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L’EVEQUE, MON AMI De tous les appels qui existent dans l’Eglise, celui d’évêque, de berger par excellence du troupeau local, est sans conteste le plus lourd et celui qui prend le plus de temps. Sa responsabilité principale est la Prêtrise d’Aaron, mais il est aussi le grand prêtre président de la paroisse et tout ce qui concerne le fonctionnement de celle-ci passe par lui.
Une liste des choses dont il doit se préoccuper peut nous aider à nous faire une idée de tout ce dont il doit s’inquiéter :
La Prêtrise d’Aaron (les jeunes gens) La Prêtrise de Melchisédek Les organisations auxiliaires (Primaire, Jeunes Filles, Société de Secours, Ecole du Dimanche) L’enseignement L’entretien des locaux La gestion des finances (dîme et jeûne) Les trois grands axes de la mission de l’Eglise, c’est-à-dire le perfectionnement des saints, la proclamation de l’Evangile et l’œuvre pour les morts La formation des dirigeants La préparation des jeunes qui désirent partir en mission Les entretiens annuels avec les jeunes gens et les jeunes filles Les entretiens annuels pour le règlement de la dîme Les entretiens, tous les deux ans, pour la recommandation à l’usage du temple Les entretiens avec les membres de la paroisse qui ont besoin de se confier à lui Les entretiens réguliers avec les personnes qui ont un plan de repentance à suivre Les différends qui peuvent se produire parmi les nombreuses personnes qui travaillent ensemble à la vie de la paroisse Les visites chez certains membres
La liste pourrait être allongée.
Pour s’acquitter de ses tâches, il n’est pas seul, heureusement. Il y a, pour l’aider : Deux conseillers Un greffier administratif Un greffier financier Un secrétaire exécutif Un président du collège des anciens Un chef de groupe des grands prêtres Des présidences d’organisations auxiliaires
Il peut donc déléguer certains domaines de son intendance à ces personnes. Mais cela signifie aussi qu’il a une réunion hebdomadaire avec sa présidence et une réunion mensuelle avec le conseil de branche, qui est constitué de la plupart des personnes mentionnées plus haut. En outre, le président du collège des anciens, le chef de groupe des grands prêtres et la présidente de la Société de Secours tiennent régulièrement des consultations avec lui pour leur travail. A cela il faut ajouter les réunions de formation mensuelles avec la présidence du pieu et les autres évêques du pieu et les réunions spéciales avec les membres de la présidence du pieu et du grand conseil qui rendent visite à la paroisse.
L’évêque n’est pas un professionnel. Ce n’est pas son
métier. Ce n’est pas ce qu’il fait à plein temps. C’est quelqu’un qui doit
gagner sa vie, qui a une femme et des enfants qui ont également droit à
son attention et à son temps et, comme tout un chacun, un besoin de se
ressourcer et de se retrouver.
Les relations entre les cieux et Joseph Smith nous fournissent un principe de base sur lequel nous pouvons modeler toutes nos relations avec les autres, et notamment avec l’évêque. Il s’agit de la façon dont Joseph Smith et Oliver Cowdery ont été baptisés. Pendant qu’ils traduisaient le Livre de Mormon, ils sont tombés sur un passage parlant du baptême. Ils ont réfléchi à la question et, ne trouvant pas la réponse, ils ont décidé de consulter le Seigneur. Remarquez : ils ont tout d’abord essayé de se débrouiller eux-mêmes. Ils sont allés prier au bord de la Susquehanna, ce qui était la seconde étape logique. En réponse à leur prière, Jean-Baptiste ressuscité leur est apparu. Ce qui s’est passé ensuite est capital. Jean-Baptiste ne les a pas baptisés – cela, ils pouvaient le faire eux-mêmes. Il a fait la seule chose qu’ils ne pouvaient pas faire eux-mêmes : il leur a conféré la Prêtrise d’Aaron. Ayant cette autorité, ils se sont baptisés mutuellement, après quoi, ils se sont reconféré mutuellement la Prêtrise d’Aaron pour replacer les choses dans leur ordre propre.
La leçon est claire : nous ne devons avoir recours à autrui (que ce soit l’évêque ou n’importe qui d’autre) que quand nous avons fait nous-mêmes tout ce que nous pouvions. Agir autrement, ce serait devenir des assistés (matériels, émotionnels ou spirituels). Le programme appelé « l’état de préparation personnelle et familiale » nous invite de même à parvenir à un état d’autonomie aussi complet que possible. Et c’est aussi la raison pour laquelle, selon l’aphorisme célèbre : si tu donnes un poisson à un homme, tu le nourriras un jour ; si tu lui apprends à pêcher, tu le nourriras toute sa vie.
Si nous appliquons ce principe dans nos relations avec notre évêque, nous allons lui éviter de consacrer un temps précieux à des choses inutiles, ce qui le soulagera et lui permettra d’être plus efficace dans les choses essentielles qu’il doit faire.
Il y a une autre leçon qui ressort des apparitions célestes à Joseph Smith. Le Père et le Fils lui sont apparus pour introduire le Rétablissement. Mais ce ne sont pas eux qui lui ont remis les plaques du Livre de Mormon, ni eux qui lui ont conféré la Prêtrise d’Aaron et la Prêtrise de Melchisédek, mais Moroni, Jean-Baptiste et Pierre, Jacques et Jean, qui étaient mandatés pour ce travail particulier. De même, lorsque nous avons besoin de quelque chose que nous ne pouvons pas faire nous-mêmes (après avoir essayé), nous devrions nous demander quelle est la personne, en dehors de l’évêque, qui est la plus habilitée à traiter notre affaire.
Prenons une bêtise comme premier exemple. Vous avez besoin d’un numéro de téléphone. Votre première ressource est chez vous : consultez l’annuaire. A défaut, il y a les renseignements. Peut-être cela se trouve-t-il dans le bulletin de la paroisse. Si cela ne suffit pas, pensez que l’évêque n’est pas le seul à avoir les coordonnées des membres. Il y a aussi le greffier. Adressez-vous plutôt à lui.
Avez-vous un souci personnel ou familial ? Essayez d’abord de le résoudre. A défaut, discutez-en avec vos instructeurs au foyer. Ils sont là pour cela et ils vous orienteront peut-être vers le président du collège des anciens ou le chef de groupe des grands prêtres ou vers la présidente de la Société de Secours.
Avez-vous un souci qui concerne une organisation auxiliaire ? Adressez-vous au responsable de l’auxiliaire. Par exemple : votre enfant s’intègre mal à la Primaire ? Voyez la présidente de la Primaire ; à défaut, voyez le conseiller dans l’épiscopat qui a la Primaire dans ses attributions. .
Avez-vous un problème de nature confidentielle que vous n’arrivez pas à résoudre par vous-même ? Adressez-vous à l’évêque uniquement. C’est alors que vous apprécierez le fait que son temps n’est pas encombré par des demandes d’autres membres qui pourraient s’arranger autrement et qu’il peut vous accorder rapidement son attention.
Lorsqu’un officier est appelé dans l’Eglise, et c’est vrai aussi pour l’évêque, il ne peut entrer en fonctions qu’après le vote de soutien de l’assemblée. C’est le principe du consentement commun. Lorsque vous soutenez l’évêque ou un autre officier, vous faites deux choses :
(1) Vous marquez votre accord avec le choix qui a été fait et la dignité de la personne appelée. (2) Vous vous engagez à soutenir l’officier appelé, ce qui veut dire l’aider, vous mettre à sa disposition, lui accorder votre confiance, prier pour lui et – ce qui n’est peut-être pas toujours si spontané que cela – le remercier pour ce qu’il fait (de préférence avant sa relève).
Ceci mérite un petit développement.
En tant que grand prêtre président de la paroisse, l’évêque est appelé à prendre des décisions et à faire des choix pour la bonne marche des choses. Il est important de lui faire confiance, vous souvenant qu’il est désintéressé, qu’il cherche à faire ce qu’il y a de mieux et qu’il a été investi de l’autorité et du droit à l’inspiration pour remplir son appel. Ce qu’il décide peut ne pas être ce que vous auriez préféré. Que faire dans ce cas ?
Faites-lui confiance. Après tout, il ne va demander à personne de faire le mal. Dites-vous qu’il a certainement accès à des informations dont vous ne disposez pas et qui justifient ses choix. Dites-vous que même si vous pensez voir juste, c’est peut-être vous qui êtes dans l’erreur. Reconnaissez-lui le droit de se tromper. Vous vous réclameriez certainement de ce droit si c’était vous qu’on appelait à sa place. Gardez vos opinions pour vous. N’en parlez même pas à votre famille. Si votre point de vue vous paraît tellement vital, parlez-en à l’intéressé et à lui seul et laissez-le ensuite décider en fonction des éléments que vous lui avez apportés. N’en veuillez pas à l’évêque s’il n’assiste pas à telle activité que vous avez organisée. Relisez la liste de ses charges. S’il n’est pas là, c’est qu’il ne le peut pas.
En tout état de cause, priez pour lui, comme pour les autres officiers de la paroisse et surtout pensez de temps à autre à lui dire merci. Cela lui mettra du baume au coeur.
Enfin, mettez l’Evangile en pratique. Nous avons tous des offices, ce qui fait qu’il y a entre nous une interaction. Quand des personnalités différentes travaillent ensemble, elles ont fatalement des points de vue différents et des façons différentes de voir les choses. Il est humain, dans de telles situations, que des différends apparaissent occasionnellement avec risque de conflits. On peut alors soit en faire un champ de bataille soit un tremplin pour progresser. Le simple fait d’avoir de l’éducation peut être décisif. En outre, c’est le moment de nous souvenir de deux passages clefs du Nouveau Testament :
« Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu! » (Matthieu 5:9).
« … Si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien. La charité est patiente, elle est pleine de bonté; la charité n'est point envieuse; la charité ne se vante point, elle ne s'enfle point d'orgueil, elle ne fait rien de malhonnête, elle ne cherche point son intérêt, elle ne s'irrite point, elle ne soupçonne point le mal, elle ne se réjouit point de l'injustice, mais elle se réjouit de la vérité; elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout » (1 Corinthiens 13:3-7).
On peut se trouver dans une situation de conflit sans l’avoir vue venir. Dans ce cas, il suffit de l’écraser dans l’œuf. S’excuser, s’expliquer, s’écouter, rester calme, mesurer ses paroles. L’efficacité d’un conflit est inversement proportionnelle au temps qu’il consomme. Réglez vos différends entre vous comme des chrétiens que vous êtes. Ne soumettez pas vos différends à l’arbitrage de l’évêque : cela a deux désavantages : (1) c’est un aveu d’incapacité de pratiquer l’Evangile de votre part, (2) c’est le mettre dans la position inconfortable de devoir trancher entre vous, et de s’attirer le ressentiment de l’une ou de l’autre partie ou des deux.
Si nous voulons aider efficacement notre évêque et le soutenir comme il en a besoin, la Règle d’Or reste la meilleure de toutes les formules : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes » (Matthieu 7:12).
EN CONCLUSION
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