumé, le fac-similé 1 constituait le commencement et le fac-simile 3 la fin
dun document connu sous le nom de Livre des Respirations, un texte religieux
égyptien que la paléographie date de lépoque de Jésus. Le fac-similé 2,
lhypocéphale, est également un texte religieux égyptien tardif. On pourrait
expliquer lassociation de ces fac-similés au livre dAbraham comme étant une
tentative de Joseph Smith de trouver, dans les papyrus quil possédait, les
illustrations qui correspondaient le mieux à ce quil avait reçu par révélation
en traduisant le livre dAbraham. De plus, les explications que le prophète donne de
chacun des fac-similés saccordent avec ce qui est connu aujourdhui des
pratiques religieuses égyptiennes.
Bibliographie
Harris, James R. "The Book of Abraham Facsimiles." Dans Studies in Scripture,
Vol. 2, dir. de publ. R. Millet et K. Jackson. Salt Lake City, 1985.
Nibley, Hugh. Abraham in Egypt. Salt Lake City, 1981.
Rhodes, Michael D. "A Translation and Commentary of the Joseph Smith
Hypocephalus." BYU Studies 17, printemps 1977, pp. 259-274.
MICHAEL D. RHODES
Livre
dAbraham: Études sur le livre dAbraham
Auteur: RHODES, MICHAEL D.
COMMENTAIRES
DOCTRINAUX. Les études doctrinales du livre dAbraham ont habituellement été des
composants de commentaires généraux sur la Perle de Grand Prix qui ne se concentraient
pas sur le livre dAbraham en particulier. Le Commentary on the Pearl of Great Price
de George Reynolds et Janne Sjodahl (Salt Lake City, 1965) en est un exemple typique.
Létude la plus complète de cette sorte est le Doctrinal Commentary on the Pearl of
Great Price (Salt Lake City, 1969) par Hyrum Andrus.
ÉTUDES HISTORIQUES. En 1912, la brochure Joseph Smith, Jr., as a Translator par F. S.
Spaulding, évêque épiscopalien dUtah, tentait de réaliser la première étude
non mormone officielle du livre dAbraham. Elle contenait des lettres de huit grands
égyptologues sur les trois fac-similés commentant sur « lexactitude » de leur
interprétation par le prophète Joseph Smith. Les savants saccordaient unanimement
pour dire que le prophète se trompait. À lépoque, aucun savant parmi les saints
des derniers jours nétait capable de réfuter leurs affirmations. Ce ne fut
quen 1936 que J. E. Homans, qui nétait pas saint des derniers jours et qui
écrivait sous le pseudonyme R. C. Webb, publia Joseph Smith as a Translator, défendant
les capacités du prophète comme traducteur, mais sans traiter directement les remarques
faites par les égyptologues.
En 1967, onze fragments des papyrus égyptiens qui avaient jadis appartenu à Joseph Smith
furent redécouverts par Aziz S. Atiya et furent ensuite présentés à lÉglise par
le Metropolitan Museum of Art de New York. On constata que plusieurs fragments faisaient
partie dun texte religieux égyptien connu sous le nom de Livre des Respirations.
Trois égyptologues de renom procédèrent rapidement à une traduction et à des
commentaires sur les fragments, ce qui eut comme conséquence de nouvelles attaques à
propos de « lincapacité » de Joseph Smith comme traducteur. Les détracteurs
affirmèrent que le Livre des Respirations navait rien à voir avec le livre
dAbraham que Joseph Smith prétendait apparemment avoir traduit de ces mêmes
papyrus. En effet, le Livre des Respirations est un texte tardif qui remonte aux environs
du premier siècle apr. J.-C., quelque deux mille ans après le temps dAbraham. Hugh
Nibley a systématiquement défendu Joseph Smith avec une grande compétence contre les
critiques de ce type, en affirmant que le livre dAbraham devait être évalué sur
la base de ce quil prétend être : le récit fait par Abraham de sa vie. Les
recherches de Nibley ont montré quil existe un nombre important de liens entre le
livre dAbraham et les textes antiques qui traitent dAbraham. Ces ressemblances
sont trop nombreuses et trop subtiles pour quon puisse les attribuer à la seule
coïncidence.
Dans son explication du fac-similé 2 du livre dAbraham, Joseph Smith affirmait que
certaines informations qui sy trouvaient ne devaient pas être révélées au monde,
« mais peu[ven]t sobtenir dans le saint temple de Dieu ». Les études sur le
rituel du temple égyptien faites depuis le temps de Joseph Smith ont révélé des
parallèles avec les célébrations et la doctrine du temple chez les saints des derniers
jours, notamment la représentation de la création et de la chute de lhumanité,
les ablutions et les onctions et le retour final des personnes en la présence de Dieu. De
plus, mari, femme et enfants sont scellés ensemble pour léternité, la
généalogie est prise au sérieux; les hommes seront jugés selon leurs actes dans cette
vie et la récompense dune vie juste est de vivre éternellement en la présence de
Dieu avec sa famille. Il nest guère raisonnable de vouloir faire croire que tous
ces parallèles se sont produits par pur hasard.
Un certain nombre de textes pseudépigraphiques prétendant être des récits de la vie
dAbraham sont apparus depuis le temps de Joseph Smith, comme lApocalypse
dAbraham et le Testament dAbraham, des documents qui montrent des
ressemblances remarquables avec le livre dAbraham. Par exemple, au chapitre 12 du
Testament dAbraham, il y a une description du jugement des morts qui correspond dans
le plus grand détail à la scène montrée dans le fac-similé 3 du livre dAbraham
et, par ailleurs, au chapitre 125 du Livre des Morts égyptien. En fait, on peut trouver
dans les écrits pseudépigraphiques sur Abraham des parallèles avec presque chaque
verset du livre dAbraham.
En résumé, les nombreuses ressemblances que le livre dAbraham et les points de
doctrine des saints des derniers jours qui lui correspondent ont en commun avec les textes
religieux égyptiens et les écrits pseudépigraphiques récemment découverts peuvent
être une confirmation supplémentaire de lauthenticité de la traduction de Joseph
Smith connue sous le nom de livre dAbraham. Une question importante au sujet de son
authenticité continue à tourner autour du point de savoir si Joseph Smith a traduit
louvrage au départ des fragments de papyrus que lÉglise a maintenant en sa
possession ou sil a utilisé lurim et le thummim pour recevoir le texte du
livre dAbraham par révélation, comme cest est le cas pour la traduction du
rouleau de Jean le Révélateur, que lon trouve à la section 7 des Doctrine et
Alliances ou du livre de Moïse, qui est extrait de la traduction de la Bible par Joseph
Smith et qui se trouve aussi dans la Perle de Grand Prix. Ces exemples montrent que Joseph
Smith navait pas besoin de posséder un texte original pour que sa traduction lui
soit révélée. Dans sa fonction comme prophète, voyant et révélateur, beaucoup de
voies lui étaient ouvertes pour recevoir des informations par linspiration divine.
[Voir aussi Livre dAbraham: Fac-similés du livre dAbraham.]
Bibliographie
Ashment, Edward H. "The Facsimiles of the Book of Abraham: A Reappraisal."
Sunstone 4, n° 5-6, déc. 1979, pp. 33-48.
Baer, Klaus. "The Breathing Permit of Hor." Dialogue 3, n° 3, 1968, pp.
109-134.
Homans, J. E. Joseph Smith as a Translator. Salt Lake City, 1936.
Nibley, Hugh. The Message of the Joseph Smith Papyri. Salt Lake City, 1975.
Nibley, Hugh. Abraham in Egypt. Salt Lake City, 1981.
Parker, Richard. "The Joseph Smith Papyri: A Preliminary Report." Dialogue 3,
n° 2, 1968, pp. 86-92, 98-99.
Rhodes, Michael D. "A Translation and Commentary on the Joseph Smith
Hypocephalus." BYU Studies 17, printemps 1977, pp. 259-274.
Spaulding, F. S. Joseph Smith, Jr., as a Translator. Brochure. Salt Lake City, 1912.
Wilson, John. "A Summary Report." Dialogue 3, n° 2, 1968, pp. 67-85.
MICHAEL D. RHODES
Abraham
Auteur: CLARK, E. DOUGLAS
Peu de personnages bibliques ont une place aussi importante dans la religion des saints
quAbraham. Dautres croient aussi quil a réellement existé, mais
lapproche des saints est unique: Les révélations reçues par Joseph Smith
confirment lhistoricité de base de la Genèse et ajoutent des informations
auxquelles font écho des sources antiques dont beaucoup ont été retrouvées après
lépoque du prophète.
Le livre dAbraham tel que rétabli par Joseph Smith raconte de manière
autobiographique la jeunesse dAbraham, expliquant pourquoi il a été choisi comme
destinataire clef des promesses divines destinées au bien de lhumanité. Non
seulement il avait été préordonné dans la vie prémortelle (Abr. 3:23; cf. Apocalypse
dAbraham 22:1-5), mais dans sa jeunesse à Ur il sopposa à lidolâtrie
et aux sacrifices humains, ce qui, ironie des choses, lui valut den devenir presque
victime (Abr. 1:5-20; cf. Genèse Rabbah 38:13). Ce qui est encore plus ironique,
cest que la délivrance de dernière minute dAbraham par Dieu préfigurait ce
qui allait se passer quand Abraham offrirait Isaac.
Après avoir épousé Sara et appris son droit par lignage à lordre patriarcal de
la prêtrise tel que révélé dans les «annales des pères» (Abr. 1:2-4, 26, 31; 2:2;
Jubilés 12:27; cf. D&A 107:40-57), Abraham se rendit à Charan, où il reçut
apparemment son ordination (Abr. 2:9-11; WJS, pp. 245, 303). Il vit aussi le Seigneur, qui
lui fit des promesses remarquables: Abraham serait béni au-delà de toute mesure; sa
postérité porterait lÉvangile à toutes les nations et tous ceux qui le
recevraient porteraient son nom, seraient comptés dans sa postérité et le béniraient
comme étant leur père (Abr. 2:6-11; cf. Ge. 12:1-3).
Accompagnés de leurs convertis, Abraham et Sara se rendirent à Canaan (Abr. 2:15;
Genèse Rabbah 39:14). La famine ne tarda pas à les forcer à aller en Égypte, non sans
que Dieu commande au préalable à Abraham de demander à Sara de se faire passer pour sa
sur (Abr. 2:22-25; Apocryphe de la Genèse 19:14-21) et lui donna ensuite une vision
du cosmos et de la création pour lui permettre de les enseigner aux Égyptiens (Abr. 3-5;
cf. Sefer Yetsirah).
Le récit du livre dAbraham prend fin ici, mais le dernier fac-similé du livre (le
n° 3) dépeint Pharaon qui prétend traditionnellement être seul détenteur de la
prêtrise et de la royauté (Abr. 1:25-27) honorant la prêtrise dAbraham en
lui permettant doccuper le trône et denseigner lastronomie à la cour
(cf. Pseudo-Eupolème; Josèphe, Histoire ancienne 1.viii.2). Le fait que le pharaon ait
reconnu la prêtrise dAbraham était inconnu dans toutes les autres sources antiques
jusquà la découverte, en 1947, de lApocryphe de la Genèse, censé, comme le
livre dAbraham, contenir un récit autobiographique dAbraham mais continuant
le récit en Égypte (Apocryphe de la Genèse 20:8-34): Quand le pharaon emmène Sara au
palais, Abraham, en larmes, fait appel à Dieu, lequel la protège immédiatement en
affligeant le pharaon. Laffliction empire, mais le pharaon finit par faire un rêve
où Abraham le guérit; le patriarche est alors convoqué et rend la santé au pharaon en
lui mettant les mains sur la tête. Cest le seul exemple connu dans lAncien
Testament ou dans les pseudépigraphes apparentés dune guérison par imposition des
mains, et il plante le décor pour la scène du livre dAbraham. Ensemble ces deux
sources expliquent pourquoi les anciens considéraient la rencontre dAbraham avec le
pharaon comme «un événement crucial dans lhistoire de lhumanité» (Nibley,
1981 [citant Wacholder], p. 63).
Mais cest Sara qui se trouve face au dilemme le plus difficile en Égypte: Si elle
honore la demande dAbraham (en feignant être vierge) et ses vux matrimoniaux
(en refusant les avances du pharaon), elle risque une mort certaine. Lautre choix
est simplement daccepter son nouveau rôle avec sa richesse et son influence
éblouissantes. Sara prouve sa fidélité au péril de sa vie et, comme Abraham et Isaac,
est finalement sauvée par Dieu. Son sacrifice prouve son égalité avec Abraham et leur
dépendance mutuelle (CWHN 1:98; IE 73, avr. 1970, pp. 79-95).
Dautres sources mormones éclairent des événements postérieurs de la vie
dAbraham, comme quand Sara, encore sans enfant après être retournée à Canaan,
donne sa servante Agar à Abraham (Ge. 16:1-3) et ainsi «servit Abraham selon la loi»
(D&A 132:65; voir aussi le verset 34) en accord avec danciennes sources
originaires du Proche-Orient que lon a maintenant et qui décrivent
lobligation légale dune épouse sans enfant. Le geste de Sara démontre, dit
un apôtre moderne, «son amour et sa fidélité à son mari» (JD 23:228) et est, dit
Philon, lune «des preuves innombrables» de son «amour conjugal
Partout et
en tout temps elle était à ses côtés
sa vraie partenaire dans la vie et dans les
événements de la vie, résolue à partager au même titre le bon et le mauvais» (À
propos dAbraham, pp. xlii-xliii).
Les sources de lÉglise décrivent en outre comment Abraham fut instruit au sujet de
Jésus-Christ par Melchisédek (EPJS, pp. 260-261), qui, comme prototype du Christ (TJS
Ge. 14:26-36; Al. 13:17-19), donna à Abraham la prêtrise selon lOrdre du Fils de
Dieu (voir Prêtrise de Melchisédek; D&A 84:14; 107:2-4; cf. Genèse Rabbah 43:6)
avec accompagnement dordonnances du temple préfigurant le Christ (Abraham,
fac-similé 2; Al. 13:2, 16; cf. Cave of Treasures [Budge], p. 148). Plus tard, Abraham
«regarda et vit les jours du Fils de lHomme, et se réjouit» (TJS Ge. 15:9-12;
Hél. 8:17; Jn. 8:56).
Lépreuve suprême dAbraham, le sacrifice dIsaac, fut à la fois le
rappel de lexpérience antérieure dAbraham et la préfiguration de choses à
venir. Des siècles avant Jésus, un prophète du Livre de Mormon dit du sacrifice
dIsaac par Abraham quil était une «similitude de Dieu et de son Fils
unique» (Jcb 4:4-5) tout comme beaucoup de pères chrétiens allaient le dire
rétrospectivement. La vie dAbraham symbolise donc et témoigne de son éminent
descendant, Jésus, qui, parce quil était également le Fils de Dieu, pouvait
expier pour Abraham et tous les autres.
La vie dAbraham préfigure aussi celle dun autre descendant, Joseph Smith
(D&A 132:30-31), dont la prière à lâge de quatorze ans fait écho à celle du
jeune Abraham au même âge (Jubilés 11:16-17; JSH 1:7-17). Les deux hommes avaient
été préordonnés; tous les deux avaient reçu la prêtrise, prêché lÉvangile
et rencontré une opposition redoutable; tous deux parlèrent face à face avec des
messagers divins et avec Dieu lui-même, tous deux possédaient un urim et un thummim,
traduisirent des documents antiques et rédigèrent des Écritures et tous deux fondèrent
une communauté influente de saints.
Mais le lien est plus direct. John Taylor dit quAbraham a visité Joseph Smith (JD
20:174-75; 21:94), dont la mission était aussi de révéler des connaissances perdues sur
Abraham (cf. 2 Né. 3:7, 12) et dont le ministère de rétablissement tout entier a aidé
à accomplir lalliance dAbraham que dans sa postérité toutes les nations
seraient bénies (2 Né. 29:14; 3 Né. 20:27, 29). Un but central de ce rétablissement
est de rendre les promesses dAbraham efficaces pour ses descendants, qui, par les
ordonnances du temple, peuvent recevoir les bénédictions dAbraham et être
scellés dans une chaîne dancêtres remontant jusquà Abraham et à Adam
(D&A2; EPJS, pp. 289-290).
Pour atteindre la gloire dAbraham, il est commandé aux saints des derniers jours
daller au Christ en «[faisant] les uvres dAbraham» dont la vie
constitue un modèle (D&A 132:32; cf. És. 51:1-2; Jn. 8:39; Coran 16:120-123). Ces
uvres commencent par le baptême et la réception du Saint-Esprit, sur quoi le
bénéficiaire doit «avancer résolument» (2 Né. 31:19-20) dans la justice, comme
Abraham, en obéissant à Dieu, en recevant la prêtrise et les ordonnances du temple, en
honorant les alliances, en fondant une cellule familiale, en instruisant les enfants, en
tenant des annales sacrées, en prêchant lÉvangile et en se montrant fidèle dans
lopposition (Abr. 1-2; Ge. 12-25). Quand on progresse le long de ce chemin, on se
calque de plus en plus sur Abraham et Sara et les bénédictions qui leur ont été
promises. Par exemple, quiconque nest pas descendant dAbraham mais reçoit le
Saint-Esprit devient la postérité dAbraham (EPJS, pp. 116-117; Abr. 2:10; cf. Ga.
3:29), tandis que tout homme qui magnifie la Prêtrise de Melchisédek devient de même la
postérité dAbraham (D&A 84:33-34). Et tout couple marié éternellement dans
le temple reçoit la promesse des bénédictions dAbraham une postérité
comme les étoiles du ciel et le sable au bord de la mer, signifiant un accroissement
éternel de sa postérité dans le royaume céleste (D&A 132:30; JD 11:151-152;
15:320).
Cette bénédiction dune postérité innombrable a été promise en plusieurs
occasions à Abraham (Abr. 3:13-14; Ge. 13:16; 15:5; 17:2, 6), mais ce nest que
quand il a démontré quil était disposé à offrir Isaac comme sacrifice que le
Seigneur a garanti les promesses (Ge. 22:16-18), montrant, explique Joseph Smith, que
toute personne qui veut atteindre la vie éternelle «doit tout sacrifier» (EPJS, p.
260). En conséquence, le peuple du Seigneur doit être «mis à lépreuve comme
Abraham» pour devenir sanctifié par le descendant dAbraham, le Christ (D&A
101:4-5; Mro. 10:33) en vue de «sasseoir dans le royaume de Dieu avec Abraham» et
Sara (Al. 5:24) sur un trône de gloire pour hériter les mêmes bénédictions de
lexaltation dont jouit déjà ce couple exemplaire (D&A 132:34-37; cf. Testament
dIsaac 2:5-7).
Bibliographie
Kimball, Spencer W. "The Example of Abraham." Ensign 6, juin 1975, pp. 3-7.
Nibley, Hugh. "A New Look at the Pearl of Great Price" IE 71-73, janv. 1968-mai
1970, une série darticles couvrant deux années.
Nibley, Hugh. Abraham in Egypt. Salt Lake City, 1981.
E. DOUGLAS CLARK
Abraham Évangile d
Auteur: FLAKE, JOËL A.
Le 3 avril 1836, les clefs de la «dispensation de lÉvangile dAbraham»
furent remises au prophète Joseph Smith et à Oliver Cowdery dans le temple de Kirtland
dans le cadre du rétablissement de toutes choses dans la dispensation de la plénitude
des temps (D&A 110:12). Il fut promis que par ceux qui recevraient lÉvangile
dans les derniers jours et leur postérité, toutes les générations qui
laccepteraient seraient bénies (HC 2:434-436). Ceci a renouvelé la promesse faite
jadis à Abraham (Ge. 12:1-3; Abr. 2:6, 9-11; cf. Ga. 3:7-9, 29).
Les saints des derniers jours enseignent quAdam, Hénoc, Noé, Abraham et beaucoup
dautres ont été à la tête de dispensations de lÉvangile. Les
bénédictions et les commandements divins ont été conférés en fonction des
circonstances du peuple fidèle de Dieu dans chaque dispensation.
La dispensation de lÉvangile dAbraham comprend lordre patriarcal de la
prêtrise et lalliance du mariage éternel (D&A 131:1-4; 132:28-30; voir aussi
Mariage: Mariage éternel), par lesquels lalliance abrahamique est perpétuée de
génération en génération parmi les fidèles. Abraham reçut la promesse quil
aurait une postérité innombrable dans le monde et hors du monde. Cette promesse est
renouvelée à tous ceux qui obéissent à lÉvangile de Jésus-Christ et reçoivent
lalliance sacerdotale du mariage céleste, «et c'est par cette loi que se
perpétuent les uvres [du] Père» parmi lhumanité tant dans le temps que
dans léternité (D&A 132:31-33). Le rétablissement de toutes choses comprenait
la restitution des clefs à Joseph Smith pour la rendre possible à lépoque moderne
pour tous ceux qui font les uvres dAbraham pour hériter lalliance et
les bénédictions dAbraham. [Voir aussi Postérité dAbraham.]
JOEL A. FLAKE
Abrahamique Alliance
Auteur: RASMUSSEN, ELLIS T.
Lalliance divine archétypale, dont lalliance dAbraham est un exemple,
est lalliance éternelle de lÉvangile de Jésus-Christ. En acceptant
lÉvangile, lhumanité peut être rachetée de lissue fatale de la mort
et de la tache du péché pour jouir de la vie éternelle avec Dieu.
La mission dAbraham nétait pas nouvelle; elle était comme la mission
dAdam, de Hénoc et de Noé. Le même pouvoir divin ou prêtrise qui leur donnait
lautorité de promulguer lalliance de la rédemption divine pour les enfants
de Dieu à leur époque a été renouvelée avec Abraham et sa postérité; elle devait
être explicitement perpétuée par lui et ses héritiers littéraux et spirituels pour
toujours (Ge. 12:1-3; Abr. 1:18-19; 2:6, 9-11).
ACCOMPLISSEMENT PAR ABRAHAM DE LA MISSION DE LALLIANCE Abraham apprit dans les
annales de ses ancêtres ce qui concernait le Dieu vrai et vivant et les pouvoirs
salvateurs de la prêtrise. Bien que ses ascendants directs eussent apostasié de
lÉvangile, il désirait et reçut, de la part de Melchisédek, cette vraie
prêtrise avec ses pouvoirs et ses responsabilités (Abr. 1:1-7, 18, 19, 31; D&A
84:14; Al. 13:14-19; Ge. 14:18-20).
Les Chaldéens idolâtres avaient rejeté Abraham et lavaient mis sur un autel pour
le sacrifier (Abr. 1:5-12) mais le Seigneur le sauva et lui commanda de partir de chez lui
à Ur pour une nouvelle terre promise (Ge. 11:27-32; 12:1-3; Abr. 1:1, 17; 2:1-5). Abraham
emmena dautres membres de sa famille dans un endroit quils appelèrent Charan,
où il gagna dautres convertis aux voies du Seigneur. Il partit avec eux pour
entreprendre son ministère au pays qui lui était promis, à lui et à tous ses
descendants qui écouteraient la voix du Seigneur (Abr. 2:6, 14-20; Ge. 12:4-8).
Abraham et son groupe sinstallèrent dabord dans la région de Béthel,
bâtirent un autel et proclamèrent le nom du Seigneur, façon de faire quil
perpétua dans les foyers quil fonda par la suite (Ge. 12:8; 13:4, 18). Près de
Béthel, les promesses et les responsabilités de lalliance furent renouvelées et
la circoncision devint le signe de lalliance, pour rappeler à tous les détenteurs
de rester purs et exempts de péché (Ge. 17). Abraham devint un homme de bonne
réputation (Ge. 14:13, 18-20; 23:1-16) et eut la confiance de Dieu, qui fit son éloge en
disant: «Je l'ai choisi, afin qu'il ordonne à ses fils et à sa maison après lui de
garder la voie de l'Éternel, en pratiquant la droiture et la justice» (Ge. 18:19). Il
connut lépreuve suprême et une révélation de la signification de lalliance
rédemptrice lorsque Dieu exigea quà titre de préfiguration du sacrifice du
Sauveur, il soit disposé à sacrifier son propre fils. Il réussit lépreuve, son
fils fut sauvé et il apprit comment tous peuvent être sauvés par le Rédempteur divin
(Ge. 22:1-18; Jn. 8:56; Jcb. 4:5; Ga. 3:8).
PERPÉTUATION DE LA MISSION PAR LES HÉRITIERS DABRAHAM. Les successeurs littéraux
et spirituels dAbraham apprirent à garder lalliance par les choses
quils subirent. Leurs efforts eurent parfois du succès et leurs voisins furent
impressionnés (Ge. 17:1-7; 26:1-5, 24-28; 28:13-22; 30:25-27; 32:24-29; 35:1-15; 39:1-6,
21-23; 40:8; 41:9-16, 37-42).
Une bénédiction patriarcale donnée par Jacob (Israël), petit-fils dAbraham, à
ses douze fils définit les rôles futurs de lalliance pour ses descendants, en
particulier ceux issus de Juda et de Joseph (Ge. 49:10, 22-26).
En plus de la postérité de Jacob, Abraham eut des descendants par Ismaël, le fils
dAgar, servante de Sara. Dans la famille dIsmaël, on cite «douze princes»
qui fondèrent des «parcs» et des «enclos» (Ge. 25:12-16). Six fils par Ketura, autre
épouse dAbraham, sont également cités parmi ses familles: Zimran, Jokschan,
Medan, Madian, Jischbak et Schuach (Ge. 25:2). Il leur promit à tous des dons avant de
mourir (Ge. 25:1-7), notamment des dons spirituels. Un descendant, Jéthro (ou Reuel),
sacrificateur de Madian, fournit à Moïse une épouse, lordonna à la prêtrise et
le conseilla sur la façon dorganiser, de gouverner et de juger Israël (Ex.
2:16-22; 18:12-27; D&A 84:6-16). De nombreux descendants dÉsaü, avec leurs
chefs tribaux et leurs rois, sont également mentionnés (Ge. 36).
Aujourdhui, des millions de personnes considèrent Abraham comme leur père. Tous
peuvent avoir les bénédictions de son alliance : il leur suffit de faire les uvres
dAbraham. Le Seigneur na jamais dit à Abraham que lui seul serait béni par
lalliance ou quelle ne bénirait que sa postérité littérale; la mission
était quen lui et en sa postérité toutes les familles de toutes les nations
seraient bénies. Tous ceux qui acceptent lalliance du divin Rédempteur deviennent
spirituellement la postérité dAbraham et reçoivent les mêmes bénédictions que
ses descendants biologiques (Ge. 12:1-3; Abr. 2:8-11; Ga. 3:7-9, 26-29; cf. Jean 8:33, 37,
39; Ro. 9:6-8).
LHÉRITAGE ABRAHAMIQUE PAR MOÏSE ET LES PROPHÈTES La mission de Moïse était de
délivrer les enfants dIsraël du joug de lesclavage et de la mort en Égypte
et de les ramener dans la Terre promise. Ils ne devaient entrer dans le pays que lorsque
liniquité des habitants précédents serait devenue si excessive quils se
seraient plus dignes de le conserver (1 Né. 17:35; Ge. 15:13-16; 17:7-9; TJS Ge. 17:4-7;
Ex. 4:22-23; 6:1-8). Par Moïse, le Seigneur donna aux Israélites des lois, des
ordonnances, des statuts et des commandements pour les aider à se rappeler leurs devoirs
envers Dieu et pour faire deux un royaume de sacrificateurs, un peuple saint, un
peuple acquis en tant que serviteurs exemplaires de Dieu (Ex. 19:1-6, 20 et suiv.; De.
4:1-6; Mos. 13:27-30).
Israël vécut effectivement selon lalliance dans les derniers jours de Moïse et du
temps de son successeur, Josué; mais à lépoque des juges et au-delà, les
Israélites tombèrent dans la manière de vivre des tribus voisines au lieu de suivre les
lois morales et religieuses du vrai Dieu (Jg. 2:7-13; 17:6; 21:25). Parce que les cycles
dapostasie se répétèrent pendant toute lhistoire dIsraël, les
Israélites furent périodiquement réprimandés par les prophètes pour leurs péchés et
appelés au repentir (par exemple, És. 1:1-4; Os. 4:1-6; Am. 3; Mi. 3; Jé. 2; Éz. 2).
Deux thèmes dominent les messages des prophètes de lAncien Testament: (1) le
Rédempteur promis viendrait et, quoique rejeté par beaucoup, il ouvrirait le chemin
promis vers le salut pour tous; (2) dans les derniers jours, lalliance
dAbraham serait rétablie (Es. 2:2-5, 11; 7:14-16; 9:1-7; 52:13-15, 53; Jé. 23:5-8;
Éz. 37:11-28; Da. 9:21-27; Mi. 5:2-5; Za. 9:9-11; 11:10-13; 13:6; 14:4-9).
ACCOMPLISSEMENT ET PERPÉTUATION Le Rédempteur est venu, et les lois et les prophéties
ont préparé les fidèles à le recevoir (Ga. 3:16-24, 25-29; Ac. 2:47; 5:14; 1 Co.
15:6). Il a accompli sa mission denseignement et de sacrifice personnels sur la
terre, puis il a chargé les nouveaux héritiers chrétiens de lalliance de la faire
connaître au monde entier (Mt. 24:14; 28:19-20; Mc. 16:15-16). Cependant, pendant des
siècles, le pouvoir sacerdotal dadministrer les ordonnances appropriées de
lalliance et certaines facettes essentielles de doctrine ont été perdus. Tous ont
maintenant été rétablis dans la dispensation moderne de lÉvangile (D&A
110:11-16) et sont de nouveau accessibles à toutes les familles et nations de la terre.
Bibliographie
Brandt, Edward J. "The Covenants and Blessings of Abraham" Ensign 3, févr.
1973, pp. 42-43.
Kimball, Spencer W. Abraham: An Example to Fathers. Salt Lake City, 1977.
Nyman, Monte S. "Abraham, the Father of the Faithful" Sperry Lecture Series.
Provo, Utah, 1975.
Guide par sujet, "Abrahamic Covenant"; et Dictionary, "Abraham, Covenant
of." Dans lédition de lÉglise de la King James Version de la Bible.
Salt Lake City, 1979.
ELLIS T. RASMUSSEN
Adam
Cette rubrique se compose de deux sections:
Adam: Sources mormones
Adam: Sources antiques
Le premier article traite des enseignements mormons au sujet dAdam. Le second
propose plusieurs sources apocryphes et pseudépigraphiques comme points de comparaison.
On trouvera de plus amples renseignements sur Adam dans Adamique, langue, Ève, Chute
dAdam, Condition mortelle, Péché originel, et Plan du salut, Plan de Rédemption;
concernant les débuts de la vie terrestre, voir Création; Création, récits de la,
Terre, Évolution, Jardin dÉden, Origine de lhomme, But de la vie terrestre:
Perspective mormone, et Mondes.
Adam, Chute d'
Auteur: MATTHEWS, ROBERT J.
Les saints des derniers jours voient dans la chute d'Adam et Ève un événement réel qui
s'est produit dans le jardin d'Éden et a affecté la terre entière et chaque individu du
genre humain. La Chute était une étape nécessaire à la progression éternelle de
l'humanité et a introduit les conditions qui ont rendu la mission de Jésus-Christ
absolument nécessaire pour le salut. Les quatre ouvrages canoniques et les enseignements
de beaucoup de dirigeants éminents de l'Église sont les sources de la doctrine de la
Chute chez les saints. Ces sources sétendent longuement sur les effets bénéfiques
de la Chute comme élément du «grand plan du bonheur» de Dieu (Al. 42:8) pour ses
enfants et témoignent qu'Adam et Ève doivent être honorés pour ce quils ont fait
(voir Plan du salut, Plan de Rédemption; But de la vie sur terre: Perspective des
saints).
La création de la terre a été un processus en plusieurs étapes dans lequel la chute
d'Adam et Ève et leur expulsion du jardin d'Éden ont été les étapes finales
nécessaires pour réaliser la condition mortelle. Sans la Chute, Adam et Ève n'auraient
pas eu denfants (2 Né. 2:23); par conséquent, le genre humain n'aurait pas existé
sur cette terre dans les conditions et les circonstances existant dans le jardin. Le
prophète Léhi explique: «Adam tomba que les hommes fussent» (2 Né. 2:25) et Hénoc
déclare: «Cest parce quAdam tomba que nous sommes» (Moï. 6:48).
Après la Chute, l'Évangile de Jésus-Christ fut enseigné à Adam et à Ève et ils se
réjouirent de leur situation. Adam bénit Dieu en disant: «À cause de ma transgression,
mes yeux sont ouverts, et j'aurai de la joie dans cette vie, et je verrai de nouveau Dieu
dans la chair» (Moï. 5:10). Et Ève fut heureuse, disant: «Sans notre transgression,
nous n'aurions jamais eu de postérité et nous n'aurions jamais connu le bien et le mal,
la joie de notre rédemption et la vie éternelle que Dieu donne à tous ceux qui
obéissent» (Moï. 5:11).
La Chute na pas été un accident, ni une obstruction au plan de Dieu, ni une fausse
route dans le parcours de l'humanité. «Le Seigneur
a créé la terre afin qu'elle
soit habitée» par ses enfants (1 Né. 17:36), et puisque Adam et Ève n'auraient pas eu
denfants dans leur état édénique, la Chute a été tout bénéfice pour
l'humanité. Cela faisait partie du plan du Père, connu de lui à lavance et
essentiel au genre humain. Tout «a été fait dans la sagesse de celui qui sait tout» (2
Né. 2:24).
La Chute a apporté deux genres de mort à Adam, à Ève et à leur postérité: la
séparation de l'esprit et du corps physique, que les Écritures appellent «la mort
temporelle» (Al. 11:42-43) et lexclusion de la présence de Dieu, qui est appelée
la mort spirituelle (2 Né. 9:6; D&A 29:41). Jésus-Christ rachète de manière
inconditionnelle toute l'humanité des deux morts introduites par la chute d'Adam (voir
Péché originel), relève toute l'humanité du tombeau et la ramène en la présence de
Dieu pour le jugement (Hél. 14:16-17). L'Expiation rachète également les individus des
conséquences de leurs propres péchés à condition quils se repentent.
Le Livre de Mormon explique: «L'homme naturel est ennemi de Dieu, et l'est depuis la
chute d'Adam, et le sera pour toujours et à jamais, à moins qu'il ne se rende aux
persuasions de l'Esprit-Saint, et ne se dépouille de l'homme naturel, et ne devienne un
saint par l'expiation du Christ, le Seigneur» (Mos. 3:19; cf. Al. 22:14; 42:9-15). Dieu
«a créé Adam, et par Adam vint la chute de l'homme. Et à cause de la chute de l'homme
vint Jésus-Christ
et à cause de Jésus-Christ est venue la rédemption de
l'homme» (Mrm. 9:12; cf. 2 Né. 9:6).
Les Doctrine et Alliances disent que la Chute est le résultat de la transgression: «Le
diable tenta Adam, et celui-ci prit du fruit défendu et transgressa le commandement
C'est pourquoi, moi, le Seigneur Dieu, je le fis chasser du jardin d'Éden, de ma
présence, à cause de sa transgression, en quoi il devint spirituellement mort» (D&A
29:40-41). Par la suite, Dieu envoya des anges enseigner à Adam et à sa postérité «le
repentir et la rédemption par la foi au nom de [son] Fils unique» (D&A 29:42; cf.
Moï. 5:6-8).
La Chute n'était pas un péché contre la chasteté. Adam et Ève étaient «mari et
femme» et Dieu leur avait commandé de se multiplier (Ge. 1:27-28; Moï. 3:21-25; Abr.
5:14-19). Joseph Fielding Smith, un apôtre, explique : «La transgression d'Adam n'était
pas un péché sexuel comme certains le croient et lenseignent erronément. Adam et
Ève furent mariés par le Seigneur pendant qu'ils étaient encore des êtres immortels
dans le jardin d'Éden et avant que la mort nentrât dans le monde» (DS1, p. 116;
cf. JC, pp. 30-33).
L'Écriture ancienne et moderne établit un rapport indissociable entre la chute d'Adam et
l'expiation de Jésus-Christ. Paul résume cela comme suit: «Comme tous meurent en Adam,
de même aussi tous revivront en Christ» (1 Co. 15:22). La révélation moderne souligne
en outre que le Christ rachètera tout de la mort et des effets de la Chute.
Le prophète Joseph Smith a enseigné que le rôle d'Adam était d «ouvrir la voie
vers le monde» (EPJS, p. 7); il a donc été le premier homme à entrer dans la condition
mortelle, et la chute d'Adam a un effet mortel sur la terre entière. La terre mourra
(D&A 88:25-26), mais par le pouvoir expiatoire de Jésus-Christ, «la terre sera
renouvelée et recevra sa gloire paradisiaque» (10e A de F). «Tout deviendra nouveau, le
ciel et la terre et toute leur plénitude, les hommes et les bêtes, les oiseaux du ciel
et les poissons de la mer. Et ni un cheveu, ni un fétu de paille ne seront perdus, car
c'est l'uvre de ma main» (D&A 29:24-25; cf. 101:24-26; És. 51:6).
Comme Léhi la déclaré: «Si Adam n'avait pas transgressé, il ne serait pas
tombé, mais il serait resté dans le jardin d'Éden. Et toutes les choses qui avaient
été créées auraient dû rester exactement dans l'état dans lequel elles étaient
après avoir été créées; et elles auraient dû rester à jamais et ne pas avoir de
fin» (2 Né. 2:22; cf. Moï. 3:9). Diverses interprétations ont été suggérées au
sujet de la nature de la vie sur la terre avant la Chute et sur la façon dont la Chute a
physiquement affecté le monde, mais elles vont au-delà de la doctrine clairement
exprimée par l'Église. L'Église et les Écritures sont cependant formelles pour dire
que la Chute a apporté les deux genres de mort à Adam et à sa postérité.
Bibliographie
McConkie, Joseph Fielding, et Robert L. Millet, dir. de publ. The Man Adam. Salt Lake
City, 1990.
Packer, Boyd K. "The Law and the Light." Dans The Book of Mormon: Jacob Through
Words of Mormon, to Learn With Joy, pp. 1-31. Provo, Utah, 1990.
Smith, Joseph Fielding. Man, His Origin and Destiny. Salt Lake City, 1954.
ROBERT J. MATTHEWS
Adam: Sources mormones
Auteur: BAILEY, ARTHUR A.
Pour des
saints des derniers jours, Adam est lun des plus nobles et des plus grands de tous
les hommes. Les informations que lon trouve dans les Écritures et dans les
déclarations des apôtres et des prophètes modernes révèlent des détails au sujet
dAdam et de son rôle important dans la vie préterrestre, en Éden, dans la
condition mortelle et dans sa vie postmortelle. Elles donnent à Adam des noms et des
titres tels que Michel (D&A 27:11; 29:26), archange (D&A 88:112) et Ancien des
jours (D&A 138:38).
Le prophète Joseph Smith a enseigné que Michel, dont il est question dans la Bible (Da.
10:13; Jud. 1:9; Ap. 12:7), est Adam. Dans sa vie prémortelle, Adam reçut la prêtrise
(EPJS, p. 124), se vit enseigner le plan de Dieu (EPJS, p. 133) et fut désigné pour
être à la tête de la famille humaine (EPJS, p. 125). Il participa à la création de la
terre et occupa un poste dautorité à côté de Jésus-Christ (EPJS, p. 125), sous
la direction duquel il fonctionne en tout temps (D&A 78:16). Il mena les forces de la
justice contre le diable et «ses anges», qui furent vaincus et expulsés du ciel (voir
Guerre dans les cieux).
Les Écritures modernes certifient quAdam est un fils de Dieu, que son corps
physique a été créé par les Dieux à leur propre image et placé dans le jardin
dÉden (Moï. 6:9, 22; Abr. 5:7-11; EPJS, p. 279-286; cf. 2 Né. 2:14-19). Dans cet
état physique/spirituel en Éden, Adam fut appelé le «premier homme» (Moï. 1:34) et
reçut la responsabilité de cultiver le jardin et d «ouvrir la voie vers le
monde» (EPJS, p. 7). Il reçut la domination et la responsabilité de la terre, et il
donna des noms à ses créatures (Moï. 3:19). Il fut uni à Ève par le mariage (Abr.
5:4-19), mais dans leur état prémortel «ils nauraient pas eu denfants» (2
Né. 2:23). Adam reçut les grandes clefs de la prêtrise (Abr., fac-similés 2, 3) et ses
ordonnances furent confirmées sur Adam et Ève (cf. EPJS, p. 133).
Pour obéir au commandement de Dieu de multiplier et de peupler la terre, Adam et Ève
transgressèrent la loi. Leur action délibérée eut comme conséquence leur chute (voir
Chute dAdam), et ils furent expulsés du jardin. «Adam tomba pour que les hommes
fusent, et les hommes sont pour avoir la joie» (2 Né. 2:25). Leur action précipita
donc, comme Dieu lavait projeté, la phase terrestre du plan du salut.
Dans leur condition mortelle, des messagers célestes continuèrent à instruire Adam et
Ève au sujet du plan du salut (Moï. 5:4-9; 6:50-54). Ils reçurent les ordonnances de la
prêtrise (Moï. 5:59; 6:64-65) et tout ce qui était nécessaire pour instruire leurs
enfants (Moï. 5:12). Les sources mormones disent quavec Ève, Adam eut des fils et
des filles avant que Caïn et Abel ne naissent (Moï. 5:2-3, 16-17). Ils souffrirent des
effets des tentations du diable et connurent le chagrin de dissensions familiales qui
conduisirent au meurtre et à la méchanceté parmi certains de leurs enfants (Moï.
5:12-53).
Adam et Ève avaient une langue pleinement développée et tenaient des annales (Moï.
6:5-9). Ils tinrent leur généalogie et le récit de la Création. Trois ans avant sa
mort, Adam convoqua sa postérité juste à Adam-ondi-Ahman et lui donna sa bénédiction
finale (D&A 107:53).
Premier sur cette terre à recevoir les clefs de la prêtrise, Adam continue à dispenser
de lautorité à dautres et à superviser ladministration de la
prêtrise sur la terre; ceux à qui des clefs ont été données doivent les rendre ou en
rendre compte à Adam, et lui, de son côté, les remettra ou en rendra compte au Christ
(EPJS, pp 124, 133). Ceci se produira quand lancien des jours (Adam) assistera à un
conseil à Adam-ondi-Ahman précédant lavènement du Christ (Da. 7:9-10; cf. EPJS,
p. 95).
À la fin du millénium, Adam, en tant que Michel, mènera de nouveau les justes au combat
contre le diable et ses armées. Michel et les armées du ciel lemporteront de
nouveau (D&A 88:111-115). Quand Adam sonnera de la trompette, les tombes
souvriront et le reste des morts se lèvera pour être jugé (D&A 29:26-27).
Soumis au Père et au Christ, Adam présidera alors éternellement sur sa postérité
(EPJS, p. 124).
Les divers titres dAdam ont trait à des phases particulières de sa mission. Dans
son rôle prémortel et postmortel, il est connu sous le nom de Michel et comme archange
(D&A 29:26). En hébreu, Michel veut dire un «qui est comme Dieu», et dans son rôle
puissant et principal comme archange, Adam est le capitaine des armées du Seigneur dans
la bataille contre le diable et ses forces. Adam est le nom qui lui a été donné pour la
condition mortelle (Moï. 1:34). En hébreu, adam veut dire «homme» ou «humanité».
Dans les sources mormones, les autres significations du mot sont «premier homme»
(D&A 84:16), «beaucoup» (Moï. 1:34) et «premier père» (Abr. 1:3), dénotant son
rôle historique de «grand ancêtre» de la famille humaine tout entière (EPJS, p. 133).
«Ancien des jours» semble être son titre parce quil est «le premier et le plus
vieux de tous» (EPJS, p. 133).
Adam a été tenu en haute estime par tous les prophètes anciens et modernes. Brigham
Young a exprimé en 1852 et au cours des années suivantes lidée quAdam «est
notre Père et notre Dieu, et le seul Dieu auquel nous ayons affaire» (JD 1:50). Cette
réflexion en a amené certains à penser que Brigham Young voulait dire quAdam, qui
était sur terre notre ancêtre, était en réalité Dieu le Père. Mais cette
interprétation a été officiellement rejetée comme incorrecte (Kimball, p. 77). Plus
loin dans le même discours, Brigham Young dit clairement «que la terre a été
organisée par trois personnes distinctes, à savoir Élohim, Yahovah et Michel» (JD
1:51). On peut aussi trouver dautres renseignements sur les sentiments de Brigham
Young à propos dAdam dans un discours de conférence donné le 8 octobre 1854 (JD
1:50), clarifiant quelque peu sa précédente déclaration. Il y laisse entendre que par
un processus connu sous le nom dinvestiture divine, Dieu délègue son pouvoir à
ses enfants. Adam fut le premier sur terre à recevoir cette autorité, qui comprend
toutes les clefs, tous les titres et tous les pouvoirs essentiels possédés par le Père
(D&A 84:38; cf. 88:107). Il lui avait ainsi conféré tout ce qui était nécessaire
à laccomplissement de ses nombreuses responsabilités et Adam est un nom-titre
signifiant quil est le premier homme et père de tous.
Adam: Sources antiques
Auteur: PALMER, MARTIN J.
Les sources juives et chrétiennes antiques disent dAdam quil est le premier
humain et lancêtre du genre humain. Beaucoup de textes apocryphes retouchent le
récit adamique de lAncien Testament et contiennent ou reflètent des traditions
antiques précieuses. Certains saints des derniers jours ont comparé utilement
quelques-unes de ces idées avec certains concepts au sujet dAdam mentionnés dans
les sources des saints des derniers jours.
Dans le judaïsme, Genèse 1-2 est utilisé comme base pour comprendre la relation de
lhumanité avec Dieu. La postérité dAdam a hérité de sa nature déchue, et
pourtant Adam est considéré comme le modèle archétypal de lhumanité, comme cela
ressort de textes qui remontent au moins aux temps hellénistiques (IIe siècle av. J.-C.)
et est amplifié dans la philosophie juive médiévale. Philon, suivant un modèle
platonicien, voit, dans les deux récits de la création de la Genèse, une distinction
entre un homme céleste ou spirituel, créé dabord spirituellement à limage
de Dieu (Ge. 1:27; cf. Moï. 3:5), et un deuxième, un homme terrestre, formé avec la
poussière (Ge. 2:7). La plupart des exégètes juifs acceptaient lhistoricité du
récit biblique; toutefois, Genèse 2:8-3:24 était souvent interprété allégoriquement.
Le Talmud et la Haggada ont ajouté de riches détails à lhistoire adamique,
notamment une description impressionnante dans laquelle toutes les générations futures
et leurs prophètes passèrent devant Adam, qui les contempla (Sanh. 38b;
Av. Zar. 5a; Ge. R. 24:2; cf. D&A 107:55-57). Adam reçut les lois noachides (Sanh.
56b) et la loi du sabbat (Mid. Ps. jusquà 92:6). Il fut le premier homme à offrir
des sacrifices (Av. Zar. 8a; cf. Moï. 5:5). Les kabbalistes médiévaux ajoutèrent aussi
des interprétations mystiques, bien quAdam ne soit jamais identifié ici comme
étant Michel, comme dans les Écritures des saints des derniers jours (voir D&A
27:11; 107:54; 128:21).
La théologie chrétienne orthodoxe, articulée pendant le deuxième siècle par Irénée
et dautres en réponse aux contestations avancées par le gnosticisme, voyait
fidèlement lAncien Testament à travers le rôle du Christ. Le christianisme
primitif considérait lincarnation et lexpiation de Jésus-Christ comme
laccomplissement de luvre commencée par Adam. Alors quAdam était
le prototype du vieil homme mortel, le Christ devint le prototype du nouvel homme,
jouissant de la promesse de limmortalité. Jésus devint «le deuxième Adam», dont
lExpiation permettait à lhumanité de surmonter les effets de la Chute (1 Co.
15:22, 45).
Lhistoire de la création et le récit adamique de la Genèse étaient
particulièrement importants dans le gnosticisme, qui interprétait la Chute comme
leffondrement du principe divin dans le monde matériel. Ceci contribua à
lattitude négative du gnosticisme envers la création physique. Plusieurs écrits
gnostiques traitent dAdam. Lun deux, lApocalypse dAdam,
trouvé à Nag Hammadi, dépend fortement des traditions apocalyptiques juives et ne
contient aucun point de doctrine chrétien explicite. Il prétend être une révélation
donnée à Adam après la Chute par trois messagers célestes, expliquant la nature et
lampleur de la Chute et apportant la promesse dun Rédempteur futur. Cette
connaissance est alors passée dAdam à Seth et à ses descendants (cf. D&A
107:41-57).
La Vie dAdam et Ève est une uvre apocryphe importante traitant de la vie et
de la mort dAdam. Elle fut probablement écrite en Palestine entre 100 av. J.-C. et
200 apr. J.-C. Elle a été conservée dans les révisions grecque, latine et slave,
chacune considérablement différente des autres. Cette uvre décrit en détail le
repentir dAdam et dÈve après leur départ du jardin dÉden (cf. Moï.
6:50-68). Aucun point de doctrine clair et central ne sen dégage, mais le texte
souligne les idées de jugement final et de résurrection. Les autres éléments
eschatologiques sont absents. On ny trouve aucune indication de la doctrine
traditionnelle du péché originel. Adam est parfait; Ève, faible mais pas méchante,
déplore ses propres imperfections tout en aimant Adam et en lui obéissant.
Un élément central de la Caverne des trésors, une uvre syriaque, est son histoire
dune caverne où Adam a vécu et a été enterré. Son corps est récupéré par
Noé, qui lemporte dans larche et lenterre de nouveau sur le Golgotha.
Selon ce récit, le sang rédempteur de Jésus, également appelé «le dernier Adam»,
versé à la crucifixion, a dabord coulé sur la tombe dAdam, démontrant un
lien inexorable entre la chute dAdam et lexpiation du Christ. Ainsi, dans
lÉvangile de Barthélemy 1:22, Jésus dit à Adam: «Jai été mis en croix
pour toi et pour tes enfants» et dans 2 Hénoc 42, Adam dans le paradis est amené dehors
«avec les ancêtres
pour quils puissent être remplis de joie» et de
richesse éternelle.
Il existe de nombreux textes antiques au sujet dAdam, notamment le livre éthiopien
dAdam et Ève et les livres arméniens de La mort dAdam, lHistoire de
lexpulsion dAdam du paradis, lHistoire de Caïn et Abel, les Fils
dAdam, et Des bonnes nouvelles de Seth.
Bibliographie
Ginzberg, Louis. Legends of the Jews, Vol. 1, pp. 3-142. Philadelphie, 1937.
Johnson, M. D. "The Life of Adam and Eve". Dans The Old Testament
Pseudepigrapha, dir. de publ. J. Charlesworth, Vol. 2, pp. 249-95. Garden City, N.Y.,
1985.
Robinson, James M., dir. de publ. The Nag Hammadi Library, 2e éd. New York, 1989.
Robinson, Stephen E. "The Apocalypse of Adam". BYU Studies 17, hiver 1977, pp.
131-153.
Robinson, Stephen E. "The Book of Adam in Judaism and Early Christianity". Dans
The Man Adam, dir. de publ. J. McConkie et R. Millet, pp. 131-150, donnant une liste de
titres de nombreux ouvrages antiques. Salt Lake City, 1990.
MARTIN J. PALMER
Adamique, Langue
Auteur: ROBERTSON, JOHN S.
La notion de langue adamique sest développée parmi des saints des derniers jours
à partir de passages dÉcriture, de commentaires des premiers dirigeants de
lÉglise et de la tradition qui a suivi. Elle ne joue pas un rôle doctrinal
essentiel et il ny a pas de position officielle de lÉglise qui définisse sa
nature ou son statut.
Les Écritures disent que cette langue, écrite et parlée par Adam et ses enfants, était
«pure et sans tache» (Moï. 6:5-6). Brigham Young a enseigné quelle a continué
dAdam à Babel, lorsque le Seigneur «a fait oublier au peuple sa propre langue
maternelle
le dispersant au-dehors sur la face de la terre entière», excepté sans
doute en ce qui concerne Jared et sa famille dans le Livre de Mormon (JD 3:100; cf. Ge.
11:1-9; Mos. 28:17). Cette déclaration reflète la croyance mormone très répandue que
les membres fondateurs de la civilisation jarédite ont conservé la langue adamique lors
de leur émigration vers le Nouveau Monde (Ét. 1:33-43; 3:24-28). Ainsi, la description
que fait le frère de Jared de sa vision apocalyptique a été rendue linguistiquement
inaccessible sans laide interprétative divine, puisque «la langue que tu écriras,
[moi, Dieu] je l'ai confondue» (Ét. 3:21-28).
Dans les premières années de lÉglise, quelques mots de la langue adamique ont pu
avoir été révélés à Joseph Smith (JD 2:342) et à dautres dirigeants de
lÉglise, dont Brigham Young (HC 1:297) et Elizabeth Ann Whitney (Womans
Exponent 7, 1er nov. 1878, p. 83) dont on a dit quils ont parlé en langues. Plus
récemment, le président Benson a fait allusion à son rétablissement universel possible
pour résoudre la diversité linguistique (Teachings of Ezra Taft Benson, Salt Lake City,
1988, p. 93; cf. Brigham Young, JD 3:100).
Puisquon considère généralement quune langue reflète sa culture, il est
possible que lérosion de la pureté de la culture adamique après Babel ait conduit
à une perte concomitante de pureté dexpression dans la langue qui en est le
reflet.
JOHN S. ROBERTSON
Adam-ondi-Ahman
Auteur: BERRETT, LAMAR C.
Adam-ondi-Ahman, une colonie dans le comté de Daviess (Missouri), reçut en 1838 son nom
peu commun du prophète Joseph Smith au moment où les saints des derniers jours entraient
dans la région. Les membres de lÉglise avaient été expulsés du comté de
Jackson (Missouri) en 1833 après trois ans dasile provisoire et avaient été plus
tard priés de quitter le comté de Clay. Quand ils avaient fait appel à la législature
de létat pour quelle crée un nouveau comté «pour des Mormons», les
comtés de Caldwell et de Daviess avaient été organisés. Les saints
sinstallèrent immédiatement dans le comté de Caldwell avec Far West comme siège
du comté et se mirent sans tarder à coloniser le comté avoisinant de Daviess. En mai
1838, Joseph Smith conduisit des arpenteurs à une courbe en fer à cheval de la Grand
River, à cent-dix kilomètres au nord de lactuelle Kansas City et proclama une
nouvelle communauté quil appela Adam-ondi-Ahman parce que, dit-il, «cest
lendroit où Adam viendra visiter son peuple, lendroit où lAncien des
jours siégera, comme le dit Daniel, le prophète» (HC 3:35; D&A 116). Orson Pratt a
interprété le nom comme voulant dire «vallée de Dieu où Adam a demeuré» (JD
18:343).
Les révélations du prophète indiquaient plusieurs choses au sujet de la région: (1) le
jardin dÉden était situé au comté de Jackson (Missouri) et après avoir été
expulsé du jardin, Adam se rendit à Adam-ondi-Ahman; (2) trois ans avant sa mort, Adam
réunit les justes de sa postérité à Adam-ondi-Ahman et leur conféra sa dernière
bénédiction; (3) cet emplacement serait lendroit dune future réunion du
Seigneur avec Adam et les saints, comme annoncé par le prophète Daniel (Da. 7:9-14,
21-27; 12:1-3).
Quand il arriva dans la vallée avec léquipe darpenteurs, Joseph Smith trouva
trois ou quatre familles de saints des derniers jours qui y vivaient déjà et fit de la
cabane de rondins de Lyman Wight son quartier général. De juin à octobre 1838, la
population des trois kilomètres carrés dAdam-ondi-Ahman grimpa jusquà
environ 400 âmes. 600 autres, dispersées dans tout le comté de Daviess considéraient
Adam-ondi-Ahman comme leur capitale.
Quelque 90% des saints du comté de Daviess sinstallèrent sur des terres en vertu
des «droits de préemption», ce qui voulait dire que le gouvernement navait pas
encore rendu les terres disponibles pour lachat. Croyant quils finiraient par
posséder la terre, les saints des derniers jours travaillèrent dur pour développer
leurs fermes. En juin 1838, quand le troisième pieu de lÉglise fut organisé à
Adam-ondi-Ahman, avec John Smith comme président de pieu, une atmosphère de paix
semblait régner. Cependant, en juillet, les colons reçurent une mise en demeure publique
de partir du comté de Daviess sous peine davoir à subir des conséquences graves.
Les saints mirent leur milice en état dalerte pour se défendre. Quand les
hostilités éclatèrent en août, la milice du siège de lÉglise à Far West alla
à Adam-ondi-Ahman, mais aucune bataille ne sensuivit. Une action semblable se
produisit en septembre.
Le 11 octobre, les émeutiers forcèrent les saints des derniers jours à quitter DeWitt,
au comté de Carroll, puis se tournèrent vers le comté de Daviess, bien décidés à les
chasser tous de létat. Ils brûlèrent les cabanes, volèrent les animaux et
harcelèrent les familles. Quand la milice de Far West arriva pour la troisième fois, en
octobre 1838, les membres de lÉglise de tout le comté de Daviess se réunirent à
Adam-ondi-Ahman pour y chercher la sécurité et la population de la communauté passa à
plus de mille. Lobligation de vivre sous la tente et dans des chariots et une
tempête de neige soudaine aggravèrent leurs misères.
Tandis que Joseph Smith et la milice de Far West étaient à Adam-ondi-Ahman en octobre,
les membres de lÉglise se réunirent pour assister à la dédicace de la place
publique par Brigham Young. Cest à ce moment-là que Joseph Smith indiqua un
endroit où Adam avait jadis construit un autel. En mai, le prophète avait identifié ce
même emplacement comme un endroit qui avait également été utilisé par les anciens
Indiens dAmérique.
Après les pillages et les incendies doctobre par les émeutiers et les actes de
représailles des saints des derniers jours, bien décidés à se défendre, la milice
détat les força à rendre leurs armes le 7 novembre 1838, et leur donna dix jours
pour aller sinstaller à Far West. Adam-ondi-Ahman fut abandonné et tomba aux mains
de colons non mormons. Les familles du comté de Daviess passèrent lhiver à Far
West avant dêtre expulsés de létat au printemps de 1839.
Les Missouriens qui étaient responsables de lexpulsion des membres de
lÉglise hors du comté de Daviess savaient que dans quatre jours leurs terres
seraient mises en vente par le gouvernement des États-Unis. Les mormons partis, ces
résidants achetèrent les terres exploitées et profitèrent du travail des saints.
John Cravens acheta la majeure partie de la zone centrale de la ville
dAdam-ondi-Ahman et la renomma Cravensville. La localité exista pendant trente-deux
ans et eut assez de résidants pour concourir avec Gallatin pour être le chef-lieu du
comté de Daviess, mais après 1871, les terres retournèrent à lagriculture et à
lélevage.
En 1944, Wilford C. Wood 1944 acheta pour lÉglise quinze hectares à
Adam-ondi-Ahman et, depuis lors, on a acheté 1200 hectares supplémentaires. Les
recherches dans les archives et les fouilles archéologiques ont aidé à déterminer
lemplacement, la taille, la nature, et lhistoire de la localité.
Bibliographie
McConkie, Bruce R. The Millennial Messiah, pp. 575-588. Salt Lake City, 1982.
LAMAR C. BERRETT
Alma lAncien
Auteur: LAMBERT, L. GARY
Alma lAncien (vers 174-92 av. J.-C.) est le premier des deux Alma du Livre de
Mormon. Il est descendant de Néphi 1, fils de Léhi, et est le jeune prêtre de la cour
du roi Noé qui va essayer de faire libérer pacifiquement le prophète Abinadi. Cela va
lui valoir la vengeance royale, l'exil et des menaces de mort. Il est impressionné par
les accusations portées par Abinadi concernant l'immoralité et les abus du gouvernement
et de la société et par son témoignage de l'Évangile de Jésus-Christ (Mos. 17:2).
Forcé plus tard de passer dans la clandestinité, Alma met par écrit les enseignements
d'Abinadi, puis en fait part à d'autres, attirant suffisamment dadhérents
450 pour organiser une société de croyants ou église. Les croyants
sassemblent dans une région isolée et non exploitée appelée Mormon. Ceux qui
participent à la vie de l'Église sengagent à «porter les fardeaux les uns des
autres», à «pleurer avec ceux qui pleurent» et à «consoler ceux qui ont besoin de
consolation» et à «être les témoins de Dieu en tout temps, et en toutes choses»
(Mosiah 18:8-9). Cet engagement est alors scellé par le baptême, considéré comme
«témoignage que tu as conclu l'alliance de le servir [le Dieu Tout-Puissant] jusqu'à ce
que tu sois mort quant au corps mortel» (verset 13). Les croyants se donnent le nom de
«l'Église de Dieu, ou l'Église du Christ» (verset 17).
Alma ordonne des prêtres laïcs un par cinquante membres et il leur dit de
subvenir à leurs propres besoins et de limiter leurs sermons à ses enseignements et à
la doctrine «qui avai[t] été dit[e] par la bouche des saints prophètes
le
repentir et la foi au Seigneur» (Mos. 18:19-20). Il exige aussi lobservance fidèle
du sabbat, des remerciements quotidiens à Dieu et aucune controverse, «leurs curs
étant enlacés dans l'unité et l'amour les uns envers les autres» (18:21-23). Les
prêtres se réunissent au moins une fois par semaine avec le peuple pour linstruire
lors d'une réunion de culte (18:25). Par des dons généreux, tous prennent soin les uns
des autres, chacun selon ce qu'il a (18:27-28).
Les croyants finissent par être découverts et le roi Noé accuse Alma de sédition,
commandant à son armée de lécraser, lui et ses disciples. Forcé de partir en
exil, Alma conduit le peuple plus loin dans le désert où il prospère pendant vingt ans
dans une région qu'il appelle Hélam (Mos. 18:32-35; 23:1-5, 20). Alma décline fermement
les efforts bien intentionnés de le faire roi et réussit à dissuader son peuple
d'adopter un gouvernement monarchique, linvitant à jouir de cette nouvelle
«liberté qui [l] a rend[u] libr[e] et de ne se fier «à aucun homme pour qu'il
soit [son] roi» (Mos. 23:13). Il ne s'oppose pas à la monarchie en tant que telle. Ce
sont plutôt ses limites fondamentales qui le préoccupent: «S'il était possible que
vous eussiez toujours des hommes justes comme rois, il serait bien que vous ayez un roi»
(23:8).
Alma et son peuple seront plus tard opprimés par Amulon, un autre ex-prêtre qui a
déserté la cour du roi Noé, et qui, avec le reste d'une armée de Lamanites, découvre
le peuple d'Alma dans son refuge du désert. Pendant leurs souffrances, la voix du
Seigneur promet soulagement et délivrance à cause de leur alliance avec lui: «Moi, le
Seigneur Dieu, j'interviens effectivement en faveur de mon peuple dans ses afflictions»
(Mos. 24:14). Une fois de plus, à la manière de Moïse, Alma guide son peuple hors de la
servitude et, par un voyage de douze jours, le conduit dans une nouvelle terre, le pays de
Zarahemla, où il sunit au peuple de Zarahemla et aux Néphites exilés pour former
une nation néphite nouvelle et plus forte (Mos. 24:24-25).
Mosiah II, roi de Zarahemla, lui aussi descendant de Néphites croyants transplantés,
approuve et autorise même l'expansion de l'église d'Alma dans son royaume; toutefois,
l'Église fonctionne séparément et indépendamment de l'État. Le roi confie aussi les
rênes de la direction à Alma (Mos. 25:19; 26:8), qui dirige lÉglise avec succès
pendant vingt années caractérisées en grande partie par des épreuves, beaucoup
daffrontements entre non-croyants et membres de l'Église avec, pour résultat, des
moments pénibles aussi bien pour lui que pour l'Église (Mos. 26:1-39). Plus tard,
l'antagonisme généralisé va obliger le roi à publier un décret pour diminuer la
tension (27:1-6). Même un des fils d'Alma se retrouve dans les rangs des ennemis de
l'Église, son agitation et ses critiques aggravant encore les persécutions contre les
membres de l'Église (27:8-10).
De son vivant, Alma voit le roi Mosiah démanteler la monarchie et la transformer en un
système de juges élus par le peuple (Mos. 29:2); il voit aussi son propre fils, Alma le
Jeune, celui qui lui a précédemment causé du chagrin ainsi quà lÉglise,
devenir le premier grand juge (Mos. 29:1-44). Cette transformation politique va
savérer cruciale dans l'histoire du pays de Zarahemla. Alma y est pour quelque
chose, aussi bien directement quindirectement; lhistoire de ses souffrances et
de celles de son peuple sous des gouverneurs oppresseurs est bien connue dans tout le
royaume (25:5-6) et est restée distincte dans l'esprit du roi Mosiah (29:18). On voit
donc que l'influence d'Alma dépasse les limites spirituelles immédiates de son
intendance sur l'Église. Cest, en effet, à cause de cette influence que la nation
néphite tout entière connaît des changements sans précédent dans presque toutes les
dimensions de la vie quotidienne: politiques, sociaux et économiques aussi bien que
religieux. Ces changements et toutes leurs ramifications pour l'ordre social et la
population préparent le contexte dans lequel va se dérouler la visite du Christ
ressuscité en Amérique. Aimé de ses disciples pour son dévouement et sa foi, estimé
par ses pairs pour sa direction efficace, Alma sera probablement toujours connu surtout
comme fondateur de l'Église à Zarahemla. Sa postérité va devenir la première famille
néphite pendant plus de 400 ans, jusquà Ammaron en 321 apr. J.-C. (4 Né. 1:48).
Alma meurt à quatre-vingt-deux ans, moins de cent ans avant la naissance de
Jésus-Christ.
L. GARY LAMBERT
Alma le Jeune
Auteur : Millet, Robert L.
Peu de personnes ont eu une plus grande influence sur une civilisation qu'Alma le Jeune,
fils d'Alma lAncien. Il est une personnalité-clef dans la naissance de l'Église et
de la république néphites, et le premier grand juge à Zarahemla, commandant en chef de
l'armée néphite et grand prêtre (vers 90-73 av. J.-C.). Ses efforts pour protéger son
peuple contre la guerre, les dissensions et la méchanceté ne le cèdent quà son
dévouement total au Sauveur, qu'il apprend à connaître par la révélation.
Ce champion de la justice apparaît d'abord dans le Livre de Mormon comme un jeune homme
rebelle. Lui et quatre des fils du roi Mosiah II, décrits comme « les plus vils des
pécheurs » (Mos. 28:4), se rebellent contre les enseignements de leurs parents et
cherchent à renverser l'Église. Tandis quils se livrent à ce travail (vers.
100-92 av. J.-C.), l'ange du Seigneur leur apparaît, leur parle avec une voix de tonnerre
et les appelle au repentir et il leur dit quil le fait à cause des prières du
peuple et du père d'Alma. Pendant trois jours et trois nuits, Alma reste couché dans un
état physiquement comateux et, pendant ce temps, il se retrouve spirituellement face à
tous ses péchés, à cause desquels, dira-t-il plus tard, il était « tourmenté par les
souffrances de l'enfer » (Al. 36:12-14).
Au plus profond de langoisse de son âme, Alma se rappelle les paroles de son père
au sujet de la venue de Jésus-Christ pour expier les péchés du monde. Il en appelle,
dans son cur, au Christ, demandant grâce et suppliant dêtre délivré du «
fiel de lamertume» et des « chaînes éternelles de la mort » Et, dit-il, « je
ne pus plus me souvenir de mes souffrances; oui, je n'étais plus déchiré par le
souvenir de mes péchés» (Al. 36:17-19). Après leur conversion, Alma et les fils de
Mosiah vont consacrer leur vie à la prédication du repentir et au joyeux Évangile (Al.
36:24).
Pendant quelque neuf années, Alma va être à la fois grand prêtre de l'Église et grand
juge ou gouverneur d'un nouveau système politique de juges parmi les Néphites. Il est
instruit, gardien des registres sacrés et civils, orateur inspirant et écrivain habile.
Jeune dirigeant civil et religieux, il doit affronter un certain nombre de problèmes.
Plusieurs factions politico-religieuses sont en train dapparaître dans la société
néphite, notamment les Zoramites, les Mulékites, des membres de l'Église et un groupe
hostile à lÉglise, les disciples de Néhor (voir Livre de Mormon Peuples).
Conserver la direction néphite de tous ces groupes va se révéler impossible. Lors
dun procès-phare dans sa première année comme grand juge, Alma juge le populaire
Néhor coupable dimposer par lépée des supercheries de prêtres, ce qui aura
comme conséquence son exécution (Al. 1:2-15). Ceci débouche bientôt sur une guerre
civile au cours de laquelle Alma tue lui-même au combat le nouveau chef rebelle,
lun des protégés de Néhor (Al. 2-3). Il sensuit une grave épidémie
d'orgueil et d'inégalité parmi beaucoup dans l'Église (Al. 4) et la sécession des
arrogants Zoramites. «Ne voyant aucun autre moyen de le ramener qu'en lui opposant un
témoignage pur» (Al. 4:19), Alma démissionne de son poste de grand juge et se consacre
entièrement à luvre du ministère (Al. 4:19 ; 31 :5). Son travail religieux,
particulièrement dans les villes néphites de Zarahemla (Al. 5, 30) et de Gidéon (Al.
7), le bastion néhorite d'Ammonihah (Al. 8-16) et le centre zoramite dAntionum (Al.
31-35) revitalise l'Église et fournit le modèle de l'administration pour le siècle à
venir jusquà l'avènement du Christ.
Cest dans ses sermons et les bénédictions quil donne à ses enfants que
lon trouve les apports les plus durables dAlma. Certainement en raison de sa
propre conversion (Mos. 27), ses paroles portent fréquemment sur le sacrifice expiatoire
du Rédempteur et sur la nécessité pour les hommes et les femmes de naître de Dieu,
dêtre changés et renouvelés par le Christ. Parlant au peuple de Gidéon, il
prononce un oracle prophétique profond concernant la naissance de Jésus et l'Expiation
qu'il va accomplir, «subissant des souffrances, et des afflictions, et des tentations de
toute espèce
afin de détacher les liens de la mort qui lient son peuple; et il
prendra sur lui ses infirmités, afin que ses entrailles soient remplies de
miséricorde
afin qu'il sache, selon la chair, comment secourir son peuple selon ses
infirmités» (Al. 7:11-12). À Zarahemla, Alma met laccent sur la nécessité de la
nouvelle naissance et d'acquérir l'image et les attributs du Maître ; ce faisant, il
propose une série de plus de quarante questions qui évaluent la profondeur de la
conversion et de la préparation à rencontrer le Créateur (voir Al. 5).
À Ammonihah, Alma et son converti Amulek sont accusés de crime, provoqués et
emprisonnés pendant plusieurs semaines sans vêtements ni nourriture suffisante. Après
avoir été forcés dêtre témoins de la mort par le feu de plusieurs femmes et
enfants fidèles, Alma et Amulek sont miraculeusement délivrés et leurs persécuteurs
annihilés. Les discours d'Alma et d'Amulek sur la Création, la Chute et l'Expiation sont
parmi les déclarations théologiques les plus claires et les plus fondamentales de
lÉcriture sur ces sujets (voir Al. 11-12, 34, 42). En expliquant l'humilité, la
foi et la prière aux pauvres dAntionum (Al. 32-34), Alma et Amulek exposent le
procédé par lequel ceux qui nont pas la foi au Christ (ou ceux dans la bergerie
qui désirent fortifier leur croyance) plantent la semence de la parole du Christ dans
leur cur et finissent par recevoir le témoignage qui est donné par le pouvoir du
Saint-Esprit.
Certains des renseignements doctrinaux les plus pénétrants du Livre de Mormon nous
viennent des paroles d'Alma à ses fils. Parlant à Hélaman I, son fils aîné et
successeur, Alma raconte avec éloquence l'histoire de sa propre conversion, lui fait des
recommandations paternelles affectueuses et lui confie la garde des plaques dairain,
des plaques de Néphi, des plaques d'Éther et du liahona (Al. 36-37). À Shiblon, il
donne des conseils pratiques sages (Al. 38). À Corianton, son fils cadet dévoyé, qui
finira par uvrer vaillamment dans l'Église, Alma explique la gravité du péché
sexuel, que la méchanceté na jamais été le bonheur (Al. 39, 41:10), que tous les
esprits seront jugés après la mort et se tiendront un jour devant Dieu après une
résurrection parfaite (Al. 40) et que le mot « restauration » ne signifie pas que Dieu
remettra le pécheur dans un certain ancien état de bonheur (Al. 41), parce que la
miséricorde divine ne peut pas dérober la justice quand la loi de Dieu a été violée
(Al. 42).
Relativement jeune au moment de sa conversion, Alma vivra moins de vingt ans après cela.
Pourtant, en ces deux décennies, il va presque à lui tout seul revigorer et faire
triompher la cause de la vérité et de la liberté dans l'église et la société
néphites. N'oubliant jamais la voix de tonnerre de l'ange au moment de sa conversion,
Alma est sans cesse animé de ce désir invariable : «Oh, que je voudrais être un ange
et satisfaire le souhait de mon cur, d'aller et de parler avec la trompette de Dieu,
d'une voix qui fait trembler la terre, et d'appeler tous les peuples au repentir!
afin qu'il n'y ait plus de tristesse sur toute la surface de la terre» (Al. 29:1-2).
Quand il sen va un jour et quon ne le revoit plus jamais, ses fils et
l'Église supposent que « [le Seigneur] a aussi reçu Alma en esprit à lui» tout comme
Moïse (Al. 45:19), faisant une comparaison justifiée entre ces deux grands
législateurs, juges, gouverneurs, chefs spirituels et prophètes.
Pour les saints des derniers jours, la vie et les leçons d'Alma sont riches et
éternelles. Il donne de lespoir aux parents qui ont des enfants rebelles et est
comme une balise pour ceux qui ségarent. Cest un homme public modèle, un
exemple remarquable de la nouvelle vie en Christ, un prédicateur courageux, un
missionnaire et un théologien doué. Alma est un prophète qui a reçu la récompense
d'un prophète.
Bibliographie
Holland, Jeffrey R. "Alma, Son of Alma". Ensign 7, mars 1977, pp. 79-84.
Perry, L. Tom. "Alma the Younger." CR avril 1979, pp. 16-17.
ROBERT L. MILLET
Ancien Testament
Auteur: RASMUSSEN, ELLIS T.
LAncien Testament est lun des ouvrages canoniques admis par lÉglise de
Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, qui lestime pour ses enseignements
prophétiques, historiques, doctrinaux et moraux. Il raconte une série de dispensations
antiques pendant lesquelles le peuple a reçu des conseils périodiques par des alliances
et des commandements divins dont beaucoup restent fondamentaux et intemporels. À ce
propos, il est significatif pour les saints des derniers jours quen septembre 1823
lange Moroni ait cité une série de prophéties de lAncien Testament quand il
a révélé au prophète Joseph Smith lendroit où se trouvait un document antique
écrit sur des plaques dor, dont la traduction a donné le Livre de Mormon
(JSH 1:36-41). De plus, les travaux considérables de Joseph Smith sur lAncien
Testament et les révélations qui lui ont été données à ce propos (juin 1830 à
juillet 1833), qui ont mené à la traduction de la Bible par Joseph Smith (TJS) et à
certaines sections instructives des Doctrine et Alliances, soulignent limportance de
ces textes scripturaires. En outre, il ressort du Livre de Mormon quavant 600 av.
J.-C. le prophète Léhi et sa colonie ont apporté de Jérusalem sur le continent
américain un document sur des plaques dairain qui contenait beaucoup de textes de
lAncien Testament (1 Né. 5:10-15), amenant Léhi et ses descendants à attendre la
venue dun Rédempteur (1 Né. 19:22-23) et leur donnant un guide pour leur
épanouissement moral et spirituel (Mos. 1:3, 5).
LAncien Testament, même sil porte aussi le nom dAncienne Alliance,
nest donc pas démodé aux yeux des saints. Il contient des récits, de la sagesse
et des textes écrits part des prophètes anciens, et même si des «parties claires et
précieuses» ont été perdues, beaucoup ont été rendues dans les Écritures des saints
(1 Né. 13:40). Il contient une série dalliances anciennes avec Jéhovah
(Jésus-Christ) quil faut distinguer des alliances supérieures du Nouveau Testament
(par exemple, Mt. 26:28; Lu. 22:20; 1 Co. 11:25; 2 Co. 3:6; Hé. 7:22). Les saints des
derniers jours les considèrent toutes comme éléments du même plan de salut divin.
ALLIANCES ET COMMANDEMENTS ÉTERNELS. Les saints des derniers jours éprouvent le besoin
dapprendre et de pratiquer les principes prescrits dans toutes les alliances et tous
les commandements divins, qui sont éternellement valides. Pour connaître et comprendre
les buts éternels de Dieu, il faut étudier les époques passées dont il est question
dans lAncien Testament, ainsi que celles accessibles dans dautres Écritures
anciennes et modernes. Par exemple, les révélations modernes aident les saints des
derniers jours à lire lAncien Testament en appréciant plus complètement la
pérennité des notions éternellement importantes enseignés par les prophètes dans les
Écritures.
Depuis le commencement, les alliances divines liées au salut sont enseignées par les
prophètes et certaines sont symbolisées par des ordonnances sacrificatoires. Une
révélation donnée à Moïse et rétablie par Joseph Smith dit que les sacrifices
danimaux ont été exigés depuis le temps dAdam et Ève (Moï. 5:5) et que
ces sacrifices étaient «une similitude du sacrifice du Fils unique du Père» (Moï.
5:7).
Une autre alliance de lAncien Testament confirmée dans la révélation moderne est
lalliance abrahamique. Elle ne concerne pas seulement les descendants littéraux
dAbraham mais également ceux qui sont adoptés dans sa famille à cause de leur foi
dans le vrai Dieu et de leur baptême dans lÉvangile du Christ (Ge. 12:1; Ga.
3:26-29). Ces «descendants» dAbraham sont chargés dapporter les
bénédictions de cette alliance à toutes les nations, en enseignant le Dieu vrai et
vivant et en faisant connaître son plan de salut (Abr. 2:9-11). La responsabilité de
connaître lalliance dAbraham et dagir en conséquence a été transmise
aux héritiers modernes par la révélation (D&A 110:12). De plus, il y a, dans le
Livre de Mormon, une promesse de Jésus ressuscité selon laquelle les descendants de son
peuple dIsraël, le peuple de son ancienne alliance, qui ont été dispersés
au-dehors, «seront rassemblés de lest, et de louest, et du sud, et du nord;
et ils seront amenés à connaître le Seigneur, leur Dieu, qui les a rachetés» (3 Né.
20:13). Ils doivent être installés dans les pays de leur héritage et sacquitter
de leur responsabilité antique et suprême dédifier le royaume du Seigneur (3 Né.
20:21-46; cf. És. 52:1-15). Pour les saints des derniers jours, le rétablissement «de
toutes choses» (Ac. 3:21) inclut beaucoup de principes, de points de doctrine et
didéaux de lAncien Testament.
LOIS TEMPORAIRES ET ÉTERNELLES. Les saints des derniers jours ne croient pas que quand il
a accompli la loi de Moïse Jésus a de ce fait abrogé la loi, les prophètes et les
écrits de lAncien Testament (3 Né. 15:5-8). En fait, il a accompli la loi du
sacrifice en permettant que son propre sang soit versé (Al. 34:13) et en remplaçant
certaines pratiques religieuses dautrefois (3 Né. 12:18-20; 15:2-10). Ainsi, la
fête de la pâque est devenue la Sainte-Cène commémorant le dernier repas du Seigneur
(Lu. 22:1-20): Lagneau pascal a trouvé son point culminant dans lAgneau de
Dieu (Ex. 12:5, 21; 1 Co. 5:7; 1 Pi. 1:19; Ap. 5:6). Le sacrifice danimaux a trouvé
son point culminant dans le sacrifice final de Jésus, dont ils étaient de simples
symboles, mais le sacrifice «dun cur brisé et dun esprit contrit»
continue (3 Né. 9:19-20; cf. Ro. 12:1).
Jésus a réitéré beaucoup de lois morales et spirituelles enseignées par Moïse et les
prophètes. Celles-ci comprennent les lois concernant la révérence pour Dieu, le respect
des parents, la chasteté dans la conduite morale, le renoncement à la violence et au
meurtre et la pratique de lhonnêteté avec ses semblables (par exemple, Mt.
5:17-48; cf. 3 Né. 12:17-48; Lu. 16:19-31; 24:13-47). Abinadi, prophète du Livre de
Mormon, a réitéré les dix commandements et était formel quant à la nécessité
den enseigner et den vivre les principes (Mos. 12:33-37; 13:12-26). Et la
révélation moderne confirme la même nécessité pour quiconque veut être agréable au
Seigneur (par exemple, D&A 20:17-19; 42:18-29; 52:39).
Pour les saints des derniers jours, tous les principes de moralité et de justice
enseignés par les prophètes de lAncien Testament demeurent valides. Michée, par
exemple, dit: «Ce que lÉternel demande de toi, cest que tu pratiques la
justice, que tu aimes la miséricorde, et que tu marches humblement avec ton Dieu» (Mi.
6:8). Le Seigneur enseigne par Habacuc que les visions divinement inspirées
saccompliront sûrement, même si cest à une époque lointaine; cest
pourquoi, «le juste vivra par sa foi» (Ha. 2:3-4). Moïse invite les Israélites à
vivre selon les lois de Dieu en tant que bons exemples pour les autres: «Vous les
observerez [les lois et les prescriptions] et vous les mettrez en pratique ; car ce sera
là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples, qui entendront parler de
toutes ces lois et qui diront : Cette grande nation est un peuple absolument sage et
intelligent!» (De. 4:6). Jésus fait appel au Deutéronome et au Lévitique au sujet des
premier et deuxième commandements, aimer Dieu et son prochain (De. 6:4-5; Lé. 19:18,
33-34; Mc. 12:28-34).
Cela ne veut cependant pas dire que toutes les pratiques en matière de culte
recommandées dans «la loi et les prophètes» devaient être perpétuées
éternellement. Vers 150 av. J.-C., le prophète Abinadi du Livre de Mormon a expliqué:
«Et maintenant, vous avez dit que le salut vient par la loi de Moïse. Je vous dis
quil est nécessaire que vous gardiez, pour le moment, la loi de Moïse; mais je
vous dis que le temps viendra où il ne sera plus nécessaire de garder la loi de Moïse»
(Mos. 13:27). Jésus ressuscité a répété aux disciples sur le chemin dEmmaüs et
aux onze apôtres réunis à Jérusalem les enseignements de la loi et des prophètes, des
psaumes et de «toutes les Écritures» quil avait accomplis, (Lu. 24:13, 27, 33,
44). Certaines choses seulement ont pris fin en lui (3 Né. 15:8; Ga. 3:24).
Les saints des derniers jours chérissent donc les lois et les points de doctrine de
lAncien Testament qui sont éternels, croyant quils sont inspirés par l
Dieu» et sont «utile[s] pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire
dans la justice» (2 Ti. 3:16).
ATTENTE DU MESSIEPAR LES PROPHÈTES. Plus de cinq siècles avant le temps du Christ,
Jacob, un prophète du Livre de Mormon, disait que son peuple était informé sur le
Christ par les enseignements de Moïse et des prophètes, et avait ainsi lespoir de
sa venue (Jcb. 4:4-5). Et Néphi 1 ajoute: «Car cest à cette fin que la loi de
Moïse a été donnée, et tout ce qui a été donné par Dieu à lhomme depuis le
commencement du monde est une figure de lui [le Christ]» (2 Né. 11:4). À une autre
occasion, Jacob dit que «tous les saints prophètes
ont cru au Christ», et que
son peuple a fidèlement gardé la loi de Moïse, celle-ci «tournant notre âme vers [le
Christ].» En effet, ils voyaient dans loffrande dIsaac par Abraham «une
similitude de Dieu et de son Fils unique» (Jcb. 4:4-5). Amulek, un prédicateur
ultérieur du Livre de Mormon (v. 75 av. J.-C.), en parlant du «grand et dernier
sacrifice» du Fils de Dieu, déclare que «cest là toute la signification de la
loi, tout jusquau moindre détail annonçant ce grand et dernier sacrifice
[du] Fils de Dieu» (Al. 34:13-14).
La capacité des enseignements et des ordonnances des prophètes damener les hommes
au Christ est démontrée par le fait même que Jésus fait allusion à ces rites et à
ces enseignements. En descendant de la montagne de la Transfiguration, il rappelle à
Pierre, à Jacques et à Jean quil est «écrit du Fils de lhomme quil
doit souffrir beaucoup et être méprisé» (Mc. 9:12; cf. És. 53:3-7). Dans sa ville
natale de Nazareth, il annonce que la prophétie dÉsaïe que le Messie guérira et
délivrera le peuple est accomplie en lui (Lu. 4:21; És. 61:1-2). Après avoir guéri un
homme le jour du sabbat, Jésus dit à ceux qui veulent le condamner que le temps est
proche où même les morts entendront sa voix, faisant certainement allusion aux
prophéties concernant cet événement (Jn. 5:25; cf. És. 24:22). Ses paroles
dadieu à ce même auditoire sont: «Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez
aussi, parce quil a écrit de moi» (Jn. 5:46; cf. De. 18:15-19 et Ac. 3:22-23; 1
Né. 22:21; 3 Né. 20:23). Même en sa dernière heure mortelle, en souffrant et en
accomplissant les promesses de la rédemption, Jésus cite le premier vers du Psaume 22:
«Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi mas-tu abandonné?» comme pour faire ressortir
laccomplissement imminent des vers restants du psaume (Mt. 27:46; cf. Ps. 22:7-8,
12-19).
Les premiers missionnaires chrétiens ont converti beaucoup de gens au Christ parmi ceux
qui «examinaient chaque jour les Écritures» (Ac. 17:10-12). Ces Écritures étaient ce
qui est maintenant appelé lAncien Testament. Les prédicateurs chrétiens ont
réussi à montrer «par les Écritures que Jésus était le Christ» (Ac. 18:24-28). Paul
a déclaré que les Écritures, «tout ce qui a été écrit davance la été
pour notre instruction, afin que, par la patience, et par la consolation que donnent les
Écritures, nous possédions lespérance» du salut (Ro. 15:4).
Pour ce qui est de lavènement futur du Christ, plus dune vingtaine de psaumes
«royaux» et «messianiques» annoncent le règne du Seigneur à lépoque finale.
Les psaumes 72 et 100 sont typiques (voir Psaumes, prophéties messianiques dans les). De
plus, dans les livres prophétiques de lAncien Testament, il y a plus de chapitres
qui annoncent son règne final triomphant que de chapitres parlant de sa première venue
et de son sacrifice (par exemple, És. 40, 43, 45, 52, 60, 63, 65; Éz. 37-48; Da. 12; Za.
12-14).
PROPHÉTIES POUR LE PRÉSENT ET LE FUTUR. Pour les saints des derniers jours, lère
actuelle de lÉvangile de Jésus-Christ a commencé non seulement par la première
vision de Joseph Smith mais également par les visites dautres messagers divins, qui
ont cité des prophéties de lAncien Testament avec la promesse quelles
étaient sur le point de saccomplir. Lange Moroni a cité à Joseph Smith
certaines des prophéties eschatologiques de Malachie, Ésaïe, Joël et, selon Wilford
Woodruff, Daniel, et a promis leur accomplissement (JSH 1:29, 33, 36-41; JD 24:241).
Les saints des derniers jours utilisent les prophéties antiques et modernes pour apporter
la lumière de lÉvangile aux gentils pour que tous soient mutuellement bénis (És.
49:5-22; D&A 86:11; 110:12; 124:9). Dans les derniers jours, le Dieu du ciel établira
son royaume pour quil englobe tous les hommes, allant de lavant jusquà
ce quil remplisse la terre (Da. 2:31-45; D&A 65). Le Seigneur «ramènera Sion»
et, de cette manière, publiera la paix et le salut, en proclamant: «Ton Dieu règne!»
Alors toutes les nations verront le salut de Dieu (És. 52:7-10). Tous peuvent faire
partie de Sion, «ceux qui ont le cur pur» (D&A 97:19-21). «Des libérateurs
monteront sur la montagne de Sion», comme le dit Abdias, «et à lÉternel
appartiendra le règne» (Ab. 1:21; D&A 103:7-10).
Bibliographie
Ludlow, Daniel H. A Companion to Your Study of the Old Testament. Salt Lake City, 1981.
Ludlow, Victor L. Unlocking the Old Testament. Salt Lake City, 1981.
Matthews, Robert J. "A Plainer Translation": Joseph Smiths Translation of
the Bible. Provo, Utah, 1975.
McConkie, Bruce R. The Promised Messiah. Salt Lake City, 1978.
Nyman, Monte S., dir. de publ. Isaiah and the Prophets. Provo, Utah, 1984.
Reynolds, Noel B. "The Brass Plates Version of Genesis." Dans By Study and Also
by Faith, dir. de publ. J. Lundquist et S. Ricks, vol. 2, pp. 136-173. Salt Lake City,
1990.
Sperry, Sidney B. The Voice of Israels Prophets. Salt Lake City, 1965.
Sperry, Sidney B. The Spirit of the Old Testament. Salt Lake City, 1970.
ELLIS T. RASMUSSEN
Anges
[Cette rubrique se compose de trois articles: Anges: Anges; Anges: Archanges; Anges: Anges
gardiens. Le premier article traite de la nature des anges en ce qui concerne leur
ministère auprès des habitants de la terre, montrant que différentes catégories
accomplissent différents types de service. Le deuxième article examine une hiérarchie
parmi des anges, et désigne Michel comme archange. Le dernier article explore la notion
dange gardien et examine ce que les Écritures et les Frères ont dit. Il propose le
Saint-Esprit comme type d'ange gardien.]
Anges: Anges
Auteur: MCCONKIE, OSCAR W.
Les saints
des derniers jours acceptent la réalité de lexistence des anges comme messagers du
Seigneur. Des anges sont mentionnés dans les Ancien et Nouveau Testaments, le Livre de
Mormon, les Doctrine et Alliances et la Perle de Grand Prix et jouent un rôle important
dans l'histoire des débuts de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.
Les anges sont de divers types et accomplissent diverses fonctions pour assurer
luvre du Seigneur sur la terre.
Le scepticisme de l'époque moderne a eu tendance à diminuer la croyance dans les anges.
Cependant, Jésus-Christ a fréquemment parlé des anges, littéralement et au figuré.
Quand les disciples de Jésus lui ont demandé: «Explique-nous la parabole de
livraie du champ», il a répondu: «Celui qui sème la bonne semence, cest le
Fils de lhomme; le champ, cest le monde
les moissonneurs, ce sont les
anges» (Mt. 13:36-39). Les anges sont des êtres réels qui participent à beaucoup
dincidents racontés dans les Écritures (par exemple, Lu. 1:13, 19; 2:25; Jn.
20:12, etc.). Ils font partie de toute la famille des cieux» (voir Ép. 3:15). Tout le
monde, y compris les anges, est la postérité de Dieu.
Les anges, en ce qui concerne la forme, sont semblables aux êtres humains. Ils nont
bien entendu pas les ailes que beaucoup de peintres montrent symboliquement (EPJS, p.
129). À propos des deux anges qui rendent visite à Lot à Sodome, les habitants de
lendroit demandent: «Où sont les hommes qui sont entrés chez toi cette nuit ?»
(Ge. 19:1, 5, italiques ajoutés). Daniel décrit l'ange Gabriel comme ayant «l'apparence
d'un homme» (Da. 8:15). Au sépulcre du Sauveur ressuscité, «un ange du Seigneur
descendit du ciel» (Mt. 28:2) sous la forme dun «jeune homme
vêtu
dune robe blanche» (Marc 16:5). Joseph Smith fait la description tout à fait
détaillée d'un ange quand il rapporte la visite de l'ange Moroni (JSH 1:30-33,
43).
Les anges qui visitent cette terre sont des personnes qui ont été affectées comme
messagers auprès de cette terre: «Aucun ange ne s'occupe de cette terre en dehors de
ceux qui y appartiennent ou qui y ont appartenu» (D&A 130:5).
Il y a plusieurs types et sortes d'êtres, à divers niveaux de progression, que le
Seigneur a utilisés comme anges dans des circonstances variables. Une sorte est un enfant
d'esprit du Père éternel qui n'est pas encore venu au monde mais qui est destiné à
vivre dans la condition mortelle terrestre. Cest probablement le type d'ange qui est
apparu à Adam (Moï. 5:6-8).
Dans les premiers temps du monde mortel, beaucoup de justes ont été enlevés de la terre
(voir Êtres enlevés). Hénoc et son peuple (Moï. 7:18-21, 31, 63, 69; Hé. 11:5),
Moïse (Al. 45:19) et Élie (2 R. 2:11-12) ont tous été enlevés. Le prophète Joseph
Smith a enseigné que des êtres enlevés «sont prévus pour des missions futures»
(EPJS, p. 153) et par conséquent peuvent être des anges chargés dun ministère.
Un autre genre d'ange peut être quelquun qui a terminé son existence mortelle mais
dont les travaux continuent dans le monde d'esprit tandis qu'il attend la résurrection du
corps. Ceux-là sont qualifiés d «esprits des justes parvenus à la perfection»
(Hé. 12:22-23; D&A 76:69; EPJS, p. 263). «Ne sont-ils pas tous des esprits au
service de Dieu, envoyés pour exercer un ministère en faveur de ceux qui doivent
hériter du salut ?» (Hé. 1:13-14).
Depuis la résurrection de Jésus-Christ, certains anges ont été «des personnages
ressuscités, ayant un corps de chair et d'os» (D&A 129:1). Le prophète Joseph Smith
a dit que les anges ressuscités ont avancé plus loin dans la lumière et la gloire que
les esprits (EPJS, p. 263). Cest le cas des êtres qui ont contribué au
rétablissement de l'Évangile dans la dispensation de la plénitude des temps. Cest
à propos de ce type d'ange que Jean écrit: «Je vis un autre ange qui volait par le
milieu du ciel, ayant un Évangile éternel, pour lannoncer aux habitants de la
terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout peuple» (Ap. 14:6).
Élias, Moïse, Élie, Moroni, Jean-Baptiste, Pierre et Jacques sont des exemples
danges ressuscités qui ont servi le prophète Joseph Smith.
Conformément à la prophétie de Jean dans Ap. 14:6, la plénitude de l'Évangile, dans
la parole et la puissance, a été rétablie sur la terre par le ministère danges.
L'ange Moroni, être ressuscité, a révélé les annales du Livre de Mormon qui
contiennent la plénitude de l'Évangile de Jésus-Christ (D&A 20:8-11; voir Moroni,
Visitations de). Plus tard celui qui était appelé Jean-Baptiste dans le Nouveau
Testament, étant maintenant aussi ressuscité, vint, le 15 mai 1829, comme ange rendre la
Prêtrise d'Aaron à Joseph Smith et à Oliver Cowdery (D&A 13; JSH 1:68-72;
voir Prêtrise d'Aaron: Rétablissement). De même, Pierre, Jacques et Jean, messagers
incarnés de Dieu, rétablirent la Prêtrise de Melchisédek (D&A 27:12-13; voir
Prêtrise de Melchisédek: Rétablissement de la Prêtrise de Melchisédek). Moïse,
Élias et Élie apparurent chacun comme anges et rendirent les «clefs du rassemblement
d'Israël», la «dispensation de l'Évangile d'Abraham» (dont le mariage céleste ou
patriarcal) et les clefs du pouvoir de scellement pour «tourner le cur des pères
vers les enfants, et les enfants vers les pères» (D&A 110:11-16).
D'autres «divers anges» sont venus remettre des clefs, du pouvoir, de la prêtrise et de
la gloire (D&A 128:18-21), pour enseigner (2 Né. 10:3; Mosiah 3:2-3; Ap. 1:1), guider
et inspirer (Ap. 5:11) et rendre l'Évangile actif dans la vie des hommes et des femmes.
Cependant, luvre des anges du Rétablissement n'est pas complète et les
Écritures disent qu'il y aura encore d'autres ministères danges avant que
«l'heure [du jugement de Dieu soit] venue» (D&A 88:103-104; 133:36).
Les anges messagers apportent la connaissance, la prêtrise, le réconfort et les
assurances de Dieu aux mortels. Cependant, quand cest la prêtrise ou les clefs qui
doivent être transmises, l'ange exerçant ce ministère possède un corps de chair et
d'os, soit ressuscité, soit enlevé. Les esprits peuvent donner des informations, mais
ils ne peuvent pas conférer la prêtrise à des mortels, parce que les esprits ne font
pas limposition des mains aux mortels (cf. D&A 129).
Parfois le Seigneur lui-même peut aussi être qualifié dange, puisque le terme
signifie «messager». Il est le «messager du salut» (D&A 93:8) et le «messager de
l'alliance» (Mal. 3:1), et est «lange qui ma délivré» dont Jacob parle
dans Genèse 48:15-16.
Certains des enfants d'esprit du Père «nont pas gardé leur dignité» (Jud. 1:6;
D&A 29:36-38; Ap. 12:3-9) et, comme Peter lexplique: «Dieu na pas
épargné les anges qui ont péché, mais sil les a précipités dans les abîmes de
ténèbres» (2 Pi. 2:4). Ce sont des anges au diable. Ainsi, Satan et ceux qui ont choisi
de le suivre sont parfois qualifiés danges (2 Co. 11:14-15; 2 Né. 2:17; voir aussi
Premier état; Guerre dans le ciel).
Une utilisation différente du terme «ange» est appliquée à ceux qui, parce qu'ils
n'ont pas obéi aux principes de la nouvelle alliance éternelle du mariage, ne se
qualifient pas pour l'exaltation mais restent séparés et seuls en tant qu'anges chargés
dun ministère, privés dexaltation dans leur état sauvé pour toute
l'éternité (D&A 132:16-17).
Bibliographie
McConkie, Bruce R. Mormon Doctrine. Salt Lake City, 1966.
McConkie, Oscar W. Angels. Salt Lake City, Utah, 1975.
Pratt, Parley P. "Angels and Spirits." Dans Key to the Science of Theology, 10e
éd., pp. 112-119. Salt Lake City, 1973.
OSCAR W. MCCONKIE
Anges: Archanges
Auteur: GILES, JERRY C.
Traditionnellement, les anges ont été considérés comme des gardiens de personnes ou de
lieux et porteurs des nouvelles de Dieu. Le préfixe «arch-» intensifie cette
signification pour dénoter quelquun qui règne ou est éminent, principal ou
prépondérant. Plusieurs textes bibliques donnent la prééminence à quatre, six ou sept
anges (Éz. 9:2; Ap. 8:2). Denis, un théologien chrétien du VIe siècle, prétend
quil existe neuf ordres danges appelés churs, dont un est appelé
«archanges». Le Paradis Perdu de Milton fait apparaître les archanges Raphaël et
Michel à Adam au sujet de la chute des anges, de la Création et de l'histoire du monde.
Dante parle aussi darchanges dans la Divine Comédie.
Dans la littérature de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, un
archange est un ange en chef, détenant une position d'autorité dans la prêtrise dans la
hiérarchie céleste. Michel (Adam) est le seul à être ainsi formellement désigné dans
l'Écriture (D&A 29:26; 88:112; 107:54; 128:21; 1 Th. 4:16; Jud. 1:9), bien que
d'autres (Gabriel, qui est également Noé; Raphaël, Raguël, etc.) soient mentionnés
dans les ouvrages scripturaires, apocryphes, et pseudépigraphiques. Les enseignements des
prophètes modernes indiquent qu'il existe une organisation de prêtrise parmi les armées
célestes (EPJS, pp 124, 167). Cependant, les commentaires sur des postes ou des fonctions
spécifiques dans la hiérarchie céleste au-delà des Écritures citées ci-dessus sont
de la conjecture.
JERRY C. GILES
Antimormons Publications
Auteur: NELSON, WILLIAM O.
Lantimormonisme comprend toute opposition hostile ou polémique au mormonisme ou aux
saints des derniers jours, comme la diffamation du prophète fondateur, ses successeurs ou
les points de doctrine ou les pratiques de lÉglise. Bien que parfois bien
intentionnées, les publications antimormones prennent souvent la forme dinjures, de
mensonges, de caricatures dégradantes, de préjugés et de harcèlement juridique,
donnant lieu à des assauts verbaux et physiques. Dès ses débuts, lÉglise de
Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours et ses membres ont été les cibles de
publications antimormones. Mis à part le fait quelle les a rassemblées à des fins
historiques et ce, en réponse aux directives divines, lÉglise a essentiellement
ignoré cette littérature, parce que la plupart des membres y voient de fausses
déclarations irresponsables.
Peu dautres groupes religieux aux États-Unis ont été lobjet de critiques et
dune hostilité aussi constantes et aussi rabiques. Depuis lorganisation de
lÉglise en 1830 jusquen 1989, au moins 1.931 livres, romans, brochures,
tracts et feuillets volants antimormons ont été publiés en anglais. De nombreux autres
bulletins, articles et lettres ont été distribués. Depuis 1960, ces publications ont
augmenté considérablement.
Une raison importante dhostilité à légard de lÉglise a été sa
croyance en la révélation extrabiblique. Les fondements théologiques de lÉglise
reposent sur laffirmation du prophète Joseph Smith que Dieu le Père, Jésus-Christ
et des anges lui sont apparus et lui ont commandé de rétablir une dispensation de
lÉvangile.
Le scepticisme auquel le témoignage de Joseph Smith sest heurté au début était
compréhensible parce que dautres avaient émis des prétentions semblables à la
réception de révélations de Dieu. De plus, Joseph Smith avait fait paraître le Livre
de Mormon, ce qui constituait une preuve tangible de ses prétentions à la révélation,
et ceci demandait à être vérifié. Son témoignage que le livre provenait dun
document antique gravé sur des plaques en métal quil avait traduit par le don et
le pouvoir de Dieu était considéré comme absurde par les incroyants. Les écrits
antimormons hostiles et les autres abus ont découlé en grande partie de la nécessité
de trouver une autre explication à lorigine du Livre de Mormon. Les premiers
détracteurs se sont tout dabord ingéniés à discréditer la famille Smith, en
particulier Joseph Smith, fils, et ont essayé de prouver que le Livre de Mormon était
entièrement du XIXe siècle. Les détracteurs postérieurs se sont davantage concentrés
sur des points de doctrine, différents dirigeants et le fonctionnement de lÉglise.
PREMIÈRES CRITIQUES (1829-1846). Laffirmation de Joseph Smith que des messagers
célestes lui avaient rendu visite fut accueillie avec dérision, en particulier par
certains ecclésiastiques locaux. Quand les efforts de le dissuader eurent échoué, il
devint lobjet de railleries. À partir de lépoque de la Première Vision
(1820) jusquà la première visite de lange Moroni (1823), Joseph «subit
toutes sortes dopposition et de persécutions de la part des différents ordres de
religieux» (Lucy Mack Smith, History of Joseph Smith, p. 74).
La première tentative sérieuse de discréditer Joseph Smith et le Livre de Mormon fut
celle dAbner Cole, rédacteur du Reflector, un journal local de Palmyra. Écrivant
sous le pseudonyme dObadiah Dogberry, Cole publia dans son journal des extraits de
deux chapitres piratés de lédition de 1830 du Livre de Mormon, mais fut obligé de
renoncer parce quil violait la loi du copyright. Cole recourut à la satire. Il
essaya de diffamer Joseph Smith en lassociant à la recherche de trésors et il
prétendit que Joseph était influencé par un magicien appelé Walters.
Alexander Campbell, fondateur des Disciples du Christ, écrivit la première brochure
antimormone publiée. Le texte parut dabord sous forme darticles dans son
propre journal, le Millennial Harbinger (1831), et puis dans une brochure intitulée
Delusions [tromperies] (1832). Campbell conclut: «Je ne doute pas un seul instant que
[Joseph Smith] soit lunique auteur et propriétaire [du Livre de Mormon].» Deux ans
plus tard, il revint sur cette conclusion et accepta une nouvelle théorie de
lorigine du Livre de Mormon, à savoir que Joseph Smith avait dune certaine
façon collaboré avec Sidney Rigdon pour produire le Livre de Mormon à partir du
manuscrit de Spaulding (voir ci-dessous).
Louvrage antimormon le plus notable de cette période, Mormonism Unvailed (sic), fut
publié par Eber D. Howe en 1834. Howe collabora avec lapostat Philastus Hurlbut,
excommunié de lÉglise à deux reprises pour immoralité. Hurlbut fut engagé par
un comité dantimormons pour trouver des gens qui certifieraient la malhonnêteté
de Smith. Il «rassembla» des déclarations sous serment de soixante-douze contemporains
qui professaient connaître Joseph Smith et étaient disposés à parler contre lui.
Mormonism Unvailed essaya de discréditer Joseph Smith et sa famille en assemblant ces
déclarations sous serment et neuf lettres écrites par Ezra Booth, également apostat qui
avait quitté lÉglise. Ces documents prétendent que les Smith étaient des
chercheurs de trésors et des irresponsables. Howe avança la théorie que Sidney Rigdon
sétait procuré un manuscrit écrit par Solomon Spaulding, le réécrivit dans le
Livre de Mormon et convainquit ensuite Joseph Smith de dire au public quil avait
traduit le livre à partir de plaques reçues dun ange. Cette théorie servit
dalternative au récit de Joseph Smith jusquà ce que le manuscrit de
Spaulding soit découvert en 1884 et se révèle navoir rien à voir avec le Livre
de Mormon.
Le recueil Hurlbut-Howe et Delusions de Campbell furent les sources principales de presque
tous les autres écrits antimormons du XIXe siècle et quelques-uns du XXe siècle,
notamment les ouvrages dHenry Caswall, John C. Bennett, Pomeroy Tucker, Thomas
Gregg, William Linn et George Arbaugh. La plupart de ces auteurs puisèrent de manière
routinière dans le même groupe de légendes antimormones (voir H. Nibley, «How to Write
an Anti-Mormon Book» Brigham Young University Extension Publications, 17 fév. 1962, p.
30).
La manifestation la plus infâme de lantimormonisme se produisit lors du conflit du
Missouri, pendant lequel Lilburn W. Boggs, gouverneur de létat, lança un ordre
dextermination. «Les Mormons, écrivit-il, doivent être traités comme des ennemis
et être exterminés ou chassés de létat, si cest nécessaire, pour le bien
public» (HC 3:175). Cet ordre fut à lorigine de lexpulsion des mormons hors
du Missouri et de leur réinstallation en Illinois.
Tandis quil était incarcéré à la prison de Liberty en 1839, Joseph Smith
écrivit aux saints et leur dit de ne pas répondre par une polémique mais de «réunir
les publications diffamatoires qui sont en circulation, et toutes celles qui se trouvent
dans les magazines et dans les encyclopédies et toutes les histoires diffamatoires qui
sont publiées, qui sont écrites, et par qui» de manière à mettre en lumière tous les
rapports trompeurs et faux au sujet de lÉglise (D&A 123:4-5, 12-13). Ce
procédé a été appliqué par les saints des derniers jours au cours des années.
Après linstallation des saints à Nauvoo (Illinois), leur principal antagoniste fut
Thomas C. Sharp, rédacteur du Warsaw Signal. Alarmé par le pouvoir civil de
lÉglise, il utilisa son journal pour sy opposer. En 1841, il publia Mormonism
Portrayed, de William Harris.
Six livres antimormons notables furent édités en 1842. Le premier fut History of the
Saints; or, An Exposé of Joe Smith and Mormonism, par John C. Bennett, qui avait été
conseiller de Joseph Smith dans la Première Présidence et avait aussi été le premier
maire de Nauvoo. Après son excommunication de lÉglise pour immoralité, il se
tourna contre les Mormons et publia une série de lettres dans un journal de Springfield
(Missouri). Il accusa Joseph Smith dêtre «lun des imposteurs les plus vils
et les plus infâmes qui soient jamais apparus sur la face de la terre». Lhistoire
de Bennett empruntait fortement à Mormonism Portrayed.
Cette même année, Joshua V. Himes publia Mormon Delusions and Monstrosities, qui
reprenait une grande partie de Delusions dAlexander Campbell. Le Révérend John A.
Clark publia Gleanings by the Way et Jonathan B. Turner, Mormonism in All Ages. Ces deux
livres se basaient fortement sur Howe et Mormonism Unvailed de Hurlbut. Mormonism and the
Mormons, de Daniel P. Kidder, amplifia la théorie Spaulding des origines du Livre de
Mormon en y incluant Oliver Cowdery en plus de Joseph Smith et de Sidney Rigdon.
Appelé l «Antimormon Extraordinaire», le Révérend Henry Caswall publia The City
of the Mormons, or Three Days at Nauvoo. Il prétendit avoir donné à Joseph Smith une
copie dun manuscrit grec des psaumes et que Smith lidentifia comme étant un
dictionnaire dhiéroglyphes égyptiens. Caswall inventa un dialogue entre lui et
Smith pour dépeindre Joseph Smith comme ignorant, grossier et fourbe. En 1843, Caswall
publia «The Prophet of the Nineteenth Century» à Londres, empruntant la majeure partie
de sa matière à Clark et à Turner.
En 1844 Joseph Smith dut affronter de graves dissensions au sein de lÉglise.
Plusieurs de ses plus proches collaborateurs étaient en désaccord avec lui concernant la
révélation du mariage plural et dautres points de doctrine. Parmi les principaux
dissidents il y avait William et Wilson Law, Austin Cowles, Charles Foster, Francis et
Chauncey Higbee, Charles Ivins et Robert Foster. Ils sallièrent avec les éléments
antimormons locaux et éditèrent un numéro dun journal, le Nauvoo Expositor. Ils y
accusaient Joseph Smith dêtre un prophète déchu, coupable de fornication et
malhonnête en matière financière.
Le conseil municipal de Nauvoo et le maire Joseph Smith déclarèrent le journal
«nuisance» illégale et commandèrent au marshal de la ville de détruire la presse.
Cette destruction mit en rage les antimormons hostiles autour de Nauvoo. Le 12 juin 1844,
le Warsaw Signal, le journal de Thomas Sharp, exigea lextermination des saints des
derniers jours: «La guerre et lextermination sont inévitables! Citoyens,
levez-vous tous!!! Pouvez-vous rester là et laisser ces démons infernaux! dépouiller
des hommes de leurs biens et de leurs droits sans les venger
Que [votre commentaire]
se fasse avec la poudre et les balles!!!» Quinze jours plus tard, Joseph Smith et son
frère Hyrum étaient assassinés à la prison de Carthage tandis quils attendaient
dêtre jugés sur accusation de trahison.
Sharp justifia la tuerie sous prétexte que «les citoyens les plus respectables»
lavaient réclamée. Lui et quatre autres furent par la suite jugés pour les
meurtres, mais furent acquittés faute de preuves.
Beaucoup pensaient que lÉglise périrait avec ses fondateurs. Quand les membres
sunirent sous la direction des douze apôtres, les attaques antimormones reprirent
de plus belle. Sharp réclama de nouveau lexpulsion des mormons de lIllinois.
En septembre 1845, plus de 200 maisons de membres de lÉglise avaient été
brûlées dans les régions environnant Nauvoo. En février 1846, les saints traversèrent
le Mississippi et commencèrent lexode vers lOuest.
Il est possible que le mobile de certains antimormons, particulièrement des apostats, ait
été la vengeance. Philastus Hurlbut, Simonds Ryder, Ezra Booth et John C. Bennett
voulaient se venger parce que lÉglise les avait disciplinés. Alexander Campbell
était furieux parce quil avait perdu beaucoup de ses disciples campbellites quand
ils sétaient joints aux saints des derniers jours. Mark Aldrich avait investi dans
un développement immobilier qui fit faillite parce que les immigrés mormons ne
lavaient pas soutenu et Thomas Sharp avait perdu beaucoup de ses perspectives dans
les affaires.
CARICATURE DES MORMONS ET CROISADE CONTRE LA POLYGAMIE (1847-1896). Linstallation
dans lOuest permit un isolement bienvenu pour lÉglise, mais la révélation
publique de la pratique de la polygamie en 1852 suscita un nouveau barrage de moqueries et
un affrontement avec le gouvernement fédéral.
Les années de 1850 à 1890 furent turbulentes pour lÉglise parce que les
réformateurs, les ecclésiastiques et la presse attaquèrent ouvertement la pratique de
la polygamie. Les opposants fondèrent des sociétés antipolygames et le Congrès publia
une législation antipolygame. Les mormons furent caricaturés comme étant des gens qui
défiaient la loi et étaient immoraux. Le but clair de la croisade juridique et politique
contre les mormons était de détruire lÉglise. Seul le manifeste de 1890, une
déclaration de Wilford Woodruff, président de lÉglise, qui abolissait
officiellement la polygamie, apaisa le gouvernement, permettant la restitution à
lÉglise de ses biens confisqués. Les écrits, conférences et dessins satiriques
antimormons volumineux de lépoque caricaturèrent lÉglise comme une
théocratie qui défiait les lois de la société conventionnelle ; beaucoup décrivaient
ses membres comme bercés dillusions et fanatiques ; et ils prétendaient que la
polygamie, les rituels secrets et lexpiation par le sang constituaient les
fondements théologiques de lÉglise. Les motifs principaux étaient de discréditer
les croyances des saints, de réformer moralement ce qui était perçu comme un mal ou
dexploiter la polémique à des fins financières et politiques. La tactique
diffamatoire utilisée consistait en attaques verbales contre les dirigeants de
lÉglise, en caricatures dans les périodiques, les magazines et les conférences,
en inventions dans les romans et en mensonges purs et simples.
Louvrage antimormon le plus influent au cours de cette période fut probablement
Origin, Rise, and Progress of Mormonism, de Pomeroy Tucker (1867). Imprimeur employé par
E.B. Grandin, éditeur du Wayne Sentinel et imprimeur de la première édition du Livre de
Mormon, Tucker affirma avoir été en relations étroites avec Joseph Smith. Il soutint
laccusation de Hurlbut-Howe que les Smith étaient malhonnêtes et prétendit
quils volaient leurs voisins. Il reconnaissait cependant que ses insinuations
nétaient pas «confirmées par une enquête judiciaire».
The Golden Bible or the Book of Mormon: Is It from God? (1887) du Révérend M. T. Lamb se
moquait du Livre de Mormon quil qualifiait de «verbeux, maladroit, stupide
improbable
impossible
[et] une conjecture idiote.» Pour lui le livre était
inutile et de loin inférieur à la Bible et il disait de ceux qui croyaient au Livre de
Mormon quils étaient mal informés.
Sur les cinquante-six romans antimormons publiés au cours du XIXe siècle, quatre
devinrent le modèle de tous les autres. Ces quatre romans étaient des romans à
sensation érotiques se focalisant sur le soi-disant triste sort des femmes dans
lÉglise. Boadicea, the Mormon Wife, dAlfreda Eva Bell (1855), faisait des
membres de lÉglise «des meurtriers, des faussaires, des escrocs, des joueurs, des
voleurs et des adultères!» Dans Mormonism Unveiled, dOrvilla S. Belisle (1855),
lhéroïne était prise au piège dans un harem mormon sans espoir den sortir.
Mormon Wives, de Metta Victoria Fuller Victor (1856) fait des mormons des gens affreux et
aveuglés. Maria Ward (un pseudonyme) dépeint les tortures infligées par les mormons aux
femmes dans Female Life Among the Mormons (1855). Les auteurs écrivaient des passages
choquants dans le but de vendre les publications. Des membres excommuniés essayèrent de
profiter de leur ancienne appartenance à lÉglise pour vendre leurs histoires. Tell
It All, de Fanny Stenhouse (1874), Wife No. 19 dAnn Eliza Young (1876) étaient des
histoires à sensation sur le thème de la polygamie. William Hickman vendit son histoire
à John H. Beadle, qui exagéra le mythe danite dans Brighams Destroying Angel
(1872) pour présenter les mormons comme des gens violents.
Les dirigeants de lÉglise ne répondirent à ces attaques et à cette publicité
défavorable que par des sermons et des exhortations. Ils défendirent la doctrine
fondamentale de lÉglise quétaient la révélation et lautorité venant
de Dieu. Pendant la période des poursuites fédérales, la Première Présidence condamna
les actes contre lÉglise de la part du Congrès des États-Unis et de la Cour
Suprême comme violations de la Constitution des États-Unis.
LA RECHERCHE DUNE EXPLICATION PSYCHOLOGIQUE (1897-1945). Après que lÉglise
eut officiellement mis fin à la polygamie en 1890, limage publique du mormonisme
saméliora et devint modérément favorable. Cependant, en 1898, lUtah élut
au Congrès des États-Unis B.H. Roberts, qui avait contracté des mariages pluraux avant
le Manifeste. Son élection ranima les accusations de polygamie et de nouvelles
dénonciations par les reporters à scandale des magazines et le Congrès refusa de le
valider. Pendant le débat au Congrès, lOrder of Presbytery dUtah publia une
brochure, Ten Reasons Why Christians Cannot Fellowship the Mormon Church [Dix raisons pour
lesquelles les chrétiens ne peuvent pas recevoir lÉglise mormone dans leur
communion], sopposant principalement à la doctrine de la révélation moderne.
Lélection de Reed Smoot au Sénat des États-Unis (le 20 janvier 1903) causa une
polémique de plus. Bien que nayant pas été polygame, Smoot était membre du
Collège des douze apôtres. Dix mois après quil eut été assermenté en tant que
sénateur, son cas fut passé en revue par le Senate Committee on Privileges and
Elections. Les auditions pour laffaire Smoot durèrent de janvier 1904 à février
1907. Finalement, en 1907, le sénat vota de lui permettre de prendre son siège. La
Première Présidence publia alors An Address to the World (une déclaration au monde),
expliquant la doctrine de lÉglise et répondant aux accusations. La Salt Lake
Ministerial Association (lassociation des pasteurs de Salt Lake City) réfuta, le 4
juin 1907, cette déclaration dans le Salt Lake Tribune.
Pendant 1910 et 1911, les magazines Pearson's, Collier's, Cosmopolitan, McClure's et
Everybody's publièrent des articles antimormons rabiques. McClure accusa les mormons de
toujours pratiquer la polygamie. Cosmopolitan compara le mormonisme à une vipère
essayant de saisir, avec des tentacules, la richesse et le pouvoir. Les rédacteurs
qualifièrent lÉglise d «institution méprisable» dont «lemprise
gluante» avait servi le pouvoir politique et économique dans une douzaine détats
de lOuest. Les historiens de lÉglise appellent ces articles «la croisade des
magazines».
Larrivée du cinéma donna lieu à une répétition du stéréotype antimormon. De
1905 à 1936, on sortit au moins vingt et un films antimormons. Les plus sordides furent A
Mormon Maid (1917) et Trapped by the Mormons (1922). Les films montraient des dirigeants
polygames cherchant des converties pour satisfaire leurs convoitises et les mormons
assassinant des voyageurs innocents dans des rites secrets. Certains des écrits
antimormons les plus virulents de lépoque venaient de Grande-Bretagne. Winifred
Graham (Mme Theodore Cory), romancière antimormone professionnelle, accusa les
missionnaires mormons de profiter de la Première Guerre mondiale pour faire du
prosélytisme auprès des femmes dont les maris étaient partis faire la guerre. Le film
Trapped by the Mormons était basé sur lun de ses romans.
Quand la théorie Spaulding sur lorigine du Livre de Mormon fut discréditée, les
partisans antimormons se tournèrent vers la psychologie pour expliquer les visions et les
révélations de Joseph Smith. Walter F. Prince et Theodore Schroeder proposèrent des
explications aux noms du Livre de Mormon en ayant recours à des associations
psychologiques ingénieuses mais ténues. I. Woodbridge Riley prétendit dans The Founder
of Mormonism (New York, 1903) que «Joseph Smith, fils, était épileptique». Il fut le
premier à suggérer que View of the Hebrews, dEthan Smith (1823) et The Wonders of
Nature and Providence, Displayed, de Josiah Priest (1825) étaient les sources du Livre de
Mormon.
Lorsque lÉglise commémora son centenaire en 1930, lhistorien américain
Bernard De Voto affirma dans lAmerican Mercury: «Il est incontestable que Joseph
Smith était paranoïaque.» Il reconnut plus tard que larticle du Mercury était
«une attaque malhonnête» (IE 49, mars 1946, p. 154).
Harry M. Beardsley, dans Joseph Smith and His Mormon Empire (1931), avança la théorie
que les visions de Joseph Smith, ses révélations et le Livre de Mormon étaient des
sous-produits de son subconscient. Vardis Fisher, un romancier populaire ayant des racines
mormones en Idaho, publia Children of God: An American Epic (1939). Louvrage a une
certaine sympathie pour lhéritage mormon, tout en proposant une origine naturaliste
à la pratique mormone de la polygamie et décrit Joseph Smith en termes d
«impulsions névrotiques».
En 1945, Fawn Brodie publia No Man Knows My History, une histoire psychobiographique de
Joseph Smith. Elle le décrivit comme un «faiseur de mythes prodigieux» qui avait puisé
ses idées théologiques dans son environnement de New York. Le livre rejetait la théorie
de Rigdon-Spaulding, en revenait à la thèse dAlexander Campbell que seul Joseph
Smith était lauteur du livre et postulait que View of the Hebrews (suivant Riley,
1903) avait fourni la matière de base comme source du Livre de Mormon. Les
interprétations de Brodie ont été suivies par plusieurs autres auteurs.
Les savants de lÉglise ont critiqué pour plusieurs raisons les méthodes de
Brodie. Tout dabord, elle ignore des documents manuscrits précieux qui lui étaient
accessibles dans les archives de lÉglise. En second lieu, ses sources étaient
principalement des documents antimormons tendancieux rassemblés surtout à la
bibliothèque publique de New York, à la bibliothèque de Yale et à la bibliothèque
historique de Chicago. Troisièmement, elle commençait par une conclusion
prédéterminée qui façonna son ouvrage: «Jétais convaincue, écrit-elle, avant
même de commencer à écrire que Joseph Smith nétait pas un vrai prophète» et se
sentit obligée de fournir une autre explication à ses uvres (cité dans Newell G.
Bringhurst, «Applause, Attack, and Ambivalence-Varied Responses to Fawn M. Brodie's No
Man Knows My History» Utah Historical Quarterly 57, hiver 1989, pp. 47-48).
Quatrièmement, en utilisant une approche psychobiographique, elle imputait des pensées
et des motifs à Joseph Smith. Même Vardis Fisher critiqua son livre en écrivant que
cétait «presque plus un roman quune biographie parce quelle hésite
rarement à dire ce qui se passe dans lesprit dune personne ou à expliquer
des motifs que lon ne peut tout au plus que conjecturer» (p. 57).
REGAIN DES VIEILLES THÉORIES ET ALLÉGATIONS (1946-1990). Les auteurs antimormons ont
surtout été prolifiques pendant laprès-Brodie. En dépit dune presse
généralement favorable envers lÉglise pendant beaucoup de ces années, de tous
les livres, romans, brochures, tracts et feuillets publiés en anglais avant 1990, plus de
la moitié lont été entre 1960 et 1990 et le tiers dentre eux entre 1970 et
1990.
Des réseaux dorganisations antimormones fonctionnent aux États-Unis.
Lannuaire 1987 des organismes de recherche sur les cultes contient plus de cent
listes antimormones. Ces réseaux distribuent de la littérature antimormone, font des
conférences qui attaquent publiquement lÉglise et font du prosélytisme auprès
des mormons. La Pacific Publishing House en Californie donne une liste de plus de cent
publications antimormones.
Un large éventail dauteurs antimormons a produit la littérature dinvectives
de cette période. Les évangeliques et certains mormons apostats affirment que les saints
des derniers jours ne sont pas chrétiens. La base principale de ce jugement est le fait
que la croyance mormone en la Divinité chrétienne est différente de la doctrine
chrétienne traditionnelle de la Trinité. Ils prétendent que les saints des derniers
jours adorent «un autre Jésus» et que leurs Écritures sont contraires à la Bible. Une
autre tactique courante est dessayer de montrer quil y a des contradictions
entre les déclarations des dirigeants de lÉglise du passé et celles des
dirigeants actuels sur des points tels quAdam-Dieu, lexpiation par le sang et
le mariage plural.
Un exemple actuel de moquerie et de déformation des croyances des saints des derniers
jours vient dEdward Decker, mormon excommunié et cofondateur dEx-Mormons for
Jesus, maintenant connus sous le nom de Saints Alive in Jesus (saints vivants en Jésus).
Prétendant aimer les saints, Decker sest attaqué à leurs croyances. Les saints
des derniers jours considèrent son film et son livre, tous deux intitulés The Godmakers,
comme une distorsion grossière de leurs croyances, particulièrement des ordonnances du
temple. Un directeur régional de la ligue anti-diffamation de Bnai Brith et
le conseil régional de lArizona de la conférence nationale des chrétiens et des
Juifs sont parmi ceux qui ont condamné le film.
Bien que les critiques, les distorsions et les mensonges antimormons soient blessants pour
les membres de lÉglise, la Première Présidence leur a conseillé de ne pas
réagir et de ne pas engager de débats avec ceux qui les commanditent et les a invités
à donner leurs réponses «sous forme dexplications positives des points de
doctrine et des pratiques de lÉglise» (Church News, 18 déc. 1983, p. 2).
Jerald et Sandra Tanner sont deux chercheurs antimormons prolifiques. Ils ont commencé à
écrire début 1959 et proposent maintenant plus de 200 publications. Leur approche
principale est de démontrer des contradictions, dont beaucoup sont considérées par les
saints des derniers jours comme artificielles ou insignifiantes, entre les enseignements
actuels et passés de lÉglise. Ils agissent et éditent sous le nom de Utah
Lighthouse Ministry, Inc. Leur ouvrage le plus notable, Mormonism Shadow or
Reality? (1964, révisé 1972, 1987), contient lessentiel de leurs affirmations
contre lÉglise.
Pendant les années 1950, 1960 et le début des années 1970, lÉglise a eu une
image publique généralement favorable et cela sest reflété dans les médias
dinformation. Cette image est devenue plus négative dans les années 1970 qui ont
suivi et le début des années 1980. Lopposition de lÉglise à
lamendement sur légalité des droits et lexcommunication de Sonia
Johnson pour apostasie, la position de lÉglise en ce qui concerne la prêtrise et
les noirs (changée en 1978), une déclaration de la Première Présidence sopposant
au missile MX, lépisode de John Singer avec lattentat à la bombe contre un
bâtiment de lÉglise, les tensions entre certains historiens et les dirigeants de
lÉglise, la lettre à la «Salamandre» (un faux) et les autres faux et meurtres de
Mark Hofmann ont apporté de leau au moulin de la presse et de la télévision pour
leurs commentaires négatifs. Linfluence politique de lÉglise et ses avoirs
financiers ont également fait lobjet darticles ayant une forte orientation
négative.
Un livre antimormon largement diffusé, The Mormon Murders, par Steven Naifeh et Gregory
White Smith (1988), utilise plusieurs stratégies rappelant lantisémitisme
dautrefois. Les auteurs utilisent les contrefaçons et les meurtres de Hofmann comme
tremplin et suivent les thèmes et les méthodes antimormons traditionnels que lon
trouve dans les ouvrages plus anciens. Ils expliquent le mormonisme en termes de richesse,
de pouvoir, de tromperie et de crainte du passé.
Les dirigeants de lÉglise ont constamment fait appel à limpartialité des
lecteurs et les ont invités à examiner eux-mêmes le Livre de Mormon et les autres
Écritures et documents modernes plutôt que de porter un jugement tout fait sur
lÉglise sur la base de publications antimormones. En 1972, lÉglise a créé
le Département de la Communication, avec siège à Salt Lake City, pour diffuser des
informations publiques sur lÉglise
Bibliographie
Il nexiste pas dhistoire définitive des activités antimormones. Voici un
échantillon de sources de lÉglise sur lantimormonisme:
Allen, James B., et Leonard J. Arrington. "Mormon Origins in New York: An
Introductory Analysis." BYU Studies 9 (1969):241-74. Analyse les approches
promormones et antimormones.
Anderson, Richard Lloyd. "Joseph Smith's New York Reputation Reappraised." BYU
Studies 10 (1970):283-314. Analyse les attestations Hurlbut-Howe publiées dans Mormonism
Unvailed.
Bunker, Gary L., et Davis Bitton. The Mormon Graphic Image 1834-1914. Salt Lake City,
1983. Fait lhistorique de la caricature antimormone caricature.
Bushman, Richard L. Joseph Smith and the Beginnings of Mormonism. Urbana, Ill., 1984.
Traite des écrits antimormons de Campbell, Howe et Hurlbut.
Kirkham, Francis W. A New Witness for Christ in America, 2 vols. Independence, Mo., 1942,
et Salt Lake City, 1952. Examine les premiers articles de journaux et les explications
antimormones de lorigine du Livre de Mormon.
Nibley, Hugh W. The Mythmakers. Salt Lake City, 1961. Passe en revue les auteurs
antimormons du temps de Joseph Smith.
Nibley, Hugh W. "Censoring the Joseph Smith Story" IE 64 (juill., août, oct.,
nov. 1961). Série darticles examinant comment cinquante ouvrages antimormons
traitent lhistoire de Joseph Smith.
Nibley, Hugh W. Sounding Brass. Salt Lake City, 1963. Passe en revue les auteurs
antimormons de lépoque de Brigham Young.
Nibley, Hugh W. The Prophetic Book of Mormon, CWHN 8 chaps. 4-8, 10-12, examine les
arguments antimormons.
Scharff, Gilbert W. The Truth About the Godmakers. Salt Lake City, 1986. Traite du film
The Godmakers.
WILLIAM O. NELSON
Anges: Anges gardiens
Auteur: MCCONKIE, OSCAR W.
Une des fonctions des anges est d'avertir et de protéger les mortels. Le Seigneur
chuchote à David: «Aucun malheur ne tarrivera, aucun fléau napprochera de
ta tente. Car il ordonnera à ses anges de te garder dans toutes tes voies; ils te
porteront sur les mains, de peur que ton pied ne heurte contre une pierre» (Ps.
91:10-12). L'ange de la présence du Seigneur sauve Israël (És. 63:9). Daniel répond au
roi: «Mon Dieu a envoyé son ange et fermé la gueule des lions, qui ne mont fait
aucun mal
» (Da. 6:22).
Cette fonction bien connue de gardien attribuée aux anges a provoqué la théorie chez
certains que toutes les personnes, ou du moins les justes, se voient affecter un ange
comme gardien durant toute leur vie. Il n'y a aucune justification scripturaire à cette
tradition qui a parfois été entretenue parmi les saints des derniers jours et d'autres
(EPJS, p. 298).
Les saints des derniers jours croient que quiconque vient au monde se voit accorder un
soin et une direction protecteurs par Dieu, assurés en partie par la lumière du Christ
(D&A 84:44-48; Mro. 7:12-19). Ceux qui ont le don du Saint-Esprit peuvent être
avertis, gardés ou protégés par l'esprit de révélation (D&A 8:2-4). La meilleure
façon de considérer le terme «ange gardien» est dy voir une façon de parler
désignant la sollicitude protectrice et la direction de Dieu ou, dans des cas spéciaux,
un ange expédié sur la terre en accomplissement des desseins de Dieu.
OSCAR W. MCCONKIE
Apostasie
Auteur: COMPTON, TODD
Les saints des derniers jours croient que lapostasie se produit toutes les fois
quune personne ou une communauté rejette les révélations et les ordonnances de
Dieu, change lÉvangile de Jésus-Christ ou se rebelle contre les commandements de
Dieu, perdant de ce fait les bénédictions du Saint-Esprit et de lautorité divine.
Lapparition de communautés basées sur la révélation, dapostasies et de
rétablissements sest produite de manière cyclique pendant toute lhistoire de
lhumanité dans une série de dispensations depuis Adam et Hénoc (Moïse 7)
jusquau temps présent. Les saints des derniers jours considèrent quune
«grande apostasie» historique accompagnée de la perte de lautorité a commencé
à lépoque du Nouveau Testament et sest répandue au cours des siècles qui
ont suivi cette époque. Bien que les saints des derniers jours naient pas insisté
autant sur la grande apostasie que sur la notion que lÉglise est un rétablissement
basé sur la révélation, la nécessité dun rétablissement implique que quelque
chose dimportant a été perdu après le départ de lÉglise chrétienne
primitive.
Le mot «apostasie» dérive du grec apostasía ou apóstasis («défection, révolte»;
utilisé dans un sens politique par Hérodote et Thucydide); il est mentionné dans un
contexte religieux dans la Septante et le Nouveau Testament (par exemple, Jos. 22:22 et 2
Ch. 29:19; 2 Th. 2:3 dit quune apostasía doit venir avant la seconde venue du
Christ). Il peut signifier lintransitif «se tenir loin de» ou lactif «faire
se tenir loin de». Une apostasie peut donc être une rébellion active et collective.
Le Christ a dit à Joseph Smith dans sa première vision (1820) que toutes les Églises
existantes sétaient égarées dans leurs enseignements et dans leurs pratiques,
bien quayant «une forme de piété» (JSH 1:18-19). Il était donc
nécessaire quun «rétablissement» de lÉvangile ait lieu.
En outre, dans le Livre de Mormon (1 Né. 11-14; 2 Né. 28; cf. Mrm. 8), le prophète
Néphi 1 a une vision de lÉglise chrétienne primitive et de ses douze apôtres que
les «multitudes de la terre» et la maison dIsraël combattent (1 Né. 11:34-35).
Il prédit une «grande et abominable Église» qui va persécuter les vrais chrétiens et
les pauvres et dont les membres seront motivés par des choses telles que lorgueil,
le port de vêtements précieux et la pratique de limmoralité sexuelle (voir Grande
et abominable Église). Elle va changer insidieusement la simplicité de lÉvangile,
éliminer les alliances, exciser des Écritures importantes et nier lexistence des
miracles. Cette apostasie peut être rattachée, dans lallégorie de Zénos, à la
dispersion dIsraël quand tous arbres de la vigne du Seigneur deviennent corrompus
(Jcb. 5:39-48) et elle va de pair avec lapostasie désastreuse des Néphites dans le
Nouveau Monde (1 Né. 12:15-19; 4 Né. 1:24-46).
Cependant, daprès Néphi, cette «grande Église» nest pas une église
spécifique; dans sa vision apocalyptique, il ny a que deux églises, et «quiconque
n'appartient pas à l'Église de l'Agneau de Dieu appartient à cette grande Église» (1
Né. 14:10). Lexpression est typologique, symbolique de beaucoup de mouvements
historiques et sociaux (2 Né. 27:1); même ceux qui sont membres de nom de lÉglise
du Christ, sils sont poussés par lorgueil, la richesse, le prestige et
consorts, peuvent se retrouver membres de cette «grande Église» (cf. 1 Né. 8:27-28).
Pendant toute leur histoire, les saints des derniers jours ont écrit et émis des
théories sur les événements historiques liés à la «grande apostasie,» un thème
traité dans plusieurs écrits restaurationnistes de la fin du XVIIIe et du début du XIXe
siècle (voir Restaurationnisme protestant). En 1833, parlant de Marc 16:17-18 et 1
Corinthiens 12, Joseph Smith a dit: «Les témoignages précités nous permettent de
regarder le monde chrétien et de voir lapostasie qui sest produite par
rapport à lenseignement apostolique» (EPJS, p. 9). Oliver Cowdery a écrit sur
lapostasie dans le premier numéro du Messenger and Advocate (1834). En 1840, Orson
Pratt a parlé dune «apostasie générale et terrible par rapport à la religion du
Nouveau Testament» (Listen to the Voice of Truth, 1.1). Il souligne en particulier le
manque dordonnances à cause de labsence dautorité dans la prêtrise;
le baptême en est un exemple flagrant. Selon le point de vue de Pratt, toutes les
églises antérieures au Rétablissement étaient erronées par certains côtés,
doctrinalement et rituellement, même si elles étaient justes dans dautres.
Benjamin Winchester, auteur mormon de brochures, a écrit un long traité à laide
des sources du Nouveau Testament pour démontrer quune apostasie avait été
prophétisée (A History of Priesthood, Philadelphie, 1843, pp. 72-96). Dans les années
1850 et 1860, les saints ont beaucoup parlé de «la grande apostasie» (O. Pratt, JD
12:247; W. Woodruff, JD 8:262) dans leurs sermons.
Cette idée la rupture avec la religion établie parce quelle semble en
désaccord avec le christianisme du Nouveau Testament a des accents protestants
évidents, mais la conception mormone diffère de lattitude protestante typique dans
son insistance sur la perte et le rétablissement dune autorité exclusive et bien
claire de la prêtrise, dordonnances correctes et de la révélation continue. Par
contraste, les protestants sappuient typiquement avant tout sur la
réinterprétation biblique.
En 1909, James E. Talmage a écrit La grande Apostasie, dans laquelle il rassemble les
passages du Nouveau Testament que les saints des derniers jours ont cités pour montrer
quune grande apostasie a été annoncée par Jésus-Christ, Paul et dautres
apôtres et prophètes (en particulier Mt. 24:4-13, 23-26; Ac. 20:29-30; Ga. 1; 2 Th.
2:7-8; 1 Ti. 4:1-3; 2 Ti. 3:1-6; 4:1-4; Jud. 1:3-4; Ap. 13:4-9; 14:6-7 et, dans
lAncien Testament, Am. 8:11-12). Talmage raconte aussi la persécution des premiers
chrétiens qui a accéléré lapostasie et montre que lÉglise primitive a
changé intérieurement à plusieurs égards. Il affirme que les principes simples de
lÉvangile ont été mêlés aux systèmes philosophiques païens de lépoque
(Trinitarianisme, ayant pour résultat le credo de Nicée; fausse opposition du corps et
de lesprit, donnant lieu à un ascétisme excessif), que les rituels ont été
changés et amplifiés de manière non autorisée (remplacement des rites chrétiens
primitifs simples par des cérémonies complexes influencées par le paganisme, perte du
baptême par immersion, introduction du baptême des petits enfants [cf. Mro. 8],
changement de la communion) et que lorganisation de lÉglise a été changée
(les apôtres et les prophètes, fondements nécessaires de lÉglise du Christ,
ayant été martyrisés, laissaient un vide qui ne pouvait pas être comblé par des
évêques; lÉglise médiévale montrait donc peu de ressemblances avec
lorganisation ou les pratiques de lÉglise du Nouveau Testament).
Les enseignements des saints sur lapostasie du début de lère chrétienne ont
reçu un appui supplémentaire au XXe siècle lorsque certains savants ont affirmé que
lÉglise primitive a commencé comme une organisation judaïque centralisée, a
affronté le défi posé par un christianisme hellénisé oriental gnostique ascétique et
est devenu comme son ennemi afin de le concurrencer. Lidée même dun
christianisme centralisé a cédé la place à une image dun christianisme primitif
diversifié et fragmenté où il est difficile de déterminer ce qui est orthodoxe et ce
qui est hérétique, ce qui est gnostique et ce qui est «courant principal». Par
exemple, Peter Brown et William Phipps affirment que la doctrine influente dAugustin
concernant le péché originel, avec le rituel qui laccompagne, le baptême des
bébés, était un résultat de son passé gnostique et était, en réalité, hérétique,
alors que lopposition de Pélage à ces idées était orthodoxe. Mais ce furent les
doctrines dAugustin qui lemportèrent et qui continuent à influencer la
théologie et la culture occidentales. Un autre point de doctrine chrétien primitif qui
na pas survécu dans le christianisme occidental est la déification, bien
quil soit demeuré au centre du christianisme orthodoxe.
Un milieu religieux et culturel complexe a alimenté et a transformé le christianisme
primitif. Il faut tenir compte de beaucoup de facteurs lors de lanalyse de cette
transformation du christianisme. Par exemple, certains ont imputé la responsabilité de
lapparition de la grande apostasie exclusivement à la philosophie grecque et à
linfluence de la philosophie sur le gnosticisme. Mais lascétisme (c.-à-d.,
la haine du corps, de la sexualité, du monde physique) a joué un rôle important dans
lapostasie de lÉglise primitive et lascétisme extrême est typiquement
oriental. On a dailleurs constaté que beaucoup de choses dans la philosophie
grecque sont conformes à lÉvangile; Orson F. Whitney qualifiait Platon et Socrate
de «serviteurs du Seigneur», bien que dans un «sens moindre» que les prophètes (CR
davril 1921, p. 33).
Lidée dune apostasie historique par rapport au christianisme primitif peut
dresser une barrière entre les saints des derniers jours et les autres personnes
intéressées par les rapports interconfessionnels. Mais les saints des derniers jours ne
considèrent pas ces événements comme une condamnation; beaucoup de choses ayant une
valeur spirituelle se sont produites pendant le Moyen-Âge dans les autres Églises
chrétiennes. Brigham Young a souligné que des hommes de bien avant le Rétablissement
avaient «lesprit de révélation» et a dit que John Wesley était lun des
meilleurs hommes «qui aient jamais vécu sur cette terre» (JD 7:5; 6:170; 11:126). Le
président Young a affirmé que toutes les églises et religions avaient «plus ou moins
de vérité» (JD 7:283) et il a exhorté les saints à rechercher et à accepter les
vérités partout où ils pourraient les trouver. Dans les discours de conférence, les
Autorités générales, notamment Spencer W. Kimball et Thomas S. Monson, ont cité ou
fait léloge de sommités telles que Billy Graham et mère Teresa.
Bibliographie
Bauer, Walter. Orthodoxy and Heresy in Earliest Christianity. Philadelphie, 1971.
Benson, Ezra T. "Apostasy from the Truth." IE 52, nov. 1949, pp. 713, 756-760.
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Brown, S. Kent. "Whither the Early Church?" Ensign 18, oct. 1988, pp. 7-10.
Bushman, Richard L. Joseph Smith and the Beginnings of Mormonism, p. 207. Urbana, Ill.,
1984.
Dodds, Eric R. Pagan and Christian in an Age of Anxiety. Cambridge, 1965.
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Nibley, Hugh. Mormonism and Early Christianity, dans CWHN 4, traite de la disparition des
baptêmes chrétiens pour les morts (1948, pp. 100-167), la révision des textes
chrétiens primitifs à la lumière de la disparition de lÉglise naissante (1955,
pp. 168-322), les enseignements oubliés de Jésus pendant les quarante jours de
ministère qui ont suivi sa résurrection (1966, pp. 10-44) et la perte du cercle de
prière du christianisme primitif (1978, pp. 45-99); bibliographie (p. xii, n. 8).
Peterson, Daniel C., et Stephen D. Ricks. "Comparing LDS Beliefs with First Century
Christianity." Ensign 18, mars 1988, pp. 7-11.
Phipps, William. "The Heresiarch: Pelagius or Augustine?" Anglican Theological
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The Doctrinal Foundation, dir. de publ. M. Nyman et C. Tate, pp. 177-191. Provo, Utah,
1988.
Rudolph, Kurt. Gnosis: The Nature and History of Gnosticism. San Francisco, 1983.
Sperry, Sidney B. "New Light on the Great Apostasy." IE 53, sept. 1950, pp.
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Talmage, James. The Great Apostasy. Salt Lake City, 1909.
Vogel, Dan. Religious Seekers and the Advent of Mormonism, pp. 49-66. Salt Lake City,
1988, contient une excellente bibliographie; critique par Grant Underwood, BYU Studies 30
Hiver 1990, pp. 120-126.
TODD COMPTON
Apostat
Auteur: SCHARFFS, GILBERT W.
Les membres de lÉglise diffèrent dans leur niveau de participation ou de croyance
(voir Activité dans lÉglise). Les saints des derniers jours qui ont gravement
enfreint ou ignoré les enseignements cardinaux de lÉglise (publiquement ou en
privé) sont considérés comme apostats, quils aient quitté officiellement
lÉglise ou non ou soient entrés dans une autre religion. Quelquun qui
nassiste pas aux réunions de lÉglise nest pas considéré comme
apostat. Cependant, quand une personne demande à ce que son nom soit rayé des registres,
la règle veut que cette demande soit honorée. Une commission disciplinaire de
lÉglise peut être convoquée pour tout membre qui viole des commandements
importants et «ne se repent pas» (Mosiah 26:32; D&A 42:28). Le reniement ouvert de
lÉglise, de ses dirigeants et de ses enseignements est une raison
dexcommunication.
Les étapes menant à lapostasie sont habituellement progressives. Il est
recommandé à tous les membres de se garder de toutes les manifestations dapostasie
personnelle (DS 3:293-312; Asay, pp. 67-68). Les causes les plus fréquentes
dapostasie sont le non respect de principes stricts de moralité, le fait de se
sentir offensé (à tort ou à raison), le mariage avec une personne dune autre
religion ou irréligieuse, le fait de négliger la prière et dentretenir sa
spiritualité ou une mauvaise compréhension des enseignements de lÉglise.
Lapostasie peut être accélérée par lidée fausse que lÉcriture ou
les dirigeants de lÉglise sont infaillibles. Joseph Smith a enseigné qu «un
prophète était un prophète uniquement quand il agissait comme tel» (HC 5:265). Il a
également déclaré quil «nétai[t] quun homme, et que [les gens] ne
devaient pas attendre de [lui quil soit] parfait» (HC 5:181). Ni lÉglise ni
ses dirigeants ni ses membres ne prétendent à linfaillibilité.
Par-dessus tout, lÉglise affirme que ses membres doivent rechercher la révélation
personnelle pour connaître la vérité et vivre en accord avec lEsprit de Dieu.
Ceux qui ne lont pas fait risquent de se perdre en chemin quand leur foi est mise à
lépreuve ou quand des difficultés surgissent.
Les apostats deviennent parfois ennemis de lÉglise. Le fait de quitter
lÉglise, qui affirme être lÉglise officielle de Dieu, contenant la
plénitude de lÉvangile, a souvent comme conséquence des sentiments de
culpabilité. Si beaucoup reviennent, dautres sont pris du besoin de défendre leurs
actions, «réfutent» lÉglise ou deviennent des ennemis. Les fruits de
lapostasie sont généralement amers. Le Livre de Mormon met en garde contre les
conditions défavorables qui résultent de transgressions «à lencontre de la
lumière et à de la connaissance» que lon a (Al. 9:23).
Les Écritures modernes ont, envers les apostats, une attitude aimante et animée par
lespoir. Il est vivement conseillé aux saints des derniers jours daimer ceux
qui ont abandonné la foi et dencourager ceux qui se sont écartés, de plaider et
de travailler avec eux, invitant «les brebis perdues» à revenir à la bergerie (Lu.
15:3-7). Le Sauveur ressuscité a enseigné à propos des égarés : «Vous ne le[s]
chasserez pas de vos
lieux de culte, car vous continuerez à servir de telles
personnes; car vous ne savez pas si elles ne reviendront pas et ne se repentiront pas, et
ne viendront pas à moi d'un cur pleinement résolu, et je les guérirai; et vous
serez le moyen qui leur apportera le salut» (3 Né. 18:32). Le désir de revenir est
motivé par la réalité du repentir rendu possible par lexpiation de Jésus-Christ.
«Celui qui s'est repenti de ses péchés est pardonné, et moi, le Seigneur, je ne m'en
souviens plus. C'est à ceci que vous saurez si un homme se repent de ses péchés: voici,
il les confessera et les délaissera» (D&A 58:42-43). [Voir aussi Antimormons
publications; Groupes schismatiques.]
Bibliographie
Asay, Carlos E. "Opposition to the Work of God." Ensign 11, nov. 1981, pp.
67-68.
Foster, Lawrence. "Career Apostates: Reflections on the Works of Jerald and Sandra
Tanner." Dialogue 17, été 1984, pp. 35-60.
Howard, F. Burton. "Come Back to the Lord." Ensign 16, nov. 1986, pp. 76-78.
GILBERT W. SCHARFFS
Apôtre
Auteur: BROWN, S. KENT
Un «apôtre» est un dirigeant ordonné à la Prêtrise de Melchisédek dans
lÉglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Les apôtres sont choisis
par inspiration par le président de lÉglise, soutenus par lensemble des
membres de lÉglise et ordonnés par limposition des mains par la Première
Présidence et le Collège des douze apôtres. Ce sont des Autorités générales
contrairement aux autorités locales et régionales détenant leur office
dapôtre pour la durée de leur vie. Le doyen des apôtres est le président de
lÉglise.
En plus dêtre témoins de Jésus-Christ auprès du monde entier (D&A 107:23),
comme les apôtres de Jésus, les membres du Collège actuel des douze apôtres
détiennent les clefs de la prêtrise cest à dire le droit de présidence
(D&A 107:35; cf. 124:128). Le président Brigham Young a déclaré à propos de leur
autorité dans la prêtrise: «Les clefs de la prêtrise éternelle, qui est selon
lordre du Fils de Dieu, sont détenues quand on est apôtre. Toute la prêtrise,
toutes les clefs, tous les dons, toutes les dotations et tout ce qui est préparatoire à
lentrée dans la présence du Père et du Fils est dans, composé de, circonscrit
par, ou je pourrais dire incorporé dans la circonférence de lapostolat» (JD
1:134-35). Comme collège de la prêtrise, le Collège des douze apôtres suit en
autorité le Collège de la Première Présidence (D&A 107:24). De plus, il dirige le
ministère domestique et international des collèges des soixante-dix (D&A 107:34; cf.
124:139-40), et excepté en présence dun membre de la Première Présidence ou
dun membre plus ancien des Douze, un apôtre préside partout où il peut être dans
lÉglise.
Dans le Nouveau Testament, un apôtre (du grec apostellein, envoyer [comme représentant
ou agent]) était un envoyé choisi par Dieu (Mc. 3:14; Jn. 15:16; Ac. 1:21-26) qui était
témoin de la résurrection du Christ et avait lobligation missionnaire den
témoigner.
Jésus lui-même était un apôtre par qui Dieu parlait (Hé. 1:2; 3:1). Le Père a
envoyé Jésus, et celui qui le reçoit reçoit celui qui la envoyé (Mc. 9:37; Jn.
8:16-19). De même que le Père la envoyé, Jésus a envoyé ses apôtres (Jn.
20:21). Au commencement, ils ont été appelés dentre ceux «qui nous [les
apôtres] ont accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu avec nous» (Ac.
1:21). Le nombre douze, lié aux apôtres, fait écho au nombre de tribus dIsraël
que les apôtres doivent juger (Mt. 19:28; Lu. 22:30). À cet égard, ils étaient la base
de lÉglise chrétienne primitive (Ép. 2:19-21; 4:11-14).
Parfois, le terme englobe plus que les Douze, comme limpliquent lexpression
«tous les apôtres» (1 Co. 15:7) qui suit la mention expresse des «douze» par
Paul (1 Co. 15:5) et les mentions de personnes appelées comme apôtres que
lon savait ne pas faire partie des Douze (Ac. 14:14; Ro. 16:7). Il est probable
quen 54 apr. J.-C., Jacques, le frère du Seigneur, était devenu lun des
Douze (1 Co. 15:7; Ga. 1:19). Néanmoins, la plupart des mentions des apôtres dans le
Nouveau Testament désignent les membres des Douze apôtres originels de Jésus ou Paul.
Ils étaient les garants ou les témoins principaux de la résurrection de Jésus,
laquelle constituait elle-même lassurance quil était le Messie et le
Seigneur de gloire attendu (Ac. 1:8-11). Au premier siècle, les apôtres étaient les
témoins itinérants de la résurrection de Jésus, envoyés par lui dans le monde à
cette fin (Ac. 1:8; cf. Mt. 28:19-20). Au centre du groupe et à la base de
lÉglise se trouvaient Pierre, Jacques et Jean, qui avaient été avec ou
près de Jésus lors dexpériences critiques, notamment sa Transfiguration (Mc.
9:2-9) et son agonie à Gethsémané (Mc. 14:32-34).
Limportance des douze apôtres de Jésus est soulignée dans le Livre de Mormon.
Dabord, vers 600 av. J.-C., Léhi et son fils Néphi 1 ont eu la vision des Douze
comme disciples de Jésus en Palestine et comme victimes de la persécution (1 Né.
1:10-11; 11:29, 34-36). En second lieu, ces Douze doivent juger les douze tribus
dIsraël et les douze autres disciples que Jésus ressuscité a choisis pendant son
ministère en Amérique vers 34 apr. J.-C. (1 Né. 12:9-10; Mrm. 3:18-19; cf. D&A
29:12). Troisièmement, ces douze disciples quil faut distinguer des douze
apôtres de Jésus en Palestine doivent juger leur propre peuple qui descend de la
maison dIsraël (3 Né. 27:27). Quatrièmement, pendant sa visite en Amérique,
Jésus ressuscité a créé loffice des Douze dans son Église quand il les a
choisis et les a instruits soigneusement de son Évangile (3 Né. 11:18-12:1; cf.
13:25-34; 15:11-16:20; 18:36-37; 27:13-21). Il leur a conféré lautorité
denseigner lÉvangile et dadministrer ses ordonnances cest
à dire de baptiser deau et dEsprit faisant ainsi deux les
transmetteurs de la doctrine et des pratiques de lÉglise (3 Né. 11:22; 18:36-37;
19:6-14; 26:17). Cinquièmement, conformément au modèle du Nouveau Testament, le Livre
de Mormon rapporte que Jésus a été envoyé par le Père (3 Né. 18:27; cf. 16:3) et
quil a à son tour commandé à ces douze disciples: «Allez vers ce peuple et
annoncez les paroles que j'ai dites» (3 Né. 11:41).
La révélation moderne ajoute dautres dinformations. La fonction et
lautorité apostoliques ont été rendues au prophète Joseph Smith et à Oliver
Cowdery par Pierre, Jacques et Jean, ce qui souligne limportance continue de cet
office dans lÉglise (D&A 27:12; voir aussi Prêtrise de Melchisédek:
Rétablissement de la Prêtrise de Melchisédek). Dès juin 1829, presque une année avant
que lÉglise soit organisée, Oliver Cowdery et David Whitmer, rejoints plus tard
par Martin Harris, recevaient des instructions concernant le genre dhommes
quils devaient choisir comme apôtres et ont été chargés de choisir les premiers
Douze de lère moderne (D&A 18:26-38). Cette mission a été exécutée les
14-15 février 1835, quand Cowdery, Whitmer et Harris ont choisi douze hommes comme
apôtres et ont ordonné les neuf qui étaient présents (HC 2:186-198).
LÉcriture moderne stipule que «toute décision
doit être à
lunanimité des voix» du Collège des douze apôtres (D&A 107:27). De plus, ses
membres ont le pouvoir de baptiser, de déclarer lÉvangile, et den ordonner
dautres à la prêtrise (D&A 18:26-36). Le Seigneur a dit que le nombre
dapôtres dans le Collège des Douze doit être maintenu (D&A 118:1) et que
leurs clefs «sont descendues des pères
envoyées du ciel» (D&A 112:32). Ceux
qui remplissent cet office doivent «[se purifier] le cur et les vêtements, de peur
que le sang de cette génération ne soit requis de [leurs] mains» (D&A 112:33).
Bibliographie
Kittel, Gerhard, dir. de publ., et Geoffrey W. Bromiley, dir. de publ. et trad.
Theological Dictionary of the New Testament, Vol. 1, pp. 407-447. Grand Rapids, Mich.,
1964-1976.
McConkie, Bruce R. The Mortal Messiah, Vol. 2, pp. 99-114, 303-326. Salt Lake City, 1980.
S. KENT BROWN
Articles de foi
Auteur: WHITTAKER, DAVID J.
En 1842, en réponse à la demande expresse de John Wentworth (rédacteur du Chicago
Democrat), Joseph Smith envoya un aperçu succinct de ses expériences religieuses
personnelles et lhistoire de lÉglise quil présidait (voir Wentworth,
Lettre à). À la fin de lesquisse historique, il annexa une liste résumant «la
foi des saints des derniers jours». Intitulés plus tard «articles de foi», ces treize
articles furent publiés pour la première fois en mars 1842 dans le Times and Seasons de
Nauvoo et furent plus tard inclus dans la brochure de la mission Britannique de 1851, La
Perle de Grand Prix, compilée par Franklin D. Richards. Cette brochure fut révisée en
1878 et de nouveau en 1880. En 1880, une conférence générale de lÉglise vota
dajouter la Perle de Grand Prix aux ouvrages canoniques de lÉglise, incluant
ainsi les treize articles. Les articles de foi ne constituent pas une synthèse de toutes
les croyances des saints et ils ne sont pas un credo au sens chrétien traditionnel du
terme, mais ils fournissent un sommaire autorisé des Écritures et des croyances
fondamentales des saints.
Les articles commencent par laffirmation que la Divinité se compose de trois
personnalités: le Père, son Fils Jésus-Christ et le Saint-Esprit (cf. Ac. 7:55-56; 2
Co. 13:14; 2 Né. 31:21; JSH 1:17).
Le deuxième article concentre lattention sur le commencement de lhistoire
mortelle et affirme que les êtres humains ont le libre arbitre moral et donc la
responsabilité de leurs actes: «Les hommes seront punis pour leurs propres péchés, et
non pour la transgression dAdam» (cf. De. 24:16; 2 Né. 2:27).
Le troisième article concentre lattention sur limportance cruciale de
lexpiation du Christ et sur lavantage quen retire lhumanité:
«Par lexpiation du Christ, tout le genre humain peut être sauvé en obéissant aux
lois et aux ordonnances de lÉvangile» (Mos. 3:7-12; D&A 138:4).
Le quatrième article définit les principes et les ordonnances de base: la foi en
Jésus-Christ, le repentir, le baptême par immersion pour la rémission des péchés et
limposition des mains pour le don du Saint-Esprit (cf. Ac. 8:14-19; Hé. 6:1-2; 3
Né. 11:32-37).
Les deux articles suivants abordent les questions dautorité et dorganisation:
Un homme doit être appelé de Dieu, confirmé par linspiration divine et par
limposition des mains par ceux qui ont lautorité, pour prêcher
lÉvangile et en administrer les ordonnances (cf. 1 Ti. 4:14; D&A 42:11); de
plus, lÉglise est essentiellement «la même organisation qui existait dans
lÉglise primitive, savoir: apôtres, prophètes, pasteurs, docteurs,
évangélistes, etc.» (cf. Ép. 4:11).
Le septième article affirme la croyance des saints aux dons de lEsprit et en cite
expressément plusieurs: le don des langues, de prophétie, de révélation, de vision, de
guérison et dinterprétation des langues (cf. 1 Co. 12:10; D&A 46:10-26).
La place des Écritures sacrées est traitée dans le huitième article: Les saints des
derniers jours croient «que la Bible est la parole de Dieu dans la mesure où elle est
traduite correctement»; ils croient aussi «que le Livre de Mormon est la parole de
Dieu» (cf. Éz. 37:16; Jn 10:16; 2 Ti. 3:16).
Le neuvième article dit que lÉvangile rétabli nest pas limité à un
ensemble fermé de livres, mais déclare plutôt le principe de la révélation continue
et donc dun canon ouvert. Les saints des derniers jours affirment croire à toute la
révélation passée et présente, et ils sattendent à recevoir beaucoup de futures
révélations (cf. Am. 3:7; D&A 76:7).
Larticle dix récapitule quatre grands événements des derniers jours: le
rassemblement littéral dIsraël et le rétablissement des dix tribus;
lédification de Sion, la nouvelle Jérusalem en Amérique, le règne du Christ en
personne sur terre et le renouvellement final de la terre elle-même, quand elle recevra
sa gloire paradisiaque, létat de pureté quelle avait avant la chute
dAdam (voir 3 Né. 21-22).
Le onzième article déclare la croyance des saints en la liberté de culte et de
conscience tant pour les autres que pour eux-mêmes. Il dit: «Nous affirmons avoir le
droit dadorer le Dieu Tout-Puissant selon les inspirations de notre conscience et
reconnaissons le même droit à tous les hommes, quils adorent comme ils veulent,
où ils veulent ou ce quils veulent.» Et le douzième article énonce la position
politique des saints des derniers jours en tant que citoyens respectueux des lois (D&A
134; voir Politique: Enseignements politiques; Tolérance).
La déclaration finale propose une perspective ouverte à la vie et une invitation à
approcher la vie comme le font les saints: «Nous croyons que nous devons être honnêtes,
fidèles, chastes, bienveillants et vertueux, et que nous devons faire du bien à tous les
hommes; en fait, nous pouvons dire que nous suivons lexhortation de Paul: nous
croyons tout, nous espérons tout, nous avons supporté beaucoup et nous espérons pouvoir
supporter tout. Nous recherchons tout ce qui est vertueux ou aimable, tout ce qui mérite
lapprobation ou est digne de louange» (cf. 1 Co. 13:7; Ph. 4:8).
La lettre à Wentworth nétait pas la première tentative de résumer les croyances
de base des saints. Des listes plus anciennes, dont certaines ont pu influencer la liste
de la lettre à Wentworth, avaient paru avant 1842. Dès juin 1829, Joseph Smith et Oliver
Cowdery mettaient sur papier les «Articles et Alliances» de lÉglise qui allait
bientôt être organisée. Appelé plus tard la section 20 des Doctrine et Alliances, ce
texte énumère un certain nombre de croyances de base, notamment lexistence de
Dieu, la création et la chute de lhomme, la place centrale de Jésus-Christ, les
ordonnances fondamentales de lÉvangile, dont le baptême et les devoirs de base des
membres (20:17-36). Ce document, le premier à être accepté par le vote dune
conférence de lÉglise, nétait pas une liste exhaustive de toutes les
croyances mais plutôt une charte de base pour lorganisation naissante, enracinée
dans la Bible et le Livre de Mormon.
Dans le premier numéro du Messenger and Advocate (oct. 1834), édité à Kirtland (Ohio),
Oliver Cowdery mentionnait huit «principes» qui avaient tous leur parallèle à la
section 20.
Il y eut, dans les premiers temps, dautres listes, antérieures à la lettre à
Wentworth, qui résumaient les grands principes des croyances des saints: une liste
préparée par Joseph Young pour publication par John Hayward dans The Religious Creeds
and Statistics of Every Christian Denomination in the United States (Boston, 1836, pp.
139-140). En cinq paragraphes, il esquissait les points de doctrine (1) de la divinité et
de lexpiation de Jésus-Christ; (2) les premiers principes et ordonnances de
lÉvangile accomplis par lautorité apostolique comme dans lÉglise
primitive du Christ, (3) le rassemblement dIsraël perdu et la restitution des dons
spirituels, (4) lavènement du Christ et (5) la résurrection et le jugement de
toute lhumanité.
Une autre liste de dix-huit «principes et points de doctrine» fut incluse par Parley P.
Pratt dans son introduction à son document «Late Persecution of the Church of Jesus
Christ of Latter-day Saints» (New York, 1840, pp. iii-xiii). Par exemple, «le premier
principe de théologie entretenu par cette Église est la foi en Dieu, le Père éternel,
et en son Fils Jésus-Christ, qui a en vérité été crucifié pour les péchés du
monde
et au Saint-Esprit, qui rend témoignage deux» (pp. iii-iv). Beaucoup
de formules de la liste de Pratt sont semblables à celles de la lettre à Wentworth.
Orson Pratt propose une «esquisse [détaillée et éloquente] de la foi et de la
doctrine» de lÉglise dans son «Interesting Account of Several Remarkable
Visions» (Édimbourg, 1840, pp. 24-31). Lordre dans lequel il présente ses thèmes
en dix-neuf paragraphes (dont beaucoup commencent par «nous croyons que
») est
presque identique à celui des treize points de la lettre à Wentworth. Les explications
dOrson Pratt contiennent des références bibliques et son témoignage personnel de
la véracité et des origines divines de ces enseignements.
Orson Hyde publia en allemand une histoire de lÉglise qui comprenait un chapitre de
seize articles (réellement des essais) sur des sujets tels que la Divinité,
lutilisation des Écritures, la foi, le repentir, le baptême, la confirmation, la
Sainte-Cène, la confession des péchés et la discipline dans lÉglise, les
enfants, les révélations, la prêtrise laïque, le baptême pour les morts, la prière,
les fêtes, le lavement des pieds et les bénédictions patriarcales (Ein Ruf aus der
Wüste, Francfort, 1842).
Même après que la lettre à Wentworth eut été publiée en mars 1842, beaucoup
dautres listes de croyances des saints continuèrent à paraître pour la
génération suivante. En avril 1849, James H. Flanigan inclut une liste de quatorze
déclarations dans une brochure éditée en Angleterre, et cette liste fut citée et
parfois modifiée dans diverses publications tout au long du XIXe siècle. Par exemple,
elle est citée dans le livre populaire de Charles MacKay The Mormons; or the Latter-day
Saints (Londres, 1851, pp. 46-47). Cette liste suit la lettre à Wentworth presque mot à
mot, ajoutant des points tels que «la Cène du Seigneur» à larticle 4, ajoutant
«la sagesse, la charité, [et] lamour fraternel» parmi les dons de lEsprit
dans le septième article et insérant un quatorzième article concernant la résurrection
littérale du corps. Dautres listes (habituellement composées par des
missionnaires) furent publiées tout au long de cette période dans diverses régions du
monde.
La canonisation, en 1880, de la lettre à Wentworth en tant quélément de la Perle
de Grand Prix en refléta et en assura la priorité incontestée. Et quand la Première
Présidence demanda, en 1891, à James E. Talmage de rédiger un ouvrage sur la théologie
qui servirait de manuel dans les écoles de lÉglise, cest de ces articles de
foi quil se servit pour le schéma de son volume. Publié en 1899 et toujours en
usage aujourdhui, le livre Les Articles de foi, de Talmage, détaille
considérablement les thèmes de la liste de Joseph Smith pour Wentworth. En vingt-quatre
chapitres, Talmage donne un commentaire en profondeur et les références scripturaires
concernant chacun des concepts mentionnés dans les treize articles, plus des sections sur
la dernière Cène et sur la résurrection du Seigneur (comme dans la liste de Flanigan)
et finalement une section sur la religion pratique (la bienveillance, la dîme et les
offrandes, la consécration, lordre social dans lÉglise, le mariage éternel,
la sainteté du corps et la sanctification du jour du sabbat).
Dès les années 1850, les missionnaires mormons imprimaient des affiches qui contenaient
les articles de foi. Avec le temps, ces affiches missionnaires furent réduites au format
de poche et sont toujours utilisées par les missionnaires dans le monde entier. Dans les
classes de la Primaire de lÉglise, les enfants apprennent par cur les
articles de foi en vue de leur sortie de la Primaire à lâge de douze ans et les
adultes ont aussi été encouragés à les apprendre et à les utiliser pour létude
personnelle et dans luvre missionnaire.
Bien que nétant pas un credo officiel, les articles de foi sont une synthèse
merveilleuse (moins de 400 mots) des croyances de base de lÉglise de Jésus-Christ
des Saints des Derniers Jours. De nombreuses variantes ont été publiées depuis le temps
de Joseph Smith, mais le noyau de croyances énoncées dans ces articles vient des toutes
premières années du Rétablissement, un fait qui témoigne à la fois de sa cohérence
interne et de sa constance.
Bibliographie
Lyon, T. Edgar. "Origin and Purpose of the Articles of Faith." Instructor 87,
août-octobre 1952, pp. 230-231, 264-265, 275, 298-299, 319.
McConkie, Bruce R. A New Witness for the Articles of Faith. Salt Lake City, 1985.
Sondrup, Steven P. "On Confessing Faith: Thoughts on the Language of the Articles of
Faith". Dans Literature of Belief, dir. de publ. N. Lambert, pp. 197-215. Provo,
Utah, 1981.
Talmage, James E. AF. Salt Lake City, 1899.
Welch, John W. "[Joseph Smith and Paul] Co-Authors of the Articles of Faith?"
Instructor 114, nov. 1969, pp. 422-426.
Whittaker, David J. "The Articles of Faith' in Early Mormon Literature and
Thought". Dans New Views of Mormon History, A Collection of Essays in Honor of
Leonard J. Arrington, dir. de publ. D. Bitton et M. Beecher, pp. 63-92. Salt Lake City,
1987.
DAVID J. WHITTAKER
Autel
Auteur : PORTER, BRUCE H.
Un point focal du culte religieux tout au long des siècles, et dans la plupart des
cultures, a été lautel, une construction naturelle ou faite par lhomme
utilisée pour la prière, le sacrifice et des buts de ce genre. Le sacrifice sur
lautel était un rite de base. La pratique caractéristique en matière de culte du
temps de lAncien Testament était sacrificatoire de nature, et par conséquent
lautel est devenu lun des objets rituels les plus importants décrits dans ce
livre dÉcriture.
Une signification sacrée et symbolique est attribuée à lautel. Les stipulations
de la «loi de lautel» (Ex. 20:24-26) suggèrent que sa construction est associée
à la création du monde et aux alliances de Dieu avec lhumanité. Quand les eaux de
la création se sont retirées, la terre sèche est apparue et on lappelle le
monticule primordial (première colline). Ici, selon la légende, les dieux se sont tenus
afin de terminer la création. À cause de la présence divine, cet endroit est devenu un
sol sacré ou saint, un point de contact entre ce monde et le monde céleste. Lautel
a été construit pour que le peuple puisse sy mettre à genoux pour communiquer et
faire des alliances avec son Dieu. Lautel dans Ézéchiel 43:15 est appelé «la
montagne de Dieu» (terme hébreu haharel) et devient lincarnation symbolique
de la Création, du monticule primordial et de la présence de Dieu.
Cest devant un autel quAdam a appris la signification du sacrifice (Moïse
5:5-8). Après le Déluge, le patriarche Noé a immédiatement construit un autel et a
offert ses sacrifices au Très-Haut. Quand il a reçu la promesse et lalliance
dun héritage pour sa postérité, Abraham a marqué cet événement sacré par la
construction dun autel (Ge. 12:6-7). Cest sur le mont Morija que le jeune
Isaac a été lié sur la table ou autel du sacrifice en vue de loffrande suprême
et de la démonstration dobéissance de son père (Ge. 22:9-14). La tradition veut
que lendroit de cet autel consacré soit devenu le site du temple de Jérusalem.
Le complexe du temple de Jérusalem avait quatre autels. Par ordre croissant de
supériorité sacrale, cétaient les suivants : Dabord, lautel du
sacrifice, souvent appelé autel des holocaustes ou table du Seigneur (Mal. 1:7, 12 ; 1
Co. 10:21), était placé en dehors du temple lui-même dans la cour dIsraël et
était plus public que les autres. Des sacrifices pour les péchés dIsraël y
étaient offerts, annonçant laccomplissement par le sacrifice de Jésus-Christ
(Hé. 9:25-26 ; Al. 34:9-10, 14-16). En second lieu, lautel des encens se trouvait
dans «le saint» devant le voile à lintérieur du temple proprement dit. Jean
décrit la fumée de cet autel comme étant «les prières de tous les saints, sur
lautel dor qui est devant le trône» (Ap. 8:3-4). Troisièmement, dans la
même enceinte du temple se trouvait lautel des pains de proposition, sur lequel on
mettait douze pains, de lencens et une offrande de boisson. Et quatrièmement,
larche de lalliance se trouvait dans le saint des saints, la chambre la plus
intérieure et la plus sacrée du temple. Larche était pour Israël le trône ou
propitiatoire et symbolisait la présence du Seigneur. Cétait ici que le grand
prêtre, une fois par an le jour des expiations (Hé. 9:7 ; Lé. 16:1-17), faisait des
alliances avec le Seigneur pour tout Israël, comme sil représentait tout le monde
à lautel.
Dans les temples des saints, des autels dune sorte différente jouent un rôle
majeur. Les saints sy agenouillent pour se livrer à des cérémonies dans
lesquelles se contractent des alliances. Ils font ces alliances, comme cela se faisait
anciennement, dans la présence symbolique de Dieu à lautel (Ps. 43:4 ; cf. Ps.
118:27). Ainsi, en se mettant à genoux à un autel dans un temple, un homme et une femme
font des alliances avec Dieu dans une cérémonie de mariage qui va être en vigueur dans
la condition mortelle et dans le monde éternel. Cest là que, si des parents
nétaient pas mariés précédemment dans un temple, eux et leurs enfants peuvent
être scellés ensemble pour le temps et léternité par le pouvoir et
lautorité de la prêtrise. De même, ces ordonnances peuvent être accomplies par
des représentants à un autel dans le temple au nom de personnes identifiées dans des
documents généalogiques comme étant décédées sans ces bénédictions.
Les gens dautrefois allaient à lautel pour communiquer et communier avec Dieu
; de même les membres de lÉglise, dans le temple, font un cercle de prière autour
de lautel. Unis de cur et desprit, les saints demandent à Dieu ses
bénédictions sur lhumanité, son Église et ceux qui ont des besoins spéciaux.
Dans une réunion de Sainte-Cène plus publique, lautel du sacrifice est symbolisé
par la «table de Sainte-Cène». Sur cette table se trouvent les emblèmes du sacrifice
de Jésus-Christ, le pain et leau représentant respectivement le corps et le sang
du Sauveur (Luc 22:19-20). Chaque semaine on peut participer à la Sainte-Cène et
renouveler ses alliances.
Aujourdhui les membres de lÉglise font des alliances sacrées avec Dieu et
consacrent leur vie et tout ce quils ont eu en bénédiction en «allant au Christ»
et déposent symboliquement tout sur lautel comme sacrifice. Pour eux un autel
sacré est un symbole réel de la présence de Dieu devant lequel ils se mettent à genoux
«le cur brisé et lesprit contrit» (2 Né. 2:7 ; 3 Né. 11:20).
Bibliographie
Eliade, Mircea. Patterns in Comparative Religion. New York, 1974.
Talmage, James E. The House of the Lord. Salt Lake City, 1971.
Packer, Boyd K. The Holy Temple. Salt Lake City, 1980.
BRUCE H. PORTER
Autorité
Auteur: CAMERON, KIM S.
La prétention de lÉglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours à être
la seule église vraie et vivante sur la terre est basée sur la notion dautorité.
La croyance des saints a été bien énoncée par le président Joseph F. Smith: «Quant
à la question de lautorité, presque tout en dépend. Aucune ordonnance ne peut
être accomplie de manière à être acceptée de Dieu sans lautorité divine.
Quelle que soit la ferveur avec laquelle les hommes croient ou prient, sils ne sont
pas dotés de lautorité divine, ils ne peuvent quagir en leur propre nom, pas
légalement ni de manière acceptable au nom de Jésus-Christ, au nom de qui tout doit se
faire» (Smith, p. 102).
Étant donné que plusieurs définitions sont associées à lautorité dans les
Écritures, ce point de doctrine a souvent été mal compris:
1. Lautorité désigne le pouvoir officiel lié au poste, à la fonction ou à la
désignation légale comme dans lexemple de lautorité donnée à Joseph en
Égypte par le Pharaon (Ge. 41:40-41), par lhomme qui donne à ses serviteurs
autorité sur sa maison pendant son absence (Mc. 13:34) et par les officiers de
lÉglise désignés pour détenir lautorité sur les membres (Mt. 8:9; D&A
107:8). Lautorité dans ces cas présume un commandement en vertu du poste
conféré.
2. Lautorité est force, pouvoir ou maîtrise de ressources. Un exemple en est le
pouvoir sur Juda installé par les Philistins (Jg. 15) et par la domination de la Judée
par Rome du temps du Christ (Mt. 27:2). Dans ce sens, lautorité désigne la
supériorité ou la suprématie par rapport aux autres découlant dacquisitions, de
possessions ou de la force.
3. Lautorité est affaire de compétence, comme dans le cas dun expert dans un
domaine. Les exemples sont lautorité attribuée à Jésus, douze ans, suite à ses
enseignements dans le temple (Lu. 2:42, 46-47) et lautorité liée à la
prédication de prophètes tels que Néphi 1, Léhi, Abinadi et les fils de Mosiah 2 (Mos.
13:6; Al. 17:3; Hél. 5:18).
4. Lautorité est un mandat divin ou appel de Dieu. Par exemple, Jésus a donné à
ses apôtres lautorité spécifique de prêcher et dadministrer son Évangile
(Mt. 10:1; Jn. 15:16; 3 Né. 12:1), et certaines personnes ont reçu le pouvoir de
baptiser et daccomplir des miracles par cette autorité (Ac. 5:12-16; 8:5-17; Al.
5:3; Mos. 18:13, 18; Mro. 2:1-3). Transmise par Jésus-Christ, cette autorité signifiait
que les ordonnances accomplies sur terre seraient honorées au ciel et, réciproquement,
que délier (dissoudre une ordonnance) sur terre signifierait délier dans le ciel (Mt.
16:19). Le nom donné à ce genre dautorité dans les Écritures est la prêtrise
(Hé. 7:11-12, 14, 24; 1 Pi. 2:5, 9; D&A 84:107).
Ces sens ont souvent été confondus comme le montre la question posée par les scribes à
Jésus concernant la base de sa propre autorité: «Par quelle autorité fais-tu ces
choses ?» (Mt. 21:23-27). Ton autorité est-elle politique (définition 1) ou un pouvoir
den haut (définition 4) ? ont-ils demandé.
De même que lautorité du Christ était basée sur le pouvoir den haut, de
même lÉglise appuie sa prétention à être la seule Église vraie et vivante sur
la possession de lautorité divine dagir pour Dieu. Cette autorité
différencie lÉglise de toutes les autres. Les autres systèmes et organisations
peuvent posséder dautres types dautorité, mais lautorité divine liée
à lÉglise du Christ, la prêtrise, réside seulement dans celle-ci.
Une explication des caractéristiques de lautorité divine permet déclaircir
les prétentions de lÉglise. Dabord, «Nul ne sattribue cette dignité,
sil nest appelé de Dieu, comme le fut Aaron» (Hé. 5:4). Lautorité
divine ne sobtient pas par létude, un diplôme décerné par une école ou le
simple désir (Ac. 19:13-16). On doit lobtenir de la manière désignée par Dieu,
comme ce fut le cas dAaron (Ex. 28:41).
En second lieu, on obtient lautorité dagir au nom de Dieu par
limposition des mains par quelquun qui détient déjà cette autorité ou
prêtrise (1 Ti. 4:14; 2 Ti. 1:6; Mro. 2:1-3; De. 34:9). Simon, par exemple, désirait
acheter lautorité des apôtres, comme il avait pu le faire avec dautres types
dautorité. Pierre le condamna pour avoir désiré obtenir le «don de Dieu» à
prix dargent (Ac. 8:14-20), et lachat de lautorité porte son nom,
cest la simonie.
Troisièmement, les ordonnances accomplies dans lÉglise ne font spirituellement
force de loi que quand elles le sont en vertu de cette autorité divinement conférée et
reçue de la manière appropriée (Mos. 23:17; D&A 20:73; 132:13; 2 S. 6:6-7). Par
exemple, Paul a rebaptisé des Éphésiens qui avaient été précédemment baptisés par
une personne non autorisée (Ac. 19:1-6). Le roi Limhi et beaucoup de ses disciples ont
été convertis au Christ et étaient désireux dêtre baptisés, mais ils ont
attendu pour recevoir cette ordonnance parce que celui qui avait lautorité ne se
sentait pas digne (Mos. 21:33-35).
Un quatrième fait concernant lautorité divine est quelle a disparu de la
terre peu après la résurrection et lascension du Christ au ciel (voir Apostasie),
de sorte quun rétablissement de lautorité divine était nécessaire (2 Th.
2:1-4; 1 Ti. 4:1-3; 2 Ti. 3:1-7). En 1829, des messagers célestes, précédemment dotés
dautorité divine par le Christ lui-même, conférèrent lautorité à Joseph
Smith et à Oliver Cowdery dans le cadre du rétablissement de lÉglise de
Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours (voir Prêtrise dAaron: Rétablissement;
Prêtrise de Melchisédek: Rétablissement de la Prêtrise de Melchisédek). Les membres
de lÉglise ordonnés à cette autorité notent maintenant leur «ligne
dautorité personnelle». Ce document indique le cheminement des ordinations reliant
leur autorité dans la prêtrise à Jésus-Christ lui-même.
Cinquièmement, lautorité de présider nest efficace pour une personne que
quand elle est accompagnée du consentement commun des membres de lÉglise que cette
personne présidera (D&A 20:65; 26:2; 42:11).
Les abus dautorité et lautoritarisme sont inhérents à tout système
organisé, et ces abus sont particulièrement associés à une autorité basée uniquement
sur les postes, la force ou la connaissance. Les personnes de lextérieur
perçoivent parfois des organisations telles que lÉglise comme autoritaires,
principalement à cause de la confusion concernant le sens du mot autorité. Si
lautorité dans lÉglise était basée sur la politique, des caractéristiques
ou des compétences personnelles, laccusation dautoritarisme pourrait se
justifier. Or, lautorité divine (définition 4) est inséparablement liée aux
principes de la justice et «lorsque nous entreprenons de couvrir nos péchés ou
d'assouvir notre orgueil, notre vaine ambition, ou d'exercer, avec quelque degré
d'injustice que ce soit, une emprise, une domination ou une contrainte sur l'âme des
enfants des hommes, voici, les cieux se retirent; l'Esprit du Seigneur est attristé, et
lorsqu'il est retiré, c'est la fin de la prêtrise ou de l'autorité de cet homme»
(D&A 121:37).
Les membres de lÉglise comprennent que lexercice de lautorité divine
comporte la responsabilité de faire du bien au peuple et de vaquer à son bien-être.
Lutilisation convenable de cette autorité est contraire à lautoritarisme et
aux abus dautorité, de sorte que les connotations négatives parfois associées à
lautorité ne sont généralement pas présentes dans lÉglise.
Bibliographie
Ehat, Andrew F., et Lyndon W. Cook, dir. de publ. The Words of Joseph Smith. Provo, Utah,
1980.
Richards, LeGrand. Une uvre merveilleuse et un prodige. Salt Lake City, 1968.
Smith, Joseph F. Gospel Doctrine. Salt Lake City, 1977.
Talmage, James E. AF. Salt Lake City, 1977.
KIM S. CAMERON
Baptême
Auteur: HAWKINS, CARL S.
Le quatrième article de foi de lÉglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers
Jours déclare que «le baptême par immersion pour la rémission des péchés» est
lun des «premiers principes et ordonnances de lÉvangile». Les saints des
derniers jours croient, comme beaucoup de chrétiens, que le baptême est une ordonnance
initiatrice essentielle pour toutes les personnes qui deviennent membres de
lÉglise, car elle les admet dans lÉglise du Christ sur terre (Jn. 3:3-5;
D&A 20:37, 68-74). Cest une étape primaire dans le processus, qui comprend la
foi, le repentir, le baptême de feu et du Saint-Esprit et la persévérance jusquà
la fin, étape par laquelle les membres peuvent recevoir la rémission de leurs péchés
et accéder au royaume céleste et à la vie éternelle (par exemple, Mc. 16:15-16; 2 Né.
31:13-21; D&A 22:1-4;84:64, 74; MD, pp. 69-72).
Les baptêmes modernes sont accomplis pour les convertis qui ont été dûment instruits
et ont au moins huit ans (lâge de responsabilité). Le baptême doit être fait par
quelquun qui a lautorité appropriée dans la prêtrise. Celui qui baptise
lève la main droite, récite la prière de baptême prescrite et immerge complètement le
candidat (3 Né. 11:23-26; D&A 20:71-74; 68:27). Le baptême symbolise lalliance
par laquelle les gens promettent dentrer dans la bergerie de Dieu, de prendre sur
eux le nom du Christ, dêtre témoins de Dieu, de garder ses commandements et de
porter les fardeaux les uns des autres, se montrant décidés à le servir jusquà
la fin et de se préparer à recevoir lesprit du Christ pour la rémission des
péchés. Le Seigneur, cest sa contrepartie de lalliance, doit déverser son
Esprit sur eux, les racheter de leurs péchés, les faire participer à la première
résurrection et leur donner la vie éternelle (Mos. 18:7-10; D&A 20:37).
Le symbolisme riche de lordonnance invite des candidats et des observateurs à
réfléchir à ses significations. Lensevelissement dans leau et la sortie de
leau symbolisent la foi du candidat en la mort, lensevelissement et la
résurrection de Jésus-Christ aussi bien quen la résurrection future de tous les
hommes. Il représente également la nouvelle naissance du candidat à une vie en Christ,
étant né de Dieu, donc né de nouveau deau et de lEsprit (Ro. 6:3-6; Mos.
18:13-14; Moï. 6:59-60; D&A 128:12-13).
Les Écritures modernes disent que lhistoire de cette ordonnance antidate le
ministère de Jean-Baptiste. En commençant par Adam (Moï. 6:64-66), le baptême par
immersion dans leau a été introduit comme pratique officielle et a été observé
dans toutes les dispensations suivantes de lÉvangile quand lautorité de la
prêtrise était sur la terre (D&A 20:25-27; 84:27-28). Comme variantes de tels
précédents, les saints des derniers jours retrouvent des initiations par le baptême
dans beaucoup de religions préchrétiennes (voir Meslin, 1987). Comme le rapporte le
Livre de Mormon, Léhi et Néphi 1 ont eu la vision du baptême de Jésus-Christ et ont
enseigné à leur peuple à suivre son exemple de justice (1 Né. 10:7-10; 11:27; 2 Né.
31:4-9). De plus, avant le temps de Jésus-Christ, Alma 1 introduisait les convertis dans
lÉglise de Dieu par le baptême comme signe de leur alliance (Mos. 18:8-17; Al.
4:4-5).
Selon le récit de son apparition aux Néphites, Jésus a enseigné la nécessité de la
foi, du repentir, du baptême et du don du Saint-Esprit, et il a donné autorité à douze
disciples de baptiser (3 Né. 11:18-41; 19:11-13; 26:17-21). Le Livre de Mormon donne les
instructions utiles pour le baptême et les paroles de la prière de baptême (3 Né.
11:23-28; Mro. 6:1-4; cf. D&A 20:73).
En plus des informations du Livre de Mormon, les saints des derniers jours suivent les
enseignements de Nouveau Testament sur le baptême. Jésus a enseigné que le baptême est
nécessaire au salut. Il a dit à Nicodème : «Si un homme ne naît deau et
dEsprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu» (Jean 3:1-5). Il exigeait le
baptême de la part de ceux qui professaient devenir ses disciples (Jn. 4:1-2). La mission
finale quil a donnée à ses apôtres était quils devaient aller à toutes
les nations, enseignant et baptisant (Mt. 28:19), et il a déclaré: «Celui qui croira et
sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné» (Mc. 16:16).
Paul, après sa vision miraculeuse sur le chemin de Damas, sentendit enseigner
lÉvangile par Ananias, qui lui dit: «Lève-toi, sois baptisé, et lavé de tes
péchés» (Ac. 22:16). À la multitude pénitente le jour de la Pentecôte, Pierre a
proclamé: «Repentezvous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de
JésusChrist, pour le pardon de vos péchés» (Ac. 2:38).
Les saints des derniers jours nacceptent pas les pratiques et les enseignements
relatifs au baptême qui sont apparus chez certains groupes chrétiens au cours des
siècles qui ont suivi la mort des apôtres, notamment le baptême des petits enfants, le
baptême par dautres moyens que limmersion et lidée que le baptême
nest pas nécessaire au salut. Le prophète néphite Mormon a dénoncé la pratique
du baptême des petits enfants, qui sétait apparemment introduite parmi son peuple,
et a déclaré que quiconque pensait que les petits enfants avaient besoin du baptême
niait la miséricorde du Christ, ignorant la valeur de son expiation et le pouvoir de sa
rédemption (Mro. 8:4-20).
Jean-Baptiste a rendu lautorité de baptiser à Joseph Smith et à Oliver Cowdery le
15 mai 1829 (JSH 1:68-72). Dès le début de lÉglise rétablie, des
missionnaires ont été envoyés pour «annoncer le repentir, la foi au Sauveur et la
rémission des péchés par le baptême» (D&A 19:31; 55:2; 84:27, 74). «Celui qui
croira et sera baptisé sera sauvé, et celui qui ne croira pas et ne sera pas baptisé
sera damné» (D&A 112:29). Cest lenseignement central de lÉvangile
de Jésus-Christ (3 Né. 11:31-40).
En conséquence, les personnes qui entrent dans lÉglise de Jésus-Christ des Saints
des Derniers Jours à lâge de huit ans ou plus doivent de soumettre au baptême,
même si elles ont été précédemment baptisées dans dautres églises (D&A
22). De même, les excommuniés passent de nouveau par le baptême une fois quils se
sont qualifiés pour la réadmission dans lÉglise.
La forme de lordonnance est prescrite dans la révélation moderne, qui dit de
manière explicite que le baptême doit être accompli par une personne qui a
lautorité de la prêtrise et quil faut pour cela immerger complètement le
candidat pénitent et le sortir ensuite de leau (3 Né. 11:25-26; D&A 20:72-74).
Le baptême est suivi de limposition des mains pour le don du Saint-Esprit.
La pratique courante dans lÉglise veut que le candidat soit interrogé et approuvé
par un officier autorisé de la prêtrise (habituellement lévêque ou un autre
dirigeant présidant lassemblée ou un dirigeant de mission), qui détermine si le
candidat remplit les conditions dun repentir véritable, de la foi au Seigneur
Jésus-Christ, dune compréhension des lois et des ordonnances de lÉvangile
et de la volonté dy obéir. Il est également nécessaire quun document
officiel de chaque baptême soit tenu par lÉglise.
Le baptême peut se faire dans les fonts baptismaux existant dans beaucoup déglises
ou dans tout plan deau convenant à cette occasion sacrée et suffisamment profond
pour permettre limmersion complète. Le candidat et la personne accomplissant
lordonnance doivent être vêtus de vêtements blancs simples et pudiques. La
cérémonie est sans prétention et a habituellement lieu en la présence de la famille du
candidat, les amis intimes et les membres de lassemblée que cela intéresse. Un
orateur ou deux peuvent donner quelques enseignements et souhaiter une joyeuse bienvenue
au candidat.
La pratique antérieure du rebaptême pour manifester le repentir et le renouvellement de
lengagement ou pour le retour à la santé en temps de maladie na plus cours
dans lÉglise.
La croyance que le baptême est nécessaire au salut de toutes les personnes qui
atteignent lâge de responsabilité (D&A 84:64, 74) ne condamne pas les
personnes qui sont mortes sans avoir eu loccasion dentendre le véritable
Évangile de Jésus-Christ ou de recevoir le baptême par lautorité appropriée de
la prêtrise. Les saints des derniers jours croient quun baptême doit être
accompli par procuration pour les morts (1 Co. 15:29; D&A 124:28-35, 127-128) et
quil devient effectif si le bénéficiaire décédé accepte lÉvangile tandis
quil est dans le monde desprit à attendre la résurrection (voir 1 Pi.
3:18-20; 4:6; cf. D&A 45:54). Cette uvre par procuration au profit des
générations précédentes, liant le cur des enfants à leurs pères (Mal. 4:5-6),
est une des ordonnances sacrées accomplies dans les temples modernes (D&A 128:12-13).
Bibliographie
Meslin, Michel. « Baptism. » Dans Encyclopedia of Religion, Mircea Eliade, dir. de publ.
vol. 2, pp. 59-63. New York, 1987.
Smith, Joseph Fielding, Doctrines du Salut, vol. 2, pp. 323-337. Salt Lake City, 1955.
Talmage, James E. AF pp. 109-142. Salt Lake City, 1984.
CARL S. HAWKINS
Baptême - Prière
Auteur : WILSON, JERRY A.
Les paroles de la prière du baptême utilisées dans l'Église de Jésus-Christ des
Saints des Derniers Jours sont prescrites dans la compilation la plus ancienne
dinstructions pour le fonctionnement de l'Église (D&A 20). Quand quelquun
est baptisé, la personne qui a l'autorité appropriée dans la prêtrise descend dans
l'eau avec le candidat, lève le bras droit à angle droit, appelle l'intéressé par son
nom légal complet et dit: «Ayant reçu lautorité de Jésus-Christ, je te baptise
au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen» et immerge ensuite le candidat
(D&A 20:73). La même version de la prière est donnée par Jésus-Christ aux
Néphites et se trouve dans le Livre de Mormon (3 Né. 11:25).
Plus tôt dans le Livre de Mormon il y a une mention quelque peu différente de la prière
de baptême. Quand Alma lAncien, au deuxième siècle av. J.-C., fonde l'Église
parmi les Néphites, il prie: «Ô Seigneur, déverse ton Esprit sur ton serviteur, afin
qu'il fasse cette uvre avec sainteté de cur» (Mosiah 18:12). La prière de
baptême qui suit souligne l'alliance représentée par le baptême et la nécessité de
procéder ensuite à un baptême de l'Esprit : «Je te baptise, ayant autorité du Dieu
Tout-Puissant, en témoignage que tu as conclu l'alliance de le servir jusqu'à ce que tu
sois mort quant au corps mortel; et que l'Esprit du Seigneur soit déversé sur toi; et
qu'il t'accorde la vie éternelle, par l'intermédiaire de la rédemption du Christ, qu'il
a préparé dès la fondation du monde» (Mosiah 18:13; voir Baptême de feu et du
Saint-Esprit).
Bibliographie
Il est instructif de comparer la pratique et les récits scripturaires des saints des
derniers jours à la tradition chrétienne rapportée dans E. C. Whitaker, Documents of
the Baptismal Liturgy, Londres, 1970.
JERRY A. WILSON
Baptême de feu et du Saint-Esprit
Auteur: BRADSHAW, WILLIAM S.
Le baptême de feu et du Saint-Esprit désigne l'expérience de la personne qui reçoit
l'ordonnance de l'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit. C'est la seconde
partie dune séquence et il suit le baptême par immersion dans l'eau par lequel la
personne repentante qui s'est engagée vis-à-vis du Christ et de son Évangile est née
de Dieu ou née de nouveau. Comme Jésus la expliqué à Nicodème, «si un homme ne
naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu» (Jn. 3:5). En
commentant ce passage, Joseph Smith a dit: «Le baptême d'eau nest quun
demi-baptême et nest bon à rien sans
le baptême du Saint-Esprit» (EPJS, p.
254). Le baptême de feu, assuré par le Saint-Esprit, se manifeste à travers un ensemble
de sensations, d'impressions et de découvertes personnelles qui constituent le
témoignage spirituel de la Divinité que l'on a reçu la rémission de ses péchés (2
Né. 31:17). Le baptême de feu inaugure la transmission de dons spirituels aux fidèles
pour les aider durant toute leur vie à rester fidèles à leur alliance du baptême (1
Co. 12; Mro. 10:8-23; D&A 46:10-33).
La doctrine des deux baptêmes a été enseignée par Jean-Baptiste: « Moi, je vous
baptise d'eau
mais celui qui vient après moi
vous baptisera du
SaintEsprit et de feu» (Mt. 3:11). Au baptême du Christ, le Saint-Esprit
sest manifesté par le signe d'une colombe (Lu. 3:22) et il est apparu aux disciples
le jour de la Pentecôte sous forme de langues de feu (Ac. 2:3; voir Jéhovah,
Jésus-Christ). L'ordonnance du don du Saint-Esprit a commencé avec les premiers
convertis chrétiens (Ac. 8:12-17; 3 Né. 18; Mro. 2-3; 6) et est une pratique (souvent
désignée sous le nom de confirmation) rendue à l'Église daujourdhui et
administrée par la Prêtrise de Melchisédek (D&A 20:38-41).
Symboles du baptême, l'eau (utilisée pour laver) et le feu (utilisé pour la fonte des
métaux) représentent les agents qui nettoient et purifient, la première
extérieurement, lautre intérieurement, menant à la sanctification (Al. 13:12;
Mro. 6:4). En outre, le feu suggère la chaleur et la lumière, réalisées sous forme de
sensations tangibles telles qu'une brûlure dans la poitrine et le sentiment
dillumination accompagnant la réception de l'esprit divin (D&A 9:8; 88:49).
Pour les saints des derniers jours, le baptême par le feu et le Saint-Esprit est un
phénomène réel en accomplissement littéral de l'alliance de Dieu avec ceux qui se
repentent et sont baptisés (2 Né. 31:10-21). Par cette expérience, la personne peut
réaliser les promesses faites par Jésus en ce qui concerne le rôle de Consolateur joué
par le Saint-Esprit, témoin de l'Expiation, instructeur et guide vers la vérité (Jn.
14:16, 26; 15:26).
Bibliographie
Cannon, Elaine, et Ed J. Pinegar. The Mighty Change. Salt Lake City, 1978.
WILLIAM S. BRADSHAW
Baptême Alliance du
Auteur: WILSON, JERRY A.
Quand une personne contracte le baptême chez les saints des derniers jours, elle fait une
alliance avec Dieu. Le baptême est un «signe
que nous faisons la volonté de Dieu,
et il ny a sous le ciel aucun autre moyen ordonné par Dieu pour permettre à
lhomme de venir à lui» (EPJS, p. 160).
Les candidats promettent d «entrer dans la bergerie de Dieu et être appelés son
peuple
[de] porter les fardeaux les uns des autres
[de] pleurer avec ceux qui
pleurent
[et d] être les témoins de Dieu
jusquà la mort» (Mos.
18:8-9). La personne qui contracte cette alliance doit le faire avec lattitude
appropriée dhumilité, de repentir et de détermination de garder les commandements
du Seigneur et de servir Dieu jusquà la fin (2 Né. 31:6-17; Mro. 6:2-4; D&A
20:37). De son côté, Dieu promet la rémission des péchés, la rédemption et la
purification par le Saint-Esprit (Ac. 22:16; 3 Né. 30:2). Cette alliance se fait au nom
du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Le baptisé peut renouveler cette alliance à chaque réunion de Sainte-Cène en prenant
la Sainte-Cène. Cette volonté permanente de se rappeler le Christ et de garder ses
commandements apporte la réalisation de la promesse du Seigneur quil donnera son
Esprit et produit les «fruits» (Ga. 5:22) et les «dons» (D&A 46) qui mènent à la
vie éternelle.
Bibliographie
Tripp, Robert M. Oaths, Covenants and Promises, pp. 11-19. Salt Lake City, 1973.
JERRY A. WILSON
Baptême pour les morts
Cette rubrique se compose de deux articles:
Baptême pour les morts: Pratique chez les saints des derniers jours
Baptême pour les morts: Sources antiques
Le premier article suit le développement de la doctrine mormone du baptême pour les
morts. Dans le deuxième article, le doyen de la faculté de théologie de Harvard traite
de la pratique dans les temps anciens.
Baptême
pour les morts: Pratique chez les saints des derniers jours
Auteur: BURTON, H. DAVID
Le
baptême pour les morts est laccomplissement par procuration de lordonnance du
baptême pour un défunt. Joseph Smith a enseigné: «Si nous pouvons baptiser un homme au
nom du Père [et] du Fils et du Saint-Esprit pour la rémission des péchés, cest
tout autant notre devoir dagir comme agents et dêtre baptisés pour la
rémission des péchés pour et en faveur de nos aïeux décédés qui nont pas
entendu lÉvangile ou sa plénitude» (Kenney, p. 165).
La première déclaration publique concernant lordonnance du baptême pour les morts
dans lÉglise a été le sermon funèbre prononcé en août 1840 à Nauvoo par
Joseph Smith à loccasion du décès de Seymour Brunson. Sadressant à une
veuve qui avait perdu un fils qui navait pas été baptisé, il a appelé le
principe «de bonnes nouvelles dune grande joie» contrairement à la tradition du
temps qui voulait que toute personne non baptisée soit damnée. Les premiers baptêmes
pour les morts des temps modernes ont eu lieu dans le Mississippi, près de Nauvoo.
Des révélations éclaircissant la doctrine et la pratique ont été données de temps en
temps:
1. Cétait une pratique du Nouveau Testament (1 Co. 15:29; cf. D&A 128; voir
Baptême pour les morts: Sources antiques).
2. Le ministère du Christ dans le monde desprit était au profit de ceux qui
étaient morts sans entendre lÉvangile ou sa plénitude (1 Pi. 4:6; voir Salut des
morts).
3. De tels baptêmes doivent avoir lieu dans un temple, dans des fonts baptismaux
consacrés à cette fin (EPJS, p. 248; cf. D&A 124:29-35). En novembre 1841, les fonts
baptismaux du temple inachevé de Nauvoo étaient consacrés.
4. Le langage de la prière de baptême est le même que pour les vivants, avec
lajout de «en lieu et faveur de» [les défunts].
5. Des témoins doivent être présents aux baptêmes par procuration et ceux-ci doivent
être enregistrés dans les archives de lÉglise (D&A 128:3, 8).
6. Des femmes doivent être baptisées pour les femmes et des hommes pour les hommes.
7. Ce nest pas seulement le baptême, mais aussi la confirmation et les ordonnances
supérieures du temple qui peuvent être accomplis par procuration (EPJS, pp. 294).
8. La loi du libre arbitre est inviolée dans ce monde et dans le monde à venir. Ainsi,
ceux qui sont servis par procuration ont le droit daccepter ou rejeter les
ordonnances.
Dans les premières années de lÉglise, les baptêmes par procuration ne se
faisaient que pour les ancêtres directs par le sang, en ne remontant habituellement pas
plus de quatre générations. Aujourdhui, les saints des derniers jours sont
baptisés non seulement pour leurs propres ancêtres mais également pour dautres
personnes non apparentées, identifiées par le programme dextraction des noms.
Cette pratique est lexpression du désir des enfants de retrouver leurs parents et
des parents de retrouver leurs enfants, ainsi que des sentiments charitables pour les
autres, pour quils reçoivent la plénitude des bénédictions de lÉvangile
de Jésus-Christ. Dans la perspective mormone, quoi que lon fasse dautre pour
faire son deuil, enterrer honorablement, chérir ou se souvenir des morts, cette
ordonnance divinement autorisée du baptême est une démonstration damour et a des
implications éternelles.
Baptême pour les morts:
Sources antiques
Auteur: STENDAHL, KRISTER
Dans sa
première épître aux Corinthiens Paul a écrit: «Autrement, que feraient ceux qui se
font baptiser pour les morts ? Si les morts ne ressuscitent absolument pas, pourquoi se
fontils baptiser pour eux?» (Conzelmann, 1 Corinthiens 15:29).
Ce verset fait partie de largumentation de Paul contre ceux qui niaient une
résurrection future (cf. 2 Ti. 2:18, Justin, Dial. 80). Il fait allusion à une pratique
de baptême par procuration, une pratique pour laquelle nous navons aucune autre
preuve dans les écrits de Paul ou les autres écrits du Nouveau Testament ou écrits du
début du christianisme. Les interprètes ont été intrigués par le fait que Paul semble
accepter cette pratique. Il nestime en tous cas pas utile de la condamner comme
hérétique, mais Paul fait clairement allusion à un groupe distinct dans lÉglise,
un groupe quil accuse de contradiction entre rituel et doctrine.
Les anciens commentateurs considéraient comme hérétique la pratique du baptême par
procuration pour les morts (par exemple parmi les Marcionites, 150 apr. J.-C.). Ils
interprétaient donc les paroles de Paul dans 1 Corinthiens 15:29 de manière à ce
quelles ne puissent être invoquées à lappui de telles pratiques ou de toute
théologie qui y était implicite. Au fil des siècles, leurs interprétations ont
persisté et se sont multipliées (B.M. Foschini rapporte et évalue quarante explications
distinctes de ce verset). La plupart des pères grecs interprétaient «les morts» comme
désignant le propre corps dune personne; dautres ont interprété le verset
comme désignant les païens désirant le baptême «pour se joindre à» des parents
chrétiens perdus. Dautres encore ont suggéré différentes structures de la
phrase: «Autrement que réaliseront ceux que lon baptise? Quelque chose simplement
pour leur corps mort?»
Une fois que lon se sent moins menacé par les pressions théologiques exercées par
des développements postérieurs éventuels de la pratique et de la doctrine, le texte
semble parler clairement dune pratique de baptême par procuration pour les morts
dans lÉglise. Cest le point de vue de la plupart des exégètes critiques
contemporains. Pareille pratique peut se comprendre par une analogie partielle avec
lallusion de Paul au fait que les conjoints païens et les enfants communs dans les
mariages mixtes sont sanctifiés et purifiés par les partenaires chrétiens (1 Co. 7:14).
On a souvent fait le rapport avec 2 Maccabées 12:39-46, où Judas Maccabée, «tenant
compte de la résurrection», fait lexpiation pour ses camarades morts.
(Cétait le passage même que le Dr. Eck a utilisé en faveur du purgatoire dans son
débat de 1519 à Leipzig avec Martin Luther. Cest ainsi devenu une partie de la
raison pour laquelle les bibles protestantes ont exclu les Apocryphes ou les ont
relégués dans une annexe.)
On pourrait ajouter à ceci que le lien suivant dans largumentation de Paul en
faveur dune future résurrection est sa propre exposition au martyre (1 Co.
15:30-32), un martyre que Paul pense certainement avoir un effet par procuration (Ph.
2:17, Ro. 15:16, cf. Col. 1:24).
Pareil lien peut être conscient ou inconscient. Dans lun ou lautre cas, cela
rend tout à fait raisonnable lidée que la remarque de Paul a trait à la pratique
dun baptême par procuration pour les morts.
Bibliographie
Conzelmann, H. 1 Corinthians. Hermeneia Series. Philadelphia, 1975.
Foschini, B. "Those Who Are Baptized for the Dead; 1 Cor. 15:29." Catholic
Biblical Quarterly 12 (1950):260-276, 378-388; 13 (1951):46-78, 172-198, 276-285.
KRISTER STENDAHL
Bénédictions patriarcales
Auteur: MORTIMER, WILLIAM JAMES
La pratique pour un père de bénir ses fils et ses filles remonte aux temps les plus
anciens. Adam, premier patriarche et père du genre humain, a béni son fils Seth,
promettant «que sa postérité serait lélue du Seigneur et quelle serait
préservée jusquà la fin de la terre» (D&A 107:42). Abraham, Isaac, et Jacob
ont béni leurs enfants, ouvrant une vision de leur héritage et de leur destinée (par
exemple, Ge. 28:4; 49:3-27).
Chaque famille dans lÉglise et la grande famille quest lÉglise
perpétuent cet héritage. Les membres ont le droit daller trouver le patriarche de
pieu pour avoir une bénédiction de lÉglise. Des patriarches de pieu sont
ordonnés partout où lÉglise est organisée afin que tous puissent avoir cette
possibilité.
La bénédiction patriarcale est donnée par lautorité de la Prêtrise de
Melchisédek qui «est de détenir les clefs de toutes les bénédictions spirituelles de
lÉglise» (D&A 107:18). Quand il a fait alliance avec Abraham quà
travers sa postérité toutes les familles de la terre seraient bénies, Dieu a promis les
«bénédictions de lÉvangile, lesquelles sont les bénédictions du salut, de la
vie éternelle» (Abr. 2:11). La portée de ces promesses, tant ici que dans
lau-delà, est décrite dans les Écritures modernes:
«Abraham reçut des promesses concernant sa postérité, le fruit de ses reins
promesses qui devaient continuer tant quelle était dans le monde; et en ce qui
concerne Abraham et sa postérité, ils devaient continuer hors du monde
Cette
promesse est également pour toi, parce que tu es dAbraham, et que la promesse fut
faite à Abraham» [D&A 132:30-31].
Une partie essentielle de la bénédiction patriarcale est la déclaration du lignage. Le
patriarche demande linspiration pour indiquer le lignage dominant qui remonte à
Abraham. La majorité des bénédictions modernes désignent Éphraïm ou Manassé comme
chaînon principal, mais dautres de toutes les tribus dIsraël ont également
été mentionnés. Quil sagisse dune déclaration de descendance par le
sang ou par adoption est sans importance (voir Abr. 2:10). Cest considéré comme le
lignage et lhéritage par lesquels les bénédictions de la personne lui sont
transmises. Cest ainsi que les bénédictions «dAbraham, dIsaac et de
Jacob» sont conférées.
En outre, selon linspiration de lEsprit, le patriarche peut être poussé à
donner des exhortations, des promesses et des assurances. Il peut mentionner différents
traits de personnalité et des points forts et des faiblesses. Dans le contexte des
prophéties sur les événements mondiaux, il peut mentionner le rôle et lappel de
chacun. Il peut préciser les dons, les talents, les qualifications et le potentiel
spirituel de la personne avec la gratitude et la consécration qui doivent les
accompagner. Karl G. Maeser a décrit ces bénédictions comme étant des «paragraphes du
livre de nos possibilités» (Alma P. Burton, Karl G. Maeser: Mormon Educator, p. 82 [Salt
Lake City, 1953]).
On enseigne continuellement dans lÉglise que laccomplissement des
bénédictions patriarcales, comme celui de toutes les promesses divines, est conditionné
par la foi et les uvres de la personne. Les bénédictions se terminent
habituellement par une déclaration telle que: «Je prononce ces bénédictions sur votre
tête selon votre foi et votre diligence à garder les commandements du Seigneur.»
La pratique de donner des bénédictions patriarcales est un rappel constant de
lhonneur et de la gloire de la famille: que lon nest pas seul et que
chaque personne se tient sur les épaules de ceux qui lont précédée. Elle incite
ceux qui reçoivent les bénédictions à « porte[r] les regards sur Abraham, [leur]
père» (2 Né. 8:2), à faire «les uvres dAbraham» (D&A 132:32; cf. Jn.
8:39), à être disposé à être «châti[é] et mis à lépreuve comme Abraham»
(D&A 101:4) et à reconnaître que la disposition dAbraham à offrir son fils
était «une similitude de Dieu et de son Fils unique» (Jcb. 4:5). En bref, le
commandement dhonorer son père et sa mère ne finit pas à la mort, ni avec la
croissance du genre humain.
Toutes les bénédictions patriarcales sont enregistrées et transcrites; les copies sont
conservées dans les archives officielles de lÉglise et par le bénéficiaire.
Elles sont considérées comme sacrées par ceux qui les reçoivent.
Dans lhistoire dIsraël, comme des saints des derniers jours, leffet
moteur de ces bénédictions est incalculable. Elles ouvrent beaucoup de portes à la
prise de conscience de soi. Elles ont inspiré des hommes et des femmes célèbres, aussi
bien que ceux qui se trouvent dans les endroits les plus obscurs et les plus isolés, à
se plonger dans laccomplissement dune mission, à uvrer et à donner
dans lesprit de consécration. Elles ont été une force au milieu des épreuves et
des tentations de la vie, un réconfort dans les ténèbres du deuil et une ancre dans les
tourmentes, «une aide quotidienne dans toutes les affaires de la vie» (Widtsoe, p. 74).
Bibliographie
Widtsoe, John A. Evidences and Reconciliations. Salt Lake City, pp. 72-77.
WILLIAM JAMES MORTIMER
Benjamin
Auteur: RICKS, STEPHEN D.
Benjamin, fils de Mosiah 1, est un roi important dans l'histoire néphite ( v. 121
av. J.-C.). Son règne se produit à un moment crucial de l'histoire des Néphites et est
culturellement et politiquement important. Son père, Mosiah 1, «averti par le Seigneur»
a emmené les Néphites hors du pays de Néphi au pays de Zarahemla (Om. 1:12, 19). Par la
suite, pendant son règne, Benjamin a combattu, comme le faisaient habituellement les rois
dans le monde antique (cf. Mos. 10:10), «avec la force de son bras» contre les
envahisseurs lamanites (Pa. 1:13), empêchant son peuple «de tomber entre les mains de
[ses] ennemis» (Mos. 2:31). Il réussit à consolider le règne néphite sur le pays de
Zarahemla (Om. 1:19) et y règne «en justice» sur son peuple (Pa. 1:17).
Benjamin, décrit comme étant «un saint homme» (Pa. 1:17) et «un homme juste devant le
Seigneur», dirige également son peuple en tant que prophète (Om. 1:25) et est, avec
l'aide d'autres prophètes et de saints hommes, capable surmonter les querelles parmi son
peuple et fait «encore une fois régner la paix dans le pays» (Pa. 1:18). En
conséquence, Amaléki, qui na «pas de postérité», lui confie les annales des
«petites plaques» (Om. 1:25). Vivement intéressé par la conservation des annales
sacrées, Benjamin instruit ses fils «dans toute la langue de ses pères» et
«concernant les annales qui étaient gravées sur les plaques dairain» (Mos.
1:2-3).
Mosiah 2-6
rapporte le discours d'adieu de Benjamin visant principalement à provoquer un
«changement de cur» chez son peuple et à lamener à Jésus-Christ. Il
traite des obligations de l'homme vis-à-vis de ses semblables et vis-à-vis de Dieu, du
châtiment en cas de rébellion contre Dieu, de la reconnaissance, de la foi et du
service. Ce discours conserve aujourdhui toute sa pertinence. En outre, rapportant
les paroles quun ange lui a dites, Benjamin prophétise que «le Seigneur
Omnipotent
descendra du ciel avec puissance parmi les enfants des hommes » en tant
que Messie, «accomplissant de grands miracles» (Mosiah 3:5). De plus, Benjamin déclare
que le Messie «sera appelé Jésus-Christ, le Fils de Dieu
et sa mère sera
appelée Marie» (3:8). La toute première mention du nom de celle-ci dans le Livre de
Mormon. En outre, Jésus «souffrira les tentations, et la souffrance du corps, la faim,
la soif et la fatigue, plus encore que l'homme ne peut en souffrir» (3:7). Après avoir
été crucifié, Jésus «se lèvera d'entre les morts; et voici, il se tient pour juger
le monde» (3:10). Chose importante, Benjamin enseigne que le pouvoir de l'expiation de
Jésus-Christ vaut pour lui et son peuple, «comme s'il était déjà venu» sur terre
(3:13).
On peut mesurer l'impact du discours de Benjamin sur les générations néphites suivantes
par le nombre de fois quon le mentionne plus loin dans le Livre de Mormon. Après la
mort de Benjamin, son fils et successeur, Mosiah 2, envoie Ammon et quinze autres
représentants de Zarahemla au pays de Néphi (Mos. 7:1-6) où ils trouvent le roi Limhi
et son peuple néphite asservis aux Lamanites. Après que les représentants se sont
identifiés, Limhi réunit son peuple au temple local où il s'adresse à lui. Ensuite,
Ammon «leur répéta aussi les dernières paroles que le roi Benjamin leur avait
enseignées, et les expliqua au peuple du roi Limhi, pour qu'il pût comprendre toutes les
paroles qu'il disait» (Mos. 8:3). De même, Hélaman 2 (v. 30 av. J.-C.) avertit ses fils
Léhi 4 et Néphi 2 en ces termes : «Souvenez-vous
des paroles que le roi Benjamin
a dites à son peuple; oui, souvenez-vous qu'il n'y a aucune autre manière ni aucun autre
moyen par lesquels l'homme puisse être sauvé, si ce n'est par le sang expiatoire de
Jésus-Christ» (Hél. 5:9). Ces paroles rappellent lun des thèmes centraux du
discours de Benjamin: «Le salut a été, et est, et sera, dans et par le sang expiatoire
du Christ» (Mos. 3:18-19; cf. Hél. 14:12).
Après un règne long et prospère, Benjamin décède vers 121 av. J.-C. Le plus grand de
tous les hommages à sa grandeur, cest son fils Mosiah 2 qui le lui rendra. Dans un
discours prononcé à la fin de son propre règne, dans lequel il soupèse les avantages
et les pièges de diverses formes de gouvernement, Mosiah dit : «S'il était possible que
vous ayez pour rois des hommes justes, qui établiraient les lois de Dieu et jugeraient ce
peuple selon ses commandements, oui, si vous pouviez avoir pour rois des hommes qui
feraient ce que mon père Benjamin a fait pour ce peuple
alors il serait opportun
que vous ayez toujours des rois pour vous gouverner» (Mos. 29:13).
Bibliographie
Nibley, Hugh W. An Approach to the Book of Mormon. Dans CWHN 4:295-310.
Bible
.
[La rubrique consacrée à la Bible donne une idée de lestime que les saints ont
pour ce recueil décrits et de lusage considérable quils en font. Les
articles sont:
Bible
Croyance des saints en la Bible
La King James Version
Édition de la Bible créée par lÉglise
Le premier article explique limportance de la Bible au sein des ouvrages canoniques
de lÉglise. Le deuxième explore la profondeur de la croyance en la Bible. Le
troisième examine lutilisation de la King James Version de la Bible par
lÉglise. Le dernier donne des informations sur ce que contient la Bible éditée
par lÉglise en 1979 et des détails sur la publication. Les articles qui traitent
de thèmes apparentés sont Ancien Testament et Nouveau Testament. On trouvera un
traitement sur léventail des sujets liés aux conceptions quont les saints
des Écritures en général dans Ouvrages canoniques et en particulier lensemble des
articles repris sous le titre général Écritures.]
Bible: Bible
Auteur: LUDLOW, VICTOR L.
La Bible
est à la base de lÉglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, constitue
lun de ses ouvrages canoniques et est acceptée comme étant la parole de Dieu.
Cest un passage du Nouveau Testament dans lépître de Jacques qui incita, en
1820, le jeune Joseph Smith à interroger Dieu au sujet des religions de son temps, sur
quoi il reçut sa Première Vision dans laquelle il vit Dieu le Père et Jésus-Christ
(Ja. 1:5; JSH 1:11-12, 17-18). Trois ans plus tard, ce furent des passages de
lAncien Testament et du Nouveau Testament qui furent la base scripturaire de la
deuxième grande expérience spirituelle de Joseph quand lange Moroni lui apparut et
linstruisit en sappuyant sur Malachie, Ésaïe, Joël, Daniel et dautres
Écritures (JSH 1:36-41; JD 24:241;
Messenger
and Advocate 1, avr. 1835, p. 109). Après avoir terminé la traduction du Livre de Mormon
et organisé lÉglise rétablie de Jésus-Christ en 1830, le prophète Joseph Smith
étudia à fond la Bible comme le Seigneur le lui avait commandé et fit la Traduction de
Joseph Smith de la Bible (TJS).
Dès
lenfance, les saints des derniers jours sont exposés aux enseignements de la Bible.
Certains passages sont soulignés dans lenseignement des enfants. La plupart des
enfants de la Primaire et en particulier ceux qui font partie de familles qui
tiennent la soirée familiale et appliquent un programme de lecture des Écritures
se familiarisent avec les événements racontés dans la Genèse, notamment les histoires
dAdam et Ève, Noé, Abraham, Jacob et Joseph. Les épisodes postérieurs des
prophètes, des juges, et des rois (tels que Moïse, Samson, Samuel, David, Salomon, Jonas
et Daniel), aussi bien que ceux des personnalités du Nouveau Testament (par exemple,
Pierre, Paul et Étienne), sont également des favoris. Les histoires de Débora, de Ruth,
dEsther et de Marie comptent parmi les préférées des filles. Ce sont cependant la
vie et les enseignements de Jésus-Christ qui sont les plus étudiés et les plus
appréciés (voir Jésus-Christ: Ministère de Jésus-Christ).
Lorsque les saints des derniers jours se livrent à une étude répétée de la Bible, il
sen dégage des enseignements évangéliques plus riches. Outre quils
reçoivent lenseignement dispensé par lÉcole du Dimanche, les adolescents
qui suivent les cours du séminaire passent deux ans de leurs quatre années à étudier
la Bible. Il en va de même des cours de religion de niveau supérieur dans les
universités du Département dÉducation de lÉglise et dans les cours des
instituts de religion dans dautres universités. Les missionnaires mormons se
réfèrent souvent à des passages de la Bible dans lenseignement quils
donnent aux amis de lÉglise. Une des preuves les plus convaincantes de
limportance de létude de la Bible pour les saints des derniers jours ressort
du programme de lÉcole du Dimanche pour les adultes. Dans les cours de Doctrine de
lÉvangile, deux années sur chaque cycle de quatre ans sont consacrées à la
lecture, à létude et aux discussions sur la Bible. Une autre grande preuve de
limportance que les saints accordent à la Bible réside dans les efforts et les
dépenses quoi ont été consentis pour assurer la publication de lédition anglaise
de lÉglise de la Bible en 1979. Les Autorités générales de lÉglise citent
fréquemment la Bible dans leurs écrits et leurs discours de conférence générale et
lors des conférences de pieu. La Bible constitue donc un fondement dÉvangile
important pour tous les membres de lÉglise, depuis les nouveaux baptisés
jusquaux officiers présidents.
ENSEIGNEMENTS ET PRATIQUES BIBLIQUES PRINCIPAUX. Parmi les enseignements de la Bible, il y
en a sur lesquels on insiste particulièrement. Par exemple, les saints des derniers jours
nont aucun mal à se reconnaître dans la pratique du Dieu de lAncien
Testament de parler par lintermédiaire des prophètes de lépoque (Am. 3:7),
une façon de faire que lon peut constater dans lÉglise
daujourdhui. Ils se sentent aussi proches de la maison dIsraël grâce
à leur bénédiction patriarcale individuelle, qui précise habituellement une ascendance
généalogique remontant à lune des tribus dIsraël. La notion de peuple de
lalliance, telle quenseignée dans la Genèse, lExode et le
Deutéronome, cadre bien avec la croyance des saints quils sont un peuple de
lalliance aujourdhui. Beaucoup de lois et de commandements, en particulier un
code de santé, caractérisent lIsraël antique et son équivalent spirituel moderne
dans lÉglise (Lé. 11; D&A 89; voir Parole de Sagesse). Les errances de
lIsraël antique et les difficultés à coloniser la Terre Promise ont aussi leur
pendant dans le début de lhistoire des saints à tel point que Brigham Young a
été qualifié de Moïse moderne (par exemple, Arrington, 1985; voir aussi Persécution;
Pionniers).
Les enseignements du Nouveau Testament sur lesquels les saints des derniers jours mettent
laccent sont les enseignements du Sauveur et des apôtres sur les principes de base
de lÉvangile, particulièrement la foi et le repentir, et les ordonnances de
lalliance, en particulier le baptême et le don du Saint-Esprit (voir Premiers
principes de lÉvangile). Lorganisation, les offices dans la prêtrise et
luvre missionnaire de lÉglise du Nouveau Testament ont leurs
contre-parties dans les croyances, les pratiques et lorganisation de lÉglise
actuelle (voir Organisation de lÉglise à lépoque du Nouveau Testament).
IMPORTANCE DES TEXTES BIBLIQUES DANS LE LIVRE DE MORMON. Parmi des écrits de
lAncien Testament, ceux de Moïse, dÉsaïe et de Malachie retiennent
particulièrement lattention des saints des derniers jours à cause de leur place
importante dans le Livre de Mormon. Les enseignements de Moïse tels quils se
trouvent dans le Pentateuque (avec lexpansion de Genèse 1-6 qui se trouve dans la
Perle de Grand Prix) constituent la matière qui permet de comprendre la dispensation
mosaïque de la maison dIsraël. Les annales du Livre de Mormon, qui commencent avec
Léhi et avec le peuple de Zarahemla (voir Mulek), proviennent essentiellement de ce cadre
israélite. Il y est question dAdam et Ève et des événements du jardin
dÉden (par exemple, 2 Né. 2:15-25) et du déluge du temps de Noé (par exemple,
Al. 10:22), de gens amenés par Dieu en Amérique à lépoque de la tour de Babel
(Ét. 1:3-5, 33), dévénements de la vie des patriarches (par exemple, 2 Né.
3:4-16), et de lappel, des uvres et des paroles de Moïse (par exemple, 1 Né.
17:23-31; 2 Né. 3:16-17; voir aussi Loi de Moïse). Le cinquième chapitre de 1 Néphi
mentionne les documents bibliques que la famille de Léhi a emportés de Jérusalem (voir
Plaques et annales du Livre de Mormon) et, avec 1 Néphi 17, met laccent sur les
événements bibliques principaux, en particulier lexode israélite dÉgypte,
bien que sans les détails fournis par le Pentateuque. Lexemple et les enseignements
des prophètes, des juges et des rois de lAncien Testament se trouvaient aussi dans
les documents bibliques de la communauté de Léhi. Puisque ce groupe se conforme à la
loi de Moïse (2 Né. 25:24), les pratiques religieuses de lAncien Testament se
poursuivent dans le Livre de Mormon.
On trouve un bon tiers des écrits dÉsaïe dans le Livre de Mormon, ce qui fait
quÉsaïe est le livre biblique qui y est le plus souvent cité. Vingt-deux des
soixante-six chapitres dÉsaïe sont cités en tout ou en partie dans le Livre de
Mormon (en tout 433 sur les 1.292 versets dÉsaïe). Les prophètes et les auteurs
du Livre de Mormon choisissaient les chapitres qui mettaient laccent sur les
relations de Dieu dans le cadre de lalliance et de ses promesses à Israël, sur le
rôle et lappel du Messie et sur les prophéties au sujet des derniers jours. Ces
thèmes sont également répandus dans la théologie contemporaine des saints (A de F 3,
4, 9, 10).
Les enseignements de Malachie dans le Livre de Mormon sont importants parce que Jésus
ressuscité les cite et par conséquent les souligne (cf. 3 Né. 24-25; Mal. 3-4; D&A
2:1-3). Les paroles de Malachie concernant un messager envoyé pour préparer la voie à
lavènement du Christ, le paiement de la dîme et des offrandes et la mission
dÉlie dans les derniers jours constituent ainsi un autre noyau important des
enseignements de lAncien Testament au sein de la société des saints des derniers
jours.
Comme la colonie principale du Livre de Mormon a quitté Jérusalem approximativement six
cents ans avant le début de la période du Nouveau Testament, les auteurs du Livre de
Mormon navaient pas accès aux écrits du Nouveau Testament. Ils avaient toutefois
accès à deux sources importantes de doctrine qui étaient en parallèle avec une partie
du Nouveau Testament: le Christ ressuscité et la révélation divine. Le Christ
ressuscité a prononcé devant ses auditeurs en Amérique un sermon essentiellement le
même que celui quil avait prononcé près du lac de Galilée. Il a également
apporté des ajouts et des éclaircissements importants qui traitent de lui-même en tant
que Rédempteur et Seigneur, de laccomplissement de la loi de Moïse et des derniers
jours (3 Né. 11-18; voir aussi Béatitudes; Sermon sur la montagne). En outre, il a
amplifié les enseignements donnés dans Jean 10, particulièrement le verset 16, au sujet
de son rôle de Bon Berger des tribus dispersées dIsraël (3 Né. 15:12-24). Les
enseignements importants de Mormon au sujet du baptême et au sujet de la foi, de
lespérance et de la charité constituent des parallèles avec les enseignements du
Nouveau Testament, particulièrement avec ceux de Paul dans 1 Corinthiens 13.
LA BIBLE EST-ELLE COMPLÈTE ? Les saints des derniers jours vénèrent la Bible comme
étant la parole de Dieu révélée à lhumanité. Cependant, Joseph Smith a reconnu
que les traductions ne rendent pas complètement et exactement les mots de loriginal
ni les intentions des prophètes antiques et des autres auteurs bibliques. Ainsi, dans la
lettre à Wentworth, il écrit: «Nous croyons que la Bible est la parole de Dieu dans la
mesure où elle est traduite correctement» (8e A de F). Joseph Smith a observé que
«nous pouvons déterminer notre latitude et notre longitude dans lhébreu originel
avec une bien plus grande précision que dans la version anglaise. Il y a une importante
distinction à faire entre ce que les prophètes voulaient réellement dire et la
traduction actuelle» (EPJS, p. 334). Bien quacceptant explicitement ce que la Bible
dit maintenant, les saints des derniers jours se rendent compte quil y a bien plus
à dire que ce qui se trouve dans le document biblique existant.
En plus des difficultés quengendre la traduction de langues anciennes vers des
langues modernes, dautres Écritures déclarent également que certaines parties du
texte biblique original ont été perdues ou corrompues (par exemple 1 Né. 13:28-29;
D&A 6:26-27; 93:6-18). Joseph Smith a fait ce commentaire sur le caractère incomplet
de la Bible: «Il était clair que beaucoup de points importants concernant le salut des
hommes avaient été enlevés de la Bible ou perdus avant quelle ne fût compilée»
(EPJS, p. 6). Il dit plus tard: «Lhomme a reçu depuis le commencement beaucoup
dinstructions que nous ne possédons pas maintenant
Nous avons ce que nous
avons, et la Bible contient ce quelle contient» (EPJS, p. 46). Il a dit en outre:
«Je crois la Bible telle quelle est sortie de la plume des auteurs originels. Des
traducteurs ignorants, des copistes négligents ou des prêtres conspirateurs et corrompus
ont commis beaucoup derreurs» (EPJS, pp. 264-265). Ainsi, des contre-sens, des
lacunes et dautres erreurs affaiblissent la Bible; mais lesprit de ses
messages en révèle malgré tout assez de la parole de Dieu pour réaliser les desseins
quil sest fixés. Joseph Smith résume les choses comme suit: «Grâce à la
bonté de notre Père, une partie de sa parole quil a communiquée à ses saints
dautrefois est tombée entre nos mains [et] nous est présentée avec la promesse
dune récompense si nous y obéissons et dun châtiment si nous y
désobéissons» (EPJS, p. 46). Les saints des derniers jours ont continué à faire
confiance à lexactitude générale des textes bibliques tout en sachant que le
texte peut ne pas toujours être correct. Ainsi, ils étudient et vénèrent la Bible,
particulièrement dans le contexte dautres Écritures et de la révélation moderne,
qui ont beaucoup à dire à son sujet et sur la façon dont elle doit être interprétée,
et pendant quils étudient, ils méditent et prient pour recevoir linspiration
de Dieu et comprendre les messages de la Bible tels quils doivent être appliqués
à leur vie (cf. Mro. 10:3-5).
LA PREMIÈRE PRÉSIDENCE APPROUVE LA LECTURE DE LA BIBLE. Chacun des présidents de
lÉglise a encouragé les saints des derniers jours à lire les Écritures et à
appliquer leurs enseignements à leur vie, comme les Écritures nous le recommandent aussi
(cf. 2 Ti. 3:16; 1 Né. 19:23). Exemple de cette importance accordée à la Bible, en
1983, année déclarée «année de la Bible» aux États-Unis, les membres de la
Première Présidence de lÉglise ont publié une déclaration énergique à
lappui de la lecture et de lapplication de la Bible: «Nous recommandons à
tous les hommes de partout la lecture, la méditation et lapplication quotidiennes
des vérités divines de la sainte Bible.» Elle a aussi proclamé lattitude de
lÉglise vis-à-vis de la Bible en disant que «lÉglise de Jésus-Christ des
Saints des Derniers Jours accepte la sainte Bible comme essentielle à la foi et à la
doctrine» et que lÉglise tient à ce quon lise la Bible et quon en
devienne spécialiste comme le prouve la publication dune édition augmentée de la
King James Version. «De plus, ajoutait-elle, la sainte Bible est chaque année le manuel
des classes des adultes, des jeunes et des enfants dans toute lÉglise.»
Dans la même déclaration, la Première Présidence met en évidence le rôle et la
valeur de la Bible dans la vie des gens. Elle fait la réflexion que quand «on la lit
avec respect et dans lesprit de la prière, la sainte Bible devient un volume
inestimable, convertissant lâme à la justice. Sa vertu principale est sa
déclaration que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, par qui le salut éternel peut
être donné à tous.» Elle ajoute la promesse que «quand nous lisons lÉcriture,
nous profitons de ce quil y a de mieux dans la littérature de ce monde» et elle
encourage tout le monde à «aller à la source de la vérité en sondant les Écritures,
en les lisant chez nous et en enseignant à nos enfants ce que le Seigneur a dit par
lintermédiaire des passages inspirés et inspirants de la sainte Bible»
(«Déclaration de la Première Présidence», p. 3).
Lusage que font les saints des derniers jours de la Bible diffère de la norme
judéo-chrétienne parce quelle nest pas la source unique dautorité
pour eux (voir Écritures: Autorité des Écritures). Les saints interprètent et
comprennent la Bible par quatre moyens importants: (1) les autres Écritures de
lÉglise qui enrichissent la compréhension des enseignements bibliques et lui
apportent un contexte; (2) les déclarations des prophètes et des apôtres modernes sur
la signification de certains passages bibliques; (3) la traduction de la Bible par Joseph
Smith et (4) la révélation personnelle par le don du Saint-Esprit, qui améliore la
compréhension des Écritures. Les saints des derniers jours ne sont donc pas laissés
sans information sur la signification de beaucoup de passages difficiles qui divisent le
monde chrétien tout entier depuis deux millénaires.
La vision que les saints ont de la Bible est bien résumée dans la déclaration de Heber
J. Grant, septième président de lÉglise, qui a dit: «Ma vie durant, je nai
cessé de trouver de nouvelles preuves de ce que la Bible est le Livre des livres et que
le Livre de Mormon est le plus grand témoin de la véracité de la Bible qui ait jamais
été publié» (IE 39, nov. 1936, p. 660).
Bibliographie
Anderson, Richard L. Understanding Paul. Salt Lake City, 1983.
Arrington, Leonard. Brigham Young: American Moses. New York, 1985.
Barlow, Philip L. Mormons and the Bible. New York, 1990.
Harrison, Roland Kenneth. Introduction to the Old Testament. Grand Rapids, Mich., 1969.
Ludlow, Daniel H. A Companion to Your Study of the Old Testament. Salt Lake City, 1981.
Ludlow, Victor L. Unlocking the Old Testament. Salt Lake City, 1981.
Ludlow, Victor L. Isaiah: Prophet, Seer, and Poet. Salt Lake City, 1982.
Matthews, Robert J. A Bible! A Bible!. Salt Lake City, Utah, 1990.
McConkie, Bruce R. The Mortal Messiah. Salt Lake City, 1979.
Nyman, Monte S., ed. Isaiah and the Prophets. Provo, Utah, 1984.
Reynolds, Noel B. "The Brass Plates Version of Genesis." Dans By Study and Also
by Faith, dir. de publ. J. Lundquist et S. Ricks, Vol. 2, pp. 136-173. Salt Lake City,
1990.
Sperry, Sidney B. Pauls Life and Letters. Salt Lake City, 1955.
Sperry, Sidney B. The Voice of Israels Prophets. Salt Lake City, 1965.
Sperry, Sidney B. The Spirit of the Old Testament. Salt Lake City, 1970.
"Statement of the First Presidency." Church News, Mar. 20, 1983, p. 3.
Talmage, James E. Jésus le Christ. Salt Lake City, 1915.
Welch, John W. The Sermon at the Temple and the Sermon on the Mount. Salt Lake City, 1990.
VICTOR L. LUDLOW
Bible: Croyance des saints en la
Bible
Auteur: HEDENGREN, PAUL
LÉglise
croit à la parole de Dieu contenue dans la Bible. Elle accepte la Bible «comme le
premier de ses livres canoniques, le premier des livres qui ont été proclamés être ses
guides écrits en foi et en doctrine. Dans le respect sacré que les saints des derniers
jours ont pour la Bible, ils ont la même position que les confessions chrétiennes en
général» (AF, éd. française, p. 291).
Les saints des derniers jours chérissent la Bible pour plusieurs raisons. La Bible
présente les révélations de Dieu dans plusieurs dispensations ou ères, chacune
dirigée par des prophètes. Ils lisent et suivent aussi la Bible pour la valeur
instructive et spirituelle des événements quelle décrit. Bien quune partie
de lAncien Testament décrive la loi de Moïse dont les saints des derniers jours
croient quelle a été accomplie avec lexpiation du Christ (3 Né. 9:17),
néanmoins les histoires, les commandements, les ordonnances, les proverbes et les écrits
prophétiques de lAncien Testament expriment malgré tout les notions de base de la
volonté de Dieu à légard de ses enfants et de la façon dont ils doivent agir
envers lui.
Les saints des derniers jours vénèrent le Nouveau Testament pour son récit de la
naissance, du ministère, de lexpiation et de la résurrection du Sauveur,
Jésus-Christ. Les enseignements de Jésus dans le Nouveau Testament constituent le
cur de la doctrine des saints et leur prééminence apparaît clairement du fait
quelles apparaissent fréquemment dans dautres ouvrages canoniques de
lÉglise et dans les écrits et les discours des saints.
Les écrits des apôtres du Nouveau Testament sont acceptés et appréciés pour leur
doctrine et leurs conseils sages et inspirés et pour leur mise en uvre de la
mission apostolique de proclamer lÉvangile, dadhérer aux enseignements
originaux du Christ, dassurer lunité de la foi et de favoriser la justice des
croyants dans une Église en croissance rapide. Les saints des derniers jours trouvent
aussi dans plusieurs épîtres des premiers apôtres des mentions de lapostasie
(voir Apostasie) qui a rendu nécessaire le Rétablissement, avertissant les fidèles
quils doivent rester ardents et actifs dans la foi et fidèles à lamour de
Jésus-Christ.
Malgré leur dévotion pour la Bible, les saints des derniers jours ne la considèrent pas
comme la source unique dinstruction religieuse et de conseils personnels. Ils
étudient également les récits des relations de Dieu avec dautres peuples antiques
comme ceux qui se trouvent dans le Livre de Mormon ainsi que les enseignements du
prophète Joseph Smith et des prophètes et apôtres actuels (voir Doctrine et Alliances;
Autorités générales; Traduction de la Bible par Joseph Smith [TJS]; Perle de Grand
Prix). Les saints des derniers jours considèrent la révélation personnelle comme la
source suprême de lhomme pour comprendre lÉcriture et connaître la volonté
de Dieu.
Quand on les voit comme harmonieuses entre elles, toutes ces sources se renforcent et
séclairent mutuellement et aident le lecteur moderne à comprendre et à traduire
correctement ces textes.
Les saints des derniers jours croient tout ce que Dieu a révélé. Ils cherchent à
connaître et à appliquer la parole de Dieu partout où elle a été révélée en
vérité et avec autorité. Ils croient que le salut est en Jésus-Christ et pas dans une
combinaison quelconque de mots ou de livres. Ils croient en Dieu et en son Fils
Jésus-Christ, dont on peut connaître les paroles et les voies par une vie détude
des Écritures, de service et de prière, et par révélation personnelle par le pouvoir
du Saint-Esprit.
Bibliographie
Matthews, Robert J. A Bible ! A Bible ! Salt Lake City, 1990.
PAUL HEDENGREN
Bible: La King James Version
Auteur: OGDEN, D. KELLY
Dans les
divers pays où elle est installée, lÉglise de Jésus-Christ des Saints des
Derniers Jours utilise une traduction de la Bible dans la langue locale. Dans les régions
dexpression anglaise, elle utilise la King James Version (ou Authorized Version)
(KJV), principalement parce que cétait le texte anglais de base utilisé par le
prophète Joseph Smith et parce que les dirigeants suivants de lÉglise ont
approuvé son utilisation. LÉglise ne prétend pas que la KJV est parfaite, mais
elle est actuellement la version anglaise préférée et elle a été utilisée dans
lédition de 1979 et dans les impressions postérieures de lédition de
lÉglise de la Bible.
Les livres de la Bible ont été écrits à lorigine en hébreu, en araméen ou en
grec. Il nexiste aujourdhui aucun manuscrit biblique original, mais ils ont
été copiés et traduits en beaucoup de langues dans lAntiquité. Beaucoup de
papyrus et de parchemins anciens sont parvenus jusquà nous. De nombreuses
traductions modernes ont été faites à partir de ces documents.
De 1604 à 1611, cinquante-quatre savants ont travaillé pour créer la KJV. Ce
nétait pas la première traduction en anglais. En 1382, John Wycliffe avait traduit
la Bible à partir de la Vulgate latine; une édition révisée avait été publiée en
1388. De 1523 à 1530, William Tyndale traduisit le Pentateuque de lhébreu et le
Nouveau Testament du grec. Plus tard encore dans les années 1500, dautres
traductions apparurent, notamment la Bible protestante de Genève en 1560 et la
Bishops Bible en 1568. La première eut du succès auprès des laïcs et la
dernière auprès des évêques protestants. La Bible catholique de Reims-Douai fut
achevée en 1609 (lAncien Testament en 1582, le Nouveau Testament en 1609) sur la
base de la Vulgate latine.
Dans le but daplanir les différends entre Anglicans et Puritains, le roi James
chargea un groupe de savants de créer une version de la Bible dont lutilisation
serait autorisée dans les églises anglaises. Ils utilisèrent les meilleurs textes dont
ils disposaient, principalement «le texte reçu du Nouveau Testament dans les éditions
multilingues («polyglottes»), présentant les Ancien et Nouveau Testaments en hébreu et
en grec respectivement, et dautres langues. La lignée longue et respectée des
Bibles anglaises fut aussi diligemment comparée et utilisée.
Le résultat, cest-à-dire la King James Version, fut publié en 1611. Diverses
éditions de la KJV parurent tout au long des années 1600, ce qui donna lieu à de
nombreuses erreurs dimpression. Les éditions de Cambridge (1762) et dOxford
(1769) présentaient un texte révisé, une orthographe mise à jour, une ponctuation
corrigée, des italiques accrus et des notes marginales changées.
Beaucoup dautres versions anglaises ont paru, particulièrement à la lumière de la
découverte dautres manuscrits anciens en commençant par la première découverte,
en 1844, par Constantin von Tischendorf au monastère de sainte Catherine dans la
péninsule du Sinaï. Ces traductions ont généralement essayé de rendre les textes
antiques dans le langage contemporain tout en reflétant, autant que possible, la forme
des manuscrits les plus anciens disponibles.
Les saints des derniers jours nont pas fait un usage intensif de ces autres
traductions. Beaucoup estiment que la vulgarisation tend à diluer la nature sacrée de la
Bible. Ils trouvent également que les variantes textuelles antiques sont relativement
insignifiantes, ne changeant habituellement pas les messages importants de la Bible, dont
la plupart sont, de toutes façons, corroborés ailleurs dans les Écritures modernes.
Bien que la KJV ait été sa Bible anglaise, Joseph Smith ne la considérait pas comme une
traduction parfaite ou officielle; cest pourquoi il étudia lhébreu et
entreprit la tâche de faire une révision inspirée des Écritures. Il a fait la
réflexion quil préférait certains aspects de la traduction de Martin Luther (HC
6:307, 364) et plusieurs autres dirigeants de lÉglise au XIXe siècle ont souligné
le besoin dune plus grande exactitude et de plus de vérité dans les traductions de
la Bible.
Les dirigeants de lÉglise au XXe siècle ont donné diverses raisons au maintien de
lutilisation de la KJV: cétait la traduction courante utilisée dans le monde
dexpression anglaise à lépoque du Rétablissement; cest sa
terminologie que lon retrouve dans tous les ouvrages canoniques; un grand nombre de
passages du Livre de Mormon, qui sont parallèles à ceux de la Bible, ont été traduits
dans le style anglais de la KJV; la traduction de la Bible par Joseph Smith (TJS) était
basée sur la KJV, 90 % des versets nayant subi aucun changement. Tous les
prophètes modernes ont utilisé la KJV, et son emploi dans toutes les publications de
lÉglise a permis de standardiser les annotations et les index.
Beaucoup considèrent la KJV comme un chef duvre de la littérature anglaise.
Elle a été appelée «le monument le plus noble de la prose anglaise» et elle est
certainement la plus influente; ses traducteurs «ont montré une grande sensibilité» et
le résultat était «destiné à une influence et à un accueil extraordinaires»
(Speiser, pp. lxxiii-iv). H. L. Mencken la louée comme étant «probablement le
plus bel écrit de toute la littérature du monde» (Paine, p. viii).
La KJV est une traduction relativement conservatrice. Cest généralement un point
fort, bien quelle rende parfois les choses de manière obscure. De plus, sa langue
est maintenant en partie archaïque et grammaticalement incorrecte par rapport à
lusage actuel et elle nest pas logique dans lorthographe des noms dans
lAncien et le Nouveau Testament (par exemple, Isaiah/Esaias et Elijah/Elias). Des
mots identiques dans les Évangiles synoptiques sont parfois traduits différemment et
certaines fautes dimpression nont jamais été corrigées (par exemple, dans
Mt. 23:24, «strain at a gnat» aurait dû être rendu par «strain out a gnat»).
Néanmoins, après avoir étudié plusieurs traductions anglaises modernes, le Président
J. Reuben Clark, fils, conseiller dans la Première Présidence, a dit en 1956 que La KJV
était «la meilleure version à ce jour» (Clark, p. 33). Par exemple, il estimait que
les traducteurs de la KJV avaient clairement dépeint Jésus comme étant le Messie promis
et comme Fils de Dieu et acceptait le don de prophétie, la réalité des miracles et le
caractère unique de lamour du Christ, alors que les traductions modernes tendaient
à favoriser les explications naturalistes à laction divine, préféraient le mot
«signe» à «miracle» et utilisaient «amour» au lieu de «charité» et «nommer» au
lieu de «ordonner». Ses idées ont influencé la plupart des saints des derniers jours.
Bien entendu, toutes les traductions alternatives ne souffrent pas des problèmes relevés
par le président Clark.
Bibliographie
Barlow, Philip L. Mormons and the Bible, pp. 132-62. New York, 1990.
Bruce, F. F. History of the Bible in English, 3e éd. New York, 1978.
Clark, J. Reuben, Jr. Why the King James Version. Salt Lake City, 1956.
Daiches, David. The King James Version of the English Bible. Chicago, 1941.
Metzger, Bruce M. The Text of the New Testament. New York, 1968.
Paine, G. The Learned Men, p. viii. New York, 1959.
Speiser, E. Genesis, pp. lxiii-iv. Garden City, N.Y., 1964.
D. KELLY OGDEN
Bible: Édition
de la Bible créée par lÉglise
Auteur: MORTIMER, WILLIAM JAMES
Une
édition de la King James Version de la Bible avec de nouvelles aides à létude a
été publiée en 1979 par lÉglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours
après sept années de travail de la part des dirigeants et des érudits de
lÉglise. Le but était de rendre létude de la Bible plus intéressante pour
les membres de lÉglise en ajoutant des cartes, des diagrammes, des définitions,
des chapeaux de chapitre, des notes de bas de page et des références croisées entre les
quatre ouvrages canoniques et aussi de fournir une édition unique de la Bible pour
utilisation dans le programme détudes de lÉglise.
Ce projet commença en 1972, vers le moment où létude des Écritures devint le
sujet principal du programme détudes des adultes de lÉglise. Précédemment,
les instructeurs de lÉglise sétaient principalement appuyés sur des manuels
de leçons composés par des personnes ou des comités. Le travail fut commandité par la
Première Présidence, qui créa un Comité des Aides à létude de la Bible pour
superviser le projet. Ce comité (appelé plus tard Comité de publication des Écritures)
se composait au départ de Thomas S. Monson, Boyd K. Packer et Marvin J. Ashton, du
Collège des douze apôtres. Ashton reçut plus tard une autre tâche et Bruce R. McConkie
fut nommé à sa place.
Le comité appela des savants, des rédacteurs et des spécialistes en publication de
luniversité Brigham Young, du Département dÉducation de lÉglise et
de la Deseret Book Company pour élaborer des aides orientées sur les saints des derniers
jours pour permettre aux lecteurs de mieux comprendre le texte de la King James. Dès les
premiers temps du projet, la Première Présidence décida que le texte de la King James
serait utilisé tel quel. Il fut saisi dans une base de données avec le Livre de Mormon,
les Doctrine et Alliances et la Perle de Grand Prix. Chaque verset fut examiné et les
sujets et les termes clefs furent relevés. Des listages dordinateur furent créés,
qui comportaient de longues listes de correspondances possibles parmi lesquelles on
choisit les citations utiles. Laccent fut mis sur les références du Livre de
Mormon, des Doctrine et Alliances et de la Perle de Grand Prix qui permettaient
déclaircir les passages de Bible ainsi que dabondantes références croisées
à lintérieur de la Bible. Elles se retrouvent maintenant dans les notes de bas de
page et dans le Guide par sujet (un index détaillé des sujets et une concordance
modifiée). Un dictionnaire de la Bible, 24 pages de cartes en couleur et un répertoire
complet ont été ajoutés. Le Dictionnaire de la Bible donne des explications concises
sur des sujets bibliques et ajoute souvent des détails intéressants pour les saints des
derniers jours. De brèves explications de certains mots ou expressions hébraïques et
grecs furent également incluses comme notes de bas de page, avec environ 600 passages de
la Traduction de la Bible par Joseph Smith (JST). Les sommaires au début de chaque
chapitre de cette édition de la King James donnent une idée du contenu doctrinal et
historique du chapitre dun point de vue mormon.
Le système de notes de bas de page organise toutes les aides disponibles dans cette
édition de la Bible. Certaines éditions plus anciennes de la Bible mettent les renvois
dans une colonne centrale de la page, mais ce format limite la quantité de données
quon peut y afficher. Un système souple de trois colonnes de notes de bas de page a
été conçu pour chaque page, avec des appels de note (a, b, c, etc.) prévus verset par
verset selon les besoins. Les notes de bas de page contiennent des références croisées
à dautres Écritures, au Guide par sujet et au Dictionnaire de la Bible, ainsi que
des explications sur les idiomes grecs et hébreux et dautres éclaircissements.
Une fois que le travail dérudition et dédition fut terminé au début de
1978, la composition commença. La Cambridge University Press à Cambridge (Angleterre)
fut choisie pour la composition, parce que cette presse, lun des premiers imprimeurs
de la King James Version après sa publication en 1611, a été sans interruption occupée
à des publications de la Bible depuis les années 1500. Son personnel expert joua un
rôle dune valeur inestimable auprès des membres de lÉglise qui
travaillaient avec eux à lédition de lexemplaire destiné à la composition
et à la préparation des pages finales. La composition fut entièrement réalisée en
Monotype hot metal. Chaque page fut préparée de telle manière que chaque note de bas de
page se trouve sur la même page que le verset auquel elle se rapporte. Pour répondre aux
besoins des programmes du Département dÉducation de lÉglise, léquipe
simposa septembre 1979 comme date limite pour la livraison des premiers exemplaires
de la Bible. La tâche redoutable de composer et de paginer 2.423 pages de texte complexe
fut menée à bien en mai 1979 après quinze mois defforts intenses.
Limpression et la reliure furent confiées à la University Press et à la
Publishers Book Bindery de Winchester (Massachusetts), qui sous-traitèrent une partie du
travail à la National Bible Press à Philadelphie (Pennsylvanie). Ce qui au début
semblait être un délai de production irréalisable fut accompli et les premiers
exemplaires sortirent le 8 août 1979. Beaucoup de saints des derniers jours reconnurent
la main de Dieu dans la réalisation de cette publication monumentale.
Cette édition de la King James Version de la Bible a renforcé lintérêt pour
létude de la Bible dans toute lÉglise. Elle a permis aux membres
davoir une compréhension et une appréciation accrues et approfondies de la Bible
en tant que parole de Dieu. Elle a également démontré que tous les ouvrages sacrés des
saints des derniers jours se recoupent de nombreuses manières de telle sorte quils
se soutiennent et senrichissent mutuellement.
Bibliographie
Anderson, Lavina Fielding. "Church Publishes First LDS Édition of the Bible."
Ensign 9 (Oct. 1979):8-18.
Matthews, Robert J. "The New Publications of the Standard Works-1979, 1981." BYU
Studies 22 (Fall 1982):387-424.
Mortimer, William James. "The Coming Forth of the LDS Éditions of Scripture."
Ensign 13 (Aug. 1983):35-41.
Packer, Boyd K. "Scriptures." Ensign 12 (Nov. 1982):51-53.
WILLIAM JAMES MORTIMER
Bible Érudition biblique
Auteur : ROBINSON, STEPHEN E.
Les saints des derniers jours acceptent lérudition biblique et létude
intellectuelle de la Bible. Joseph Smith et ses associés ont étudié le grec et
lhébreu et ont enseigné que la connaissance religieuse sobtient par
létude et aussi par la foi (D&A 88:118). Cependant, les saints des derniers
jours préfèrent utiliser lérudition biblique plutôt que dêtre menés ou
dominés par elle.
Le prophète Joseph Smith a proposé quelques paramètres généraux pour létude
critique de la Bible par les saints : «Nous croyons que la Bible est la parole de Dieu
dans la mesure où elle est traduite correctement ; nous croyons aussi que le Livre de
Mormon est la parole de Dieu» (8e A de F). Parce que les saints des derniers jours
préfèrent les prophètes aux savants comme guides spirituels, et linspiration de
lÉcriture et le Saint-Esprit au raisonnement de textes secondaires,
lérudition biblique joue un rôle plus restreint dans leur spiritualité que dans
certaines confessions.
Un principe de fonctionnement fondamental des religions «révélées» est que toute la
vérité ne peut pas être complètement découverte par la seule raison humaine. Sans
laide de Dieu, personne ne peut obtenir les données essentielles, les perspectives
convenables et les clefs dinterprétation pour le connaître (voir Raison et
révélation). Parce quils croient que leur religion est révélée par les
prophètes vivants de Dieu, les saints des derniers jours subordonnent la raison humaine
à la vérité révélée.
Dans cet ordre didées, les saints des derniers jours ont certaines affinités avec
lérudition biblique conservatrice catholique et évangélique contemporaine. Ils
acceptent et utilisent la plupart des résultats objectifs de lérudition biblique
tels que la linguistique, lhistoire et larchéologie, tout en rejetant les
thèses naturalistes de la discipline et ses méthodes et ses théories plus subjectives.
Dans les cas où lérudition biblique et la religion révélée sont en conflit, les
saints des derniers jours sen tiennent aux interprétations de la Bible qui
apparaissent dans les autres Écritures modernes et dans les enseignements des prophètes
actuels.
De ces observations découlent trois principes de base pour le fonctionnement de
lérudition biblique chez les saints des derniers jours :
1. Les manières daborder la Bible doivent accepter linspiration et la
révélation divines dans le texte biblique original : il présente la parole de Dieu et
nest pas simplement une production humaine. Par conséquent, toute méthodologie
critique qui ignore ou nie implicitement ou explicitement la participation importante de
Dieu au texte biblique est rejetée. À de rares exceptions près, comme le Cantique des
Cantiques, que Joseph Smith considérait comme non inspiré (cf. IE 18 mars 1915, p. 389),
le texte ne doit pas être traité dune manière fondamentalement naturaliste. La
participation de Dieu est considérée comme importante tant dans les événements
eux-mêmes que dans le processus de leur mise par écrit. Son activité est donc lun
des effets avec lesquels il faut compter lors de linterprétation des événements
et dans la compréhension des textes qui les rapportent.
2. En dépit de linspiration divine, le texte biblique nest pas exempt de
linfluence du langage humain et nest pas à labri des influences
négatives de son environnement humain, et il ny a aucune garantie que les
révélations données aux prophètes antiques aient été parfaitement préservées (cf.
1 Né. 13:20-27). Ainsi, létude critique de la Bible est justifiée pour expliquer
les erreurs humaines dans la formulation, la transmission, la traduction et
linterprétation des documents antiques et proposer les corrections qui
sindiquent.
3. Ce genre dérudition critique, en plus de reconnaître les origines divines de la
Bible, doit, dans ses conclusions, tenir compte des enseignements du Livre de Mormon et
des autres révélations données aux prophètes modernes dans les Doctrine et Alliances
et la Perle de Grand Prix, puisque pour les saints des derniers jours ces sources ont non
seulement la priorité sur les révélations rapportées dans lAntiquité (cf.
D&A 5:10) mais aident aussi à interpréter le texte biblique.
Les saints des derniers jours insistent sur une herméneutique objective,
cest-à-dire quils affirment que le texte biblique a une signification
précise et objective et que lintention de lauteur originel est à la fois
importante et en grande partie récupérable. Pour cette raison, les savants de
lÉglise, comme dautres conservateurs, se sont orientés vers les outils plus
objectifs de lérudition biblique, tels que la linguistique, lhistoire et
larchéologie tout en reconnaissant que ces outils eux-mêmes doivent être
évalués de manière critique et ont généralement évité les méthodes plus
subjectives de la critique littéraire.
Les commentateurs mormons de la Bible les plus influents sont James E. Talmage, Bruce R.
McConkie, Sidney B. Sperry et Hugh W. Nibley, bien que luvre de Talmage ait
été accomplie avant beaucoup de découvertes importantes et que celle de McConkie se
soucie moins de faire de lexégèse critique que de comprendre le Nouveau Testament
au sein de lensemble de la doctrine de lÉglise.
Bibliographie
Anderson, Richard L. Understanding Paul. Salt Lake City, 1983.
McConkie, Bruce R. Doctrinal New Testament Commentary, 3 vols. Salt Lake City, 1965-1973.
Nibley, Hugh W. Collected Works of Hugh Nibley. Salt Lake City, 1986-.
Sperry, Sidney B. Pauls Life and Letters. Salt Lake City, 1955.
Sperry, Sidney B. The Voice of Israels Prophets. Salt Lake City, 1961.
Sperry, Sidney B. The Spirit of the Old Testament. Salt Lake City, 1970.
Talmage, James E. Jésus le Christ. Salt Lake City, 1915.
STEPHEN E. ROBINSON
But de la vie sur terre
Cette rubrique se compose de deux articles: But de la vie sur terre: Perspective des
Saints traite de la compréhension que les saints ont du but de la vie. But de la
vie sur terre: Perspective comparative contraste la compréhension des saints avec
celle des grandes religions du monde.
But de la vie sur terre:
Perspective des Saints
Auteur: BELL, JAMES P.
Les
prophètes modernes ont affirmé le but de la vie dans le cadre de trois questions: (1)
Doù venons-nous? (2) Pourquoi sommes-nous ici ? (3) Quest-ce qui nous attend
dans lau-delà ? Le contexte scripturaire de ces questions est lassurance que
lâme est éternelle et que la terre a été créée pour que la famille de Dieu y
habite.
Tous les hommes et femmes ont vécu comme êtres desprit dans un état prémortel et
tous sont la postérité spirituelle de Dieu (Abr. 3:21-22). Dans le monde en question,
Dieu a enseigné à toute sa famille ses plans et ses buts. «Lors de la première
organisation dans le ciel, nous étions tous présents et nous avons vu choisir et nommer
le Sauveur et établir le plan de salut et nous lavons sanctionné» (EPJS, p. 145).
Tous les enfants desprit de Dieu ont acquis divers degrés dintelligence et de
maturité. Ceux qui ont volontairement souscrit aux conditions de la vie ici-bas ont été
incarnés et soumis à la lumière du Christ «qui éclaire tout homme qui vient au
monde» (D&A 93:2). Pour que la vie terrestre puisse être une épreuve, un voile
doubli a été tiré sur notre ancienne vie.
Dans la condition mortelle, six buts au moins sont ouverts à lhumanité:
1. Recevoir un corps, dont les expériences et la maturation, et la résurrection
permanente finale, sont essentielles au perfectionnement de lâme. «Nous sommes
venus sur cette terre afin davoir un corps et de le présenter pur devant Dieu dans
le royaume céleste» (EPJS, p. 145; voir Corps physique; Résurrection).
2. Progresser dans la connaissance et développer des talents et des dons (voir
Intelligence). «Si vous voulez aller là où est Dieu, vous devez être comme Dieu ou
posséder les principes que Dieu possède, car si nous ne nous approchons pas de Dieu par
le principe, nous nous éloignons de lui et nous dirigeons vers le diable» (EPJS, p.
174).
3. Être mis à lépreuve. «Nous les mettrons ainsi à lépreuve, dit le
livre dAbraham, pour voir sils feront tout ce que le Seigneur, leur Dieu, leur
commandera» (Abr. 3:25). Dans la condition mortelle, on connaît des contrastes et des
opposés la santé et la maladie, la joie et le chagrin, les bénédictions et les
problèmes et on apprend ainsi à apprécier le bien. «Adam tomba pour que les
hommes fussent, et les hommes sont pour avoir la joie» (2 Né. 2:25). Cette joie, comme
B. H. Roberts, des soixante-dix, la écrit, nest possible que «si on a sondé
les profondeurs de lâme, éprouvé toutes les émotions dont lesprit est
capable, testé toutes les qualités et toute la force de lintellect» (Roberts, p.
439; voir Joie; Condition mortelle; Souffrance dans le monde).
4. Remplir et accomplir les missions et les appels qui ont été donnés ou préordonnés
(voir Préordination; Vie prémortelle). Les saints des derniers jours disent souvent de
la vie terrestre quelle est un second état et font allusion à la promesse donnée
à et par lintermédiaire dAbraham que «ceux qui gardent leur second état
[c.-à-d., réalisent les buts de la condition mortelle] recevront plus de gloire sur leur
tête pour toujours et à jamais» (Abr. 3:26).
5. Exercer le libre arbitre sans souvenir de lexistence prémortelle et donc
«marcher par la foi» et voir «renouvelées et confirmées les réalités prévues dans
le monde desprit» (voir Libre arbitre; Foi en Jésus-Christ).
6. Poser les fondements de relations familiales éternelles, dabord comme fils et
filles, puis comme pères et mères. La famille unie est lépitomé de la vie
accomplie et sainte (voir Mariage: Mariage éternel).
La vie à venir est le prolongement et laccomplissement du séjour sur terre: entrer
et vivre pour toujours en la présence de Dieu. Mais la mise à lépreuve ne finit
pas avec la mort. Pas plus que les occasions dentendre, accepter et appliquer les
vérités et les pouvoirs du Christ. En effet, Joseph Smith a enseigné que même pour les
fidèles, «il nest pas question de saisir tout cela dans ce monde; ce sera une
grande uvre que dapprendre notre salut et notre exaltation même au-delà de
la tombe» (EPJS, p. 282). Il a ajouté que quand lesprit est séparé du corps, le
processus est quelque peu freiné, doù limportance dutiliser, pour la
rédemption, le temps tandis que lon est dans la condition mortelle et la folie de
remettre à plus tard son repentir et son renouvellement.
Dans tout cela, la continuité de la vie précédente avec celle-ci et ensuite de cette
vie avec la prochaine est clairement enseignée. La tendance de beaucoup de religions,
orientales et occidentales, à diviser la vie en deux mondes et à affirmer quils
sont absolument distincts et différents est inversée. La vie est changement,
transformation et exaltation. La condition mortelle est une répétition générale en vue
du prochain monde. Là, la lumière, la gloire et la domination seront conférées dans
leur plénitude à ceux qui ont accompli les paroles de la vie éternelle dans ce monde et
sont donc préparés pour la vie éternelle dans le monde à venir.
Bibliographie
Roberts, B. H. "Modern Revelation Challenges Wisdom of Ages to Produce More
Comprehensive Conception of the Philosophy of Life." Liahona the Elders Journal
20, 8 mai 1923, pp. 433-439.
JAMES P. BELL
But de la vie sur
terre: Perspective comparative
Auteurs: SMITH, HUSTON et PETERSON, DANIEL C.
Les
religions ont tendance à présenter la vie comme ayant un sens quand elle se conforme à
un plan cosmique, un plan qui est soit intentionnellement institué par Dieu soit est le
fait dun cosmos qui est divin dorigine. Pour les saints des derniers jours,
lÉcriture tout entière parle dun cosmos dont lordre est voulu par
Dieu. Dans ce contexte, les Écritures modernes soulignent les thèmes entremêlés de
limportance cruciale du corps physique, des épreuves, de lexpérience de
lopposition, du caractère éternel de la famille et de la vision de la joie et de
la gloire à limage de Dieu (voir But de la vie sur terre: Perspective des Saints).
Les autres conceptions vont dans deux directions. Pour certains, sil ny a pas
de Dieu et si le sort ultime de toute vie humaine est lannihilation personnelle, la
vie na pas de sens. Cest la position, par exemple, dArthur Schopenhauer.
Les existentialistes, qui affirment, de manière générale, que les humains créent leur
propre sens dans un univers athée et objectivement absurde, prennent une position
semblable. Dautres, notamment certains naturalistes et humanistes, soutiennent que
la vie est valable même si les prétentions des religions au surnaturel sont fausses. Les
marxistes, par exemple, affirment quune société calculée, sinon un cosmos ayant
un sens, émerge comme une entité objective sous laction des processus inexorables
de lhistoire.
Certains penseurs affirment que la vie a un sens même si ce sens est enveloppé de
mystère. Lhédonisme affirme que lon ne peut pas répondre aux questions sur
le sens ultime des choses et que par conséquent il faut les ignorer et plutôt calculer
un maximum de plaisir et un minimum de souffrance. Le confucianisme a tendance à ne pas
aborder cette question. Il affirme lexistence dun ordre spirituel qui est
antérieur et supérieur à lordre social, mais se concentre sur les questions
relatives aux choses de ce bas monde. Beaucoup de versions du judaïsme adoptent la même
approche, croyant que la vie à venir est secondaire par rapport à la tâche de créer et
de maintenir une communauté sanctifiée dans ce monde et denvisager un jour où,
pour employer les termes dune prière hébraïque vénérable, «le monde sera rendu
parfait sous le règne du Tout-Puissant».
Les saints des derniers jours voient la vie comme un processus en trois étapes: une
existence prémortelle, mortelle et postmortelle. Toutes les étapes sont essentielles à
lépanouissement et au perfectionnement de soi, ce qui est luvre et la
gloire de Dieu. On peut caractériser le processus comme étant à la fois de ce monde et
hors du monde (voir Dieu le Père: uvre et gloire de Dieu; Condition mortelle;
Préexistence (Existence préterrestre); Résurrection).
Le «mythe de la caverne» de Platon dépeint la condition humaine comme un asservissement
à de fausses croyances et à des illusions que le vrai philosophe vise à dépasser. Dans
le Phédon, Socrate dit que le philosophe «est sans cesse occupé à poursuivre la mort
et à mourir». Le sage aspire à la séparation de son âme et de son corps, à
labsence de maladie, de fatigue et des tromperies des sens et à sa libération dans
un monde de contemplation intuitive. Le gnosticisme, un mouvement apparenté au
platonisme, avait la notion de la chute et de lascension espérée dune âme
divine, mais niait fréquemment le caractère bon de lunivers physique et de la
Divinité qui lavait fait. Au XIIIe siècle, Thomas dAquin a proposé
lénoncé classique de la position catholique que le but le plus élevé de
lhomme, même dans ce monde matériel, est «la vie contemplative», qui sera rendue
parfaite après la mort. Le bonheur des saints consistera en une «vision» intellectuelle
de lessence divine, pas une vision des yeux, mais une vision de lesprit. Les
Écritures modernes affirment à la fois la vie de lintelligence, définie comme la
lumière et la vérité, et la rédemption de lâme, définie comme étant
lesprit et le corps. Le but de la vie nest pas lévasion mais la
transformation de lhomme, de la communauté et du cosmos.
Dans les grandes traditions religieuses de lAsie orientale et méridionale, Dieu (ou
les dieux) a parfois un rôle marginal. Lhindouisme enseigne que le désir humain le
plus profond est linfinité, lexistence, la connaissance et la joie sans fin.
On doit donc rechercher le «mukti», la libération davec la finitude et les
limitations qui semblent être létat normal de lhumanité. Le mot
«semblent» est crucial parce que lhindouisme insiste sur le fait que derrière les
personnalités individuelles et finies se trouve lAtman-Brahman, la Divinité
elle-même. Les hommes et les femmes sont déjà infinis; la libération consiste
simplement bien que ce ne soit pas aussi simple! ¬ à reconnaître ce fait.
Le bouddhisme, sorti du terreau hindou et souvent considéré comme une sorte de réforme
de la religion plus ancienne, confirme essentiellement ce diagnostic de la condition
humaine, bien que ses formes non théistes diffèrent dans la manière dont il explique la
nature humaine. Le Bouddha (le titre vient dun mot signifiant en gros «être
illuminé») disait que le problème humain fondamental est le désir dêtre
séparé et que le but de la vie est lextinction de ce désir, permettant ainsi aux
hommes et aux femmes de surmonter, dans cette vie ou une série de vies, les désirs
égoïstes qui sont la source principale de leurs souffrances et de leur misère. La
pensée mormone rejette et la réincarnation et la théorie de la souffrance humaine comme
illusoires (voir Réincarnation; Souffrance dans le monde).
La notion que le but de la vie est la libération de lâme nest pas
étrangère aux religions de la tradition abrahamique, notamment celle des saints des
derniers jours, bien quelle ne soit pour ainsi dire jamais devenue le paradigme
dominant. Laffirmation des Écritures hébraïques que Dieu a déclaré le cosmos
matériel «bon» est restée la norme. Pour cette raison, entre autres, les pensées
chrétienne, musulmane et juive traditionnelles saccordent pour considérer que le
Dieu infiniment bon est directement responsable de la situation générale dans laquelle
les êtres humains se trouvent. Mais aucune tradition ne souligne plus que celle des
saints que chaque être humain sest «soumis volontairement» aux conditions de la
vie ici-bas (EPJS, p. 262; cf. D&A 93:30-31; voir aussi Théodicée). Les saints des
derniers jours saccordent de même pour dire que lunion finale avec Dieu
nimplique aucune perte de lidentité individuelle finie, mais plutôt une
relation avec lui.
Lopinion chrétienne généralement acceptée est exprimée par le Westminster
Shorter Catechism de 1647, qui déclare que «le but principal de lhomme est de
glorifier Dieu et de jouir de lui pour toujours». Dieu nous a créés pour acquérir de
la gloire, ce qui nétait pas de la vanité de sa part puisquil mérite
entièrement cette gloire au contraire des êtres humains et récompensera ceux
quil sauve en les faisant jouir de sa présence. On peut comparer ceci à la
position de la tradition islamique qui attribue à Dieu les mots: «Jétais un
trésor caché mais je souhaitais être connu, cest pourquoi jai créé le
monde.» Le but des êtres humains dans lIslam est donc de se soumettre (aslama) à
la volonté de Dieu et de le glorifier par leurs actes. Le judaïsme et lIslam sont
étroitement apparentés dans laccent quils mettent sur la loi et la bonne
conduite et dans leur déclaration que lobéissance aux commandements de Dieu est le
but de la vie. Toutefois le judaïsme diffère de lIslam dans sa croyance que la
gamme complète des commandements divins (mitzvoth) nincombe quaux Juifs, les
non-Juifs nétant soumis quaux quelques «préceptes noachiques» de base. Par
contre, lIslam insiste sur le fait que les exigences de Dieu sont identiques pour
tous les êtres humains. «Je nai créé les djinns et les hommes, dit Allah dans le
Coran, que pour madorer.»
Certains penseurs protestants ont affirmé que les êtres humains existent pour manifester
les attributs divins, pour incarner dans leur propre vie imparfaite quelque chose de la
gloire de Dieu. On trouve une idée semblable dans la déclaration du catéchisme
catholique de Baltimore que «Dieu nous a faits pour montrer sa bonté et pour partager
avec nous son bonheur éternel au ciel». Les Écritures modernes affirment que Dieu
partagera non seulement ses dons et son état béni mais aussi sa nature divine (voir
Déification, Premiers chrétiens). Mais les formes catholiques et protestantes de
christianisme séloignent lune de lautre; pour la première, les
objectifs de Dieu pour lhumanité se réalisent idéalement dans une vie de culte
sacramentel et liturgique, tandis que la dernière met laccent sur
lacceptation de la grâce gratuite du Christ. Les saints des derniers jours
affirment quune vie de sainteté est impossible sans accès à la grâce du Christ,
lobéissance librement consentie aux alliances, lois et ordonnances divinement
données dans lesquelles lexpiation et la grâce du Christ se manifestent et ensuite
le don de soi par une consécration totale comme disciple.
Bibliographie
Palmer, Spencer J. et Roger R. Keller. Religions of the World: A Latter-day Saint View.
Provo, Utah, 1989.
Romney, Thomas C. World Religions in the Light of Mormonism. Independence, Mo., 1946.
PETERSON de DANIEL C.
HUSTON SMITH
Catholicisme et Mormonisme
Auteurs : BENNEY, ALFRED et KELLER, ROGER R.
Les catholicismes romain et orthodoxe sont basés sur la même tradition théologique. Ils
se ressemblent du point de vue doctrinal et ont des enseignements qui diffèrent du
mormonisme.
DIEU. Les Églises catholique et orthodoxe croient que Dieu est le Créateur de l'univers
et que Dieu est trinitaire, que les personnes du Père, du Fils et du Saint-Esprit
existent simultanément en une seule nature divine. Pour sa part, la doctrine des saints
des derniers jours est trithéiste ; elle est subordinationiste. Le Fils est subordonné
au Père et le Saint-Esprit «est envoyé par la volonté du Père par
lintermédiaire de Jésus-Christ, son Fils». Les deux traditions catholiques
enseignent que Dieu est un mystère qui se révèle lui-même et dont la manifestation
parfaite est en Jésus-Christ, qui est présent dans le monde dans l'Église. Les saints
des derniers jours affirment que Jésus-Christ a une nature distincte et est une entité
séparée du Père, et que de même que Jésus-Christ était et est visible, incarné et
glorifié, de même en est-il du Père (voir Doctrine : Enseignements distinctifs).
LE CHRIST. Selon la croyance catholique, Jésus est né d'une vierge et est «le Fils
incarné de Dieu». À la fois Dieu et homme, il est le «Sauveur du monde». Pour des
saints des derniers jours, le Christ n'était pas, n'est pas maintenant et ne sera jamais
uni ni en nature ni en substance au Père. Son unité avec le Père est spirituelle en
objectif et en volonté. Jésus, dans la croyance des saints, est le Fils unique du Père
dans la chair. Il est entré dans la condition mortelle, sujet à progression, et a
accompli la volonté du Père comme modèle, sauveur et médiateur. Il n'a obtenu tout
pouvoir sur terre et dans les cieux que quand il a reçu la plénitude de la gloire du
Père (voir Divinité).
LEXPIATION. Dans les deux traditions catholiques, lexpiation du Christ permet
d'accéder à la grâce salvatrice. La mort-résurrection du Christ est l'événement
sauveur et la croix, le symbole du salut. Pour les saints des derniers jours, l'expiation
de Jésus-Christ a été une descente au-dessous de toutes choses afin de lélever
au-dessus de tout. Il a souffert «selon la chair» parce quil naurait pu
daucune autre façon connaître l'angoisse du péché et de létat du
pécheur, donner lexemple de l'amour rédempteur et réconcilier la justice et la
miséricorde. L'Expiation réunit l'homme à Dieu par la sanctification et la
résurrection. Tout ce que le Christ a reçu du Père, lhomme peut le recevoir du
Père par le Christ. Cette transformation est apparentée à la conception que
lÉglise orthodoxe a de la théose. Le but de lappartenance à lÉglise
est de devenir, par le Christ, l'image et la ressemblance de Dieu (voir Expiation de
Jésus-Christ ; Déification chez les premiers chrétiens).
AUTORITÉ. Les catholiques croient que Jésus a accordé son autorité pastorale à
Pierre, qui est ainsi devenu le premier «Vicaire du Christ» et chef de l'Église et que
cette autorité denseigner et de sanctifier a été transmise dans une succession
ininterrompue dans l'institution de la Papauté. L'Église orthodoxe considère que Pierre
était le premier dentre des égaux, par conséquent les patriarches ont une
autorité égale. Ils attribuent également une autorité spéciale aux sept premiers
conseils cuméniques. Les saints des derniers jours croient que Pierre détenait les
clefs de l'autorité apostolique, qui avaient également été conférées aux douze
apôtres. Les pouvoirs de la prêtrise ne sont pas indélébiles mais inséparablement
liés à la justice. La perte des clefs complètes de la prêtrise fut due à
labsence de transmission. Leur réapparition aujourdhui sest faite sous
les mains de Pierre, Jacques et Jean (voir Prêtrise d'Aaron : Rétablissement). Tout
homme digne dans l'Église doit recevoir l'ordination à la prêtrise avec l'autorité
daccomplir des ordonnances salvatrices et tout père doit fonctionner comme
patriarche de sa famille.
ÉCRITURE. Pour les catholiques et les orthodoxes, l'Ancien et le Nouveau Testament sont
«la source inépuisable de la foi chrétienne». Le canon est fermé. Pour les saints des
derniers jours, le canon reste ouvert. L'Écriture est le réceptacle des paroles des
prophètes prononcées sous l'inspiration. Il n'y a pas de révélation finale. La
révélation est permanente. Ni les Écritures ni la théologie naturelle ne remplacent
«les oracles vivants» (voir Expérience religieuse ; Révélation ; Écriture).
ÉGLISE. Le catholicisme romain et le catholicisme orthodoxe voient dans l'Église une
«communion des saints». Le Saint-Esprit anime l'Église par la grâce, en lui donnant le
pouvoir de continuer luvre du Christ dans l'histoire. C'est une communauté de
salut où lon prêche l'Évangile et où lon reçoit les sacrements. Les
saints des derniers jours croient que le rétablissement de la prêtrise supérieure
sest accompagné de trois éléments perdus par l'Église du Nouveau Testament : (1)
la structure organisationnelle et les offices qui sy rapportent, dont un collège de
douze apôtres ; (2) l'esprit de prophétie et tous les dons spirituels et (3) le temple
avec ses ordonnances et ses pratiques essentielles (voir Dons de l'Esprit ; Organisation ;
Temples). Les catholiques affirment que la grâce est centrée sur le don gratuit de Dieu
offert par lintermédiaire du Christ dans les sacrements et est infusée à l'âme.
Le baptême est essentiel au salut. Tous les sacrements sont les moyens nécessaires pour
obtenir la grâce requise pour le salut. Les rites ou les ordonnances mormons sont des
processus de nouvelle naissance spirituelle dans lesquels les pouvoirs du divin se
manifestent. Tout le monde les reçoit et toutes les ordonnances sont essentielles au
salut, depuis le baptême jusquaux ordonnances supérieures du temple. Leur
efficacité exige les formes appropriées, l'autorité de personnes ordonnées dans la
prêtrise et la foi et le repentir de la personne. Il y a des degrés de salut et la
plénitude du salut ou exaltation exige la totalité des ordonnances (voir Baptême ;
Confirmation ; Dotation ; Ordonnances du temple).
EUCHARISTIE. Pour les deux traditions catholiques, l'eucharistie est un sacrement dans
lequel le corps et le sang réels de Jésus sont physiquement présents, c'est-à-dire, la
réalité salvatrice du Seigneur. L'acte liturgique de consécration est un vrai sacrifice
dans lequel, par transsubstantiation, les éléments du pain et du vin deviennent le corps
et le sang du Christ. Les orthodoxes associent le geste du prêtre dans cette liturgie à
la vénération pour les icônes, qui représentent leur prototype, qui est le Christ. Les
saints des derniers jours voient dans la Sainte-Cène le souvenir du corps et du sang du
Christ. La sanctification vient de l'Esprit et se produit chez les bénéficiaires qui se
présentent le cur brisé et lesprit contrit (voir Sainte-Cène).
MARIAGE ET FAMILLE. Bien que le catholicisme romain et le catholicisme orthodoxe
considèrent le célibat comme un idéal spirituel, le mariage est un sacrement
accompagné de grâce qui symbolise le lien entre le Christ et l'Église. Pour les
catholiques c'est un contrat pour toute la vie et ils ne permettent pas le divorce. Les
saints des derniers jours enseignent que la glorification éternelle de la famille et de
la communauté des familles dans l'Église est la possibilité spirituelle la plus
élevée qui soit. De même que le grand prêtre qui officiait dans le temple autrefois
était marié et que les apôtres étaient mariés, de même aujourd'hui le mariage est
une ordonnance supérieure que les autres préparent. Le renforcement et l'amour de la
famille de l'homme, qui est en fin de compte la famille de Dieu, est luvre et
la gloire propres à une vie de sainteté. Une fois scellées et sanctifiées par
l'autorité de la prêtrise, les alliances, les relations et les devoirs de la condition
de parents continuent dans lautre monde (voir Célibat ; Mariage : Mariage
éternel).
Tout en honorant Marie, les saints des derniers jours n'ont aucun équivalent de la
doctrine de limmaculée conception, de la virginité perpétuelle ni de l'assomption
de Marie, ni de la vénération orthodoxe des icônes. Il y a d'autres enseignements des
saints qui diffèrent profondément de l'enseignement catholique traditionnel: une
modification de la compréhension classique de l'omnipotence et de l'omniprésence de
Dieu, l'existence prémortelle des esprits de toute l'humanité, l'affirmation que
l'esprit est une matière raffinée, la Chute comme quelque chose de planifié, de
volontaire et dessentiel à la progression de l'âme au milieu des contrastes et de
l'opposition, la dénégation du péché originel et le refus du baptême des petits
enfants, la nature universelle de l'alliance abrahamique et le remplacement de la
distinction ciel-enfer par l'enseignement des degrés de gloire dans la résurrection.
Bibliographie
Florovsky, Georges. Bible, Church, Tradition: An Eastern Orthodox View. Belmont, Mass.,
1972.
McBrien, Richard P. Catholicism, Study Edition. San Francisco, 1981.
McManners, John, dir. de publ. The Oxford Illustrated History of Christianity. New York,
1990.
Patrinacos, Rev. Nicon D. A Dictionary of Greek Orthodoxy. Pleasantville, N.Y., 1984.
Rahner, Karl, et Herbert Vorgrimler. Dictionary of Theology. New York, 1981.
ALFRED BENNEY
ROGER R. KELLER
Chasteté, loi de
Auteur: CHRISTENSEN, BRYCE J.
Dans la loi de chasteté, le Seigneur commande la retenue dans lexercice des
pouvoirs sexuels et procréateurs du corps. Comme révélé dans lÉcriture, cette
loi interdit tous rapports sexuels en dehors du mariage. Les autorités de lÉglise
de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours condamnent également les actes sexuels
pervers ou coercitifs dans le mariage.
«Tu ne commettras point dadultère» déclare le Seigneur dans le Décalogue (Ex.
20:14). Ailleurs dans lÉcriture, il interdit la fornication, lhomosexualité,
linceste et la bestialité (Ex. 22:16; Lé. 18:6-23). Enseignant dans lAncien
et le Nouveau Monde, Jésus a dénoncé limpudicité en pensée comme dans les actes
(Mt. 5:27-28; 3 Né. 12:27-28). Le Seigneur affirme dans le Livre de Mormon quil se
«réjoui[t] de la chasteté des femmes», condamnant linfidélité des maris comme
étant une offense à légard des femmes et des enfants (Jcb. 2:28; 31-35). Le
prophète Abinadi condamne les prêtres du roi Noé pour relations avec des prostituées
et pour refus de vivre et denseigner la loi de Moïse qui interdit ladultère
(Mos. 12:29; 13:22). Alma lAncien enseigne à son fils, Corianton, que le péché
sexuel est «extrêmement abominabl[e] par-dessus tous les péchés, si ce nest
leffusion du sang innocent ou le reniement du Saint-Esprit» (Alma 39:5). Mormon
déplore la dégénérescence totale des soldats qui violent les prisonnières, leur
ravissant «ce quelles avaient de plus cher et de plus précieux, la chasteté et la
vertu» (Mro. 9:9).
Dans la révélation moderne, les dirigeants de lÉglise sont tenus
dexcommunier les adultères sils refusent de se repentir. Les Doctrine et
Alliances condamnent les désirs adultères comme étant un reniement de la foi,
disqualifiant les coupables de la compagnie de lEsprit (D&A 42:23-26; 63:16). Le
prophète Joseph Smith a vu en vision que les adultères et les fornicateurs non
repentants seront avec les menteurs et les sorciers dans le royaume téleste (D&A
76:103).
Les dirigeants de lÉglise ont à maintes reprises insisté sur lobéissance
à la loi de chasteté. Dans une déclaration officielle en 1942, la Première Présidence
a promis «les exaltations des éternités» à ceux qui restent chastes, déplorant
limmoralité sexuelle, destructrice des personnes et des nations. «La doctrine de
lÉglise, a-t-elle dit, est que le péché sexuel les relations sexuelles
illicites entre hommes et femmes ne le cède, dans son énormité, quau
meurtre. Le Seigneur na fait aucune distinction essentielle entre la fornication,
ladultère et la fréquentation des prostituées ou la prostitution. Chacun est
tombé sous sa condamnation solennelle et terrible» (CR 112, oct. 1942, pp. 10-12). Les
violations sexuelles profanent ce qui est saint, notamment les pouvoirs de procréation
qui nous sont donnés par Dieu, la sainteté de la vie, du mariage et de la famille. David
O. McKay a dit que la chasteté est «la partie la plus essentielle des fondements
dun mariage heureux et
la source de la force et de la perpétuation du genre
humain» (CR 137, avr. 1967, pp. 8). Les dirigeants de lÉglise ne reconnaissent
quune seule règle de chasteté pour les hommes et les femmes. Parlant en 1980,
Spencer W. Kimball a affirmé: «La chasteté totale avant le mariage et la fidélité
totale après sont toujours la norme dont on ne peut sécarter sans quil y ait
péché, malheur et chagrin» (CR 150, oct. 1980, p. 4).
La loi de chasteté sapplique non seulement au comportement mais également à
lhabillement, à la parole et à la pensée. Il est recommandé aux saints des
derniers jours de shabiller de manière pudique, dutiliser un langage digne en
parlant des fonctions corporelles et de cultiver des pensées vertueuses. En conséquence,
ils doivent éviter tout ce qui est pornographique dans la littérature, le cinéma, la
télévision et la conversation. Bien que beaucoup en dehors de lÉglise
considèrent la masturbation comme normale, les dirigeants de lÉglise enseignent
que la pratique est mauvaise, quelle alimente des appétits vils et peut mener à
dautres comportements pécheurs. De même, les couples non mariés qui se livrent à
des caresses intimes violent la loi de chasteté et stimulent des pulsions qui peuvent
mener à dautres péchés.
La chasteté favorise la paix et la confiance personnelles (voir D&A 121:45). Parlant
expressément de limpudicité, Alma écrit que «la méchanceté na jamais
été le bonheur» (Alma 41:10). LÉglise enseigne que ceux qui se rendent coupables
dinfidélité perdent lEsprit du Seigneur et attirent sur eux-mêmes et leur
famille la jalousie, le chagrin, la colère et la méfiance.
Les personnes coupables dimpudicité peuvent recevoir le pardon par un repentir
complet. Parce que limpudicité viole les vux du baptême et les vux
explicites du temple, les coupables pénitents doivent confesser ce genre de péché à
leur évêque, leur président de branche ou tout autre dirigeant compétent de
lÉglise. Après avoir examiné la transgression dans lesprit de la prière,
le dirigeant de lÉglise peut particulièrement dans les cas
dadultère, de fornication ou dhomosexualité réunir une commission
disciplinaire pour aider le transgresseur par le repentir et pour protéger
lintégrité de lÉglise. Selon loffense et la maturité spirituelle du
contrevenant, la commission disciplinaire peut excommunier, disqualifier, mettre à
lépreuve ou acquitter la personne.
Les commissions disciplinaires exigent habituellement des transgresseurs quils
demandent pardon aux personnes quils ont entraînées dans le péché sexuel et aux
conjoints trahis par linfidélité. Les transgresseurs doivent aussi demander pardon
à Dieu en réformant leur vie, en abandonnant les actes et les pensées impudiques. Dieu
promet quil ne se rappellera pas les péchés de ceux qui se repentent entièrement
(És. 1:18; D&A 58:42-43). Cependant, la récidive peut faire revenir le poids de
lancien péché (D&A 82:7) et avoir des conséquences plus graves (D&A
42:26).
Vivre la loi de chasteté nest pas synonyme dascétisme. Il sagit
plutôt de «tenir toutes [s]es passions en bride, afin d'être rempli d'amour» (Alma
38:12). Dans le mariage, lintimité physique renforce le lien voulu par Dieu entre
le mari et la femme. En protégeant lâme contre lesprit charnel, la chasteté
sauvegarde les joies du mariage dans cette vie et lexaltation dans la vie à venir.
Seuls ceux qui sont moralement purs peuvent entrer dans le temple, où les saints des
derniers jours font solennellement alliance de rester chastes de manière à pouvoir
recevoir la plus grande bénédiction de Dieu, la vie éternelle (D&A 14:7). En
recevant les ordonnances du temple et en restant dignes, le mari et la femme peuvent
accéder à une union parfaite scellée par le Saint-Esprit de promesse, réalisant ainsi
un mariage qui dure au-delà de la tombe, ayant en bénédiction une progéniture
desprit dans les éternités (D&A 132:19; cf. 131:1-4).
Bibliographie
Benson, Ezra Taft. The Teachings of Ezra Taft Benson, pp. 277-86. Salt Lake City, 1988.
Kimball, Spencer W. The Miracle of Forgiveness, pp. 61-89. Salt Lake City, 1969.
McKay, David O. Gospel Ideals, pp. 458-76. Salt Lake City, 1953.
BRYCE J. CHRISTENSEN
Chrétiens et christianisme
Auteur: KELLER, ROGER R.
Lorigine
du mot «chrétien» dans le Vieux Monde est obscure. Il a probablement été utilisé
pour la première fois par les païens dAntioche pour désigner ceux qui suivaient
le Christ. Cependant, vers la fin du premier siècle apr. J.-C., cétait un mot que
les membres de lÉglise acceptaient pour parler deux-mêmes comme le montrent
les écrits dIgnace (v. 35-v. 107 apr. J.-C.). Le mot est utilisé trois fois dans
le Nouveau Testament (Ac. 11:26; 26:28; 1 Pi. 4:16).
Dans le Nouveau Monde (le monde du Livre de Mormon), il y avait un terme semblable pour
désigner les membres de lÉglise (Mos. 18:12-17; Al. 46:13-16; 48:10).
«Chrétien» désignait ceux qui étaient «de vrais croyants au Christ» et qui étaient
«heureux de prendre sur eux le nom du Christ, ou de chrétiens comme on les appelait, à
cause de leur croyance au Christ qui allait venir» (Al. 46:15). Ici le terme
«chrétien» désignait ceux qui croyaient que le Christ viendrait, et pas seulement,
comme dans le Nouveau Testament, ceux qui croyaient quil était venu.
Le terme dabord utilisé par les chrétiens du Vieux Monde pour se désigner fut
sans doute le mot grec haguioï, signifiant les «saints». Les saints des derniers jours
ont adopté cette désignation du Nouveau Testament (Ac. 9:13; 32, 41; Ro. 1:7; 1 Co. 1:2;
Ph. 1:1). On retrouve cette terminologie dans le Livre de Mormon (1 Né. 13:5, 9; 14:12,
14; 2 Né. 9:18-19; Mrm. 8:23; Mro. 8:26), les Doctrine et Alliances (1:36; 84:2; 88:114;
104:15) et la Perle de Grand Prix (Moï. 7:56).
LÉglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours ne se considère pas comme
une confession chrétienne de plus, mais plutôt comme le rétablissement par Dieu, dans
les derniers jours, de la plénitude de la foi et de la pratique chrétiennes. Cest
ainsi que, dès les tout premiers temps, les chrétiens saints des derniers jours ont
cherché à se distinguer des chrétiens dautres traditions. Ils considèrent que
les autres formes de christianisme, quoique contenant beaucoup de vérité et faisant
beaucoup de bien sous la direction du Saint-Esprit, sont incomplètes, dépourvues de
lautorité de la prêtrise de Dieu, des ordonnances du temple, de la compréhension
complète du plan du salut et de la compréhension non paradoxale de la Divinité. Par
conséquent, la désignation «saint» reflète lattachement à lÉglise du
Nouveau Testament et indique également une différence par rapport au christianisme
catholique, orthodoxe et protestant dans la dispensation actuelle.
En réponse à cela, et pour diverses autres raisons, certains chrétiens catholiques,
orthodoxes et protestants ont été réticents à appliquer le terme «chrétien» aux
saints des derniers jours. Lune de ces raisons est que ceux-ci affirment que
cest dans lÉglise que se trouve la seule ligne dautorité établie par
Dieu. Si cette autorité divine na pas été transmise après la mort des premiers
apôtres, la Sainte-Cène, les ordinations, les formulations de croyance et les structures
ecclésiastiques des autres groupes chrétiens sont dépourvues de la sanction divine.
Pour beaucoup de chrétiens traditionnels, cette prise de position place les saints des
derniers jours en dehors de la famille chrétienne telle que définie par certaines
confessions de foi et ordonnances admises.
De plus, les saints des derniers jours affirment que Dieu a parlé et sest
manifesté non seulement aux personnes des temps bibliques, mais également au peuple du
Livre de Mormon, et quil continue à parler aujourdhui à son peuple par la
révélation. Cest ainsi quils ne sont pas toujours considérés comme des
«chrétiens bibliques» quand ce terme exige la croyance que le canon de lÉcriture
est complet dans la Bible. Pour les mormons, Dieu est toujours le Dieu de la révélation
continue, ce qui signifie que les credo ne sont pas définitifs. Il nest pas de
confession, ni même lensemble des confessions, qui puisse englober complètement le
dynamisme de Dieu. Il faut lécouter et ses paroles doivent être mises par écrit
pendant quil continue à nous guider divinement par la révélation. Par
conséquent, le canon des saints des derniers jours est ouvert; les Doctrine et Alliances
deviennent un réceptacle officiel et ouvert pour les révélations qui affectent toute
lÉglise; et des révélations continuent à être données aux prophètes, aux
voyants et aux révélateurs vivants de lÉglise, pour être communiquées aux
membres.
Les saints des derniers jours considèrent que les chrétiens, au sens le plus large du
terme, sont ceux qui basent leurs croyances sur les enseignements de Jésus et qui ont une
relation personnelle avec lui. Selon cette définition, ils reconnaissent les catholiques
romains, les catholiques orthodoxes, les protestants et les saints des derniers jours
comme chrétiens, étant bien entendu que le christianisme des saints des derniers jours
est la plénitude rétablie de lÉvangile du Christ. La vie des saints des derniers
jours est leur affirmation de leur foi chrétienne. Comme la dit Brigham Young: «Si
nous ne sommes pas à limage du Christ nous ne sommes pas chrétiens» (Watson).
Le christianisme traditionnel subordonne souvent la qualité de chrétien à
lacceptation de certaines croyances et de certains dogmes. Comme les saints des
derniers jours nacceptent pas certains dogmes extra-scripturaires, en particulier
ceux qui portent la marque philosophique dun enseignement chrétien postérieur au
Nouveau Testament, certains, dans dautres églises, estiment que les saints des
derniers jours ne peuvent pas être chrétiens. Ils ne sont pas «orthodoxes» dans ce
sens. Mais pour les mormons, les croyances correctes (orthodoxie) et les comportements
corrects (orthopraxie) sont ceux qui sont conformes à la volonté révélée du Seigneur.
Certains des malentendus entre les communautés traditionnelles et les saints des derniers
jours relèvent du point de savoir si, pour être chrétien, lon doit dabord
croire aux dogmes traditionnels pour mener «une vie chrétienne correcte».
Il y a, dans le Livre de Mormon, une définition qui décrit bien le christianisme des
saints des derniers jours: «Et nous parlons du Christ, nous nous réjouissons dans le
Christ, nous prêchons le Christ, nous prophétisons concernant le Christ, et nous
écrivons selon nos prophéties, afin que nos enfants sachent vers quelle source ils
peuvent se tourner pour obtenir la rémission de leurs péchés» (2 Né. 25:26). Le
Christ et son sacrifice expiatoire sont, depuis le commencement, le message de base de
lÉglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Le Christ a été le
message central de tous les prophètes et apôtres modernes. Ils savent que les prophètes
de lAncien Testament ont prévu sa venue, que les apôtres du Nouveau Testament
lont prêché et ont témoigné de lui, que les prophètes du Livre de Mormon
lont annoncé, et les Doctrine et Alliances présentent sa parole à notre
génération. Jésus-Christ est le Seigneur vivant de lÉglise. Hors de lui il
ny a pas de salut.
Le président Kimball a déclaré: «Il ne peut y avoir de christianisme réel et vrai,
même avec de bonnes uvres, que si nous sommes profondément, intimement convaincus
que Jésus-Christ est véritablement le Fils unique du Père qui nous a achetés dans le
grand acte de lExpiation» (Kimball, p. 68). Il a également exprimé lespoir
que tout le monde finira par se rendre compte que chaque prière, chaque cantique, chaque
sermon chez les saints a le Seigneur Jésus-Christ pour élément central. «Nous sommes
de vrais disciples de Jésus-Christ et nous espérons que le monde arrivera finalement à
la conclusion que, sil y a des chrétiens dans le monde, cest bien nous»
(Kimball, p. 434).
Bibliographie
Gealy, F. D. "Christian." In The Interpreter's Dictionary of the Bible, Vol. 1,
pp. 571-572. Nashville, Tenn., 1962.
Grundmann, Walter. "Chiro." Theological Dictionary of the New Testament, Vol. 9,
pp. 27-580. Grand Rapids, Mich., 1964-1974.
Kimball, Edward L., dir. de publ. The Teachings of Spencer W. Kimball. Salt Lake City,
1982.
Watson, Eldon J., comp. Brigham Young Addresses, Vol. 4, p. 5 pour le 14 juillet 1861. Non
publié, mars 1980.
ROGER R. KELLER
Collège des douze apôtres
Auteur: NELSON, WILLIAM O.
Douze hommes ordonnés à loffice dapôtre dans la Prêtrise de Melchisédek
constituent le Collège des douze apôtres, le deuxième collège président dans le
gouvernement de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Le premier
collège président est la Première Présidence, trois grands prêtres qui ont
généralement été apôtres, qui détiennent toutes les clefs (autorité) concernant les
affaires spirituelles et temporelles de l'Église. Les Douze exercent leurs fonctions sous
la direction de la Première Présidence. Les saints des derniers jours soutiennent ces
quinze hommes comme prophètes, voyants et révélateurs pour l'Église, qui reçoivent
«une dotation spirituelle spéciale en rapport avec lenseignement quils
donnent au peuple
. Les autres Autorités générales ne reçoivent pas cette
Dotation et cette autorité spirituelles spéciales couvrant leur enseignement» (J.
Reuben Clark, Jr., Church News, 31 juillet 1954, p. 9).
Plusieurs titres désignent le groupe des douze apôtres: Collège des Douze, Conseil des
Douze ou simplement les Douze. La désignation Collège des Douze est le titre
scripturaire et le nom officiel utilisé par la Première Présidence quand elle présente
les Douze aux membres de l'Église pour leur vote de soutien. La désignation Conseil des
Douze est couramment utilisée dans les publications de lÉglise et lorsque
lon communique avec des personnes d'autres cultes religieux.
HISTOIRE. Les premiers membres du Collège des Douze dans les temps modernes ont été
ordonnés le 14 février 1835. Ce type de collège a ses racines dans le précédent du
Nouveau Testament (Mt. 10:1) et dans la révélation moderne (D&A 18:26-39). Après
l'expédition du Camp de Sion de 1834, le prophète Joseph Smith convoqua en 1835 ceux qui
avaient participé et révéla que «c'était la volonté de Dieu que ceux qui étaient
allés en Sion, bien décidés à donner leur vie
fussent ordonnés au ministère»
(HC 2:182). Il dit alors aux Trois Témoins du Livre de Mormon (Oliver Cowdery, David
Whitmer et Martin Harris) de choisir dans l'esprit de la prière les Douze conformément
à une révélation précédente (D&A 18:37). La Présidence imposa ensuite les mains
aux Trois Témoins, leur donnant le pouvoir de faire le choix (HC 2:186-87). Furent
choisis: Thomas B. Marsh, David W. Patten, Brigham Young, Heber C. Kimball, Orson Hyde,
William E. McLellin, Parley P. Pratt, Luke S. Johnson, William B. Smith, Orson Pratt, John
F. Boynton et Lyman E. Johnson. Ces douze hommes furent ensuite ordonnés apôtres par les
Trois Témoins et reçurent les clefs relatives à leur saint appel. La Première
Présidence leur fit aussi limposition des mains et confirma ces bénédictions et
ces ordinations (T&S 2, 15 avr. 1845, p. 868). Oliver Cowdery donna ensuite aux Douze
la mission de «prêcher l'Évangile à toutes les nations» (HC 2:195).
Un mois plus tard, les Douze, qui se préparaient à prêcher, demandèrent encore
d'autres instructions divines. La réponse fut une révélation qui définissait leurs
fonctions et celles du collège récemment formé des soixante-dix (voir D&A
107:21-39). Les fonctions premières du Collège des Douze sont d'être «les témoins
spéciaux du nom du Christ dans le monde entier» «officie[r] au nom du Seigneur, sous la
direction de la présidence de l'Église» «pour édifier l'Église et en régler toutes
les affaires» et «ouvrir la porte [de toutes les nations] par la proclamation de
l'Évangile de Jésus-Christ» (D&A 107:23, 33, 35; cf. 112:16-21; 124:128).
Joseph Smith chargea les membres du Collège des Douze de gérer les branches dispersées
de l'Église. Plus tard, il les envoya en mission de prosélytisme dans des pays
étrangers. En 1840-1841, neuf des Douze firent une mission spéciale dans les îles
Britanniques. Quand ils quittèrent la Grande-Bretagne après douze mois, plus de quatre
mille personnes étaient devenues membres de lÉglise. Ces neuf frères jetèrent
aussi les bases dun programme continu démigration des saints britanniques
convertis vers lAmérique (voir Îles Britanniques, l'Église dans les; Mission des
Douze dans les îles Britanniques.)
Le succès missionnaire en Grande-Bretagne unit les membres des Douze en un collège
soudé sous la direction du président du collège, Brigham Young, nommé le 19 janvier
1841. Quand ils retournèrent au siège de lÉglise à Nauvoo (Illinois), Joseph
Smith étendit leurs devoirs à la gestion des affaires du pieu là-bas.
Vers la fin mars 1844, Joseph Smith conféra au Collège des Douze toutes les ordonnances,
clefs et autorité qu'il possédait. Décrivant cet événement, Wilford Woodruff dit que
Joseph Smith «a vécu jusqu'à ce que chaque clef, pouvoir et principe de la sainte
prêtrise aient été scellés sur les Douze et sur le président Young en tant que leur
président.» Il cite ensuite l'explication et l'injonction du prophète aux Douze: «J'ai
vécu jusqu'à ce que j'aie vu ce fardeau, qui reposait sur mes épaules, passer sur
celles d'autres hommes
les clefs du royaume sont plantées sur la terre pour ne plus
jamais être enlevées
À vous darrondir les épaules pour emporter le
royaume. Peu importe ce quil advient de moi» (JD 13:164).
Après que des émeutiers eurent assassiné Joseph Smith, le 27 juin 1844, et que la
Première Présidence eut été dissoute, l'Église affronta pour la première fois la
question de la succession à la présidence. La confusion qui en résulta fut résolue
quand le Collège des Douze, second collège président, savança et fut soutenu
pour succéder à la Première Présidence. De juin 1844 à décembre 1847, les Douze
gouvernèrent l'Église sous la direction de leur président, Brigham Young. En leur
qualité de collège président, ils publièrent, en 1845, une proclamation aux rois du
monde et au président des États-Unis d'Amérique (voir Proclamations de la Première
Présidence et du Collège des douze apôtres). Le président Young fut soutenu, le 5
décembre 1847, comme président de l'Église par les Douze et par les saints réunis en
conférence le 27 décembre 1847.
Cette transition dans la direction de lÉglise a créé le précédent et
lordre qui ont été suivis lors de toutes les réorganisations ultérieures de la
Première Présidence. À la mort d'un président de lÉglise, la Première
Présidence est dissoute et le Collège des Douze devient le conseil président de
l'Église. Le président des Douze, qui est le doyen des apôtres sur la terre, devient
lofficier président de l'Église et le reste jusqu'à ce qu'une nouvelle Première
Présidence soit organisée.
Un événement dune grande importance pour les Douze se produisit à la fin du
mandat du président Lorenzo Snow en 1901. Pendant plus de cinq décennies jusque là, les
Douze avaient passé moins de temps à porter l'Évangile aux autres nations à cause de
la nécessité de présider les saints au pays. En outre, les poursuites engagées par le
gouvernement des États-Unis contre les polygames avaient contraint certains d'entre eux
à l'exil. Peu avant la conférence générale d'octobre 1901, le président Snow rappela
aux Douze que les Écritures leur imposaient le devoir de prêcher l'Évangile au monde
entier; il ne suffisait pas de présider les pieux (Juvenile Instructor 36, nov. 1901, pp.
689-690.)
À la session finale de cette conférence, le président Snow définit les devoirs des
apôtres, des soixante-dix, des grands prêtres et des anciens. Les Douze devaient
«s'occuper des intérêts du monde» (CR oct. 1901, p. 61). Le président Snow décéda
quatre jours après la conférence, mais les Douze avaient reconnu l'importance de ses
instructions. Joseph F. Smith, président du Collège, écrivit: «Nous acceptons ce que
[le président Snow a dit] sur les devoirs des Douze
comme étant la parole que le
Seigneur nous adresse à tous» (Juvenile Instructor 36, nov. 1901, p. 690). En
conséquence, les Douze renouvelèrent leur effort missionnaire international. Depuis
cette époque, sur directive de la Première Présidence, les Douze ont consacré beaucoup
de pays à la prédication de l'Évangile et continuent à superviser l'uvre
missionnaire dans toute l'Église.
NOMINATION. Un membre de Collège des Douze est choisi par la Première Présidence, qui
peut envisager plusieurs candidats. La présidence choisit alors une personne par
révélation et l'appelle au poste. Ceci implique essentiellement les mêmes principes que
le choix de Matthias pour remplir la vacance laissée par la mort de Judas Iscariot (Ac.
1:15-26).
Quand une nouvelle nomination au Collège doit être annoncée (habituellement à une
conférence générale), un membre de la Première Présidence présente les noms des
Autorités générales, dont le nouvel apôtre, et des autres dirigeants généraux de
l'Église qui doivent être soutenus par les membres de lÉglise. Le soutien
respecte le principe du consentement commun (D&A 26:2).
Après que les membres de l'Église ont soutenu la personne nouvellement appelée, la
Première Présidence et le Collège des Douze l'ordonnent à loffice d'apôtre et
lui donnent toutes les clefs du saint apostolat. Ce sont les mêmes clefs que
Jésus-Christ a conférées aux Douze quil a appelés à lépoque du Nouveau
Testament et également les mêmes clefs remises par Pierre, Jacques et Jean à Joseph
Smith et à Oliver Cowdery dans notre dispensation. Les clefs données au nouvel apôtre
comprennent l'autorité de prêcher l'Évangile dans le monde entier et de sceller sur
terre des ordonnances qui seront scellées éternellement (Mt. 16:19; 28:19-20; Jn.
20:22-23).
Les appels au Collège des Douze sont à vie. La date à laquelle une personne devient
membre du collège (habituellement celle de son soutien en tant qu'apôtre) situe son
ancienneté dans le Collège. Celle-ci détermine qui sera le prochain président de
l'Église, car cet office passe au doyen des apôtres. Cet ordre divinement révélé
désigne l'apôtre le plus expérimenté comme futur président et empêche toute lutte
pour le pouvoir ou le poste (voir Succession à la présidence).
DEVOIRS. Conformément aux révélations antérieures, les Douze daujourd'hui sont
chargés douvrir les nations du monde à la prédication de l'Évangile (D&A
107:35). Par désignation de la Première Présidence, les membres des Douze rencontrent
les chefs d'État pour obtenir la permission officielle pour que l'Église enseigne
l'Évangile conformément aux lois de ces pays.
Quand ils agissent sous la direction de la Première Présidence, les Douze ont
l'autorité pour recevoir la révélation pour leurs tâches, qui comprennent la
supervision des soixante-dix, celle des pieux et la formation des dirigeants (D&A
107:33). Toutefois, seul le président de l'Église a le droit et l'autorité de recevoir
la révélation pour toute l'Église (D&A 28:2-3).
Les membres des Douze font partie de comités créés par la Première Présidence et
dautres au sein du Collège. Les tâches au sein des comités font lobjet
dune rotation périodique.
Le Collège des Douze dirige le travail des soixante-dix. Les Douze doivent «faire appel,
avant tous autres, aux Soixante-dix, lorsqu'il[s ont] besoin d'aide» (D&A 107:38).
Les présidents des collèges des soixante-dix font rapport aux Douze.
Les Douze se réunissent dans le temple de Salt Lake City, habituellement chaque semaine,
pour traiter toutes les affaires qui réclament une décision du Collège. Une fois ces
décisions prises, celui-ci les défère normalement à ses réunions avec la Première
Présidence. Ces deux corps constituent ensemble le Conseil de la Première Présidence et
des douze apôtres. Ce conseil prend les décisions finales sur tous les sujets qui
affectent l'Église, notamment les nouveaux appels de dirigeants de lÉglise, la
fixation des règles, des marches à suivre et des programmes, la création, la division
et la réorganisation des missions et des pieux. Les collèges de la prêtrise de
lÉglise sefforcent de parvenir à l'unanimité dans leurs décisions, comme
le demande la révélation (D&A 107:27). Le Collège des Douze ne prend aucune mesure
tant quun consensus nest pas atteint. Le président des Douze reporte
habituellement le sujet pour un nouvel examen. L'unanimité dans les collèges présidents
de l'Église donne aux membres lassurance que «la voix unie de la Première
Présidence et des Douze» «négarera jamais les saints ni nenverra au monde
des instructions contraires à la volonté du Seigneur» (Joseph Fielding Smith, Ensign 2,
juillet 1972, p. 88).
La Première Présidence charge les membres des Douze et les autres Autorités générales
de parler aux conférences générales semestrielles de l'Église, mais ne leur impose
normalement pas de sujet. Les membres de la Première Présidence et les Douze parlent à
chaque conférence générale; les autres Autorités générales parlent périodiquement
quand elles sont désignées. Les membres de l'Église considèrent les messages de la
Première Présidence et des Douze comme inspirés (D&A 68:4).
Chaque pieu a des conférences semestrielles de pieu. Une Autorité générale préside
habituellement lune de ces conférences par an sur désignation par le président du
Collège des Douze. À cause du nombre considérable et croissant des pieux, les membres
des Douze ne sont généralement désignés pour assister aux conférences de pieu que
pour organiser de nouveaux pieux, pour diviser les pieux existants ou pour réorganiser
des présidences de pieu.
Le président du Collège charge aussi les membres du Collège dassister aux
conférences là où plusieurs pieux se réunissent ensemble. Ces conférences
multirégionales donnent aux membres de lÉglise loccasion de voir et entendre
plus souvent les membres de la Première Présidence et des Douze.
Les membres des Douze sont les «témoins spéciaux» du nom de Jésus-Christ dans le
monde entier; ils possèdent la connaissance, par révélation, de la résurrection
littérale du Christ et celle qu'il dirige les affaires de son Église aujourd'hui. Cette
conviction commune unit les Douze dans un lien d'unité et d'amour.
Bibliographie
Allen, James B., et Malcolm R. Thorp. «The Mission of the Twelve to England, 1840-41:
Mormon Apostles and the Working Classes.» BYU Studies 15, été 1975, pp. 499-526.
Esplin, Ronald K., «The Emergence of Brigham Young and the Twelve to Mormon Leadership,
1830-1841», pp. 427-512. Thèse de Doctorat, université Brigham Young, 1981.
Larsen, Dean L. «Apostle and Prophet: Divine Priesthood Callings.» Priesthood, pp.
38-47. Salt Lake City, 1981.
McConkie, Bruce R. Succession in Presidency. Church News, 23 mars 1974, pp.
7-9.
Smith, Joseph Fielding. The Holy Apostleship. DS, vol. 3, pp. 144-159.
Id. The Twelve Apostles. IE 59, nov. 1956, pp. 786-788.
Id. The First Presidency and the Council of the Twelve. IE 69, nov. 1966, pp.
977-979.
Talbot, Wilburn D. The Duties and Responsibilities of the Apostles of The Church of
Jesus Christ of Latter-day Saints, 1835-1945. Thèse de doctorat, université
Brigham Young, 1978.
WILLIAM O. NELSON
Commandements
Auteur: COONS, DIX S.
Les saints
des derniers jours croient que les commandements sont des directives divines pour une vie
juste, quils apportent le bonheur et des bénédictions spirituelles et temporelles
et quils font partie de la manière de Dieu de racheter ses enfants et de les doter
de la vie éternelle. Par conséquent, les commandements constituent non seulement une
épreuve de la foi, de lobéissance et de lamour pour Dieu et pour
Jésus-Christ mais également une occasion déprouver lamour de Dieu et de la
joie dans cette vie et dans la vie à venir. Les commandements sont donnés par
révélation directement de la part de la Divinité ou par ses prophètes. Les comptes
rendus de ces révélations se trouvent dans les Écritures, qui comprennent la Bible, le
Livre de Mormon, les Doctrine et Alliances, et la Perle de Grand Prix.
Le 6 avril 1830, lors de lorganisation de lÉglise, Joseph Smith fut désigné
comme voyant, traducteur, prophète, apôtre et ancien. À cette occasion, le Seigneur dit
à lÉglise: «Vous prêterez loreille à toutes ses paroles [de Joseph Smith]
et à tous les commandements quil vous donnera à mesure quil les reçoit,
marchant en toute sainteté devant moi. Car vous recevrez sa parole, en toute patience et
avec une foi absolue, comme si elle sortait de ma propre bouche» (D&A 21:4-5; cf.
D&A 1:37-38; 5:10; 68:34). Sur la base de ces instructions, les membres de
lÉglise acceptent les instructions justes de ceux qui sont autorisés par Dieu
comme des commandements faisant force de loi sur lÉglise et sur les personnes.
En 1831, le Seigneur redit à lÉglise le «premier et grand» commandement (cf. Mt.
22:37-38): «Cest pourquoi, je leur donne un commandement qui dit ceci: Tu aimeras
le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cur, de tout ton pouvoir, de tout ton esprit et
de toute ta force; et tu le serviras au nom de Jésus-Christ» (D&A 59:5). Cette
répétition fut suivie des injonctions divines précédemment données de ne pas voler,
ne pas commettre dadultère ni de tuer (D&A 59:6).
Dans les Doctrine et Alliances, la section 42, que le Seigneur appelle la «loi de
lÉglise» (D&A 42:2, 59), les versets 19-27 réaffirment beaucoup
dinstructions qui se trouvent dans les dix commandements. Ces commandements de base
ont été réitérés lors de dispensations ou ères successives, essentiellement sous la
même forme (Ex. 20:3-17; De. 5:6-21; Mos. 12:34-36; D&A 42:19-27; cf. Mt. 5:17-48).
À lépoque de lAncien Testament, comme laccent était mis sur
linterdiction de certains actes extérieurs, on insistait apparemment davantage sur
les conséquences de la désobéissance que sur la rédemption spirituelle et physique par
lobéissance (voir Loi de Moïse). Le Nouveau Testament et le Livre de Mormon
mettent au contraire laccent sur le processus purificateur de lobéissance. Le
Christ a bien dit que les commandements devaient concerner non seulement les actes des
hommes et des femmes mais également leurs pensées et leurs mobiles. Dans le sermon sur
la montagne, il oppose lancienne loi et la nouvelle. Par exemple, il définit le
fait de regarder une femme avec convoitise dans le cur comme un type
dadultère (Mt. 5:28). Se mettre en colère contre son prochain, cest se
mettre en danger du jugement (Mt. 5:21-22). Plutôt que de chercher vengeance et l
«oeil pour oeil», les disciples de Jésus doivent tendre lautre joue et faire le
deuxième mille (Mt. 5:38-42). Pour résumer la nouvelle loi, le Christ dit: «Vous avez
appris quil a été dit: Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais
moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à
ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous
persécutent
Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait» (Mt.
5:43-44, 48; cf. 3 Né. 12:43-48).
Aux auditeurs du continent américain qui avaient survécu à la destruction de 34 apr.
J.-C., le Christ ressuscité a expliqué le rapport entre la loi et lÉvangile: «Ne
croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour
abolir, mais pour accomplir. Car, je vous le dis en vérité, pas un seul iota, pas un
seul trait de lettre nest passé de la loi, mais en moi elle a été toute
accomplie. Et voici, je vous ai donné la loi et les commandements de mon Père, afin que
vous croyiez en moi, et que vous vous repentiez de vos péchés et veniez à moi, le
cur brisé et lesprit contrit. Voici, vous avez les commandements devant vous,
et la loi est accomplie» (3 Né. 12:17-19). La nouvelle loi du Christ exige clairement
que ce ne soient pas seulement les actes extérieurs mais également les pensées et les
sentiments intérieurs qui se conforment à lesprit de la loi (cf. Al. 12:12-14;
D&A 88:109).
Dans lÉglise daujourdhui, le Seigneur a souligné que parmi ses
commandements il y a la responsabilité de lindividu de se gérer personnellement:
«Car voici, il nest pas convenable que je commande en tout, car celui quil
faut contraindre en tout est un serviteur paresseux et sans sagesse; cest pourquoi
il ne reçoit pas de récompense. En vérité, je le dis, les hommes doivent uvrer
avec zèle à une bonne cause, faire beaucoup de choses de leur plein gré et produire
beaucoup de justice. Car ils ont en eux le pouvoir dagir par eux-mêmes» (D&A
58:26-28). Quand la «loi de lÉglise» fut donnée en 1831 (D&A 42), cette
responsabilité individuelle fut également soulignée: «Tu aimeras ta femme de tout ton
cur, et tu tattacheras à elle et à personne dautre» (42:22), et «Tu
ne médiras pas de ton prochain et tu ne lui feras aucun tort» (42:27). Plus tard, le
Seigneur dit: «Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Tu ne déroberas pas et tu ne
commettras pas dadultère, ni ne tueras, ni ne feras rien de semblable» (D&A
59:6). Il est évident que Dieu exige que lon soit conscient de son libre arbitre et
accorde effectivement à chacun le pouvoir de se diriger. Quand on vit en accord avec les
commandements et que lon devient de ce fait plus sensible aux chuchotements du
Saint-Esprit, les observances extérieures deviennent moins importantes et lon
accorde plutôt son attention à la perfection des pensées et des mobiles.
Cest ainsi que les saints des derniers jours trouvent lépanouissement et le
bonheur dans lobéissance non seulement à des commandements spécifiques tels que
la Parole de Sagesse (D&A 89) et la loi de la dîme (D&A 119) mais également aux
recommandations que les dirigeants inspirés font lors des conférences de lÉglise
et dans les sources écrites approuvées telles que les publications officielles de
lÉglise.
Bibliographie
Richards, Stephen L. "Keep the Commandments." IE 52, mai 1949, pp. 273, 345-348.
Sill, Sterling W. "Keep the Commandments." Ensign 3, janv. 1973, pp. 82-83.
DIX S. COONS
Consécration
[Les deux articles suivants traitent de la notion mormone de consécration. Consécration:
Loi de Consécration, donne un aperçu de lorigine et de la pratique des principes
de la consécration chez les saints des derniers jours. Larticle Consécration:
Consécration en Ohio et au Missouri, traite spécialement des efforts des saints pour
vivre ces principes et de limpact économique qui en est résulté pour les
communautés de saints qui ont été florissantes dans ces états entre 1832 et 1846.]
Consécration: Loi de consécration
Auteur: HIRSCHI, FRANK W.
La loi de
consécration a été introduite par des révélations données au prophète Joseph Smith.
Dès 1829, il recevait du Seigneur le commandement: «Cherchez à promouvoir et à
établir la cause de Sion» (D&A 6:6; 11:6; 12:6; 14:6). Dans lAntiquité, la
Sion dHénoc était constituée dun peuple qui «était dun seul
cur et dun seul esprit, et [qui] demeurait dans la justice; et il ny
avait pas de pauvres en son sein» (Moï. 7:18). Ces qualités ont caractérisé le peuple
du Seigneur qui a accepté et appliqué la plénitude de lÉvangile dans sa vie,
comme le peuple de la ville dHénoc (Moï. 7:17-18) et lâge dor des
Néphites (4 Né. 1:2-3, 15-17) et certains des premiers chrétiens (Ac. 4:32-37). Les
saints des derniers jours ont également reçu la loi de consécration comme idéal et
promesse davenir (D&A 42:32-39).
Le niveau de la consécration requis pour vivre la loi de consécration a de nombreux
échos dans le monde antique. La Bible rapporte des actes de consécration expressément
liés à linstitution dalliances avec Dieu (par exemple, Ge. 9:8-17; No. 6).
Le fait quAbraham était disposé à sacrifier Isaac signifie quil était
totalement dévoué aux ordres de Dieu (Ge. 22:1-18). LExode et le Lévitique
mentionnent également divers actes sacrificatoires impliquant la consécration à Dieu,
principalement de la part dAaron et de ses fils (cf. Ex. 40:12-16; Lé. 1-7). Le
Nouveau Testament rapporte que les premiers chrétiens étaient invités à donner la
priorité au royaume de Dieu et à avoir «tout en commun» (Ac. 2, 4, 5).
Après que Jésus ressuscité eut fondé son Église en Amérique vers 34 apr. J.-C., le
peuple du Livre de Mormon observa la pratique de la consécration pendant presque 200 ans.
«Le peuple fut entièrement converti au Seigneur, sur toute la surface du pays, tant les
Néphites que les Lamanites, et il ny avait pas de querelles ni de controverses
parmi eux, et tous les hommes pratiquaient la justice les uns envers les autres. Et ils
avaient tout en commun; cest pourquoi il ny avait ni riches ni pauvres, ni
esclaves ni hommes libres, mais ils étaient tous affranchis et participants du don
céleste» (4 Né. 1:2-3).
Le 2 janvier 1831, le Seigneur révéla au prophète Joseph Smith à Fayette, New York,
quautrefois il avait pris à lui la Sion dHénoc et lui commanda ensuite
daller en Ohio recevoir la loi (D&A 38:4, 32; cf. Moï. 7:21). Quand Joseph
Smith arriva à Kirtland en février, il trouva les saints organisés en une société
communale appelée «la Famille». Il les persuada dabandonner cette pratique pour
«la loi plus parfaite du Seigneur». Le 9 février, tandis quil se trouvait en la
présence de douze anciens, il reçut la révélation qui contenait «la loi de
lÉglise» (HC 1:146-148; D&A 42). Cette révélation introduisait les lois du
gouvernement de lÉglise et de la conduite morale pour les membres et énonçait les
principes de base de la consécration (D&A 42:32-39).
Les principes clefs donnés dans les révélations sont conformes à ceux qui sont requis
pour la vie céleste: tout appartient à Dieu et son peuple en est lintendant
(D&A 38:17; 104:11-14); les hommes doivent estimer les autres comme eux-mêmes
(D&A 38:24-27; 51:3, 9; 70:14; 78:6; 82:17); lhumanité doit conserver le libre
arbitre (D&A 104:17); les hommes et les femmes sont rendus égaux selon leurs besoins
et la situation de leur famille (D&A 51:3) et il doit y avoir responsabilité (D&A
72:3; 104:13-18). Bien que la mise en application de la loi de consécration des biens
révélée au début des années 1830 ait été temporairement suspendue (cf. HC 4:93),
les principes eux-mêmes nont pas été abandonnés.
LES ALLIANCES DE LA CONSÉCRATION AUJOURDHUI. Le Seigneur a révélé plusieurs buts
de la loi de consécration: amener lÉglise à être indépendante de toutes les
autres institutions (D&A 78:14); fortifier Sion, lornant de beaux vêtements,
comme une jeune mariée préparée et digne de lépoux (D&A 33:17; 58:11; 65:3;
82:14, 18; etc.); et préparer les saints pour quils aient une place dans le royaume
céleste (D&A 78:7).
Commentant sur ce sujet, John Taylor a dit que la consécration est une loi céleste et
que lorsquils la respectent, ceux qui y adhèrent deviennent le peuple céleste (JD
17:177-181). Ainsi, les hommes et les femmes daujourdhui peuvent devenir comme
ceux du temps dHénoc, «dun seul cur et dun seul esprit» sans
pauvres parmi eux» (Moï. 7:18). Orson Pratt, lun des premiers apôtres, a observé
que si le peuple du Seigneur aspire au royaume céleste, il doit commencer à apprendre
lordre de vie qui y existe (JD 2:102-103).
APPLICATION DE LA LOI DE CONSÉCRATION. La loi de consécration exige que lon
consacre tout son temps, tous ses talents et tous ses biens à lÉglise et à ses
objectifs (D&A 82:19; 64:34; 88:67-68; 98:12-14). John A. Widtsoe, un apôtre, a fait
remarquer que son fonctionnement était tout simple. Ceux qui entraient dans un tel ordre
devaient mettre tous leurs biens dans un trésor commun, les riches leur richesse, les
pauvres leurs maigres revenus. Ensuite, chaque membre devait recevoir une part suffisante,
appelée «héritage», du trésor commun pour permettre à cette personne de continuer
dans lartisanat, les affaires ou la profession libérale comme elle le désirait. Le
fermier recevait la terre et léquipement; lartisan, les outils et les
matériaux; le négociant, le capital nécessaire; la personne exerçant une profession
libérale, les instruments, les livres et autres. Les membres travaillant pour
dautres devaient recevoir des intérêts proportionnels dans les entreprises
quils servaient. Personne ne serait sans propriété. Tous auraient un héritage
(Widtsoe, pp. 302-303).
Lhéritage dune personne devait se composer de biens personnels quelle
devait gérer de manière permanente et à son gré à son profit et à celui de la
famille. Si la personne se retirait de lordre, elle pourrait emporter son héritage,
mais elle naurait aucun droit sur les donations ou les biens excédentaires
déposés au commencement dans le trésor commun (D&A 51:3-6). Au bout dun an ou
dune période déterminée, le membre qui avait gagné plus que nécessaire pour sa
famille devait confier volontairement lexcédent au trésor commun. Les bénéfices
substantiels devaient être administrés par le groupe plutôt que par une seule personne.
Les hommes et les femmes qui, en dépit de leur diligence, avaient des pertes de
fonctionnement se verraient compenser leurs pertes par le trésor général pour pouvoir
recommencer ou pourraient avec leur accord être placés dans une activité
convenant mieux à leurs dons. En bref, le trésor général devait installer chaque
personne dans son domaine préféré et soccuper de ceux qui narrivaient pas
à tirer profit de leur héritage. Le trésor général, détenant les excédents des
membres, devait également financer les travaux publics et permettre toutes les
entreprises de la communauté décidées par le groupe (D&A 104:60-77).
J. Reuben Clark, Jr., conseiller dans la Première Présidence, a expliqué que la loi de
consécration, telle quelle fut pratiquée, nétait pas une vie entièrement
communale. Il ny avait pas de table commune. Chaque famille vivait de son côté.
Les biens qui nétaient pas rendus au donateur par le consentement mutuel du
donateur et de lévêque devenaient propriété de lÉglise et étaient mis
dans le magasin de lévêque. Chaque membre de lÉglise avait un accès égal
au contenu du magasin selon les besoins et la situation personnels et les besoins de la
famille (Clark, p. 3).
EFFORTS POUR VIVRE LA LOI DE CONSÉCRATION. Un premier effort pour vivre la loi de
consécration fut tenté en mai 1831 à Thompson (Ohio) par les membres de la branche de
Colesville venue de New York et installée là. Il y eut des complications quand un des
participants reprit son terrain et que certains des membres partirent pour le Missouri
pour aider à la création du lieu central de Sion avant que la pratique ne puisse
senraciner (Stewart, p. 125). Les efforts persistants pour apporter les
améliorations nécessaires à lapplication de la loi en Ohio finirent par échouer.
On fit en même temps une tentative semblable pour instaurer la loi de consécration et
dintendance au Missouri, mais lintolérance et les querelles entre certains
des saints ainsi que labsence de surplus à consacrer la firent échouer (voir
Consécration en Ohio et au Missouri ci-dessous).
Après ces échecs du début, le Seigneur adapta les exigences de la loi de consécration
aux capacités des saints et révéla la loi de la dîme comme pratique à suivre (HC
3:44; D&A 119). Bien quelle nexige pas de tout donner au Seigneur, la
dîme enseigne les éléments fondamentaux sur lesquels repose le caractère dun
peuple de Sion: maîtrise de soi, générosité, amour de ses semblables, amour pour Dieu
et désir détablir le royaume de Dieu. En donnant la dîme pendant plus dun
siècle, les saints prouvèrent leur capacité de vivre ce commandement et cela les
prépara à accepter aussi le programme dentraide présenté en 1936 par Heber J.
Grant, président de lÉglise (CR, oct. 1936, p. 3). Cinq ans après, J. Reuben
Clark, Jr., observa que les pratiques de la dîme, des dons de jeûne et de
lentraide de lÉglise avaient rapproché davantage les membres des principes
originaux de lordre uni et de la loi de consécration (CR, oct. 1942, p. 57).
Pour ce qui concerne le futur, Sion ne peut être rachetée que par lobéissance à
la loi de consécration. Le moment venu, les dirigeants du Seigneur mettront en
application le programme. On ignore quel procédé sera révélé, mais les saints des
derniers jours prévoient que tous les participants finiront par adopter les principes de
lintendance, de légalité, du libre arbitre et de la responsabilité et que
les buts recherchés dès le départ seront atteints (D&A 78:7, 14; 82:14).
Bibliographie
Clark, J. Reuben, Jr. "Testimony of Divine Origin of Welfare Plan." Deseret
News, Church Section, 8 août 1951, p. 3.
Cook, Lyndon W. Joseph Smith and the Law of Consecration. Provo, Utah, 1985.
Nelson, William O. "To Prepare a People." Ensign 9, janv. 1979, pp. 18-23.
Stewart, George, et al. Priesthood and Church Welfare. Salt Lake City, 1939.
Widtsoe, John A. Evidences and Reconciliations. Salt Lake City, 1943.
FRANK W. HIRSCHI
Consécration:
Consécration en Ohio et au Missouri
Auteur: ANDERSON, KARL RICKS
Les
principes de la consécration furent mis en application sous diverses formes dans les
années 1830 en Ohio et au Missouri pour pourvoir aux besoins des pauvres et dune
Église financièrement en difficulté (voir Kirtland, Ohio; Kirtland, économie).
Beaucoup parmi les saints des derniers jours émigrant en Ohio et au Missouri
navaient pas les moyens de sentretenir et lÉglise avait peu de
ressources pour construire des bâtiments tels que le temple ou pour financer des
publications. Les diverses mises en application de la loi de consécration permirent de
répondre à ces besoins pratiques ainsi que denseigner aux participants à vivre
une loi céleste.
La loi de consécration ne fut jamais pratiquée complètement en Ohio, mais fut mise en
application sous plusieurs formes entre 1831 et 1839 au Missouri. Sous sa forme de 1831,
la loi de consécration exigeait de tous les participants ou «intendants» quils
consacrent ou transfèrent leurs possessions au magasin de lÉglise. Lévêque
rendait alors à chaque personne ou famille une «intendance» en terres, en argent et en
autres biens selon ses justes besoins. Les bénéfices excédentaires produits par ces
intendances étaient versés au magasin pour aider les pauvres et pour servir à
dautres fins générales. Pour administrer le système, des évêques et des
magasins distincts furent installés dans les deux centres de lÉglise : Kirtland et
Missouri.
En 1833, la pratique de la consécration fut modifiée pour intégrer la possession
privée des intendances et en 1838, le principe de la dîme introduisit un autre
changement. La loi de la dîme exigeait des saints quils donnent «tout le surplus
de leurs biens» à lévêque et, par la suite, «annuellement un dixième de tous
leurs revenus» (D&A 119:1, 4).
La mise en application de la consécration fut difficile pour les premiers saints des
derniers jours et ne se produisit que par intermittence. Les saints appauvris du Missouri
furent chassés et persécutés par les émeutiers et perdirent à plusieurs reprises
leurs biens, leurs terres et leur récoltes. Les biens de lÉglise furent souvent
pris ou détruits (voir Conflit au Missouri). Dans de telles circonstances, la plupart des
membres avaient besoin de plus pour leur intendance que ce quils pouvaient
contribuer au fonds commun des ressources. Dautres étaient réticents à donner
leur excédent et certains qui avaient quitté lÉglise eurent recours à des moyens
juridiques pour récupérer les biens consacrés. Face à de tels obstacles, les efforts
sincères de certains saints fidèles pour mettre la loi en application sont dautant
plus remarquables.
La Firme Unie, plus généralement connue sous le nom dOrdre Uni, une entreprise
basée sur les principes de la consécration, fut une deuxième application, plus
limitée, de la consécration, qui fonctionna à Kirtland, avec une branche au Missouri,
de mars 1832 à avril 1834. Une douzaine dhommes consacrèrent leurs possessions et
reçurent des intendances dans cette entreprise. Les excédents devaient aller au magasin
pour imprimer les révélations et pour répondre aux autres besoins de lÉglise. La
firme fut dissoute quand les remboursements de prêts ne purent être effectués.
La Firme Littéraire, une troisième application des principes de la consécration, dura
plus longtemps que les deux autres. Créée en novembre 1831 pour imprimer les
révélations et dautres publications pour lÉglise, elle fonctionna sous
plusieurs formes jusquen août 1837. Après les émeutes de 1833 au Missouri, les
travaux dimpression furent transférés dIndependence à Kirtland. Il y eut
jusquà huit hommes qui furent désignés comme intendants des révélations et qui
consacrèrent leurs efforts à réaliser la publication. Bien que constamment assaillie
par des problèmes, la société publia les Doctrine et Alliances (1ère éd.), le Livre
de Mormon (2ème éd.) et dautres livres et périodiques de lÉglise.
Bibliographie
Arrington, Leonard J., Feramorz Y. Fox, et Dean L. May. Building the City of God:
Community and Cooperation Among the Mormons. Salt Lake City, 1976.
Cook, Lyndon W. Joseph Smith and the Law of Consecration. Salt Lake City, 1985.
KARL RICKS ANDERSON
Conseil dans les cieux
Auteur: LUND, JOHN L.
Lexpression Conseil dans les cieux ou Grand Conseil dans les cieux désigne une
réunion de Dieu le Père avec ses fils et ses filles desprit pour discuter des
modalités et des conditions selon lesquelles ces esprits pourraient venir sur la terre en
tant quêtres physiques. Elle napparaît pas dans les Écritures, mais est
utilisée par le prophète Joseph Smith à propos de ces activités prémortelles
auxquelles il est fait allusion dans plusieurs Écritures (Job 38:4-7; Jé. 1:5; Ap.
12:3-7; Al. 13:3-9; D&A 29:36-38; 76:25-29; Moï. 4:1-4; Abr. 3:23-28; cf. EPJS, pp.
281, 289, 296; T&S 4, 1er févr. 1843, p. 82).
Lun des buts du conseil dans les cieux était de donner aux esprits loccasion
daccepter ou de rejeter le plan de salut du Père, qui proposait la création
dune terre où ses enfants desprit pourraient demeurer, chacun dans un corps
physique. Cette vie servirait de mise à lépreuve «pour voir sils [feraient]
tout ce que le Seigneur, leur Dieu, leur commander[ait]» (Abr. 3:25). Les esprits de
toute lhumanité étaient libres daccepter ou de rejeter le plan du Père mais
ils étaient également responsables de leur choix. La Création, la Chute, la condition
mortelle, lExpiation, la Résurrection et le jugement final furent envisagés et
expliqués au Conseil (EPJS, p. 177, 281-282; MD, pp. 163-164; voir aussi Premier état).
Le plan prévoyait les erreurs dues au manque dexpérience et au péché et
prévoyait des remèdes. Beaucoup desprits furent préordonnés à des rôles et à
des missions spécifiques pendant leur expérience terrestre, en fonction de leur bonne
volonté et de leur fidélité dans la sphère prémortelle et leur promesse de rester
fidèles sur la terre. Le prophète Joseph Smith explique: «Quiconque est appelé à
exercer un ministère auprès des habitants du monde a été ordonné à ce but même dans
le grand conseil des cieux avant que le monde fût. Je suppose que cest dans ce
Grand Conseil que jai été ordonné à cet office même» (EPJS, p. 296; cf. 1 Pi.
1:20; Jé. 1:5; Abr. 3:22-23).
Bien quon le présente comme un conseil unique, il a pu y avoir des réunions
multiples où lon a enseigné lÉvangile et où des désignations ont été
faites. Jésus et les prophètes ont été préordonnés lors de ce conseil. Un
rédempteur devait accomplir la double mission de racheter lhumanité de la mort
physique et de la mort spirituelle causées par la chute dAdam et dassurer la
rédemption, après repentir, pour les péchés commis par les personnes. À un certain
moment du conseil, le Père demanda: «Qui enverrai-je [comme Rédempteur]?»
Jésus-Christ, alors connu comme étant le grand JE SUIS et comme Jéhovah, répondit:
«Me voici, envoie-moi» et accepta de suivre le plan du Père (Moï. 4:1-4; Abr. 3:27).
Sinscrivant en faux contre ce plan, Lucifer se proposa moyennant un amendement au
plan de salut conçu par le Père, amendement qui ne respecterait pas le libre arbitre de
lhumanité. La proposition visait également à élever Lucifer au-dessus du trône
de Dieu. La réponse du Père fut: «Jenverrai le premier» (voulant dire Jéhovah).
Lucifer se rebella et devint Satan ou «le diable». Une division se produisit parmi les
esprits et aucun deux ne resta neutre (DS 1:69). Il y eut guerre dans les cieux (Ap.
12:7-8) et le tiers des armées qui suivirent Lucifer fut chassé (Ap. 12:4; D&A
29:36). Ces esprits rebelles furent précipités avec Lucifer sur la terre sans corps
physique (Ap. 12:9; cf. És. 14:12-17). Le prophète Joseph Smith explique: «Le conflit
dans les cieux provient de ce que Jésus dit quil y aurait certaines âmes qui ne
seraient pas sauvées et le diable dit quil pouvait les sauver toutes et exposa ses
plans au grand conseil, lequel donna son vote en faveur de Jésus-Christ. Le diable se
souleva donc contre Dieu, se révoltant contre lui, et il fut précipité avec tous ceux
qui prirent son parti» (EPJS, p. 290). Notre Père céleste et les esprits fidèles dans
les cieux pleurèrent sur eux (D&A 76:25-29). Satan et ses disciples sont toujours en
guerre contre ces esprits qui sont venus au monde dans la condition mortelle (Ap. 12:9;
cf. «Guerre dans les cieux» p. 788).
Bibliographie
Bible Dictionary. "War in Heaven." Dans LDS Edition of the King James Version of
the Bible, p. 788. Salt Lake City, 1977.
McConkie, Joseph F. "Premortal Existence, Foreordinations and Heavenly
Councils". Dans Apocryphal Writings and the Latter-day Saints, dir. de publ. W.
Griggs, pp. 173-198. Provo, Utah, 1986.
JOHN L. LUND
Consentement commun
Auteur: QUINN, ROBERT E.
Le consentement commun est un principe fondamental de la prise de décision à tous les
niveaux de lÉglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Quand ils
choisissent de nouveaux dirigeants et prennent des décisions administratives, les
dirigeants de lÉglise sont tenus de chercher la volonté de Dieu. Une fois que le
Seigneur a fait connaître sa volonté et quune décision est prise, laffaire
est portée devant le collège ou le groupe concerné de membres de lÉglise, lequel
est invité à soutenir la mesure ou à sy opposer. Grâce à ce processus,
lÉglise peut être dirigée par révélation, tout en protégeant le libre arbitre
des membres de sassurer personnellement si les décisions ont été correctes et
prises selon la volonté de Dieu.
Le principe du consentement commun fonctionne dans lÉglise depuis son commencement,
bien que les pratiques proprement dites dans lesquelles ce principe fonctionne aient
évolué sensiblement. La révélation sur le gouvernement de lÉglise, reçue quand
elle a été organisée en avril 1830, dit: «Nul ne doit être ordonné à un office dans
lÉglise, lorsquil y a une branche dûment organisée de celle-ci, sans le
vote de cette église» (D&A 20:65). Cette règle fut soulignée à nouveau trois mois
plus tard: «tout se fera par le consentement commun dans lÉglise» (D&A 26:2).
Les pratiques des saints peuvent avoir été influencées au cours de ces toutes
premières années par le modèle de gouvernement théocratique du Livre de Mormon qui
gérait ses «affaires par la voix du peuple» (Mosiah 29:25-26), et par lexemple
biblique (par exemple, Ex. 24:3; No. 27:19).
Il ressort des comptes rendus de certaines réunions et conférences des débuts de
lÉglise que beaucoup de dirigeants de lÉglise provenant de la
Nouvelle-Angleterre considéraient que les membres devaient être directement impliqués
lors des réunions de prise de décision, notamment en faisant des propositions sur les
questions de politique à suivre, conformément au procédé parlementaire courant dans
les réunions publiques, et en votant quand il sagissait de prendre les décisions
finales. Il arrivait que des membres exercent à titre personnel la prérogative de
convoquer une réunion et, une fois quelle était en cours, nimporte qui avait
le droit de sadresser au groupe. La direction de leurs réunions suivait le modèle
congrégationaliste quils connaissaient bien. Cependant, les premiers saints des
derniers jours ne tardèrent pas à se rendre compte que le fait davoir un prophète
à leur tête était une réalité dont il fallait tenir compte dans la prise de
décision, et quils ne pourraient pas suivre le modèle congrégationaliste
traditionnel sans nier lautorité et les révélations que Dieu avait accordées à
Joseph Smith, celles-ci étant les éléments essentiels du rétablissement qui les
avaient réunis dans lÉglise.
Un incident qui se produisit en septembre 1830, lors duquel Hiram Page prétendit avoir
reçu des révélations pour la direction de lÉglise, mit la question à
lordre du jour. La prétention de Page à être un deuxième révélateur, qui sema
le trouble chez Oliver Cowdery et dautres membres de lÉglise, fut
loccasion dune révélation donnée à Joseph Smith clarifiant le rôle
distinctif de Joseph en tant que prophète. Cette révélation disait aussi que «tout
doit se faire avec ordre et par consentement commun dans l'Église» (D&A 28:13).
Lautorité de Joseph Smith et de ses successeurs dans la fonction de président de
lÉglise continua à être éclaircie les années suivantes par dautres
révélations (D&A 107:65-67, 91-92) et le principe quil fallait obtenir le vote
de soutien des membres de lÉglise fut également réaffirmé à plusieurs reprises
(D&A 38:34; 42:11; 102:9; 124:144). Lorsque les conseils de prêtrise et les collèges
de prêtrise furent introduits dans lorganisation de lÉglise, ce furent
surtout eux qui se virent confier la responsabilité de lexamen général des
questions de politique intérieure et de la prise de décision lors des sessions de
conseil et ce fut moins un point de lordre du jour des conférences, qui, de leur
côté, se concentrèrent plus sur la prédication de lÉvangile.
Aujourdhui lÉglise continue à fonctionner par révélation divine et
consentement commun. Les appels à des postes dans lÉglise à tous les niveaux de
lorganisation et lordination à la prêtrise se font par linspiration
des dirigeants autorisés et sont ensuite portés devant lassemblée concernée pour
avoir son soutien ou son opposition. Les membres ne proposent pas des personnes à un
office, mais sont invités à émettre leur vote de soutien aux décisions des conseils de
présidence en levant la main droite et nimporte qui peut émettre un vote
dopposition de la même manière. Ce procédé est également suivi quand il
sagit daccepter des révélations importantes et des ajouts aux Écritures.
Selon une pratique beaucoup moins visible mais tout aussi importante, les décideurs à
tous les niveaux présentent les décisions de politique et les appels aux conseils de la
prêtrise pour que ceux-ci donnent leurs commentaires et leur approbation. Au niveau
local, lévêque discute dhabitude des décisions avec ses conseillers dans
lépiscopat avant de présenter un sujet au vote de soutien des membres de la
paroisse. Sur beaucoup de décisions de politique et de programmes, lépiscopat
consulte le conseil de paroisse et sefforce dobtenir le consensus dans ce
groupe avant dagir. De la même manière, le président de pieu consulte ses
conseillers dans la présidence de pieu et puis le grand conseil. La Première Présidence
procède de la même façon lors des réunions régulières avec le Collège des douze
apôtres pour ce qui est de la politique générale de lÉglise et des mesures à
prendre.
Lunanimité est lidéal pour tous ces processus de décision à cause de
limportance de lunité dans lÉglise: «Si vous n'êtes pas un, vous
n'êtes pas de moi» (D&A 38:27). Les trois collèges qui président lensemble
de lÉglise ont une autorité égale dans leur sphère propre (D&A 107:22-26),
mais leurs décisions nont «le même pouvoir ou la même validité» quune
fois prises «à lunanimité des voix» du collège (D&A 107:27). Il faut ce qui
semble être de longues périodes pour que des décisions importantes prennent forme parce
que les collèges tiennent beaucoup à réaliser lunanimité.
À cause de laccent mis sur la direction divine et prophétique et à cause de
normes et de valeurs bien établies dans les processus de prise de décision, les
contestations publiques concernant une proposition dappel ou de politique sont
rares. Il y a, cependant, des mécanismes qui permettent de tenir compte des divergences
dopinion. Normalement, si un ou plusieurs membres trouvent à redire à la mesure
proposée, ils sont invités à rencontrer lofficier président en privé pour lui
faire part de la raison de la question ou de lobjection. Après avoir examiné les
objections, les officiers présidents sont libres de prendre la décision quils
pensent être juste.
Bibliographie
Cannon, Donald Q., et Lyndon W. Cook, dir. de publ. Far West Record : Minutes of the
Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, 1830-1844. Salt Lake City, 1983.
Quinn, D. Michael. « The Evolution of the Presiding Quorums of the LDS Church ». Journal
of Mormon History 1, 1974, pp. 21-38.
Widtsoe, John A. Evidences and Reconciliations, pp. 269-275. Salt Lake City, 1960.
Zuckerman, Michael. Peaceable Kingdoms. New York, 1970.
ROBERT E. QUINN
Contributions financières
Auteur: NADAULD, STEPHEN D.
Les
membres de lÉglise peuvent apporter leurs contributions financières de plusieurs
manières, notamment par le paiement de la dîme, loffrande de dons de jeûne et des
contributions à luvre missionnaire. Chaque type de contribution vise un but
spécifique et est basé sur les exhortations des Écritures anciennes et modernes (Mal.
3:8; D&A 119:4; cf. 2 Ch. 3:5-12; Ro. 15:26).
Le paiement de la dîme est attendu de chaque membre quels que soient son âge, le niveau
de ses revenus ou sa situation. Les saints des derniers jours fidèles donnent
annuellement un dixième de leurs revenus à lÉglise. Les membres considèrent ces
fonds de dîme comme de largent sacré et les dirigeants gèrent soigneusement leur
utilisation à chaque niveau dorganisation de lÉglise. La dîme est utilisée
pour payer la plupart des dépenses de fonctionnement de lÉglise et finance
maintenant aussi la construction de bâtiments, notamment déglises et de temples.
Le don de jeûne est un deuxième type de contribution financière attendu de tous les
membres de lÉglise. Une fois par mois, ceux-ci doivent se priver de nourriture pour
au moins deux repas et contribuer léquivalent de largent ainsi épargné
comme « don de jeûne » pour aider les pauvres et les nécessiteux. Ces contributions
sont réparties aux niveaux local et général de lÉglise; elles sont partagées
selon les nécessités dans toute lÉglise et sont à la disposition des évêques
locaux pour aider les personnes nécessiteuses de leurs paroisses. Dans des circonstances
extraordinaires, comme dans le cas de la famine de 1985 en Éthiopie, lÉglise a
demandé un jeûne spécial pour lever des fonds de secours pour un désastre précis
(voir Aide économique; Service humanitaire). Pendant de nombreuses années, la valeur des
deux repas non consommés pendant le jeûne a déterminé le montant de la contribution
mensuelle du don de jeûne. Aujourdhui, les dirigeants de lÉglise demandent
que le montant de loffrande volontaire soit associé moins à la valeur des deux
repas et plus à la capacité de répondre généreusement aux besoins.
Un troisième type de contribution fait par les membres de lÉglise soutient
luvre missionnaire, une activité importante de lÉglise qui est
financée en grande partie par les familles. Les jeunes gens et les jeunes filles peuvent
être «appelés» en mission, habituellement à dix-neuf et vingt et un ans
respectivement et sont responsables de la majeure partie de leur propre soutien financier,
notamment la nourriture, le loyer, les vêtements et le transport local. Les frais
importants de déplacement et de soins médicaux sont payés par les fonds de
lÉglise. Les parents et les dirigeants de lÉglise invitent les jeunes à
commencer à gagner et à épargner dès leur enfance de largent pour leur mission.
Les apports des parents, des membres de la famille et des amis complètent les fonds des
missionnaires pour constituer le soutien financier total nécessaire. Depuis 1991, le
soutien des missionnaires est donné directement à lÉglise à un taux uniforme,
mais est redistribué par lÉglise aux missionnaires selon les coûts variables de
la vie dans les différentes régions du service missionnaire. Les couples mariés peuvent
aussi être appelés en mission, et eux aussi sont responsables de leur soutien financier.
Les membres remettent confidentiellement la dîme et les autres dons à leur évêque
local. Chaque évêque de paroisse reçoit la dîme et la remet aux bureaux centraux de
lÉglise. Avec laide du greffier financier, lévêque remet une fiche de
dons aux donateurs et enregistre tout. Une fois par an, il passe confidentiellement en
revue le relevé des dons avec chaque membre. Les enregistrements des dons sont expédiés
au siège de lÉglise selon des pratiques uniformes. Les dirigeants de pieu font des
audits réguliers de ces enregistrements et de ces pratiques.
Lévêque, aidé par dautres dirigeants de paroisse, établit et envoie un
budget annuel de paroisse qui doit être approuvé par le président de pieu (voir Budget
de paroisse). Limportance du financement est déterminée par le nombre des membres
et lactivité de la paroisse. Lun des résultats de ce procédé est que les
dépenses locales sont déterminées par les besoins locaux et pas par les ressources des
membres dune paroisse donnée.
Jusquen 1990, les budgets de fonctionnement de paroisse dépendaient essentiellement
des dons des membres locaux faits en plus de la dîme, du don du jeûne et des
contributions au fonds missionnaire. Les activités des jeunes et des adultes, les manuels
et le matériel pédagogique, ainsi que lentretien du bâtiment étaient financés
localement. Depuis 1990, la dîme payée par les membres de lÉglise sert à
financer tous les programmes et activités locaux ainsi que lentretien des
bâtiments. Les membres prennent en charge une partie de lentretien à titre de
service bénévole.
La manière de financer la construction des bâtiments de lÉglise a également
varié considérablement avec le temps. Pendant de nombreuses années, la construction des
églises a été financée en grande partie par les contributions des membres locaux qui
allaient utiliser le bâtiment. Ces dons au fonds de construction venaient en plus de la
dîme, du don de jeûne et du fonds missionnaire payés par les membres de lÉglise.
Largent pour le fonds de construction pouvait être obtenu en demandant une
quote-part aux membres, par toutes sortes de projets de levée de fonds (banquets, fêtes,
etc.) et parfois par des dons de main-duvre et de matériaux (voir Programme
de construction). Les temples, qui sont des bâtiments réservés à des cérémonies
religieuses spéciales, ont été financés pendant de nombreuses années plus ou moins de
la même façon que les églises locales. Aujourdhui les églises et les temples
sont construits en grande partie avec les fonds de dîme.
LÉglise nayant pas de clergé professionnel, elle est administrée à tous
les niveaux par la participation et la direction de laïcs et les dirigeants autres que
les Autorités générales donnent de leur temps et de leurs talents sans rémunération.
Ainsi, des événements tels que les mariages, les enterrements et les baptêmes sont
organisés par des laïcs dans les bâtiments appartenant à lÉglise sans que les
membres naient à payer pour les services ou les locaux. Étant donné quelles
sont obligées de quitter leur métier pour uvrer à temps plein pour
lÉglise, les Autorités générales reçoivent une allocation modeste provenant des
revenus procurés par les investissements de lÉglise.
STEPHEN D. NADAULD
Conversion
Auteur : SMITH, KAY H.
Depuis le commencement jusquà nos jours, lÉglise a eu une forte orientation
missionnaire. Elle enseigne que la conversion est essentiellement un processus de repentir
et une expérience spirituelle personnelle (voir Témoignage ; Expérience religieuse ;
Devenir membre de lÉglise).
NATURE DE LA CONVERSION. Les sociologues ont avancé un certain nombre de théories pour
expliquer pourquoi les gens sont susceptibles de se convertir à une autre confession
religieuse. Pour Glenn M. Vernon, la conversion implique plusieurs sous-processus qui
doivent être expliqués, notamment (1) la façon dont le converti prend conscience du
groupe possédant lidéologie, (2) lacceptation de nouvelles définitions
religieuses et (3) lintégration du nouveau converti dans le groupe. John Lofland et
Rodney Stark voient dans la conversion un processus de résolution de problèmes dans
lequel lindividu utilise les équipements, les programmes et lidéologie de
lorganisation pour résoudre divers problèmes de la vie. Plus récemment, David A.
Snow, Louis A. Zurcher et Sheldon Ekland-Olson ont mis laccent sur le fait que la
proximité structurelle, la disponibilité et linteraction affective avec les
membres de la nouvelle confession sont les influences qui ont le plus de chances de
déterminer ceux qui vont sy rallier. Pour Roger A. Straus, la conversion religieuse
est une initiative de la personne qui se convertit. Il pense que les théories
précédentes se concentrent trop fortement sur lidée que la conversion est quelque
chose qui arrive à une personne en raison de circonstances externes à elle-même. De
même, C. David Gartrell et Zane K. Shannon avancent que la conversion doit être
caractérisée comme un choix rationnel basé sur lévaluation que la recrue fait
des résultats sociaux et cognitifs de la conversion ou du refus de conversion.
Il est certain quune sortie de crise, la proximité sociale avec des membres de
lÉglise et la résolution de problèmes personnels interviennent dans une certaine
mesure au moins dans certaines conversions. Cependant, les recherches sur les personnes
qui se sont converties à diverses églises, (Snow et Phillips ; Heirich) dont
lÉglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours (Seggar et Kunz), nont
pas apporté un grand appui à la théorie de la résolution de problèmes de Lofland et
Stark. Les recherches faites par David A. Snow et Cynthia L. Phillips et par Max Heirich
vont plutôt dans le sens de linfluence des réseaux sociaux dans la conversion.
Les théories scientifiques ne parlent cependant pas de linfluence, dans la
conversion, du Saint-Esprit qui est lélément dominant dans ce que les saints des
derniers jours entendent par conversion. Lapparition de Jésus-Christ à Paul sur le
chemin de Damas (Ac. 9:1-9) nentre dans aucune catégorie théorique profane. Paul
ne cherchait pas une nouvelle foi pour résoudre des problèmes dans sa vie. Il na
pas commencé à servir le Christ pour être accepté par ses amis. Il a persécuté les
chrétiens parce quil pensait quils avaient apostasié de la vraie foi. Homme
religieux, il a reconnu la voix de Dieu quand elle lui a parlé.
On trouve des récits de conversion semblables dans le Livre de Mormon. Par exemple,
tandis quils sen allaient enseigner que la religion de leurs pères
nétait pas vraie, Alma le Jeune et les fils du roi Mosiah 2 furent arrêtés par
lange du Seigneur qui leur demanda pourquoi ils persécutaient les croyants. Alma le
Jeune fut frappé de mutisme et tomba par terre, incapable de bouger. Tandis que son père
et dautres jeûnaient et priaient pour lui pendant deux jours et deux nuits, il
connut une souffrance atroce et finit par implorer la miséricorde de Jésus-Christ pour
quil lui ôte ses péchés. Immédiatement, la souffrance disparut et son âme fut
remplie dune joie exquise (Al. 36:6-22). Il se leva et proclama quil était
né de nouveau par lEsprit du Seigneur. Alma et les fils de Mosiah consacrèrent le
reste de leur vie à prêcher le Christ et à faire beaucoup de bonnes uvres (Mos.
27:8-31; cf. la nouvelle naissance spirituelle du peuple de Zarahemla du temps du roi
Benjamin dans Mosiah 4-5).
La plupart des conversions ne sont pas aussi spectaculaires que celles de Paul et
dAlma le Jeune et des fils de Mosiah. La conversion dAlma lAncien est
plus proche de ce que ressentent la plupart des gens qui deviennent membres de
lÉglise (Mos. 17:2-4; 18:1). Quand Abinadi les appela, lui et les autres prêtres
du méchant roi Noé, au repentir, Alma sut dans son cur quAbinadi avait dit
la vérité. Il se repentit de ses péchés et commença à garder les commandements,
quil connaissait déjà. Cela produisit un changement crucial dans sa vie.
De ces exemples et dautres récits du processus de conversion, il ressort que la
conversion «nimplique pas une simple acceptation mentale de Jésus et de son
enseignement mais également une foi motivante en lui et en son Évangile, une foi qui
accomplit une transformation, un changement réel dans la compréhension que lon a
du sens de la vie et dans sa fidélité à Dieu en intérêt, en pensée et en
conduite» (Romney, p. 1065). La conversion implique une nouveauté de vie, qui est
réalisée quand on reçoit le pardon divin qui remet les péchés (voir Né de Dieu).
Elle se caractérise par la volonté de faire continuellement le bien, labandon de
tous les péchés et la guérison de lâme par le pouvoir du Saint-Esprit, étant
rempli de paix et de joie (cf. Romney, p. 1066).
PROCESSUS DE LA CONVERSION A LÉGLISE DE JÉSUS-CHRIST DES SAINTS DES DERNIERS
JOURS. Les trois sous-processus proposés par Vernon correspondent tout à fait aux trois
aspects les plus évidents de la conversion à lÉglise. Le premier est «la façon
dont le converti prend conscience du groupe possédant lidéologie». Ceci
correspond à ce quon appelle dans les milieux missionnaires mormons «trouver».
Les gens entrent de différentes façons en contact avec les missionnaires. La source la
plus efficace est la référence donnée par les membres de lÉglise qui invitent
des amis ou des membres de la famille à rencontrer les missionnaires pour quils
leur parlent de lÉvangile. Une deuxième manière, cest le porte à porte par
les missionnaires pour inviter les gens à se renseigner sur lÉglise. Ils peuvent
également parler avec les gens quils rencontrent dans la rue ou dans nimporte
quelle autre forme de contact social normal. Les missionnaires installent de temps en
temps des stands aux foires ou aux expositions. LÉglise met aussi des annonces dans
les médias pour proposer de la documentation sur lÉglise. Elle gère également
plusieurs centres de visiteurs, habituellement dans le voisinage dun temple de
lÉglise ou dun site historique. Les deux les plus connus sont ceux de Temple
Square à Salt Lake City et de la cité historique de Nauvoo, en Illinois. Tous ces
centres pour visiteurs donnent aux personnes intéressées loccasion daccepter
des visites des missionnaires pour les instruire.
Le deuxième des sous-processus de Vernon, lacceptation de nouvelles définitions
religieuses, correspond à la deuxième grande activité missionnaire,
lenseignement. Les missionnaires enseignent les principes de base du plan du salut
de Dieu. Ils invitent ceux quils instruisent à en apprendre plus en étudiant la
Bible et le Livre de Mormon par eux-mêmes. Ils encouragent, informent, enseignent et
témoignent. Létude est une partie importante du processus de conversion, parce que
lintellect joue un rôle quand lami de lÉglise apprend à comprendre et
à méditer la sagesse, la logique et léthique des principes de lÉvangile.
Comme B.H. Roberts la dit un jour: «Il arrive fréquemment que la présentation
dun sujet, faite convenablement, rende sa véracité évidente
Pour être
connue, la vérité doit être énoncée et plus lénoncé est clair et complet,
meilleure sera loccasion pour le Saint-Esprit de témoigner à lâme de
lhomme que luvre est vraie» (Vol. 2, pp. vi-vii).
Les convertis éventuels sont invités à demander par la prière le témoignage spirituel
du Saint-Esprit pour leur faire connaître la vérité. Comme Roberts la dit
concernant le Livre de Mormon: «[Le Saint-Esprit] doit toujours être la source
principale de preuve de la véracité du Livre de Mormon. Toute autre preuve est
secondaire à celle-ci, la principale et linfaillible. Aucune logique, aussi
habilement quelle soit construite, aucun argument, aussi adroitement quil soit
conçu, ne pourront jamais prendre sa place» (pp. vi-vii). Une citation du Livre de
Mormon est généralement utilisée pour inviter le converti éventuel à rechercher cette
manifestation spirituelle de lexactitude du Livre de Mormon et du message de
lÉvangile : «Et lorsque vous recevrez ces choses, je vous exhorte à demander à
Dieu, le Père éternel, au nom du Christ, si ces choses ne sont pas vraies; et si vous
demandez d'un cur sincère, avec une intention réelle, ayant foi au Christ, il vous
en manifestera la vérité par le pouvoir du Saint-Esprit.» (Mro. 10:4).
La plupart des convertis à lÉglise ne semblent pas avoir des caractéristiques
personnelles qui les prédisposent à la conversion. Bien que ceux qui commencent à
examiner lÉglise aient tendance à être plus jeunes que la moyenne de la
population et à être un peu plus souvent des femmes, ces facteurs ne prédisent pas qui
acceptera finalement le baptême. Ceux qui recherchent le baptême nont pas tendance
à avoir plus de problèmes personnels que ceux qui nen veulent pas, et ils ne
diffèrent pas non plus de manière importante des autres personnes dans les traits de
caractère ou les dispositions personnelles.
La conversion à lÉglise nest habituellement pas précipitée. Le processus
commence par les premiers signes dintérêt et peut continuer pendant de nombreuses
années, même après le baptême. Ce nest pas simplement une question
dacceptation et de foi aux enseignements de lÉglise. Beaucoup qui acceptent
le baptême disent quils ne comprennent pas entièrement les enseignements, mais
quils en sont venus à sentir quaccepter le baptême est la bonne chose à
faire. La plupart dentre eux parviennent à une compréhension et à une acceptation
plus complètes de la doctrine de lÉglise quand ils sintègrent en devenant
membres. Ce genre dintégration est le troisième processus mentionné par Vernon
(voir Intégration des membres).
Devenir membre de lÉglise a de plus grandes implications que le simple fait
dadopter un nouvel ensemble de croyances religieuses. Pour beaucoup de nouveaux
membres, cela signifie adopter un nouveau mode de vie tout à fait différent de celui
auquel ils étaient accoutumés. Pour presque tous les nouveaux membres, cela signifie
également quils sintègrent à un nouveau réseau social damis et de
connaissances. Dans certains cas, le nouveau membre de lÉglise est rejeté et banni
par la famille et les anciens amis. Cette transition sociale est facilitée si le nouveau
converti sest précédemment fait des amis et des connaissances parmi des membres de
lÉglise.
UVRE MISSIONNAIRE DANS LÉGLISE. Ceux qui ont été convertis veulent
habituellement parler de leur nouvelle foi à dautres (cf. Perry, pp. 16-18). Paul,
Alma lAncien et Alma le Jeune ont enseigné passionnément la véracité de la
mission salvatrice du Christ tout le reste de leur vie après leur conversion. Pour le
converti qui aime les gens, il y a un équilibre à trouver entre avoir une tolérance
véritable pour les croyances des autres et remplir le désir et lobligation de leur
faire part de la joie de la conversion. Les grandes religions juives et chrétiennes sont
passées par des phases où lesprit de prosélytisme était dominant et
dautres périodes où le désir de convertir était restreint (Marty et Greenspahn).
LÉglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours a fait un prosélytisme
actif dès ses débuts. Ses dirigeants et ses membres ont accepté la tâche de proclamer
lÉvangile rétabli «à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout
peuple» (Ap. 14:6; D&A 133:37), à tous ceux qui écoutent. Peu après
lorganisation officielle de lÉglise, Samuel Smith, un frère de Joseph Smith,
est allé dun endroit à lautre, offrant le Livre de Mormon à ceux qui
voulaient bien le recevoir. Les missionnaires nont pas tardé à amener des
convertis des États-Unis, du Canada, dAngleterre, de Scandinavie et dEurope
de lOuest.
Quand le gros des membres se fut installé dans lIntermountain West,
luvre missionnaire continua. La responsabilité missionnaire fut de plus en
plus donnée aux jeunes hommes qui ne sétaient pas encore mariés. Leurs convertis
continuèrent à émigrer vers lOuest américain jusque bien après le début du
vingtième siècle, malgré le fait quà partir du changement de siècle, les
dirigeants de lÉglise eussent commencé à encourager les convertis à rester là
où ils étaient et à édifier lÉglise dans leur patrie.
Le taux de croissance de lÉglise depuis 1860 na jamais été inférieur à
trente pour cent par décennie. Depuis 1950, la croissance de lÉglise a accéléré
(voir Statistiques démographiques), progressant à plus de cinquante pour cent par
décennie de 1950 à 1980 (Cowan).
Ces dernières années, lÉglise est devenue de moins en moins une église confinée
à lOuest des États-Unis. En 1960 encore, plus de la moitié des membres de
lÉglise se trouvaient dans lIntermountain West, avec seulement dix pour cent
en dehors des États-Unis. En 1980, presque un tiers des membres de lÉglise
vivaient en dehors des États-Unis, avec seulement quelque quarante pour cent dans
lIntermountain West. En 1989, moins dun converti sur quatre était un citoyen
américain.
La croissance de loin la plus forte du nombre de convertis en dehors des États-Unis
sest produite en Amérique latine, en particulier au Mexique, au Brésil, au Chili,
au Pérou et en Argentine (voir Amérique du Sud, lÉglise en). Il y a également eu
une augmentation considérable du nombre de baptêmes en Asie et dans les Philippines. En
1979, il y avait trois missions aux Philippines; elles sont passées à douze en 1990 et
le nombre annuel des baptêmes de convertis a triplé au cours de cette même période
(voir Asie, lÉglise en : Est de lAsie). De nouvelles missions ont été
ouvertes en Europe de lEst en 1989 et en 1990. En 1990, lÉglise avait plus de
40.000 missionnaires à plein temps dans 257 missions dans le monde.
Les saints des derniers jours croient, comme la dit le président Marion G. Romney :
il se peut que «relativement peu parmi les milliards dhabitants de la terre soient
convertis. Néanmoins
il ny a aucun autre moyen par lequel les âmes des
hommes malades du péché puissent être guéries ou pour quun monde perturbé
trouve la paix» (p. 1067).
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KAY H. SMITH
Cowdery, Oliver
Auteur: ANDERSON, RICHARD LLOYD
Oliver Cowdery (1806-1850) était, en 1830, le second en autorité par rapport à Joseph
Smith (D&A 21:10-12) et fut le deuxième témoin de beaucoup dévénements clefs
du rétablissement de lÉvangile. En tant que lun des trois témoins du Livre
de Mormon, il témoigna quun ange avait montré les plaques dor et que la voix
de Dieu avait proclamé quelles étaient traduites correctement. Il était avec
Joseph Smith quand Jean-Baptiste leur rendit la Prêtrise dAaron et quand Pierre,
Jacques et Jean les ordonnèrent à la Prêtrise de Melchisédek et à lapostolat et
de nouveau lors des visions importantes dans le temple de Kirtland (D&A 110).
Il provenait dune famille de la Nouvelle-Angleterre avec de fortes traditions de
patriotisme, dindividualité, dinstruction et de religion. Il naquit le 3
octobre 1806 à Wells, dans le Vermont. Cest sa sur cadette qui nous donne les
seuls renseignements fiables sur sa jeunesse: «Oliver a grandi à Poultney, comté de
Rutland, Vermont, et quand il est arrivé à lâge de vingt ans, il est parti pour
létat de New York où ses frères aînés étaient mariés et installés
Il a
été employé de magasin jusquen 1829, quand il a enseigné à lécole de
district de la localité de Manchester» (Lucy Cowdery Young à Andrew Jenson, 7 mars
1887, Archives de lÉglise).
Pendant quil était en pension chez les parents de Joseph Smith, il apprit leurs
convictions au sujet des annales antiques que leur fils traduisait de nouveau après que
Martin Harris eut perdu le manuscrit en 1828. Le jeune instituteur pria et reçut les
réponses que Joseph Smith mentionne dans une révélation (D&A 6:14-24). La première
histoire du prophète dit que «le Seigneur apparut
à Oliver Cowdery et lui montra
les plaques en vision et
ce que le Seigneur était sur le point de faire par moi,
son indigne serviteur. Par conséquent il était désireux de venir écrire pour que je
traduise» (PJS 1:10).
À partir du 7 avril jusquà la fin de juin 1829, quand ils finirent la traduction,
Joseph dicta tandis quOliver écrivait, avec «la plus grande gratitude» pour ce
privilège (Messenger and Advocate 1:14). Oliver écrivit alors une lettre, exprimant un
amour profond pour le Christ, un thème qui le suivit toute sa vie. Il raconta plus tard
comment Joseph et lui interrompirent leur travail tandis quils traduisaient le
compte rendu du ministère du Sauveur en Amérique après sa résurrection, et comment,
pendant quils priaient à propos du baptême, ils entendirent «la voix du
Rédempteur» et furent visités par Jean-Baptiste, qui leur donna lautorité de
baptiser (JSH 1:71, note).
En 1835, Oliver aida Joseph Smith à corriger et à éditer les révélations pour les
Doctrine et Alliances. La section 27 énumère les principaux messagers de prêtrise du
Rétablissement: Jean-Baptiste, que «je vous ai envoyé, mes serviteurs Joseph Smith,
fils, et Oliver Cowdery, pour vous ordonner à la première prêtrise que vous avez
reçue» (D&A 27:8) et «Pierre, Jacques et Jean, que je vous ai envoyés, par
lesquels je vous ai ordonnés et confirmés pour que vous soyez apôtres et témoins
spéciaux de mon nom, et pour que vous portiez les clefs de votre ministère» (D&A
27:12).
La moindre prêtrise fut rétablie le 15 mai 1829, deux semaines avant que le prophète et
Cowdery naillent sinstaller chez les Whitmer à New York pour terminer la
traduction du Livre de Mormon (HC 1:39-41, 48-49). La prêtrise supérieure fut également
donnée avant ce déménagement; David Whitmer se rappelait avoir été ordonné ancien
quelques semaines seulement après leur arrivée dans sa ferme dans le nord de
létat (Whitmer, p. 32). Les apôtres antiques apparurent avec des clefs de la
prêtrise pendant que Joseph et Oliver étaient en route entre leur maison de Pennsylvanie
et Colesville, New York (D&A 128:20), où Joseph Knight, père, vivait. Knight se
rappelait quils avaient besoin quon les aide à vivre pendant quils
traduisaient en avril ou en mai (Jessee, p. 36).
Après linstallation à la ferme de Whitmer, lange montra les plaques à
Joseph Smith et aux trois témoins en juin 1829. Oliver supervisa limpression du
Livre de Mormon cet automne et cet hiver-là. Après la publication du livre, le 26 mars,
lÉglise fut organisée le 6 avril 1830. Oliver parla à la réunion le dimanche
suivant, et ce fut «le premier discours public prononcé par lun de nous» (HC
1:81).
Peu ont fait mieux que Cowdery dans la logique de largumentation et le style
soutenu. De plus, ses discours et ses écrits portent la marque de la connaissance
personnelle. Remplissant dune manière générale les fonctions de rédacteur ou de
rédacteur adjoint lors des premières publications de lÉglise, Oliver écrivit
avec une régularité peu commune pendant deux décennies au cours desquelles ses écrits
et ses lettres personnelles furent édités. Il insistait sur le fait quune relation
avec Dieu exigeait le contact constant: «Toutes les fois que [Dieu] a eu un peuple sur
terre, il sest toujours révélé à lui par le Saint-Esprit, le ministère
danges ou sa propre voix» (Messenger and Advocate 1:2). Oliver Cowdery dirigea la
mission auprès des Lamanites, première grande mission de lÉglise (D&A 28:8;
30:5), qui doubla le nombre des membres de lÉglise et porta le Livre de Mormon aux
natifs américains. Après que lemplacement de temple eut été indiqué en 1831
dans le comté de Jackson, il sy rendit avec des copies des révélations pour leur
première impression. Comme la publication était essentielle pour répandre
lÉvangile et donner des instructions aux membres, Oliver fut appelé à travailler
avec William W. Phelps, un rédacteur expérimenté (D&A 55:4; 57:11-13). Après que
les voyous du Missouri eurent détruit la presse, Cowdery retourna en Ohio pour y tenir
conseil avec les dirigeants de lÉglise, qui le chargèrent de relocaliser les
publications de lÉglise là-bas. À cause de limportance de disposer
dinformations précises, Sidney Rigdon et lui restèrent en 1834 en Ohio où
beaucoup dhommes fidèles marchèrent vers le Missouri avec le camp de Sion pour
aider les saints à retourner dans leurs maisons et leurs terres dans le comté de
Jackson.
En 1830-1831, Oliver Cowdery fut le premier greffier de lÉglise, appel quil
remplit de nouveau entre 1835 et 1837 (voir Historiens de lÉglise). Même au cours
des autres années, il tint souvent les procès verbaux officiels des réunions et fut
souvent rédacteur et correspondant pour les premiers journaux de lÉglise. Il
écrivit, pour le Messenger and Advocate, des articles qui nous donnent des renseignements
sur les débuts de lhistoire de lÉglise. De juin à octobre 1830, il remplit
les fonctions de secrétaire tandis que le prophète achevait des parties importantes de
sa Traduction de la Bible.
Une révélation de 1830 situe Oliver Cowdery à la deuxième place après Joseph Smith
dans la direction de la prêtrise (D&A 20:2-3), une situation rendue officielle en
décembre 1834, quand il fut classé au-dessus de Sidney Rigdon, qui avait longtemps
rempli les fonctions de premier conseiller de Joseph. Chacun devait «officier en
labsence du président, selon son rang et sa désignation, à savoir: le président
Cowdery premier, le président Rigdon ensuite et le président Williams troisième» (PJS
1:21). Cowdery écrivit que cet appel avait été prédit lors de la première ordination
céleste, bien que les devoirs dimpression au Missouri fussent intervenus: «Cette
promesse fut faite par lange tandis quil était en compagnie du président
Smith, au moment où ils reçurent loffice de la moindre prêtrise» (PJS 1:21; cf.
HC 1:40-41). Son poste de second du Prophète parfois appelé «président
associé» fut donné en 1841 à Hyrum Smith (D&A 124:94-96), après
lexcommunication de Cowdery (voir Première Présidence).
La carrière dOliver dans lÉglise atteignit son apogée de 1834 à 1836. Les
procès verbaux et les lettres le décrivent comme un prédicateur, auteur et
administrateur extrêmement efficace. Son journal de 1836 existe encore, montrant son
dévouement à la religion et à la famille, ses activités politiques, son étude de
lhébreu et le pouvoir spirituel quil partagea lors de lachèvement du
temple de Kirtland. La dernière inscription de Cowdery dans ce journal, portée le jour
de la consécration du temple, dit à propos de la réunion du soir: «Jai vu la
gloire de Dieu, comme une grande nuée, descendre et reposer sur la maison
Jai
également vu des langues séparées les unes des autres comme de feu reposer sur beaucoup
tandis quils parlaient en dautres langues et prophétisaient»
(Arrington, p. 426).
Oliver fit également allusion à dautres choses. Un an plus tard, il écrivit un
«éditorial dadieu». Après avoir mentionné sa «mission de la part du saint
messager» avant lorganisation de lÉglise, il écrivit quil fallait
sattendre à de telles manifestations puisque lAncien Testament promettait que
Dieu «révélerait son bras glorieux» dans les derniers jours «et parlerait face à
face avec son peuple» (Messenger and Advocate 3:548). Les mots «face à face»
quil souligna correspondaient à sa vision récente du Christ le 3 avril 1836 dans
le temple, vision quil eut en compagnie du prophète (D&A 110:1-10). Ce fut
aussi le moment où ces premiers dirigeants de la prêtrise reçurent des clefs spéciales
de la prêtrise de Moïse, dÉlias et dÉlie, terminant le rétablissement des
«clefs du royaume» (D&A 27:6-13) et menant à bien la mission de Cowdery comme
«second témoin» de ce rétablissement. Oliver avait une confiance profonde dans les
apparitions divines. En 1835, il dit aux Douze nouvellement nommés: «Ne cessez jamais de
faire des efforts jusquà ce que vous ayez vu Dieu face à face» (HC 2:195).
En dépit de ces expériences spirituelles profondes, les lettres dOliver révèlent
un éloignement personnel et familial par rapport à Joseph Smith à partir du début de
1838. Les trois témoins avaient vu un ange avec Joseph Smith, mais plus tard ils eurent
tendance à concurrencer plutôt quà coopérer avec sa gestion. Cowdery
nétait pas daccord avec le programme économique et politique du prophète et
recherchait une indépendance financière personnelle qui allait à lencontre de
léconomie coopérative essentielle à la société de Sion que Joseph Smith
envisageait. Néanmoins, quand il passa en jugement pour son excommunication, il envoya
une lettre de démission dans laquelle il insistait sur le fait que la véracité de la
révélation moderne nétait pas en question: «Ne tirez aucune conclusion des
considérations ci-dessus autre que ma croyance en ce qui concerne le gouvernement
extérieur de cette Église» (Far West Record, pp. 165-166).
Ce procès était en rapport avec lexcommunication de John Whitmer et de David
Whitmer, beaux-frères dOliver, également à ce moment-là; ceci était en
parallèle avec le soutien apporté précédemment par Oliver à la famille Whitmer dans
la question des révélations concurrentes de Hiram Page (D&A 28:11-13). Le tribunal
ecclésiastique examina cinq accusations contre Cowdery: inactivité, accusation
dadultère à lencontre du prophète et trois accusations pour avoir commencé
à exercer le droit et avoir cherché à faire payer des dettes après la faillite de la
banque de Kirtland (voir Économie de Kirtland).
Laccusation dadultère portée par Oliver contre le prophète était
simpliste, parce quil était déjà au courant du principe du mariage plural.
Plutôt que de nier laccusation, le prophète témoigna que parce quOliver
avait été son «ami intime», il lui avait «confié beaucoup de choses» (Far West
Record, p. 168). Brigham Young dit plus tard que ce point de doctrine avait été
révélé à Joseph et à Oliver pendant la traduction du Livre de Mormon (cf. Jcb. 2:30);
il est clair quune compréhension plus complète du principe du mariage plural fut
donnée en 1832, lorsque Joseph Smith traduisit la Genèse (cf. D&A 130:1-2). Brigham
Young ajouta quOliver alla impétueusement de lavant sans la permission de
Joseph, ne connaissant pas «lordre, la façon de faire ni les résultats» (Charles
Walker Journal, 26 juillet 1872, Archives de lÉglise). Oliver épousa Elizabeth Ann
Whitmer en 1832, et les problèmes avec la polygamie le poussèrent apparemment, ainsi que
la famille Whitmer, à sopposer plus tard au principe.
En 1838, après son excommunication, Oliver retourna en Ohio, mais, contrairement à ce
que dit un acte fictif, il ne paya pas alors à lévêque Edward Partridge $1.000
pour la parcelle du temple à Independence au nom de ses enfants, John, Jane et Joseph
Cowdery. Ces enfants nont jamais existé; Oliver navait pas cet argent et ne
montra aucun intérêt pour le comté de Jackson que ce soit alors ou plus tard. En fait,
il continua létude du droit et exerça à Kirtland, mais en 1840 il déménagea
pour Tiffin (Ohio), où il devint une personnalité en vue en tant que fervent démocrate.
Ses annonces juridiques et son service public parurent régulièrement dans les journaux
locaux et il fut personnellement mentionné dans les mémoires cordiaux de William Lang,
avocat éminent dOhio, qui fit son apprentissage sous Cowdery et le décrivit comme
étant un homme menu, mesurant environ un mètre soixante-cinq, propre et courtois. Du
point de vue professionnel, Cowdery était décrit comme un «avocat capable», bien
informé, avec une capacité de parole «brillante»; pourtant «il était modeste et
réservé, ne disait jamais du mal de personne, ne se plaignait jamais» (Anderson, 1981,
p. 41).
En 1847, il sinstalla au Wisconsin où il poursuivit son métier dhomme de loi
et faillit être élu à la première législature détat malgré les articles de
journaux ridiculisant sa déclaration publiée davoir vu lange et les plaques.
Au cours des dix années quil passa en dehors de lÉglise, Cowdery ne succomba
jamais aux pressions considérables lincitant à renier son témoignage du Livre de
Mormon. En effet, les lettres quil écrivit à ses parents membres de lÉglise
montrent quil était blessé de voir lÉglise rejetée mais quil
continuait à croire profondément. Estimant que sa réputation avait été diffamée, il
demanda une disculpation publique, expliquant que nimporte qui serait sensible au
sujet de sa réputation «si vous vous étiez tenus en la présence de Jean avec notre
frère décédé Joseph, pour recevoir la moindre prêtrise, et en la présence de Pierre
pour recevoir la plus grande» (Gunn, pp. 250-251).
Ces déclarations contredisent une brochure quOliver aurait prétendument publiée
en 1839 comme «Défense» pour avoir quitté lÉglise (voir Contrefaçons de
documents historiques). Apparaissant en 1906, elle dépeint Oliver comme incertain
davoir vu Jean-Baptiste. Mais aucun original nexiste, ni aucune allusion à
cette brochure pendant le siècle de Cowdery. Son style emprunte des expressions de
Cowdery qui ont été publiées mais réarrange ses conclusions. Il y a une contrefaçon
plus maladroite, appelée «Confession dOliver Overstreet», qui prétend que
lauteur a été suborné pour personnifier Cowdery et retourner dans lÉglise.
Des documents abondants prouvent quOliver est revenu à Council Bluffs (Iowa) en
1848 avec sa femme et sa jeune fille.
Des journaux intimes et des procès verbaux officiels rapportent les paroles prononcées
par Oliver Cowdery à son retour dans lÉglise. Il voulait uniquement être
rebaptisé et retourner dans la communion des saints, pas avoir un poste. Il déclara
publiquement quil avait vu et manipulé les plaques du Livre de Mormon et quil
était présent avec Joseph Smith lorsque «de saints anges» avaient rendu les deux
prêtrises (Anderson, BYU Studies, 1968, p. 278). Le grand conseil linterrogea
soigneusement sur sa lettre (à David Whitmer) publiée dans laquelle Oliver prétendait
quil conservait les clefs de la direction de la prêtrise après la mort de Joseph
Smith. Cétait son avis, dit Oliver, avant de voir la révélation de Nauvoo donner
tous les pouvoirs à Hyrum Smith «qui furent autrefois placés sur celui qui était mon
serviteur Oliver Cowdery» (D&A 124:95). «Cest cette révélation qui a changé
mon point de vue à ce sujet» (Anderson, IE, nov. 1968, p. 19).
Comme elle sétait mise en route pour Council Bluffs tard dans la saison, la famille
Cowdery fut forcée de passer lhiver à Richmond (Missouri), où vivait la majeure
partie de la famille Whitmer. Les lettres écrites pendant toute lannée 1849
répètent lespoir dOliver de partir pour lOuest et révèlent
également son manque de moyens. Elles disent quil crachait du sang, un problème
respiratoire de longue durée qui allait finir par lui coûter la vie le 3 mars 1850. Le
tribunal de circuit enregistra une résolution de ses collègues avocats selon laquelle
dans la mort d «Oliver Cowdery, sa profession [avait] perdu un membre doué et la
collectivité, un citoyen précieux et digne» (Anderson, 1981, p. 46).
David Whitmer et dautres parents vivant près dOliver Cowdery dans sa
dernière année affirmèrent plus tard quil était en désaccord avec beaucoup de
points de doctrine de Kirtland et de Nauvoo, mais les critiques dOliver connues avec
certitude à lépoque ne concernent que lintolérance et une inquiétude
permanente concernant la polygamie. David Whitmer considérait Joseph comme un prophète
déchu, mais en 1848, Cowdery dit publiquement et en privé «que Joseph Smith avait
accompli fidèlement sa mission devant Dieu jusquà la mort» (Geo. A. Smith à
Orson Pratt, MS 11, 20 oct. 1848, p. 14) et «que la prêtrise était avec ce peuple et
que «les Douze étaient les seuls hommes qui pouvaient diriger lÉglise après la
mort de Joseph» (Anderson, IE, nov. 1968, p. 18). Dans sa dernière lettre connue, Oliver
accepta, de la part des Douze, la mission de faire du lobbying à Washington et reconnut
la direction des «bons frères de la vallée de [Salt Lake City]» (Gunn, p. 261).
Elizabeth Ann Whitmer Cowdery (1815-1892), la femme dOliver, lavait connu
quand il écrivait sous la dictée pendant la traduction du Livre de Mormon. Elle dit à
propos de son engagement indéfectible: «Il a toujours affirmé sans lombre
dun doute
la divinité et la véracité du Livre de Mormon» (Anderson, 1981,
p. 63). Cette assurance a résisté à lépreuve de la persécution, de la
pauvreté, de la perte de standing, dune santé défaillante et de la mort tragique
de cinq de ses six enfants. Mourant à quarante-trois ans, Oliver était entouré par les
membres de sa famille qui ont dit quil avait réaffirmé la divinité du Livre de
Mormon et de la prêtrise rétablie et avait exprimé une confiance totale au
Christ. Juste avant rejoindre lÉglise, il exprima ses espoirs intérieurs dans une
lettre à David Whitmer, qui avait été témoin avec lui: «Que le Seigneur défende
notre réputation et fasse briller notre témoignage, et alors les hommes seront sauvés
dans son royaume» (Oliver Cowdery à David Whitmer, 28 juillet 1847, Ensign of Liberty,
1:92).
Bibliographie
Anderson, Richard L. "Reuben Miller, Recorder of Oliver Cowdery's
Reaffirmations." BYU Studies 8, printemps 1968, pp. 277-293.
Id. "The Second Witness of Priesthood Restoration". JE 71, sept. 1968, pp. 15-24
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Cannon, Donald Q. , et Lyndon W. Cook. Far West Record. Salt Lake City, 1983.
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Porter, Larry C. "Dating the Restoration of the Melchizedek Priesthood". Ensign
9, juin 1979, pp. 5-10.
Whitmer, David. Address to All Believers in Christ. Richmond, Mo., 1887.
RICHARD LLOYD ANDERSON
Création, récits de la Création
Auteurs: Nielsen, F. Kent et Ricks, Stephen D.
Les saints des derniers jours ont, en plus de la Genèse biblique, deux restaurations
modernes de récits scripturaires antiques de la Création dans le livre de Moïse et le
livre dAbraham. Des informations faisant autorité sur le sujet apparaissent
également dans le Livre de Mormon, les Doctrine et Alliances et la cérémonie du temple.
Puisant dans cette abondance de textes sur la création, les saints des derniers jours
comprennent que Jésus-Christ, agissant sous la direction de Dieu le Père, a créé ce
monde-ci et dautres pour rendre possible limmortalité et la vie éternelle
dêtres humains qui existaient déjà comme enfants desprit du Père. Cette
compréhension diffère des récits scientifiques et des récits traditionnels chrétiens
parce quelle affirme le but et le rôle de Dieu, tout en reconnaissant la création
comme lorganisation de matériaux préexistants et pas comme un événement ex
nihilo (création à partir du néant). En outre, ces récits décrivent un rôle actif
pour les enfants desprit de Dieu dans la création et contiennent une version plus
détaillée des origines du mal.
Loccurrence fréquente de récits de la création dans les Écritures et les
cérémonies sacrées mormones correspond à ce que lon trouve dune manière
générale dans le monde antique, et dans lIsraël antique en particulier, où la
Création était régulièrement récitée ou rejouée. Les Israélites et les autres
peuples du Proche-Orient antique considéraient la Création et notamment sa
récitation et sa reconstitution rituelles comme possédant une nature dynamique,
pas statique. Selon Raffaele Pettazzoni, un historien bien connu des religions, «ce qui
sest produit au commencement a une valeur exemplaire et déterminante pour ce que se
passe aujourdhui et ce qui arrivera à lavenir» (p. 26).
La Création joue un rôle théologique central dans le Livre de Mormon. Les événements
entourant la Création sont liés à la chute de lange qui est devenu le diable (2
Né. 2:17; 9:8). Sa chute a, à son tour, mené à celle dAdam, à lopposition
comme partie intégrante de la condition mortelle et, finalement, au besoin de rédemption
divine de lhumanité (2 Né. 2:18-27). Les prophètes du Livre de Mormon voyaient la
Création comme un symbole de la bonté de Dieu et comme une pierre de touche de
lintendance humaine: «Voici, le Seigneur a créé la terre afin quelle soit
habitée; et il a créé ses enfants afin quils la possèdent» (1 Né. 17:36). Ceux
qui rejettent la bonté de Dieu symbolisée par la Création (et lExpiation) seront
inévitablement jugés et punis (cf. 2 Né. 1:10).
Le récit de la Création dans le livre de Moïse (révélé en 1830 comme commencement de
la traduction de la Bible par Joseph Smith) apporte plusieurs informations en plus de
celles qui sont dans la Genèse.
Dabord, le livre de Moïse montre que Moïse est bien lauteur de son récit de
la Création et précise que celui-ci est le résultat dune révélation qui lui a
été donnée à un certain moment entre lépisode du buisson ardent et lexode
(Moï. 1:17, 25).
Deuxièmement, il éclaircit le rôle de Jésus-Christ dans la Création: «Et je les ai
créées [ces terres et leurs habitants], par la parole de mon pouvoir, qui est mon Fils
unique, lequel est plein de grâce et de vérité» (Moï. 1:32-33); «Puis moi, Dieu, je
dis à mon Fils unique, qui était avec moi depuis le commencement: Faisons lhomme
à notre image» (Moï. 2:26-27); «Et moi, le Seigneur Dieu, je dis à mon Fils unique:
Voici, lhomme est devenu comme lun de nous, pour la connaissance du bien et du
mal» (Moï. 4:28). Ceci est conforme aux enseignements de Jean et de Paul dans le Nouveau
Testament (Jn. 1:3, 10; Ép. 3:9; Col. 1:13-16; Hé. 1:2, 10).
Troisièmement, la Création est placée dans un contexte beaucoup plus vaste de
créations continuelles de terres habitées innombrables avec leurs cieux respectifs (dans
lesquels le Christ a joué un rôle central): «Et jai créé des mondes sans
nombre; et je les ai également créés dans un dessein qui mest propre, et je les
ai créés par le Fils, qui est mon Fils unique
pour le mien possèdent le but; et
par le fils je les ai créés, qui est le mien seulement engendré
. Et
lorsquune terre et ses cieux passeront, une autre viendra. Et il ny a pas de
fin à mes uvres ni à mes paroles.» (Moï. 1:33, 38; voir aussi Mondes). Moïse
reçoit des détails de la création de «ce ciel, et cette terre» seulement (Moï. 2:1;
cf. 1:35).
Quatrièmement, lorigine du mal est retracée jusquà la rébellion de Satan,
qui cherchait (1) à remplacer le Fils bien-aimé de Dieu, qui «était [l]élu
depuis le commencement» et (2) à recevoir et à utiliser le pouvoir de Dieu de racheter
tous les humains en détruisant leur libre arbitre (Moï. 4:1-4). Limportance du
libre arbitre humain est réaffirmée dans le commandement donné à Adam et à Ève au
sujet de larbre de la connaissance du bien et du mal: «Tu ne mangeras pas de
larbre de la connaissance du bien et du mal; néanmoins, tu peux choisir par
toi-même, car cela test donné; mais souviens-toi que je le défends, car le jour
où tu en mangeras, tu mourras» (Moï. 3:17).
Cinquièmement, le récit dans Moïse précise que tous les êtres vivants ont été
créés spirituellement dans les cieux avant leur création physique sur la terre: «Moi,
le Seigneur Dieu, je créai spirituellement toutes les choses dont jai parlé, avant
quelles fussent naturellement sur la surface de la terre
Et moi, le Seigneur
Dieu, javais créé tous les enfants des hommes, mais pas encore dhomme pour
cultiver le sol; car cest dans le ciel que je les avais créés; et il ny
avait pas encore de chair sur la terre, ni dans leau, ni dans lair» (Moï.
3:5).
Certains commentateurs mormons ont exploré la possibilité que le récit de Moïse puisse
résoudre le conflit existant dans lordre des actes créateurs de Dieu entre Genèse
1 et Genèse 2 en traitant la première comme une création desprit (O. Pratt, pp.
21-22; Roberts, pp. 264-268; cf. DS1:74-76 qui expose un point de vue différent). Les
révélations postérieures expliquent que la création desprit de lhumanité
avait eu lieu longtemps avant que les événements décrits dans aucun des récits de la
création de la terre. Dieu, notre Père céleste, est littéralement le «Père des
esprits» (Hé. 12:9). «Lhomme comme esprit a été engendré et est né de parents
célestes et a été élevé jusquà sa maturité dans les demeures éternelles du
Père avant de venir sur la terre dans un corps temporel» (voir Première Présidence,
«Lorigine de lhomme», nov. 1909 [Annexe]; voir aussi Corps desprit).
Le récit abrahamique est distinctif parmi les récits de la Création. Il décrit un
cosmos structuré, avec beaucoup détoiles, les unes au-dessus des autres, avec
leurs différentes périodes et ordres de gouvernement (Abr. 3:1-10). Dans ce contexte,
Abraham se renseigne également sur les esprits éternellement existants, lun
au-dessus de lautre en intelligence, jusquau «Seigneur, ton Dieu», qui est
«plus intelligent queux tous» (Abr. 3:19; voir les discours cités dans la
bibliographie). On lui montre un groupe dintelligences organisées (ou esprits ou
âmes, les mots sont ici utilisés lun pour lautre), au-dessus desquelles
règne Dieu et parmi lesquelles il demeure, et il apprend que Dieu «au commencement» est
descendu parmi elles et a dit de certaines qui étaient «nobles et grandes»: «De
ceux-ci je ferai mes gouverneurs
et il me dit: Abraham, tu es lun deux;
tu fus choisi avant ta naissance» (Abr. 3:18-23). Lun des buts de cette assemblée
prémortelle dans les cieux est formulé par quelquun «parmi eux qui était
semblable à Dieu» qui dit à ceux qui sont avec lui: «Nous descendrons là-bas
et
nous ferons une terre sur laquelle ceux-là pourront habiter; nous les mettrons ainsi à
lépreuve, pour voir sils feront tout ce que le Seigneur, leur Dieu, leur
commandera» (Abr. 3:24-25). Ceci est suivi dune mention de la gloire qui sera
accordée à ceux qui se montrent dignes, du choix de quelquun «qui était
semblable au Fils de lHomme» (qui doit être envoyé pour réaliser ceci) et du
rejet de Satan, le tout fait par «le Seigneur», qui est identifié ailleurs comme étant
Jéhovah (Abr. 3:25-28; cf. Abr. 1:15-16; 2:7-8). Ensuite, «le Seigneur dit:
Descendons», sur quoi les Dieux «organisèrent et formèrent les cieux et la terre»
(Abr. 4:1). Un élément important de ce récit révélé est que lespace et les
matériaux pour créer la terre existaient explicitement avant sa création.
Cest dans ce contexte de lassemblée divine, ou Conseil dans les cieux, que le
récit dAbraham concernant la Création va de lavant en suivant, de manière
générale, la structure de la Genèse. Au moment où il publia cette «traduction» en
1842, Joseph Smith avait acquis une compréhension beaucoup plus profonde grâce à des
révélations supplémentaires et certaines par létude de lhébreu. À la
lumière de la doctrine du Conseil dans les cieux, Joseph Smith avait fait remarquer que
le terme hébreu Élohim, qui est un pluriel, devrait être rendu par «Dieux» dans le
récit de la Création et non par le «Dieu» traditionnel (WJS, p. 379). Cest ainsi
quil est rendu dans tout le récit dAbraham. À la lumière de la doctrine de
la nature éternelle de la matière, le mot traditionnellement traduit par «créa»
devient «organisa». Lexpression «informe et vide» (hébreu tohu va-bohu) est
rendue, tout à fait correctement, par «vide et désolée» et décrit létat de la
terre après quelle a été organisée, pas avant (Abr. 4:2).
Le terme «jour» (yom en hébreu) pour les sept «jours» de la création est rendu par
«temps», une option permise en hébreu et il est explicitement précisé que le
«temps» dans lequel Adam devrait mourir sil prenait du fruit défendu «était
selon le temps du Seigneur, qui était selon le temps de Kolob [une grande étoile dont
Abraham avait vu quelle était le plus près du trône de Dieu, dont la révolution,
dune durée de mille ans selon notre manière de calculer, est un jour pour le
Seigneur]; car les Dieux navaient pas encore désigné à Adam le calcul de son
temps» (Abr. 5:13; 3:2-4).
Sur la base du passage ci-dessus, qui exclut clairement la possibilité que des jours
terrestres de vingt-quatre heures soient les «jours» ou «périodes» de la création,
certains saints des derniers jours ont avancé que les « temps » de la création aussi
bien que le «temps» de la vie terrestre dAdam après la Chute étaient des
périodes de mille ans; dautres sont partisans de périodes indéterminées, le
temps nécessaire pour accomplir luvre concernée. Le récit dAbraham
contient effectivement le passage intéressant, en rapport avec «lorganisation»
des luminaires dans «létendue» du ciel: «Et les Dieux observèrent les choses
auxquelles ils avaient donné des ordres jusquà ce quelles eussent obéi»
(Abr. 4:14-18). Le récit dAbraham comprend en fait douze «travaux» des Dieux,
répartis parmi les «jours» à la manière de la Genèse. Le récit postérieur de la
création au temple donne une version abrégée de ces travaux, divisés différemment
parmi les sept jours tout en maintenant le même ordre, ce qui veut peut-être dire que le
jour où un travail donné est accompli importe peu.
Abraham relie les récits apparemment différents de Genèse 1 et 2 dans le contexte du
Conseil dans les cieux. Le récit en sept jours dAbraham suit luvre des
cinq premiers temps créateurs et dune partie du sixième comme création physique
de la terre et sa préparation pour recevoir la vie avant que celle-ci ny soit
effectivement placée. Ainsi, pendant le troisième temps, «les Dieux organisèrent la
terre afin quelle produisît de la verdure
et la terre afin quelle
produisît les arbres à partir de leur semence» (Abr. 4:12; italiques ajoutés). Et
pendant le cinquième temps, «les Dieux préparèrent les eaux afin quelles
produisissent de grands poissons et tous les animaux vivants
tous les oiseaux ailés
selon leur espèce.» (Abr. 4:21). De même, au sixième temps, «les Dieux préparèrent
la terre afin quelle produisît des animaux vivants selon leur espèce
et les
Dieux virent quils obéiraient» (Abr. 4:24-25). Ensuite lors du sixième temps, les
Dieux se consultèrent à nouveau et décidèrent de former lhomme et de lui donner
la domination sur les plantes et les animaux qui devaient venir sur la terre (Abr.
4:26-29). «Et les Dieux se dirent entre eux: Au septième temps, nous achèverons
luvre que nous sommes convenus de faire, et nous nous reposerons
Et
telles furent leurs décisions à lépoque où ils convinrent entre eux» (Abr.
5:2-3). Le récit parallèle à Genèse 2 vient ensuite tout naturellement comme récit du
placement proprement dit de la vie sur la terre: «Et les Dieux descendirent et formèrent
les origines des cieux et de la terre, quand ils furent formés le jour où les Dieux
formèrent la terre et les cieux. Selon tout ce quils avaient dit concernant chaque
plante des champs avant quelle fût sur la terre» (Abr. 5:4-5).
Plusieurs thèmes que lon trouve dans dautres récits antiques de la création
le conflit prémortel dans les cieux, la victoire divine sur les pouvoirs
dopposition du chaos et la promulgation de la loi au moment de la création
sont également connus dans les récits de la création des Écritures et de la théologie
des saints des derniers jours (2 Né. 2:17; 9:8; Moï. 4:3-4; Abr. 3:27-28; voir aussi
Guerre dans le ciel; Préexistence (Existence Préterrestre)). Il y a des allusions à ces
idées dans plusieurs passages de la Bible (cf. Ex. 15; Job 38-41; És. 40-42; Ps. 18; 19;
24; 33; 68; 93; 104; Prov. 8:22-33; Ha. 3:8; Ap. 12:7-12). Du début de lère
chrétienne jusquà la fin du XIXe siècle, linterprétation chrétienne
traditionnelle a généralement traité ces textes bibliques de manière allégorique ou
nen a pas du tout tenu compte dans létude de la Création. Une transformation
profonde de linterprétation chrétienne de ces passages a eu lieu pendant la
dernière partie du XIXe siècle avec la découverte et la traduction de récits de la
Création venant de la Mésopotamie et de lÉgypte anciennes. Bien quils
varient considérablement dans les détails, ces récits mentionnent habituellement des
combats prémortels, létablissement de lordre divin avant la création et la
création à partir du chaos. Les passages bibliques mentionnés ci-dessus sont maintenant
souvent compris à la lumière de ces descriptions des récits extrabibliques.
La doctrine de la création ex nihilo a été lexplication chrétienne
traditionnelle. Dans les commentaires récents sur le sujet, beaucoup dérudits
juifs se sont accordés pour dire quon ne trouve pas de croyance en une création ex
nihilo avant la période hellénistique, tandis que les savants chrétiens ne trouvent
aucun signe de pareille doctrine dans lÉglise chrétienne avant la fin du IIe
siècle apr. J.-C. Le rejet de la création ex nihilo dans lenseignement des saints
des derniers jours saccorde ainsi avec ce que lon sait de la conception la
plus ancienne de la Création dans lIsraël antique et dans le christianisme
primitif. De même, les saints des derniers jours ont vu dans des passages bibliques tels
que Jean 9:2 et Jérémie 1:4-5 une allusion à une existence individuelle prémortelle,
avec des implications pour lexistence terrestre postérieure. À lappui de
ceci, on peut préciser que divers chrétiens et groupes chrétiens des premiers siècles
du christianisme ont enseigné la même doctrine (cf. Origène, De Principiis 1:7; 2:8;
4:1) et quon la trouve également dans les croyances juives de la même période,
notamment Philon (De mutatione nominum 39; De opificio mundi 51; De cherubim 32), dans
certains écrits apocryphes (Sagesse de Salomon 8:19-20; 15:3) et chez les Esséniens
(Josèphe, Guerre des Juifs 2.8.11, aussi bien que dans le Talmud et le Midrash juifs).
Bibliographie
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Bible, Vol. 1, pp. 725-32. New York, 1962.
Eliade, Mircea. "The Prestige of the Cosmogonic Myth." Diogenes 23, automne
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Goldstein, Jonathan A. "The Origins of the Doctrine of Creation Ex Nihilo."
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McConkie, Bruce R. "Christ and the Creation". Ensign 12, juin 1982, pp. 9-15.
Pettazzoni, Raffaele. "Myths of Beginnings and Creation-Myths". Dans Pettazzoni,
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Pratt, Orson. "The Pre-existence of Man." Série darticles dans The Seer
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Pratt, Parley P. "Origin of the Universe". Dans Pratt, The Key to the Science of
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Roberts, B. H. The Gospel and Mans Relationship to Deity, pp. 256-273. Salt Lake
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Salisbury, Frank B. The Creation. Salt Lake City, 1976.
Smith, Joseph. Voir discours rapportés dans WJS, pp. 9, 33, 60, 341, 346, 351-352 et 359
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Smith, Joseph Fielding. Man, His Origin and Destiny. Salt Lake City, 1954.
Winston, David. "Creation Ex Nihilo Revisited: A Reply to Jonathan Goldstein".
Journal of Jewish Studies 37, printemps 1986, pp. 88-91.
Young, Brigham. Discourses of Brigham Young, chaps. 2, 4, 9. Salt Lake City, 1954.
F. KENT NIELSEN
STEPHEN D. RICKS
Damnation
Auteur: HOLZAPFEL, RICHARD NEITZEL
«Damnation» est un terme qui dérive du latin damnum, signifiant «dommages» et
«perte» et suggère souvent lidée de privation de ce que lon aurait dû
posséder. Tout comme il y a des degrés et des types divers de salut, liés à une
progression éternelle dans certains domaines (D&A 76:96-98; 131:1-4), de même il y a
des degrés et des types divers de damnation. Dans la doctrine des saints, être damné
signifie être arrêté, bloqué ou limité dans sa progression. Les individus sont
damnés toutes les fois quils sont empêchés datteindre leur plein potentiel
denfants de Dieu. La damnation, cest ne pas atteindre ce dont on aurait pu
jouir si lon avait accepté la loi tout entière de lÉvangile et si on y
avait été fidèle. Dans ce sens, tous ceux qui ne parviennent pas au degré le plus
élevé du royaume céleste sont damnés même sils sont sauvés dans un degré de
gloire. Ils sont damnés dans le sens quils ne jouiront pas dun accroissement
éternel ou de la continuation de la cellule familiale dans léternité (D&A
132:4, 19). Dans ce contexte, la damnation ne désigne pas nécessairement la souffrance
éternelle en enfer avec le diable, parce que la perte de bénédictions est en soi un
type denfer et de damnation. Les conceptions des saints sur ce sujet sont liées à
des écrits bibliques enrichis et clarifiés par des révélations supplémentaires; par
conséquent, le terme damnation a une application plus large que ne pourrait le laisser
croire lusage moderne (voir Degrés de gloire; Exaltation; Héritiers).
Dans les Écritures, damnation désigne habituellement le jugement ou la condamnation qui
seront prononcés par Jésus-Christ sur les méchants à la fin du monde (Mt. 25:41-46).
«Damnation» est léquivalent de lhébreu «rasha», qui signifie être
méchant, impie ou coupable, et du grec krino, qui implique une mise sous condamnation. Si
le mot «damnation» apparaît régulièrement dans la King James Version de la Bible,
(c.-à-d., dans le Nouveau Testament) on ne le trouve pas dans la version Segond, qui
utilise plutôt «condamnation».
Beaucoup de Juifs et de chrétiens rejettent lidée de la damnation comme étant une
notion théologique désuète, mais certains Juifs orthodoxes et chrétiens conservateurs
entretiennent une croyance en une damnation finale et éternelle. Les chrétiens
conservateurs croient généralement que Dieu lui-même condamnera les pécheurs
impénitents sur la base de la justice méritée par les intéressés (Mt. 12:41-42; Jn.
12:48; Ro. 3:8). Ils croient, en outre, que le Christ, le Rédempteur, est venu pour
sauver plutôt que pour condamner (Jn. 3:17) et que lui seul libère lindividu de la
damnation finale (Ro. 8:1-2).
La damnation résulte du refus de croire en lÉvangile (Mc. 16:16), daccepter
une lumière et une connaissance supplémentaires (Al. 12:9-11), du fait de croire à de
fausses doctrines (2 Pi. 2:1), dêtre paresseux et de devoir être commandé en tout
(D&A 58:26-29) et de refuser de shumilier, de se repentir et de vivre selon les
principes de lÉvangile. Le prophète Joseph Smith a expliqué: «Dieu a décrété
que tous ceux qui ne veulent pas obéir à sa voix néchapperont pas au châtiment
de la géhenne. Quest-ce que le châtiment de la géhenne ? Se retrouver dans la
société de ceux qui nont pas obéi à ses commandes» (EPJS, p. 160; cf. pp.
262-263).
Il y a aussi damnation quand on prend la Sainte-Cène indignement (1 Co. 11:29), quand on
se complaît dans linjustice (2 Th. 2:12), que lon se livre à des relations
adultères (1 Ti. 5:11-12), que lon rejette la loi de lÉglise (D&A
42:60), que lon néglige lalliance du mariage éternel (D&A 132:4), que
lon change la sainte parole de Dieu (Mrm. 8:33) et que lon rejette
Jésus-Christ (D&A 49:5). Si des personnes font ces choses et ne se repentent pas,
elles ne jouissent pas de la protection de la loi de Dieu et nont pas la nourriture
spirituelle quelles auraient pu avoir et, en conséquence, elles connaissent la
damnation.
Il ne faut pas confondre la damnation avec le tourment ou le châtiment sans fin. Une
révélation à Joseph Smith explique: «Il n'est pas écrit qu'il n'y aura pas de fin à
ce tourment, mais il est écrit tourment infini. Il est aussi écrit damnation éternelle;
ceci est plus explicite que d'autres Écritures afin d'agir sur le cur des enfants
des hommes» (D&A 19:6-7; voir aussi Infini et éternel). Le président Brigham Young
explique: «Nous croyons que seront damnés tous ceux qui nacceptent pas
lÉvangile de Jésus-Christ; mais nous ne croyons pas quils iront dans un
étang de feu et de soufre et quils subiront des tourments sans nom, infligés à
toute éternité par des démons cruels et malveillants. La doctrine sectaire des
récompenses et des châtiments finaux me paraît aussi étrange que leur Dieu sans corps,
sans parties et sans passions. Chaque homme recevra selon les actes accomplis dans le
corps, quils soient bons ou mauvais. Tous les hommes, sauf ceux qui pèchent contre
le Saint-Esprit, qui versent le sang innocent ou qui y consentent, seront sauvés dans un
royaume; car dans la maison de mon Père, dit Jésus, il y a plusieurs demeures» (JD
11:125-126).
La damnation finale et totale ne revient quau diable et à ses anges, qui se sont
rebellés dans le premier état, et aux fils de perdition, qui sont damnés éternellement
et se voient refuser lentrée dans un quelconque royaume de gloire dans
lau-delà (D&A 76:32-34). Les fils de perdition sont ceux qui sont coupables du
péché impardonnable contre le Saint-Esprit (D&A 132:27; cf. Mc. 3:29), qui inclut le
reniement obstiné du «Fils unique du Père, [layant] crucifié, pour leur part, et
[layant] exposé à l'ignominie» (D&A 76:35).
Bibliographie
Kimball, Spencer W. "Marriage and Divorce". Dans 1976 Speeches of the Year, p.
154. Provo, Utah, 1977.
Lee, Harold B. "Spiritual Rebirth and Death". IE 50, nov. 1947, pp. 716, 752,
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Stuy, Brian, dir. de publ. Discours de George Q. Cannon. Dans Collected Discourses, 3
vols.; Vol. 2, pp. 64-76. Sandy, Utah, 1987-1989.
RICHARD NEITZEL HOLZAPFEL
Degrés de gloire
Auteur: DAHL, LARRY E.
L'Église
de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours a une vision optimiste des récompenses
éternelles qui attendent l'humanité dans l'au-delà. Les membres de l'Église croient
qu'il y a «plusieurs demeures» (Jn. 14:2) et que l'expiation et la résurrection du
Christ sauveront toute l'humanité de la mort et finalement récupéreront tout le monde
de l'enfer excepté les fils de perdition (D&A 76:43-44). Ceux qui sont sauvés ne
sont cependant pas placés dans un état monolithique appelé le ciel. Dans la
résurrection du corps, ils sont affectés à différents degrés de gloire en fonction de
la loi à laquelle ils ont obéi. Il y a trois royaumes de gloire: le céleste, le
terrestre et le téleste. Lapôtre Paul parle de trois gloires qui diffèrent entre
elles comme le soleil, la lune et les étoiles diffèrent en éclat. Il appelle céleste
et terrestre les deux premières gloires, mais la troisième ne reçoit pas de nom dans la
Bible (1 Co. 15:40-41; cf. D&A 76:70-81, 96-98.) Le mot «téleste» est un terme
mormon, utilisé pour la première fois par le prophète Joseph Smith et Sidney Rigdon
quand ils rapportent une vision qu'ils reçoivent le 16 février 1832 (D&A 76; voir
aussi Royaume céleste; Royaume terrestre; Royaume téleste).
Lors du jugement final, tous, excepté le diable, ses anges et ceux qui deviennent fils de
perdition pendant la condition mortelle seront affectés à lun des trois royaumes
de gloire. Le diable et ses disciples seront affectés à un royaume sans gloire (D&A
76:25-39; 88:24, 32-35).
SOURCES SCRIPTURAIRES MORMONES. Bien que la Bible contienne des mentions de divers niveaux
de résurrection et de ciel (1 Co. 15:39-58; 2 Co. 12:2), la connaissance que les saints
ont de la question vient principalement des révélations données au prophète Joseph
Smith. La première révélation traitant directement ce sujet fut donnée le 16 février
1832 et est appelée «la Vision» (D&A 76). Pour ce qui est des circonstances dans
lesquelles cette révélation fut donnée, Joseph Smith explique: À mon retour de la
conférence d'Amherst, je repris la traduction des Écritures. D'après diverses
révélations qui avaient été reçues, il était clair que beaucoup de points importants
concernant le salut des hommes avaient été enlevés de la Bible ou perdus avant qu'elle
ne fût compilée. D'après les vérités qui restaient, il semblait qu'il allât de soi
que si Dieu récompensait chaque homme selon les actions accomplies dans le corps, le
terme ciel, signifiant la demeure éternelle des saints, devait comprendre
plus d'un royaume. En conséquence, tandis que nous traduisions l'Évangile de Jean, nous
eûmes, frère Rigdon et moi-même, la vision suivante» [HC 1:245 et chapeau de la
section; voir aussi la traduction de la Bible par Joseph Smith (TJS)]).
Des révélations postérieures, particulièrement D&A 88, 131, 132, 137 et 138,
ajoutent des informations à ce sujet.
LA GLOIRE CÉLESTE. Le Royaume céleste est réservé à ceux qui reçoivent le
témoignage de Jésus et embrassent pleinement l'Évangile, c'est-à-dire, ont la foi en
Jésus-Christ, se repentent de leurs péchés, sont baptisés par immersion par
quelquun ayant l'autorité, reçoivent le Saint-Esprit par l'imposition des mains et
persévèrent dans la justice. Tous ceux qui atteignent ce royaume «demeureront pour
toujours et à jamais dans la présence de Dieu et de son Christ» (D&A 76:62). Il y
a, cependant, différentes bénédictions et différents pouvoirs dans ce royaume. «Il y
a, dans la gloire céleste, trois cieux ou degrés. Pour obtenir le plus haut, l'homme
doit entrer dans cet ordre de la prêtrise [à savoir: la nouvelle alliance éternelle du
mariage], sinon, il ne peut l'obtenir. Il peut entrer dans l'autre, mais c'est là la fin
de son royaume; il ne peut avoir d'accroissement» (D&A 131:1-4). L
«accroissement», dans ce cas, signifie le fait davoir des enfants d'esprit après
la condition mortelle (voir Vies éternelles, Accroissement éternel). Joseph Smith
explique: «Si un homme et sa femme ne contractent pas une alliance éternelle et ne sont
pas mariés pour l'éternité par le pouvoir et l'autorité de la Sainte Prêtrise, ils
cesseront de saccroître quand ils mourront; c'est-à-dire quils n'auront pas
denfants après la résurrection» (EPJS, p. 242). Les saints des derniers jours
croient que ceux qui atteignent le plus haut niveau du Royaume céleste deviennent des
dieux, reçoivent l'exaltation et sont cohéritiers avec le Christ de tout ce que le Père
a (cf. Ro. 8:14-17; D&A 76:50-70; 84:33-39; 132:19-25).
Il n'y a aucune explication scripturaire concernant ceux qui vont dans les deux
catégories inférieures du Royaume céleste si ce nest qu'ils «ne sont pas dieux,
mais anges de Dieu, pour toujours et à jamais» des serviteurs chargés dun
ministère, qui «restent à toute éternité séparés et seuls, sans exaltation, dans
leur état sauvé» (D&A 132:16-17).
LA GLOIRE TERRESTRE. Les habitants du Royaume terrestre sont décrits comme étant les
gens honorables de la terre qui ont reçu le témoignage de Jésus mais n'ont pas été
suffisamment vaillants dans ce témoignage pour obéir à tous les principes et
ordonnances de l'Évangile (D&A 76:71-80). En outre, ceux «des nations païennes»
qui «sont morts sans loi», qui sont honorables mais qui n'acceptent pas la plénitude de
l'Évangile dans le monde d'esprit post-terrestre, sont candidats à la gloire terrestre
(D&A 45:54; 76:72). Dans l'au-delà, ils reçoivent la présence du Fils, mais pas la
plénitude du Père. La gloire du Royaume terrestre diffère de celle du céleste comme la
lumière que nous voyons de la lune diffère en gloire de celle du soleil. Il n'y a aucune
mention de différents degrés ou niveaux dans le Royaume terrestre, mais il est
raisonnable de croire que là, comme dans les royaumes céleste et téleste, les personnes
différeront en gloire les unes des autres (voir D&A 76:97-98).
LA GLOIRE TÉLESTE. Ceux qui, sur terre, sont des menteurs, des sorciers, des fornicateurs
et des adultères, qui ne reçoivent pas l'Évangile, ni le témoignage de Jésus, ni
celui des prophètes, vont dans le Royaume téleste. Ils sont jugés indignes de
ressusciter à l'avènement du Christ et reçoivent un temps supplémentaire en «enfer»
pour se repentir et se préparer pour une résurrection et un placement ultérieurs dans
un royaume de gloire moindre. Pendant cette période, ils apprennent à respecter des lois
qu'ils ont rejetées par le passé. Ils fléchissent le genou et admettent leur
dépendance vis-à-vis de Jésus-Christ, mais ils nacceptent toujours pas la
plénitude de l'Évangile. À la fin du millénium, ils sont extraits de l'enfer et sont
ressuscités dans une gloire téleste. Là, «ils seront les serviteurs du Très-Haut;
mais là où Dieu et le Christ demeurent, ils ne peuvent aller, aux siècles des
siècles» (D&A 76:112). Cependant, ils reçoivent «de l'Esprit-Saint par le
ministère des terrestres» (verset 86). Bien que différant de la gloire des royaumes
terrestre et céleste comme la lumière que nous percevons des étoiles diffère de celle
de la lune et de celle du soleil, la gloire du Royaume téleste «défie [malgré tout]
toute compréhension» (verset 89; voir D&A 76:81-90, 98-112; 88:100-101).
OCCASION DONNÉE À TOUS. L'Église enseigne que tous les hommes, à lexception des
fils de perdition, trouveront, dans lau-delà, une place dans lun des royaumes
de gloire et qu'ils choisissent eux-mêmes l'endroit par la vie quils mènent ici
sur terre et dans le monde d'esprit post-terrestre. Même la gloire la plus basse défie
toute compréhension pour les mortels. Tout le monde reçoit son libre arbitre (D&A
93:30-32). Tous ont accès au pouvoir révélateur de la Lumière du Christ, qui, à
condition quils la suivent, les conduira à la vérité de l'Évangile (Jn. 1:1-13;
Al. 12:9-11; Mro. 7:14-19; D&A 84:45-48). Tout le monde entendra l'Évangile de
Jésus-Christ sur terre ou dans le monde d'esprit post-terrestre et aura suffisamment
l'occasion de démontrer à quel point il laccepte (D&A 138; cf. 1 Pi. 4:6).
Ceux qui n'ont pas loccasion de recevoir l'Évangile sur cette terre, mais qui
lauraient entièrement accepté sils avaient pu l'entendre, et qui le
reçoivent donc dans le monde d'esprit, sont héritiers du royaume céleste de Dieu
(D&A 137:7-8). Ils accepteront les ordonnances salvatrices accomplies pour eux par
procuration dans un temple sur la terre (voir Salut des morts). Le Christ, victorieux et
plein de grâce, accorde à tous le désir de leur cur, leur permettant de choisir
leur récompense éternelle selon la loi quils sont disposés à respecter.
Bibliographie
Dahl, Larry E. The Vision of the Glories. Dans Studies in Scripture, dir. de
publ. R. L. Millet et K. P. Jackson, vol. 1, pp. 279-308. Sandy, Utah, 1984.
Smith, Joseph Fielding, DS, vol. 2, pp. 20-24. Salt Lake City? 1955.
Talmage, James E. AF, pp. 375-394. Salt Lake City, 1968.
LARRY E. DAHL
Déification chez les premiers
chrétiens
Auteur: NORMAN, KEITH E.
Du
deuxième au huitième siècle, le terme chrétien standard pour désigner le salut était
théopoièse ou théose, littéralement, «faire Dieu» ou déification. Ce langage a
survécu sporadiquement dans la tradition mystique de l'Occident et est toujours utilisé
dans l'Église catholique orthodoxe. La doctrine des saints relative à la progression
éternelle et à l'exaltation à l'état divin exprime une conception similaire du salut.
Sous sa forme classique, en particulier dans les ouvrages d'Athanase (évêque
d'Alexandrie au IVe siècle), la déification était basée sur la notion de l'incarnation
du Christ. Le Conseil de Nicée (325 apr. J.-C.) a défini le Fils comme homoousios (de la
même substance) avec le Père et donc pleinement Dieu. En prenant sur lui notre chair par
la naissance, Jésus, en tant que Dieu, a uni l'essence de l'humanité à la nature
divine. Finalement, la divinité du Christ a surmonté les limites de la chair par la
résurrection et la glorification, transformant et élevant son corps au niveau complet de
l'état divin. Comme Athanase la résumé: « Dieu a été fait homme pour que nous
puissions être faits Dieu » (De l'incarnation du Logos, 54).
Bien que ce point de doctrine ait été écarté par les savants postérieurs comme une
simple « théorie physique de la rédemption » concentrée sur la Résurrection, la
déification est plus qu'un synonyme de l'immortalité. Les Pères de l'Église
affirmaient que la déification non seulement rétablit l'image de Dieu qui a été perdue
au moment de la Chute, mais permet également à l'humanité de dépasser la nature
humaine de manière à posséder les attributs de Dieu. « Je peux devenir Dieu dans la
mesure où il est devenu homme », disait Grégoire de Nazianze vers la fin du IVe siècle
(Homélies 29.19). Les descriptions de la déification mentionnaient l'incorruptibilité
physique, l'immunité par rapport à la souffrance, la vertu parfaite, la pureté, la
plénitude de la connaissance et de la joie, la progression éternelle, la communion avec
Dieu, lhéritage de la gloire divine et la possibilité de régner conjointement à
jamais avec le Christ dans le royaume de Dieu dans les cieux.
Les racines de la doctrine chrétienne de la déification sont essentiellement bibliques.
En commençant par la création de l'humanité à l'image de Dieu (Ge. 1:26-27), les
Pères de lÉglise ont élaboré des aspects de la déification à partir de notions
telles que le commandement de parvenir à la perfection et à la sainteté morales (par
exemple, Lé. 19:1-2; Mt. 5:48; 1 Jn. 3:2; 1 Co. 11:1; 2 Pi. 1:3-7), ladoption comme
héritiers de Dieu (Ro. 8:15-17; Ga. 4:4-7), lunification avec Dieu en Christ (Jn.
17:11-23) et la participation aux souffrances du Christ afin de d'être élevés avec lui
dans la gloire (par exemple, Ro. 8:16-18; 2 Co. 3:18; 4:16-18; Ph. 3:20-21; 2 Ti.
2:10-12). Ils ont également mentionné des exemples dhumains décrits comme étant
des « dieux » dans l'Écriture (Ex. 4:16; 7:1; Ps. 82:6; Jn. 10:34-36).
La pensée juive, en particulier en réponse à lexpansion de la christologie et ce
quelle considérait comme une menace pour le monothéisme, avait plus de réticence
à parler dhumains atteignant létat divin. Néanmoins, les Juifs avaient
aussi certains des textes bibliques cruciaux sous-tendant la déification. Le judaïsme
talmudique avait tendance à souligner l'obligation de l'humanité d'imiter la sainteté
de Dieu puisquelle avait été créée à l'image divine. On disait de Moïse et
d'autres prophètes quils partageaient la gloire de Dieu et devenaient des «dieux
secondaires» par rapport aux autres mortels (Meeks, pp. 234-235). Philon dit de la
glorification de Moïse quelle était le «prototype
de laccession au
ciel que chaque disciple espérait se voir accorder » (Meeks, p. 244).
Du fait de son incompatibilité avec la doctrine de Dieu dans le christianisme occidental,
la déification a cessé dêtre la manière préférée de décrire le salut. La
théologie catholique a de plus en plus mis laccent sur la transcendance de Dieu,
seul être nécessaire et éternel. Tous les autres êtres étaient créés ex nihilo,
«à partir du néant», et navaient quune existence contingente. Cette
évolution théologique trouve son aboutissement chez Augustin. Pour lui, l'unité absolue
et l'altérité de Dieu étaient si différentes du statut dêtre créé et
dépendant vis-à-vis de la grâce divine quétait celui de l'humanité que le salut
ne pouvait pas franchir le fossé entre le Créateur éternel et les créatures
dépendantes de lui. Depuis lors, toute mention de déification a été suspecte ou
hérétique dans le christianisme occidental et a constitué un point de friction majeur
entre les chrétiens traditionnels et les enseignements des saints des derniers jours sur
le sujet.
Bibliographie
Barlow, Philip L. "Unorthodox Orthodoxy: The Idea of Deification in Christian
History". Sunstone 8, sept.-oct. 1983, pp. 13-18.
Benz, Ernst W. "Imago Dei: Man in the Image of God." Dans Reflections on
Mormonism, ed. T. Madsen, pp. 201-219. Provo, Utah, 1978.
Gross, Jules. La divinisation du chrétien d'après les pères grecs. Paris, 1938.
Meeks, Wayne A. The Prophet-King: Moses Tradition and the Johannine Christology. Leiden,
1967.
Norman, Keith E. "Deification: The Content of Athanasian Soteriology". Thèse de
doctorat, Duke University, 1980.
Norman, Keith E. "Divinization: The Forgotten Teaching of Early Christianity".
Sunstone 1, 1975, pp. 15-19.
Pelikan, Jaroslav. The Christian Tradition, Vols. 1 and 2. Chicago, 1971-1974.
KEITH E. NORMAN
Diable, Démons
Auteur: RIDDLE, CHAUNCEY C.
Dans la terminologie des saints, les mots «diable, démon» désignent quiconque favorise
la cause du mal, mais ils sappliquent particulièrement aux esprits non incarnés
qui se sont rebellés contre Dieu dans la vie prémortelle et ont été précipités du
ciel sur cette terre. Le diable, qui les dirige, est également connu sous les noms de
Lucifer dans lexistence prémortelle et de Satan depuis quil a été
précipité.
Le nom Lucifer signifie «porteur de lumière» en latin et est la traduction de
lhébreu heylel ben shakhar, qui signifie «annonciateur fils de laube» ou
«étoile du matin». Dans la vie prémortelle, Lucifer était un ange ayant autorité en
présence de Dieu. Il joua un rôle important lors du Conseil dans les cieux. Après que
le Père céleste eut offert le plan de justice pour aider ses enfants à devenir comme
lui, Lucifer proposa un plan différent.
Le plan du Père était de sauver et dexalter tous ses enfants obéissants. Pour
être obéissants, ils devaient garder ses commandements et faire le bien. Dans le plan du
Père, on savait davance que beaucoup rejetteraient lexaltation et recevraient
donc une gloire inférieure.
Le plan de Lucifer proposait de «sauver» tous les enfants du Père en forçant chacun à
obéir en toutes choses à la loi du Père. Lucifer désirait être récompensé de ce
grand exploit du salut universel en soctroyant lhonneur et la gloire du Père.
Comme les mortels ne peuvent être sauvés que par leur propre repentir librement
consenti, la proposition de Lucifer fut rejetée. Dans la guerre qui sensuivit dans
les cieux, il sacquit lallégeance du tiers des enfants desprit du
Père. Lucifer et ses partisans furent alors précipités du ciel sur la terre où il est
devenu Satan et ils sont tous devenus des démons (Moï. 4:1-3; D&A 29:36-37;
76:25-38).
Le nom Satan vient dune racine hébraïque signifiant «adversaire, ennemi», de là
«agresseur, accusateur» (voir Ap. 12:10). Sur cette terre, le rôle de Satan et de ses
démons est dempêcher laccomplissement duvres de justice et de
les détruire dans la mesure du possible (Moï. 4:4; D&A 10:20-23; 93:39).
La justice cest apporter le plus grand bonheur possible à toutes les personnes
concernées. On ne peut atteindre une pleine justice quavec laide dun
être omniscient et omnipotent. Cette pleine justice est lordre spécial du royaume
céleste où le Père demeure. Quand la volonté du Père est faite et que son ordre est
en place, chaque personne et chaque chose atteint, ou est en voie datteindre, le
potentiel quelle a de sépanouir et de connaître le bonheur. Cette justice
est le côté « bien » du bien et du mal. Elle doit faire contraste avec les désirs
humains qui sont contraires à lordre et à la volonté du Père.
Une bonne personne (juste) est un être libre qui ne choisit et ne fait que ce qui est
juste. Aucun mortel nest intrinsèquement et parfaitement bon et, à lui seul, aucun
mortel ne peut atteindre ce stade (Mt. 19:17). Mais les mortels peuvent poser des actes
justes et devenir justes par lintermédiaire du salut offert par Jésus-Christ. Le
Christ est la source de toute justice (Et. 12:28). Les enfants de Dieu peuvent atteindre
lordre de justice du Père par le Christ sils choisissent cet ordre en
rejetant expressément le mal.
Le mal est toute façon dexister qui nest pas juste. Un état de choses, un
acte ou une personne qui nest pas dans lordre de la justice est donc mauvais.
Laisser son prochain languir dans la pauvreté quand on a soi-même labondance,
voler autrui ou lui souhaiter du mal, tout cela est mal. Satan fait progresser le mal
partout il peut pour contrecarrer la justice de Dieu (voir D&A 10:27). Ainsi, Satan
tente les gens pour quils fassent le mal au lieu de la volonté du Père. Satan
lui-même nest pas nécessaire au mal, mais il accélère et encourage le mal
partout où il peut.
Les premières cibles de Satan sur terre ont été Adam et Ève dans le jardin
dÉden. Sachant que le Père leur avait commandé de ne pas manger du fruit défendu
sous peine de mort, Satan chercha à détruire luvre du Père en les incitant
à en manger malgré tout. Le succès de Satan a marqué le commencement du monde (pas de
la création de la terre), du royaume de Satan sur cette terre (voir TJS, Mt. 1:55).
En obéissant à Satan, Adam et Ève lui ont ouvert la porte pour quil ait une
domination partielle sur eux, sur la terre et sur tous leurs enfants (voir Chute
dAdam). Les exemples de sa domination partielle sur la terre accordée par le Père
sont sa capacité de posséder les corps des animaux (Mt. 8:28-32) et dutiliser
leau pour détruire les gens (D&A 61:14-19). Satan a acquis le pouvoir de tenter
ceux qui sont responsables de faire le mal (D&A 29:39), de communiquer avec des
individus pour leur enseigner des choses (habituellement mais pas toujours des mensonges),
de posséder leur corps, de provoquer la maladie et de causer la mort physique. Il stimule
le péché, les mauvaises actions, ce qui apporte la mort spirituelle au pécheur et le
malheur à toutes les personnes touchées. Dans chacune de ces occasions, le pouvoir de
Satan est limité: Il ne peut faire que ce que Dieu lui permet expressément de faire
(D&A 121:4; Lu. 8:30-33). On peut lui ôter son pouvoir en écoutant Dieu et en
utilisant correctement la sainte prêtrise pour limiter ses activités (D&A 50:13-35).
Ce que Satan na pas réalisé en Éden est que ce quil faisait en essayant de
détruire luvre du Père était en réalité la chose même qui était requise
pour accomplir son plan (Moï. 4:6). Les hommes ne pouvaient pas démontrer suffisamment
leur amour pour Dieu et leur disposition à accomplir luvre de la justice pour
les qualifier pour lexaltation sans être exposés à des adversaires mauvais tels
que Satan et ses armées et les vaincre (2 Né. 2:11-22).
Sur terre, Satan est donc le père de la tromperie, du mensonge et du péché de
tout ce qui est mal car il les encourage vigoureusement. Il peut apparaître comme
une contrefaçon dun ange de lumière ou en tant que prince des ténèbres, mais ses
manifestations habituelles aux mortels revêtent habituellement la forme dune
révélation mauvaise dans le cur et lesprit dune personne ou
indirectement p
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