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SECTION QUATRE : 1839 - 1842
Discours du prophète aux Douze
L’après-midi du mardi 2 juillet 1839, le prophète se réunit avec les apôtres et quelques-uns des soixante-dix qui, conformément à la révélation du Seigneur, étaient sur le point de partir en mission en Grande-Bretagne, et leur donna des instructions. Il écrivit un résumé de son discours dans son journal et nous le reproduisons ici en entier tel qu’il est donné dans l’Histoire de l’Église.
Prenez garde à l’orgueil
Utilisez constamment les principes de la miséricorde, et soyez prêts à pardonner à votre frère au premier signe de repentance et de disposition à demander pardon; et si nous allions jusqu’à pardonner à notre frère ou à notre ennemi avant qu’il ne le demande, notre Père céleste serait tout aussi miséricordieux à notre égard...
Et nous devrions aussi être disposés à nous repentir de tous nos péchés et à les confesser sans rien cacher; et que les Douze soient humbles et pas hautains, prennent garde à l’orgueil et ne cherchent pas à se dépasser mutuellement, mais agissent pour le bien l’un de l’autre, utilisant mutuellement leurs noms en des termes honorables dans leurs prières devant le Seigneur et devant leurs semblables, ne médisent pas et ne dévorent pas leurs frères. Pourquoi l’homme ne veut-il pas apprendre la sagesse par le précepte et par l’exemple en cette époque tardive du monde, alors que nous avons une telle nuée de témoins et d’exemples devant nous sans être obligés d’apprendre tout ce que nous savons par triste expérience. Les nouveaux qui sont choisis pour prendre la place de ceux qui sont tombés du Collège des Douze doivent-ils commencer à s’enfler d’orgueil jusqu’à ce qu’ils deviennent tellement hautains qu’ils trébuchent et que leur chute ne soit grande et qu’ils aillent se vautrer dans la boue, la fange et les ténèbres, comme Judas, jusqu’aux tourments de Satan, comme l’ont fait plusieurs des Douze, ou apprendront-ils la sagesse et en auront-ils? O Dieu! Donne-leur de la sagesse, et garde-les humbles, je t’en prie.
Lorsque les Douze ou tout autre témoin de Jésus-Christ se tiennent devant les assemblées de la terre et qu’ils prêchent avec le pouvoir et la manifestation du Saint-Esprit et que les gens sont étonnés et confondus devant la doctrine et disent: «Que cet homme a prêché un discours puissant, un merveilleux sermon», que cet homme ou ces hommes veillent à ne pas s’en attribuer la gloire, mais fassent attention à être humbles et à en attribuer l’éloge et la gloire à Dieu et à l’Agneau; car c’est par le pouvoir de la Sainte Prêtrise et du Saint-Esprit qu’ils ont le pouvoir de parler de cette façon. Qu’es-tu, ô homme, si ce n’est de la poussière? Et de qui reçois-tu ton pouvoir et tes bénédictions, si ce n’est de Dieu?
Pas envoyés pour être instruits
Ensuite, ô Douze! Faites attention à cette clef, et ayez de la sagesse pour l’amour du Christ et pour votre propre âme. Vous n’êtes pas envoyés au dehors pour être instruits, mais pour enseigner. Que votre parole soit toujours accompagnée de grâce. Soyez sobres, veillez. Souvenez-vous que c’est un jour d’avertissement, et pas le moment de faire de longs discours. Agissez avec honnêteté devant Dieu et devant les hommes. Prenez garde aux sophismes des Gentils, comme par exemple vous incliner bien bas devant des hommes en qui vous n’avez aucune confiance. Soyez honnêtes, ouverts et francs dans toutes vos relations avec l’humanité.
Ne trahissez pas les frères
O Douze! Et tous les saints! Profitez de cette clef importante: que dans toutes vos épreuves, vos ennuis, vos tentations, vos afflictions, vos liens, vos emprisonnements et la mort, vous veilliez à ne pas trahir le ciel, à ne pas trahir Jésus-Christ, à ne pas trahir vos frères, à ne pas trahir les révélations de Dieu, qu’elles soient dans la Bible, dans le Livre de Mormon ou dans les Doctrine et Alliances, ou toute autre parole de Dieu qui ait jamais été ou sera jamais donnée et révélée à l’homme dans ce monde ou dans celui qui est à venir. Oui, autant que vous vous débattiez et que vous piétiniez, veillez à ne pas faire ceci, de peur que le sang de pauvres innocents ne se trouve sur les pans de votre habit et que vous n’alliez en enfer. Tous les autres péchés ne peuvent se comparer au péché contre le Saint-Esprit et au fait de se révéler traître à l’égard des frères. Nous pourrons toujours savoir par ce signe que nous courons le risque d’être conduits à la chute et à l’apostasie lorsque nous cédons au diable de telle manière que nous négligeons la première doctrine connue, mais quoi que vous fassiez, ne trahissez pas votre ami.
Une clef des mystères
Je vais vous donner une des clefs des mystères du royaume. C’est un principe éternel qui existe de toute éternité auprès de Dieu: celui qui se dresse pour condamner les autres, critiquant l’Église, disant qu’ils sont hors du chemin, alors que lui-même est juste, sachez avec certitude que cet homme est sur la grand-route de l’apostasie; et s’il ne se repent pas, il apostasiera, aussi vrai que Dieu vit. Le principe est aussi correct que celui que Jésus a avancé quand il a dit que celui qui cherche un signe est adultère; et ce principe est éternel, immuable et ferme comme les piliers du ciel car chaque fois que vous voyez un homme rechercher un signe, vous pouvez être sûrs que c’est un adultère (2 juillet 1839). — H. C. 3:383—385.
Déclaration du prophète sur la prêtrise
La prêtrise fut donnée en premier lieu à Adam; il reçut la Première Présidence et en détient les clefs de génération en génération. Il l’obtint lors de la création, avant que le monde fût formé, comme nous le voyons dans Genèse 1:26, 27, 28. Il reçut la domination sur tous les êtres vivants. Il est Michel, l’archange, dont parlent les Écritures. Elle fut ensuite donnée à Noé, qui est Gabriel, et qui suit immédiatement Adam dans l’autorité de la prêtrise; il fut appelé par Dieu à cet office, et il fut le père de tous les vivants à son époque et c’est à lui que fut donnée la domination. Ces hommes détinrent les clefs d’abord sur la terre et ensuite dans le ciel.
La prêtrise éternelle
La prêtrise est un principe éternel; elle a existé avec Dieu de toute éternité et existera à toute éternité, sans commencement de jours ni fin d’années. Les clefs doivent être amenées du ciel chaque fois que l’Évangile est envoyé. Lorsqu’elles sont révélées du ciel, c’est par l’autorité d’Adam.
Adam, l’homme le plus ancien
Daniel, en son chapitre sept, parle de l’Ancien des jours; il entend par là l’homme le plus ancien, notre père Adam, Michel: il réunira ses enfants et tiendra un conseil avec eux pour les préparer pour la venue du Fils de l’homme. Il (Adam) est le père de la famille humaine et préside sur les esprits de tous les hommes, et tous ceux qui ont eu les clefs doivent se tenir devant lui dans ce grand conseil. Ceci peut se produire avant que certains d’entre nous quittent cette vie. Le Fils de l’Homme se tient devant lui et la gloire et la domination lui sont données. Adam remet son intendance au Christ, ce qui lui fut remis comme détenteur des clefs de l’univers, mais conserve sa place de chef de la famille humaine.
L’esprit de l’homme
L’esprit de l’homme n’est pas un être créé[1] il a existé de toute éternité et existera à toute éternité. Ce qui est créé ne peut être éternel; et la terre, l’eau, etc., ont existé de toute éternité dans un état élémentaire. Notre Sauveur parle des enfants et dit: Leurs anges voient continuellement la face de mon Père. Le Père convoqua tous les esprits lors de la création de l’homme et les organisa. Il (Adam) est à la tête, et il lui fut dit de multiplier. Les clefs lui furent tout d’abord données, et par lui à d’autres. Il devra rendre compte de son intendance et eux à lui.
Les clefs données à Pierre, Jacques et Jean
La prêtrise est éternelle. Le Sauveur, Moïse et Élie donnèrent les clefs à Pierre, Jacques et Jean, lorsqu’ils furent transfigurés devant lui. La prêtrise est éternelle, elle est sans commencement de jours ou fin d’années, sans père, sans mère, etc. S’il n’y a pas de changement d’ordonnances, il n’y a pas de changement de prêtrise. Partout où sont administrées les ordonnances de l’Évangile, là se trouve la prêtrise.
Le lignage de la prêtrise
Comment sommes-nous arrivés à détenir la prêtrise dans les derniers jours? Elle est descendue jusqu’à nous en succession régulière. Pierre, Jacques et Jean la reçurent et la donnèrent à d’autres. Le Christ est le Grand-Prêtre Suprême, puis vient Adam. Paul dit que l’Église s’est approchée des myriades qui forment le chœur des anges — du Juge qui est le Dieu de tous — des esprits des justes parvenus à la perfection, de Jésus qui est le Médiateur de la Nouvelle Alliance (Hébreux 12:22—24).
J’ai vu Adam dans la vallée d’Adam-ondi-Ahman. Il réunit ses enfants et les bénit en leur donnant une bénédiction patriarcale. Le Seigneur apparut au milieu d’eux et il (Adam) les bénit tous, et il prédit ce qui leur arriverait jusqu’à la dernière génération.
C’est pour cela qu’Adam bénit sa postérité; il voulait l’amener en la présence de Dieu. Ils attendaient une cité, etc. [«dont Dieu est l’architecte et le constructeur» (Hébr. 11:10)]. Moïse chercha à amener les enfants d’Israël en la présence de Dieu par le pouvoir de la prêtrise, mais il ne le put. Dans les premiers temps du monde, ils essayèrent d’établir la même chose; et des Élies furent suscités qui essayèrent ces gloires mêmes, mais ne les obtinrent pas; mais ils prophétisèrent qu’un jour viendrait où cette gloire serait révélée. Paul parla de la dispensation de la plénitude des temps où Dieu réunirait toutes choses, etc.; et ces hommes à qui ces clefs ont été données devront être là; afin qu’ils ne parviennent pas sans nous à la perfection. Ces hommes sont au ciel, mais leurs enfants sont sur la terre. Leurs entrailles aspirent après nous. Dieu envoie pour cette raison des hommes sur la terre. «Le Fils de l’Homme enverra ses anges, qui arracheront de son royaume tous les scandales et ceux qui commettent l’iniquité» (Mt. 13:41). Tous ces personnages revêtus d’autorité descendront et s’uniront pour réaliser cette œuvre.
Nous ne pouvons être parfaits sans nos morts.
Le royaume des cieux est semblable à un grain de sénevé. Le grain de sénevé est petit, mais produit un grand arbre, et les oiseaux viennent habiter dans les branches. Les oiseaux sont les anges. Ainsi les anges descendent, s’unissent pour rassembler leurs enfants et les rassemblent. Nous ne pouvons être rendus parfaits sans eux, ni eux sans nous; lorsque cela sera fait, le Fils de l’Homme descendra, l’Ancien des jours siégera; nous pourrons nous approcher des myriades qui forment le chœur des anges, communier avec eux et recevoir des instructions de leur part. Paul a parlé des travaux de Moïse, a parlé du baptême des enfants d’Israël (1 Co. 10:1-4). Il savait cela, il savait que toutes les ordonnances et toutes les bénédictions étaient dans l’Église. Paul avait ces choses-là, et nous pouvons faire en sorte que les oiseaux du ciel habitent dans les branches, etc.
La «corne» fit la guerre aux saints et les vainquit, jusqu’à la venue de l’Ancien des jours; l’Ancien des jours donna droit aux saints du Très-Haut, et le temps arriva où les saints furent en possession du royaume. Ceci ne fait pas seulement de nous des ministres ici, mais dans l’éternité.
Pas de salut sans la révélation
Le salut ne peut se produire sans la révélation; il est vain d’exercer un ministère sans elle. Personne n’est ministre de Jésus-Christ sans être un prophète. Nul ne peut être ministre de Jésus-Christ s’il n’a le témoignage de Jésus; et cela c’est l’esprit de la prophétie. Chaque fois que le salut a été administré, cela a été par témoignage. Les enfants du temps présent témoignent du ciel et de l’enfer, et n’ont jamais vu ni l’un ni l’autre; et je dirai que personne ne sait ces choses sans cela.
Les signes de la Seconde Venue ont commencé
Les hommes professent prophétiser. Je vais prophétiser que les signes de la venue du Fils de l’Homme ont déjà commencé. Un fléau après l’autre apportera la dévastation. Nous aurons bientôt la guerre et l’effusion de sang. La lune se transformera en sang. Je témoigne de cela et de ce que la venue du Fils de l’Homme est proche et même à notre porte. Si notre âme et notre corps n’aspirent pas à la venue du Fils de l’Homme, et si, après notre mort nous n’y aspirons pas, etc., nous serons parmi ceux qui diront aux rochers de tomber sur eux.
Le cœur des enfants sera ramené vers les pères
Il faudra que le cœur des enfants soit ramené vers les pères, et les pères vers les enfants, vivants ou morts, pour les préparer pour la venue du Fils de l’Homme. Si Élie ne venait pas, la terre entière serait frappée.
Il y aura çà et là un pieu [de Sion] pour le rassemblement des saints. Certains ont peut-être crié à la paix, mais les saints et le monde auront dorénavant peu de paix. Que ceci ne nous empêche pas d’aller vers les pieux; car Dieu nous a dit de fuir, sans traîner, sinon nous serons dispersés, un ici, l’autre là. Là-bas vos enfants seront bénis et vous, vous serez au milieu d’amis où vous pourrez être bénis. Le filet de l’Évangile en rassemble de toutes sortes.
Je prophétise que celui qui s’attarde après avoir l’occasion de partir sera affligé par le diable. Les guerres sont proches; nous ne devons pas tarder, mais il n’est pas requis de nous que nous fassions des sacrifices. Nous devrions avoir comme but principal l’édification de Sion. Quand les guerres viendront, nous devrons fuir à Sion. Le cri est: dépêchons-nous! La dernière révélation dit: Vous n’aurez pas le temps de parcourir la terre que ces choses n’arrivent. Cela viendra comme le choléra, la guerre, les incendies et les tremblements de terre, un fléau après l’autre, etc., jusqu’à ce que vienne l’Ancien des jours, et alors droit sera donné aux saints.
Pas de paix si ce n’est en Sion
Quoi que l’on ait pu vous dire sur moi ou sur Kirtland, n’y prêtez pas attention; car si c’est un lieu de refuge, le diable fera ses plus grands efforts pour prendre les saints au piège. Vous devez vous familiariser avec ces hommes qui, comme Daniel, prient trois fois par jour tournés vers la Maison du Seigneur. Tournez les yeux vers la présidence et recevez des instructions. Quiconque a peur, est cupide, etc., sera pris au filet. Le moment viendra bientôt où personne n’aura la paix si ce n’est en Sion et dans ses pieux.
J’ai vu des hommes pourchasser leurs propres fils pour leur ôter la vie, frère assassiner frère, des femmes tuer leurs propres filles et des filles chercher à tuer leurs mères. J’ai vu les armées rangées contre des armées. J’ai vu le sang, la dévastation, les incendies, etc. Le Fils de l’Homme a dit que la mère sera contre la fille et la fille contre la mère, etc. Tout cela est proche. Ils suivront les saints de Dieu de ville en ville. Satan fera rage et l’esprit du diable est maintenant en fureur. Je ne sais pas dans combien de temps tout cela se produira; mais quand je les vois, vais-je crier à la paix? Non; j’élèverai la voix et en témoignerai. Combien de temps aurez-vous de bonnes récoltes et la famine sera-t-elle retardée, je n’en sais rien; lorsque les feuilles poussent sur le figuier, vous connaissez que l’été est proche.
Éprouver les esprits
Nous pouvons espérer les anges et recevoir leur ministère, mais nous devons éprouver les esprits et les mettre à l’épreuve, car il arrive souvent que les hommes commettent une erreur à cet égard. Dieu a prévu que lorsqu’il a communiqué, il ne faut accepter comme vision que ce que vous voyez de vos yeux ou entendez de vos oreilles. Quand vous avez une vision, priez pour en avoir l’interprétation; si vous ne l’obtenez pas, n’en parlez pas; vous devez être certains à cet égard. Une vision ouverte manifestera ce qui est le plus important. Des esprits menteurs parcourent la terre. Il y aura de grandes manifestations d’esprit, tant fausses que vraies.
Les anges n’ont pas d’ailes
C’est par l’Esprit de Dieu, par l’intermédiaire des ordonnances, qu’on naît de nouveau. Un ange de Dieu n’a jamais d’ailes. Il y en a qui diront qu’ils ont vu un esprit, qu’il leur a donné la main, mais qu’ils ne l’ont pas touchée. C’est un mensonge. Tout d’abord, c’est contraire aux plans de Dieu; un esprit ne peut venir qu’en gloire; un ange a chair et os, nous ne voyons pas sa gloire. Le diable peut apparaître sous forme d’un ange de lumière. Demandez à Dieu de le révéler; si c’est du diable, il fuira d’auprès de vous; s’il est de Dieu, il se manifestera ou veillera à ce que ce soit manifeste. Nous pouvons aller à Jésus et le lui demander; il sera au courant; s’il vient un petit enfant, il s’adaptera au langage et à la capacité d’un petit enfant.
Ce ne sont pas tous les esprits, toutes les visions ou tous les chants qui sont de Dieu. Le diable est un orateur, il est puissant, il a emporté notre Sauveur sur le haut du temple, il l’a fait rester quarante jours dans le désert. Le don de discernement des esprits sera donné à l’Ancien qui préside. Priez pour lui, pour qu’il ait ce don. Ne parlez pas avec le don des langues sans le comprendre, ou sans interprétation. Le diable peut parler en langues, l’adversaire viendra avec son œuvre; il peut tenter toutes les sortes de gens, il peut parler en anglais ou en hollandais. Que personne ne parle en langues sans interpréter, si ce n’est avec le consentement de celui qui est mis pour présider. Alors il peut discerner ou interpréter, ou un autre peut le faire. Recherchons la gloire d’Abraham, de Noé, d’Adam, des apôtres; soyons en communion avec ces choses [ayons-en la connaissance], et alors nous serons parmi eux lorsque le Christ viendra (2 juillet 1839). — H. C. 3:385—392.
Les saints n’échapperont pas aux jugements
J’ai parlé et expliqué l’inutilité de prêcher au monde concernant de grands jugements, mais plutôt de prêcher l’Évangile tout simple. J’ai expliqué ce qui concernait la venue du Fils de l’Homme et aussi que c’est une fausse idée que de croire que les saints échapperont à tous les jugements pendant que les méchants souffrent; car toute chair est sujette à la souffrance et «les saints auront aussi du mal à échapper»; néanmoins beaucoup de saints échapperont, car le juste vivra par la foi; néanmoins beaucoup de justes seront la proie de la maladie, des fléaux, etc., en raison de la faiblesse de la chair, et cependant seront sauvés dans le royaume de Dieu. De sorte que c’est un principe impie que de dire qu’un tel et un tel ont transgressé puisqu’ils sont la proie de la maladie ou de la mort, car toute chair est sujette à la mort; et le Sauveur a dit: «Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés» (29 septembre 1839). — H. C. 4:11.
Lettre du prophète aux frères Hyde et Page: une mission en Palestine est envisagée
Nauvoo, comté de Hancock (Illinois)
Le 14 mai 1840
À Orson Hyde et John E. Page:
Chers frères, je suis heureux d’apprendre par votre lettre que votre mission devient «de plus en plus vaste». C’est une mission grande et importante, une mission qui vaut la peine que les intelligences qui entourent le trône de Jéhovah s’y appliquent. Bien qu’elle paraisse grande pour le moment, cependant vous ne faites que commencer de prendre conscience de la grandeur, de l’étendue et de la gloire de cette mission. S’il y a quelque chose qui soit de nature à intéresser l’esprit des saints, à éveiller en eux les sentiments les plus raffinés et à les éveiller à l’entreprise et à l’effort, assurément ce sont les grandes et précieuses promesses que notre Père céleste a faites aux enfants d’Abraham; et ceux qui s’occupent à rechercher les exilés d’Israël et les dispersés de Juda ne peuvent manquer de jouir de l’Esprit du Seigneur et de voir les plus grandes bénédictions du ciel reposer en effusions copieuses sur eux.
Une bénédiction pour le peuple de l’alliance
Frères, vous êtes sur le chemin de la renommée éternelle et de la gloire immortelle; et étant donné que vous éprouvez de l’intérêt pour le peuple de l’alliance du Seigneur, le Dieu de leurs pères vous bénira. Ne vous laissez pas décourager par la grandeur de l’œuvre; soyez seulement humbles et fidèles, et puis vous pourrez dire: «Qui es-tu, grande montagne, devant Zorobabel? Tu seras aplanie.» Celui qui dispersa Israël a promis de le rassembler; c’est pourquoi étant donné que vous allez être les instruments de cette grande œuvre, il vous dotera de pouvoir, de sagesse, de puissance et d’intelligence, et de toutes les qualifications nécessaires, tandis que votre esprit s’ouvrira de plus en plus, jusqu’à ce que vous puissiez englober la terre et les cieux, pour avancer dans l’éternité et contempler les actes puissants de Jéhovah dans toute leur variété et toute leur gloire.
La publication de livres
En réponse à vos questions concernant la traduction et la publication du Livre de Mormon, du livre de cantiques, de l’histoire de l’Église, etc., je dirai que je les approuve totalement et donne mon consentement, sauf pour le livre des cantiques, étant donné qu’une nouvelle édition, contenant une plus grande diversité de cantiques, sera bientôt publiée ou imprimée ici, livre qui sera, je pense, un ouvrage officiel. Dès qu’il sera publié, je vous en ferai envoyer, et vous pourrez les faire traduire et imprimer dans toutes les langues que vous voulez.
Si nous ne sommes pas à même de vous en envoyer, et s’il y a une grande demande de livres de cantiques là où vous vous trouvez, je ne verrai aucune objection à ce que vous publiiez le livre actuel. Si vous publiez le Livre de Mormon, les Doctrine et Alliances ou le livre de cantiques, je souhaite que vous en assuriez les droits d’auteur en mon nom.
Pour ce qui est de la publication de tout autre livre, soit original, soit ceux qui ont déjà été publiés, vous vous laisserez guider par les circonstances. Si vous pensez qu’il est nécessaire de le faire, je n’y verrai aucune objection. Il sera bon que vous veilliez à la clarté et à la simplicité dans tout ce que vous publiez, «car mon âme prend plaisir à être claire.»
Le devoir des soixante-dix
Je suis très heureux de l’esprit de votre lettre, et soyez assurés, chers frères, de ma cordiale collaboration et de mes prières pour votre bien-être et votre succès. En réponse à votre question d’une précédente lettre concernant le devoir des soixante-dix dans l’administration des Églises, etc., je dis que les devoirs des soixante-dix sont plus particulièrement de prêcher l’Évangile et d’édifier des Églises plutôt que de les administrer, qu’un grand prêtre peut les prendre en charge. Si un grand prêtre néglige son devoir et égare ou laisse égarer l’Église, la laisse s’écarter des ordonnances du Seigneur, alors il est du devoir d’un des soixante-dix, agissant sous la direction spéciale des Douze, étant dûment chargé par eux de leur autorité déléguée, d’aller vers l’Église, et si cela convient à la majorité des membres de ladite Église, de se mettre en devoir de l’administrer et la mettre en ordre; sinon il ne peut avoir aucune autorité d’agir.
Joseph Smith, fils — H. C. 4:128—129.
Procès devant le grand conseil
Samedi 11 juillet 1840. Le grand conseil s’est réuni dans mon bureau et je lui ai enseigné des principes relatifs à ses devoirs en tant que conseil, et pour qu’il soit guidé par eux à l’avenir, j’ai ordonné que cela soit enregistré comme suit: «Que le conseil ne peut juger d’aucun cas sans que les deux parties ne soient présentes ou n’aient eu l’occasion d’être présentes; il ne doit pas non plus écouter la plainte d’une des parties avant que son cas ne soit amené en jugement, ni tolérer que la réputation de qui que ce soit ne soit mise à nu devant le grand conseil sans que la personne ne soit présente et ne soit prête à se défendre; que l’esprit des conseillers ne doit pas avoir de préjugés favorables ou défavorables à l’égard de toute personne sur le cas de laquelle ils peuvent être appelés à statuer» (11 juillet 1840). — H. C. 4:154.
Lettre du prophète à William W. Phelps, saluant son retour dans l’Église
Nauvoo, comté de Hancock (Illinois)
Le 22 juillet 1840
Cher frère Phelps — Je dois dire que c’est avec des sentiments peu ordinaires que je m’efforce de vous écrire quelques lignes en réponse à votre lettre du 29 écoulé; en même temps je me réjouis de l’occasion qui m’est donnée.
Vous pouvez vous rendre compte dans une certaine mesure de ce qu’ont été mes sentiments, aussi bien que ceux de frère Rigdon et de frère Hyrum, lorsque nous avons lu votre lettre: vraiment notre cœur a fondu de tendresse et de compassion lorsque nous avons pris connaissance de vos résolutions. Je peux vous assurer que je me sens disposé à décider de votre cas d’une manière qui rencontrera l’approbation de Jéhovah (dont je suis le serviteur), et conformément aux principes de la vérité et de la justice qui ont été révélés; et étant donné que la longanimité, la patience et la miséricorde ont toujours caractérisé les rapports de notre Père céleste envers ceux qui sont humbles et pénitents, je me sens disposé à copier son exemple, à chérir les mêmes principes et, ce faisant, à être un sauveur de mes semblables.
Il est vrai que nous avons beaucoup souffert de votre comportement: la coupe de fiel, déjà suffisamment pleine à boire pour des mortels a vraiment été remplie à déborder lorsque vous vous êtes tourné contre nous. Vous, notre confident et notre ami, vous avec qui nous avions éprouvé beaucoup de périodes de rafraîchissement de la part du Seigneur, «ce n’est pas un ennemi qui nous outrage, nous le supporterions». «Le jour où tu te tenais en face de lui, le jour où des étrangers emmenaient captive son armée, où des étrangers entraient dans ses portes, et jetaient le sort sur [Far West], toi aussi tu étais comme l’un d’eux. Tu n’aurais pas dû repaître ta vue du jour de ton frère, du jour de son malheur, tu n’aurais pas non plus dû ouvrir une grande bouche au jour de la détresse.»
Cependant la coupe a été bue, la volonté de notre Père a été faite et nous sommes toujours vivants, chose pour laquelle nous remercions le Seigneur. Et ayant été délivrés des mains d’hommes méchants par la miséricorde de notre Dieu, nous disons que vous avez la possibilité d’être délivré des puissances de l’Adversaire, d’être amené dans la liberté des enfants bien-aimés de Dieu et de reprendre votre place parmi les saints du Dieu Très-Haut et, par la diligence, l’humilité et l’amour sincère, vous recommander à notre Dieu et à votre Dieu et à l’Église de Jésus-Christ.
Croyant que votre confession est réelle et votre repentance sincère, je serai heureux de vous donner de nouveau la main droite de l’amitié et de me réjouir du retour du prodigue.
Votre lettre a été lue dimanche dernier aux saints et nous leur avons demandé ce qu’ils en pensaient; il a été unanimement résolu que W. W. Phelps soit accepté dans la communion des saints.
«Viens, cher frère, puisque la guerre a pris fin. Amis au début, nous sommes amis enfin.»
Toujours vôtre, Joseph Smith, fils — H. C. 4:162—164.
Réflexions sur la prêtrise
faites à la conférence du 5 octobre 1840
La Prêtrise de Melchisédek détient toute autorité
Pour traiter du sujet de la prêtrise, si important pour notre génération aussi bien que pour toutes les générations successives, je vais suivre le sujet aussi loin que je le peux à partir des Ancien et Nouveau Testaments.
Les Écritures parlent de deux prêtrises, à savoir celle de Melchisédek et celle d’Aaron ou lévitique. Bien qu’il y ait deux prêtrises, néanmoins la Prêtrise de Melchisédek englobe la Prêtrise d’Aaron ou lévitique, et est la direction suprême et détient la plus haute autorité relative à la prêtrise — les clefs du royaume de Dieu à toutes les époques du monde — jusqu’à la dernière postérité sur la terre, et elle est le canal par lequel sont révélés du ciel toute connaissance, toute doctrine, le plan de salut et tout ce qui est important.
Elle fut instituée avant «la fondation de la terre, avant que les étoiles du matin n’eussent éclaté en chants d’allégresse, et que les fils de Dieu n’eussent poussé des cris de joie», et c’est la prêtrise la plus haute et la plus sainte, elle est selon l’ordre du Fils de Dieu, et toutes les autres prêtrises ne sont que des parties, des ramifications, des pouvoirs et des bénédictions appartenant à celle-ci, et sont détenues, gérées et dirigées par elle. C’est le canal par lequel le Tout-Puissant a commencé à révéler sa gloire au commencement de la création de cette terre, par lequel il a continué à se révéler aux enfants des hommes jusqu’à présent, et par lequel il fera connaître ses desseins jusqu’à la fin des temps.
Adam le premier homme
À commencer par Adam, qui fut le premier homme[2], dont il est dit dans Daniel qu’il est «l’Ancien des jours» ou en d’autres termes le premier et le plus vieux de tous, le tout grand ancêtre dont il est dit ailleurs qu’il est Michel, parce qu’il fut le premier et le père de tous, non seulement par le lignage, mais le premier à détenir les bénédictions spirituelles, à qui il fut révélé le plan des ordonnances pour le salut de sa postérité jusqu’à la fin, et à qui le Christ fut pour la première fois révélé, par l’entremise de qui le Christ a été révélé du ciel et continuera dorénavant à être révélé. Adam détient les clefs de la dispensation de la plénitude des temps; c’est-à-dire que les dispensations de tous les temps ont été et seront révélées par son intermédiaire depuis le commencement jusqu’au Christ, et du Christ jusqu’à la fin des dispensations qui seront révélées. «Nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le bienveillant dessein qu’il avait formé en lui-même, pour le mettre à exécution lorsque les temps seraient accomplis, de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre» (Ép. 1:9, 10).
Les ordonnances sont toujours les mêmes
Or le dessein qu’il avait formé en lui-même pour la fin de la dernière dispensation, c’est que tout ce qui a trait à cette dispensation serait dirigé d’une manière s’accordant précisément sur les précédentes dispensations.
En outre, Dieu avait formé en lui-même le dessein qu’il n’y aurait de plénitude éternelle que lorsque toutes les dispensations seraient accomplies et rassemblées en une seule et que toutes les choses qui seraient rassemblées dans une de ces dispensations pour la même plénitude et la même gloire éternelle seraient en Christ Jésus. C’est pourquoi il décida que les ordonnances seraient les mêmes pour toujours et à jamais et mit Adam pour veiller sur elles, pour les révéler du ciel à l’homme ou pour envoyer des anges les révéler. «Ne sont-ils pas tous des esprits au service de Dieu, envoyés pour exercer un ministère en faveur de ceux qui doivent hériter du salut?» (Hé 1:14).
Ces anges sont sous la direction de Michel ou Adam, qui agit sous la direction du Seigneur. La citation ci-dessus nous apprend que Paul comprenait parfaitement les buts de Dieu en ce qui concerne ses rapports avec l’homme et cet ordre glorieux et parfait qu’il établit en lui-même, par lequel il a envoyé du pouvoir, des révélations et de la gloire.
Adam reçut des commandements de Dieu
Dieu ne reconnaîtra pas ce qu’il n’a pas appelé, ordonné et choisi. Au commencement Dieu appela Adam par sa propre voix. «Mais l’Éternel Dieu appela l’homme, et lui dit: Où es-tu? Il répondit: J’ai entendu ta voix dans le jardin, et j’ai eu peur, parce que je suis nu, et je me suis caché» (voir Genèse 3:9, 10). Adam reçut de Dieu des commandements et des instructions; tel fut l’ordre depuis le commencement. Il est incontestable qu’il a reçu des révélations, des commandements et des ordonnances au commencement; sinon comment aurait-on fait pour commencer à offrir des sacrifices à Dieu d’une manière acceptable? Et si on a offert des sacrifices, il fallait qu’on y soit autorisé par ordination. Nous lisons dans Genèse 4:4 qu’Abel apporta d’entre les premiers-nés du troupeau et leur graisse et le Seigneur porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande. En outre «c’est par la foi qu’Abel offrit à Dieu un sacrifice plus excellent que celui de Caïn; car c’est par elle qu’il fut déclaré juste, Dieu approuvant ses offrandes; et c’est par elle qu’il parle encore, quoique mort» (Hé 11:4). Comment parle-t-il encore? Eh bien, parce qu’il a honoré la prêtrise qui lui avait été conférée il est mort en juste, et c’est pourquoi il est devenu un ange de Dieu, étant ressuscité, détenant toujours les clefs de sa dispensation, et fut envoyé du ciel à Paul pour lui apporter des paroles de consolation et pour lui apporter la connaissance des mystères de la piété.
Et si tel ne fut pas le cas, comment, je le demande, Paul en savait-il autant sur Abel, et pourquoi dirait-il qu’il parlait encore quoique mort? Par conséquent s’il a parlé quoique mort, c’est qu’il avait été envoyé du ciel pour exercer un ministère.
Adam détient les clefs de la présidence
Telle est donc la nature de la prêtrise; chacun détenant la présidence de sa dispensation et un seul homme détenant la présidence sur eux tous, à savoir Adam; et Adam recevant sa présidence et son autorité du Seigneur, mais il ne peut recevoir de plénitude que lorsque le Christ présentera le royaume au Père, ce qui se fera à la fin de la dernière dispensation.
Caïn maudit parce qu’injuste
Le pouvoir, la gloire et les bénédictions de la prêtrise ne pouvaient durer pour ceux qui recevaient l’ordination que tant qu’ils restaient justes; car Caïn, étant également autorisé à offrir des sacrifices, mais ne les offrant pas en justice, fut maudit. Cela signifie donc que les ordonnances doivent être respectées de la manière prescrite par Dieu; sinon leur prêtrise se révélera être une malédiction plutôt qu’une bénédiction.
La mission d’Hénoc
Si Caïn avait accompli la loi de la justice comme le fit Hénoc, il aurait pu marcher avec Dieu tous les jours de sa vie et jamais aucune bénédiction ne lui aurait manqué. «Hénoc, après la naissance de Metuschélah, marcha avec Dieu trois cents ans; et il engendra des fils et des filles. Tous les jours d’Hénoc furent de trois cent soixante-cinq ans. Hénoc marcha avec Dieu; puis il ne fut plus parce que Dieu le prit» (Ge 5:22, 23). Or cet Hénoc, Dieu se le réserva, pour qu’il ne mourût pas à ce moment-là, et lui confia un ministère auprès de corps terrestres sur lesquels peu de choses seulement ont été révélées. Il est réservé aussi pour la présidence d’une dispensation, et nous en dirons davantage sur lui et sur les corps terrestres dans un autre traité. C’est un ange chargé d’un ministère pour l’exercer auprès de ceux qui seront héritiers du salut et il est apparu à Jude comme Abel est apparu à Paul; c’est pourquoi Jude a parlé de lui (versets 14, 15). Et Hénoc, le septième depuis Adam, a révélé ces paroles: «Voici, le Seigneur vient avec dix mille de ses saints.»
Paul connaissait aussi ce personnage et reçut des instructions de lui. «C’est par la foi qu’Enoch [Hénoc] fut enlevé pour qu’il ne vît point la mort, et qu’il ne parut plus parce que Dieu l’avait enlevé; car, avant son enlèvement, il avait reçu le témoignage qu’il était agréable à Dieu. Or, sans la foi il est impossible de lui être agréable; car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent» (Hé 11:5, 6).
La doctrine de la translation
La doctrine de la translation est un pouvoir qui appartient à cette prêtrise. Il y a beaucoup de choses qui appartiennent aux pouvoirs de la prêtrise et à ses clefs qui ont été tenues cachées dès avant la fondation du monde; elles sont cachées aux sages et aux intelligents pour être révélées dans les derniers temps.
Il se peut que beaucoup aient pensé que la doctrine de la translation était une doctrine par laquelle les hommes étaient emmenés immédiatement dans la présence de Dieu et dans une plénitude éternelle, mais c’est là une idée erronée. Le lieu qu’ils habitent est d’un ordre terrestre, un lieu préparé pour les gens qu’il gardait en réserve pour être les anges chargés d’un ministère auprès de beaucoup de planètes et qui jusqu’à présent ne sont pas encore entrés dans une plénitude aussi grande que ceux qui ressuscitent d’entre les morts. «D’autres furent livrés aux tourments, et n’acceptèrent point de délivrance, afin d’obtenir une meilleure résurrection» (voir Hé 11:35).
Il était donc manifeste qu’il y avait une meilleure résurrection, sinon Dieu ne l’aurait pas révélé à Paul. En quoi peut-on donc dire que c’est une meilleure résurrection? Cette distinction existe entre la doctrine de la résurrection proprement dite et la translation; la translation permet d’être délivré des tortures et des souffrances du corps, mais leur existence se prolongera en ce qui concerne les travaux et les labeurs du ministère avant qu’ils ne puissent entrer dans un repos et une gloire si grands. D’autre part, ceux qui ont été torturés, n’acceptant pas la délivrance, ont reçu un repos immédiat de leurs œuvres. «Et j’entendis du ciel une voix qui disait: Écris: Heureux dès à présent les morts qui meurent dans le Seigneur! Oui, dit l’Esprit, afin qu’ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent» (voir Ap 14:13).
Ils se reposent de leurs travaux pendant un temps prolongé, et cependant leur œuvre est gardée en réserve pour eux, afin qu’il leur soit permis d’accomplir la même œuvre lorsqu’ils recevront la résurrection pour leur corps. Mais nous laisserons ce sujet et le sujet des corps terrestres pour une autre fois, afin de les traiter d’une manière plus complète.
Les clefs de la prêtrise
Le tout grand patriarche suivant [après Hénoc] qui détint les clefs de la prêtrise, c’était Lémec. «Lémec, âgé de cent quatre-vingt-deux ans, engendra un fils. Il lui donna le nom de Noé, en disant: celui-ci nous consolera de nos fatigues et du travail pénible de nos mains, provenant de cette terre que l’Éternel a maudite» (voir Ge. 5:28, 29). La prêtrise continua de Lémec à Noé: «Alors Dieu dit à Noé: la fin de toute chair est arrêtée par devers moi; car ils ont rempli la terre de violence; voici, je vais les détruire avec la terre» (Ge. 6:13).
Nous voyons donc que les clefs de cette prêtrise consistaient à recevoir la voix de Jéhovah, de sorte qu’il parla avec lui [Noé] d’une manière familière et amicale, qu’il lui transmit les clefs, les alliances, le pouvoir et la gloire qu’il donna au commencement en bénédiction à Adam, et l’offrande de sacrifices, qui sera également poursuivie au dernier temps; car toutes les ordonnances et tous les devoirs qui ont jamais été requis par la prêtrise sous les directives et les commandements du Tout-Puissant dans n’importe laquelle des dispensations, on les aura toutes dans la dernière dispensation, par conséquent tout ce qui existait en vertu de l’autorité de la prêtrise à n’importe quelle période antérieure, on l’aura de nouveau, réalisant le rétablissement dont il a été parlé par la bouche de tous les saints prophètes; alors les fils de Lévi présenteront une offrande acceptable au Seigneur. «Il s’assiéra, fondra et purifiera l’argent; il purifiera les fils de Lévi, il les épurera comme on épure l’or et l’argent, et ils présenteront à l’Éternel des offrandes avec justice» (voir Mal 3:3).
Le sacrifice fera partie intégrante du rétablissement
Il sera nécessaire ici de faire quelques observations sur la doctrine exposée dans la citation ci-dessus, et on pense en général que le sacrifice fut entièrement aboli lorsque fut fait le grand sacrifice [c’est-à-dire le sacrifice du Seigneur Jésus], et qu’à l’avenir l’ordonnance du sacrifice ne sera plus nécessaire; mais ceux qui affirment ceci ne connaissent certainement pas les devoirs, les droits sacrés et l’autorité de la prêtrise, ou les prophètes.
L’offrande de sacrifices a toujours été liée à la prêtrise et constitue une partie des devoirs de celle-ci. Elle a commencé avec la prêtrise et continuera jusqu’après la venue du Christ, de génération en génération. On nous dit souvent que les serviteurs du Très-Haut faisaient des sacrifices dans les temps anciens, avant la loi de Moïse, ordonnances qui continueront lorsque la prêtrise sera rétablie avec toute son autorité, tout son pouvoir et toutes ses bénédictions.
La mission d’Élie
Élie fut le dernier prophète à détenir les clefs de la prêtrise, et, avant la dernière dispensation, il rétablira l’autorité et remettra les clefs de la prêtrise, afin que toutes les ordonnances s’accomplissent selon la justice. Il est vrai que le Sauveur avait l’autorité et le pouvoir de conférer cette bénédiction; mais les fils de Lévi avaient trop de préjugés. «Voici, je vous enverrai Élie, le prophète, avant que le jour de l’Éternel arrive, ce jour grand et redoutable... » Pourquoi envoyer Élie? Parce qu’il détient les clefs de l’autorité pour administrer toutes les ordonnances de la prêtrise, et si l’autorité n’est pas donnée, les ordonnances ne peuvent pas être administrées selon la justice.
D’une manière très générale, on croit que les sacrifices que l’on faisait autrefois étaient entièrement consumés. Tel n’était pas le cas; si vous lisez Lévitique 2:2,3, vous verrez que les prêtres en prenaient une partie comme souvenir et l’offraient devant le Seigneur, tandis que le reste était conservé pour l’entretien des prêtres; de sorte que les offrandes et les sacrifices ne sont pas tous consumés sur l’autel, mais on asperge le sang et on consomme la graisse et certaines autres parties.
Le rétablissement de toutes les ordonnances
Ces sacrifices, ainsi que toutes les ordonnances appartenant à la prêtrise, seront entièrement rétablis lorsque le temple du Seigneur sera construit et les fils de Lévi purifiés, et ils seront administrés avec tous leurs pouvoirs, ramifications et bénédictions. Ceci a toujours existé et existera toujours quand les pouvoirs de la Prêtrise de Melchisédek se manifestent suffisamment; sinon comment le rétablissement de toutes choses dont ont parlé tous les saints prophètes pourrait-il se réaliser? Il ne faut pas entendre par là que la loi de Moïse sera rétablie avec tous ses rites et toute la diversité de ses cérémonies; cela les prophètes ne l’ont jamais dit; mais les choses qui existaient avant le temps de Moïse, à savoir le sacrifice, continueront.
Certains demanderont peut-être: à quoi bon le sacrifice puisque le grand sacrifice a été fait? En réponse à quoi je dirai: si le repentir, le baptême et la foi existaient avant le temps du Christ, à quoi bon tout cela depuis ce temps-là? La prêtrise descend en ligne régulière de père en fils, au cours de leurs générations successives (voir livre des Doctrine et Alliances) (5 octobre 1840). — H. C. 4:207—212.
Une épître du prophète aux Douze
Au grand conseil voyageur et aux anciens de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours en Grande-Bretagne:
Frères bien-aimés, puissent la grâce, la miséricorde et la paix reposer sur vous de la part de Dieu le Père et du Seigneur Jésus-Christ. Plusieurs lettres de mes frères les Douze se trouvent devant moi, dont certaines méritaient que j’y réponde plus tôt, mais à cause de la multiplicité des affaires qui retiennent nécessairement mon attention, j’ai remis jusqu’à présent la tâche de vous écrire.
Soyez assurés, mes frères bien-aimés, que je ne suis pas un observateur indifférent des choses qui se passent sur la face de toute la terre; et parmi les mouvements généraux qui sont en cours, il n’en est pas qui soient d’une plus grande importance que l’œuvre glorieuse dans laquelle vous êtes maintenant engagés; par conséquent j’éprouve une certaine anxiété à votre sujet, espérant que par votre vertu, votre foi, votre diligence et votre charité vous pouvez vous recommander les uns aux autres, à l’Église du Christ et à votre Père qui est au ciel, par la grâce duquel vous avez été appelés à un appel si saint et êtes à même d’accomplir les grands devoirs lourds de responsabilités qui reposent sur vous. Et je peux vous assurer que d’après les renseignements que j’ai reçus, je suis certain que vous n’avez pas été négligents dans votre devoir mais que votre diligence et votre fidélité ont été de nature à vous assurer les sourires de ce Dieu dont vous êtes les serviteurs et [aussi] la bonne volonté des saints dans le monde entier.
L’Évangile en Angleterre
La diffusion de la vérité dans toute l’Angleterre est certainement une chose agréable; y penser ne peut que susciter des sentiments peu ordinaires dans le sein de ceux qui ont dû supporter la chaleur et le fardeau du jour et qui en ont été les fermes défenseurs et les avocats ardents dans sa tendre enfance, tandis qu’ils se trouvaient au milieu des circonstances les plus défavorables et que de toutes parts la destruction menaçait, tout comme la barque courageuse, qui a bravé saine et sauve la tempête, présente sa toile à la brise et se fraye noblement son chemin à travers les vagues qui cèdent devant elle, plus consciente que jamais de la force de sa coque et de l’expérience et de la capacité de son capitaine, de son pilote et de son équipage.
C’est de même une grande source de satisfaction pour mon esprit qu’une si bonne compréhension ait existé entre vous et que les saints aient écouté de si bon cœur des instructions, et ont rivalisé entre eux dans cette œuvre d’amour et dans l’avancement de la vérité et de la justice. C’est ainsi qu’il doit en être dans l’Église de Jésus-Christ. L’unité, c’est la force. «Oh! Qu’il est agréable, qu’il est doux pour des frères de demeurer ensemble!» Que les saints du Très-Haut cultivent toujours ce principe, et les plus merveilleuses bénédictions en résulteront, non seulement pour eux personnellement, mais pour l’Église tout entière: l’ordre du royaume sera conservé, ses officiers respectés et ses exigences volontiers et joyeusement suivies.
L’amour, caractéristique de la Divinité
L’amour est une des principales caractéristiques de la Divinité, et ceux qui aspirent à être les fils de Dieu devraient le manifester. Un homme rempli de l’amour de Dieu ne se contente pas de faire du bien à sa famille seulement, mais parcourt le monde entier, vivement désireux de faire du bien à tout le genre humain. Tel a été votre sentiment et il vous a incité à abandonner les plaisirs du foyer, afin d’être une bénédiction pour les autres qui sont candidats à l’immortalité, mais qui ignoraient les principes de la vérité; et parce que vous faites cela, je prie que les plus grandes bénédictions du ciel reposent sur vous.
Puisqu’on me demande de donner mon conseil sur le point de savoir s’il convient que vous reveniez au printemps, je le fais volontiers. J’ai réfléchi un certain temps à ce sujet et je suis d’avis qu’il serait sage de votre part de faire des préparatifs pour quitter votre champ de travail au printemps. Ayant porté le témoignage à ce pays et un grand nombre l’ayant reçu, par conséquent le levain peut maintenant se répandre sans que vous soyez obligés de rester.
Autre chose: l’Esprit m’a chuchoté qu’il y aura de l’agitation, de l’excitation et des difficultés dans le pays dans lequel vous travaillez maintenant. Je dis donc: entre-temps soyez diligents, organisez les Églises et que chacun remplisse son office de sorte que ceux qui ne peuvent vous accompagner au printemps ne soient pas abandonnés comme des brebis sans berger.
Un lieu de rassemblement
Je voudrais de même remarquer que puisque ce lieu a été désigné pour le rassemblement des saints, il est nécessaire qu’on s’en occupe selon l’ordre voulu par le Seigneur. Je dirai dans ce but que comme il y a en Angleterre un grand nombre de saints qui sont extrêmement pauvres et ne sont pas habitués aux travaux de la ferme, pour qui certains préparatifs doivent être faits avant qu’ils ne puissent s’entretenir dans ce pays, pour éviter la confusion et la déception quand ils arriveront ici, que les hommes qui sont habitués à faire des machines et ceux qui peuvent disposer d’un capital, si petit soit-il, viennent ici dès qu’ils le peuvent, et installent des machines et fassent les autres préparatifs nécessaires, de sorte que lorsque les pauvres arriveront ils aient un emploi qui les attende. Ce lieu a, pour l’industrie et le commerce, des avantages dont très peu peuvent se vanter; et la création de filatures de coton, de fonderies, de poteries, etc., permettrait d’apporter de la richesse et de l’élever à un niveau très important.
Il n’est pas nécessaire que je consacre plus d’espace à ce sujet, étant donné que son caractère raisonnable doit être évident pour tout le monde.
L’impression de livres
Dans ma précédente épître, je vous ai donné mon avis concernant l’impression du Livre de Mormon, du livre de cantiques, etc. J’ai eu le plaisir de recevoir un livre de cantiques de vous, et d’après l’examen que j’en ai fait, je l’approuve hautement, et je pense que c’est un recueil très précieux. On me dit que le Livre de Mormon est également imprimé, chose que je suis heureux d’apprendre, et je serais heureux d’apprendre qu’il a été imprimé dans toutes les langues de la terre. Vous pouvez faire selon votre bon plaisir concernant l’impression des Doctrine et Alliances. Si elles sont très demandées, je n’ai pas d’objection, mais l’encouragerais plutôt.
Je suis heureux de dire que dans la mesure où j’ai été informé de vos mouvements, je suis parfaitement assuré qu’ils ont été faits avec sagesse, et je ne doute pas que l’Esprit du Seigneur vous ait dirigés, et ceci me prouve que vous avez été humbles et que vos désirs ont été tournés vers le salut de vos semblables et non vers votre propre gloire et vos intérêts égoïstes. Tant que les saints manifestent une telle disposition d’esprit, les choses qu’ils auront décidées en commun seront approuvées et leurs efforts couronnés de succès.
Il y a beaucoup de choses très importantes sur lesquelles vous demandez conseil, mais sur lesquelles je crois que vous êtes parfaitement capables de décider, attendu que vous connaissez mieux les circonstances particulières que moi; et j’éprouve une grande confiance en votre sagesse unie; c’est pourquoi vous me permettrez de ne pas entrer dans le détail. Si je voyais quoi que ce soit qui ne va pas, je prendrais la liberté de vous faire connaître mon avis et d’attirer votre attention sur ce qui est mal.
Si frère Parley P. Pratt souhaite rester un peu plus longtemps en Angleterre que le reste des Douze, qu’il se considère comme libre de le faire, puisque sa famille est avec lui; par conséquent il est dans une situation quelque peu différente des autres et de même il faut qu’il reste quelqu’un qui connaît bien les règles de l’Église et continue le journal que l’on publie. Par conséquent, tout bien considéré, je n’insisterai pas pour que frère Pratt retourne au printemps.
Les saints prospèrent
Je suis heureux de vous informer que nous prospérons en ce lieu, et que les saints sont en meilleure santé que par le passé; et vu la diminution des maladies en cette saison, par comparaison avec la précédente, j’en viens à la conclusion que l’endroit finira par devenir sain. Il y a actuellement quelque trois mille habitants à Nauvoo et il en arrive quotidiennement un grand nombre. Plusieurs pieux ont été installés dans différentes parties du pays, pieux qui prospèrent.
La nourriture est de beaucoup meilleur marché que quand vous êtes partis. La farine vaut quatre dollars le baril. Le maïs environ vingt cents le boisseau, les pommes de terre environ vingt cents et d’autres choses coûtent à peu près dans la même proportion. Il y a vraiment eu une récolte très abondante dans toute l’Union.
Le temple
Vous verrez, d’après le Times and Seasons, que nous sommes sur le point de construire ici un temple pour le culte de notre Dieu. Les préparatifs sont maintenant en cours; les frères d’ici consacrent un jour sur dix à extraire des roches, etc. Nous nous sommes procuré pour lui un des plus beaux sites qui soient dans cette région. Il est prévu qu’il sera beaucoup plus grand, et de proportions beaucoup plus magnifiques que celui de Kirtland; il attirera certainement l’attention des grands hommes de la terre.
Nous avons présenté au gouvernement de l’État une proposition de loi en vue d’assurer l’érection de la ville de Nauvoo en municipalité et la création d’un séminaire et d’autres projets, et j’espère qu’elle sera passée sous peu.
Décès du patriarche Joseph Smith
Vous aurez aussi été informés de la mort de mon père, décédé le 14 septembre 1840; si cet événement a été douloureux pour la famille et pour l’Église en général, néanmoins son témoignage définitif de la véracité de l’œuvre du Seigneur fut vraiment une source de satisfaction. Frère Hyrum lui succède comme patriarche de l’Église conformément à ses dernières directives et bénédictions.
Plusieurs personnes occupant un rang éminent et distingué dans la société sont entrées dans l’Église et sont devenues obéissantes à la foi; et je suis heureux de vous apprendre que l’œuvre se répand très rapidement sur ce continent. Certains des frères sont maintenant à New Orleans et nous espérons avoir un grand rassemblement dans le sud. J’ai eu le plaisir d’accueillir d’Angleterre environ cent frères qui sont venus avec frère Turley; on me dit que les autres se sont arrêtés à Kirtland, n’ayant pas le moyen d’aller plus loin. Je pense que ceux qui sont venus ici cet automne n’ont pas suivi le meilleur itinéraire qui soit, ni le moins coûteux. La plupart des frères ont trouvé un emploi d’une sorte ou d’une autre, paraissent assez satisfaits et semblent disposés à écouter les instructions qu’on leur donne.
La diffusion de l’Évangile
Les frères Robinson et Smith ont récemment reçu une lettre des frères Kimball, Smith et Woodruff de Londres qui nous donnaient des renseignements sur les débuts de l’œuvre du Seigneur dans cette ville, renseignements que je fus heureux de recevoir. J’apprends de même que des anciens sont partis en Australie et dans les Indes orientales. Mon désir est que toutes les ouvertures providentielles de ce genre soient remplies et qu’avant de quitter l’Angleterre vous envoyiez l’Évangile dans le plus grand nombre possible de régions.
Frères bien-aimés, vous devez être dans une certaine mesure conscients de mes sentiments, lorsque je pense à la grande œuvre qui est maintenant en cours et l’intérêt que je lui porte tandis qu’elle se répand dans les pays et les îles au loin et que des milliers de personnes l’adoptent. Je me rends compte dans une certaine mesure de ma responsabilité et du besoin du soutien d’en haut qui est le mien, et de la sagesse d’en haut afin de pouvoir instruire ce peuple, qui est maintenant devenu un grand peuple, des principes de la justice et le conduire conformément à la volonté du ciel, pour qu’il puisse être rendu parfait et prêt à rencontrer le Seigneur Jésus-Christ lorsqu’il apparaîtra en grande gloire. Puis-je compter sur vos prières en ma faveur à notre Père céleste, et sur toutes les prières de tous mes frères et sœurs d’Angleterre (que j’aime sans les avoir vus), afin que je puisse échapper à tous les stratagèmes de Satan, surmonter toutes les difficultés et amener ce peuple à jouir des bénédictions qui sont réservées aux justes? Je demande ceci de vous et d’eux au nom du Seigneur Jésus-Christ.
Que les saints se souviennent que de grandes choses dépendent de leurs efforts personnels et qu’ils sont appelés à être collaborateurs avec nous et avec le Saint-Esprit dans l’accomplissement de la grande œuvre des derniers jours; et, compte tenu de l’étendue, des bénédictions et des gloires de cette œuvre, que tout sentiment égoïste soit non seulement enterré mais annihilé et que l’amour de Dieu et de l’homme prédomine et règne triomphalement dans tous les esprits, afin que leur cœur devienne comme celui d’Hénoc autrefois, pour qu’ils comprennent toutes les choses passées, présentes et futures et qu’il ne leur «manque aucun don, dans l’attente de la manifestation de notre Seigneur Jésus-Christ» (1 Cor. 1:7).
Les saints vivront pour Dieu
L’œuvre dans laquelle nous sommes engagés de commun accord n’est pas d’un genre ordinaire. Les ennemis contre lesquels nous devons lutter sont subtils et habiles à la manœuvre; il convient donc que nous soyons en alerte pour concentrer notre énergie, et que les meilleurs sentiments existent parmi nous; et alors, avec l’aide du Tout-Puissant, nous irons de victoire en victoire et de conquête en conquête; nos passions mauvaises seront soumises, nos préjugés s’en iront, nous ne trouverons pas de place dans notre sein pour la haine; le vice cachera sa tête difforme et nous serons approuvés aux yeux du ciel et reconnus comme fils de Dieu.
Rendons-nous compte que nous ne devons pas vivre pour nous-mêmes, mais pour Dieu; ce faisant les plus grandes bénédictions reposeront sur nous aussi bien dans le temps que dans l’éternité.
Le baptême pour les morts
Je présume que la doctrine du «baptême pour les morts» est déjà parvenue à vos oreilles et a pu soulever dans votre esprit quelques questions à ce propos. Je ne peux vous donner dans cette lettre toutes les informations que vous pouvez désirer sur ce sujet, mais en dehors d’une connaissance indépendante de la Bible, je dirai qu’elle était certainement pratiquée par les Églises d’autrefois; et saint Paul s’efforce de prouver la doctrine de la résurrection à partir de cette pratique, et dit: «Autrement, que feraient ceux qui se font baptiser pour les morts? Si les morts ne ressuscitent absolument pas, pourquoi se font-ils baptiser pour eux?»
J’ai parlé de cette doctrine pour la première fois en public lorsque j’ai fait l’oraison funèbre de frère Seymour Brunson; et depuis lors j’ai donné des instructions générales à l’Église sur ce sujet. Les saints ont la grande bénédiction d’être baptisés pour ceux de leurs parents qui sont morts, qui, croient-ils, auraient accepté l’Évangile s’ils avaient eu la chance de l’entendre, et qui ont reçu l’Évangile dans l’esprit, par l’intermédiaire de ceux qui peuvent avoir été chargés de leur prêcher tandis qu’ils étaient en prison.
Sans m’étendre sur le sujet, vous en verrez certainement la logique et le caractère raisonnable; et il présente l’Évangile du Christ sur une échelle probablement plus vaste que certains l’ont imaginé. Mais étant donné que l’accomplissement de ce rite est plus particulièrement limité à ce lieu, il ne sera pas nécessaire d’entrer dans le détail; en même temps, je suis toujours heureux de donner tous les renseignements dont je dispose, mais le manque de place ne me permettra pas de le faire.
Nous avons reçu, il y a quelques jours, une lettre de frère Hyde qui est dans le New Jersey et espère partir pour l’Angleterre dès que frère Page arrivera jusqu’à lui. Il a demandé dans sa lettre à savoir si les Juifs convertis doivent aller à Jérusalem ou venir en Sion. Je souhaite donc que vous l’informiez que les Juifs convertis doivent venir ici ...
Faites part de mon affection à tous les frères et sœurs, et dites-leur que j’aurais été heureux d’aller en Angleterre les voir, mais je crains de me trouver dans la nécessité de rester quelque temps ici; c’est pourquoi je leur lance une invitation pressante à venir me voir.
Je suis, chers frères, affectueusement vôtre, Joseph Smith (15 décembre 1840) — H. C. 4:226—232.
Description de Paul
Donnée le 5 janvier 1841 par le prophète Joseph lors de l’organisation d’une école: «Il a environ un mètre cinquante, des cheveux très noirs, le teint sombre, la peau sombre, un grand nez romain, le visage anguleux, de petits yeux noirs aussi perçants que l’éternité, le dos voûté, une voix dolente, sauf lorsqu’il l’élevait, et alors elle ressemblait presque au rugissement du lion. C’était un bon orateur, actif et diligent, s’employant toujours à faire du bien à ses semblables.»
Différents degrés de la Prêtrise de Melchisédek
«Réponse à la question: La Prêtrise de Melchisédek fut-elle enlevée lorsque Moïse mourut? Toute prêtrise est de Melchisédek, mais il en existe différentes fractions ou degrés. La fraction qui amena Moïse à parler face à face avec Dieu fut enlevée, mais celle qui apportait le ministère d’anges demeura. Tous les prophètes avaient la Prêtrise de Melchisédek et furent ordonnés par Dieu lui-même.»
Les éléments sont éternels
Les éléments sont éternels. Ce qui a un commencement aura certainement une fin; prenez un anneau, il n’a ni commencement ni fin; coupez-le pour obtenir un endroit où il commence, vous aurez en même temps un endroit où il finit.
Une clef: tout principe venant de Dieu est éternel et tout principe qui n’est pas éternel est du diable. Le soleil n’a ni commencement ni fin; les rayons qui viennent de lui n’ont pas de limites, par conséquent ils sont éternels.
Il en va de même de Dieu. Si l’âme de l’homme avait un commencement, elle aurait sûrement une fin. Dans la traduction «informe et vide», il faut lire: vide et désolée. Le mot créa devrait être forma ou organisa.
Réflexion sur le Dieu des sectes
«Ce qui est sans corps, partie ou passion n’est rien. Il n’y a pas d’autre Dieu dans le ciel que ce Dieu qui a chair et os. Jean 5:26: «Comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même.» Dieu le Père a pris la vie en lui-même exactement comme Jésus l’a fait. |